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If I could see you I bet I'd break in half • Drew

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all these memories seem so old


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MessageSujet: If I could see you I bet I'd break in half • Drew Mer 14 Fév - 5:07


“Where I keep calling you but there's no answer just a multitude of questions left to chance and I don't know why you keep saying things will be alright I know these storms will come, let it rain, let it pour on me you're my umbrella in a raging sea I won't give in to the insanity, chasing all the stars” ”
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Être la nouvelle gamine dans un nouveau milieu, ça n’a jamais fait partie des choses qu’elle préfère en ce bas monde. Elle n’a jamais réellement aimé le changement. Changer d’école après une graduation, passer à une autre étape de sa vie. Elle n’a jamais aimer les fins, heureuse ou non. La dernière page d’un livre qu’elle a aimé, les dernières minutes d’un film, les adieux et les derniers jours de l’été. Elle sait que c’est inévitable. Qu’on finit par fermer le livre, que les feuilles changent de couleur et tombent, que le générique se met à défiler. Elle n’a jamais été fanatique des débuts non plus. Le premier jour d’école, le premier jour de l’été, le premier rendez-vous amoureux. Arizona n’a jamais été enthousiaste pour tous ces nouvelles choses, ce qui a toujours fait rire ses parents quand elle était petite. Elle se souvient encore des plaisanteries qui ont fusées dans la demeure familiale lors de sa première visite au zoo. Son père riant de sa nervosité alors que sa mère essayait de la réconforté à l’aide de mot empreint d’amusement. Si elle n’est plus l’enfant craintive qu’elle fut à une époque, la jeune femme n’apprécie toujours par ces nouveautés, ces premières fois, et elle se doute que ça a quelque chose à voir avec l’absence de cette femme dans sa vie. C’est étrange à dire, mais même après toutes ces années, il lui arrive de vouloir lui téléphoner pour lui raconter sa première journée dans son nouveau travail, ou encore juste pour entendre sa voix. Sa mère ne fait plus partie de sa vie depuis longtemps, maintenant et elle s’y est fait. Sa génitrice n’est pas la seule personne qu’elle a qui elle aimerait téléphoner par moment. Il lui arrive encore de songer à lui, lui et son sourire adorable, lui et cette petite ride entre ses yeux quand il est inquiet. Andrew fait encore partie de son esprit, même après toutes ces années, même avec quelqu’un d’autre dans sa vie. On oublie pas une si grande partie de sa vie comme ça, en fermant les yeux, en tournant une page. Pourtant, alors qu’elle passe la porte du l’université de Los Angeles, elle aimerait être en mesure de prendre son téléphone et de lui faire part du fait qu’elle est nerveuse. C’est drôle de songer à lui dans des moments comme celui-là, dans des moments de vulnérabilité. C’est dans ces moments-là qu’il lui manque de plus. Arizona le chasse de son esprit comme un chasse une idée déplaisante, un souvenir douloureux. Elle n’a pas envie de laisser sa nostalgie miner sa première journée de son nouveau travail. Elle tire nerveusement sur la manche de son blouson noir, essayant de l’ajuster pour être certaine qu’elle cache les bleues qui décorent son derme, qui s’étale sur sa peau comme des taches de peinture douloureuses. Scott n’est pas l’homme le plus tendre qui soit, elle en est consciente, mais chaque coup porté lui rappel qu’elle est aussi fautive que lui, sinon plus. Après tout, elle n’est pas aussi présente qu’elle devrait l’être. Elle ne le soutient pas autant qu’elle peut non plus. Cette pensée-là aussi, elle la chasse, loin, le plus loin possible de son milieu de travail alors qu’elle s’avance dans le couloir déjà bondé d’étudiants. Ses talons claquent quand même, à moitié étouffé par la rumeur des voix et des rires. « Miss Bradshaw ?» Son visage se remonte vers la voix qui vient de l'interpeller d’une voix étrangement haut perchée pour une homme. Le visage qui se dessine devant elle est celui d’un homme de haute stature et d’un certain âge, qui a visiblement une certaine lassitude dans le fond de ses prunelles de la couleur du cacao. Il lui tend la main, se présente comme étant celui qui l’a embauché, comme le doyen de l’école et sa propre main semble minuscule dans la sienne. Il ne lui faut quelques moments pour lui exprimé sa joie de la voir parmi eux ainsi que pour lui donner quelques directives sur comment s’orienter sur le campus avant de la quitter aussi rapidement qu’il est venu, d’une démarque nerveuse. Elle en a l’habitude. Depuis qu’elle est enseignante, elle collectionne les postes dans plusieurs université différentes plus souvent que nécessaire. Elle sait que ce n’est pas l’idéal, que ce n’est pas vraiment ce qu’elle désire, mais elle le fait quand même, parce qu’il y a plus qu’elle. Il y a son époux qui attend à la maison avec ses attentes ridicules considérant qu’il ne fait rien d’autre que regarder la télévision et boire de la bière dans son fauteuil favori. Parce qu’il y a ces factures qui doivent être payés, les soupçons de leurs proches quand elle a un ecchymose à un endroit plus visible qu’un autre, quand la marque est sur sa joue ou sur sa main, quand elle n’arrive pas à le cacher malgré le fond de teint et les vêtements trop chaud pour la saison estivale. C’est le cas aujourd’hui. Alors que le soleil brille dans le ciel, alors que la chaleur est plus étouffante que dans le nord du pays, alors que les jeunes femmes se baladent dans des jupes courtes et avec les épaules dénudées, Arizona réajuste nerveusement son blouson pour la centième fois en quelques minutes alors que sa main pousse la porte de ce qui semble être la salle réservée aux enseignants. Elle se glisse furtivement dans la salle, à temps pour entendre un des enseignants rires légèrement en faisant un commentaire. « J’ai croisée la nouvelle. Elle est pas mal. Peut-être que tu auras une chance avec elle!» lance l’homme à la calvitie naissante, qu’elle croit avoir croiser dans le couloir un peu plus tôt, alors qu’il donne une légère tape sur l’épaule de son voisine. Une haute silhouette aux épaules carrées et à la tignasse brune. L’espace de quelques secondes, son souffle se coupe, son coeur rate un battement alors que ses prunelles jade se posent sur le visage de l’homme en question. Un visage qu’elle connait un peu trop bien, qu’elle ne croyait pas revoir un jour. Elle fait un pas vers lui, assez pour se détacher de la foule, pour finalement être visible à ses yeux, au point qu’elle croise son regard avec une nervosité sourde. « Andrew…?» souffle-t-elle doucement en tendant la main vers lui, une fraction de seconde avant de croiser ses bras sur sa poitrine, baissant légèrement la tête alors que l’homme à la calvitie rit grassement. « Visiblement, t’as pas de chance, Avery!» déclare-t-il en refilant une deuxième ou énième claque sur l’épaule de l’homme qui le dépasse d’une bonne tête avant de quitter la pièce au son de la cloche, comme beaucoup d’enseignants, les laissant seuls dans la pièce. Elle désire dire un mot de plus, mais sa voix reste coincée dans sa gorge et elle ne peut rien faire que rester là, à l’observer silencieusement, lui, le fantôme de son enfance.


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