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Jace ※ we are the dark horses

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MessageSujet: Jace ※ we are the dark horses Dim 28 Jan - 23:57

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we are the dark horses
JACE & ESMEE ※
Quand un individu ment, il doit effectuer une activité psychologique intense pour compenser toute une série de tensions. Pour rendre ses réponses plus crédibles, il est contraint d'atténuer des informations véridiques déjà sédimentées dans sa mémoire, et à recourir à des mécanismes d'élaboration logique pour les amalgamer au mensonge qu'il raconte. Cela requiert un effort énorme, ainsi qu'une certaine imagination.Chaque fois qu'on profère un mensonge, il faut se rappeler de tous les faits qui le font tenir sur pied.


C’est dans une gestuelle profondément lente qu’elle laissa son téléphone portable tomber contre sa poitrine. Ses pupilles toisèrent le plafond de la salle de repos, jambe légèrement levée, dos épousant la forme du banc inconfortable sur lequel elle s’était laissée tomber. Elle pouvait entendre au loin le bruit des brancards qui crissent sur le sol parfaitement aseptisé de l’hôpital. Ses boucles blondes épousaient parfaitement ses joues rosies par la fatigue des heures qu’elle cumulait depuis l’aube. Rien de bien grave en soi, c’était ici le quotidien de tout bon chirurgien qui se respectait. Vivre dès le matin avec un café entre les mains en arrivant et finir avec du sang sur les doigts en fin de journée avant de retrouver le semblant de famille qui restait présente malgré tout. Esmee, elle, ne faisait que survivre depuis plusieurs mois. Trouvant en ce lieu un réconfort qu’elle ne trouvait nulle part. Ici, elle pouvait s’octroyer quelques instants de solitudes et le silence devenait son meilleur ami. Alors, lorsqu’une collègue en panique lui avait attrapé la manche en lui demandant de prendre son tour de garde de la nuit afin qu’elle puisse être auprès de son enfant malade, Esmee n’avait pas hésité une seule seconde à accepter cette requête. Elle savait pourtant, avec une pertinence déconcertante que son mari lui reprocherait de nouveau ce qu’il lui reprochait depuis la mort de Will. Cette distance qu’elle mettait entre eux, ce travail derrière lequel elle se cachait, cette froideur avec laquelle elle posait son regard sur lui et surtout ses paroles monosyllabiques qu’elle laissait voler à l’intérieur du vaste manoir familial. Andrew était à bout, croyant pertinemment souffrir de la mort de sa progéniture alors, qu’en réalité, il pleurait l’enfant d’un autre. Esmee quant à elle, se contenait d’être l’ombre d’elle même, voguant ainsi dans la demeure familiale avec détachement, souriant faussement, repoussant cette boule au ventre avec laquelle elle avait appris à vivre. Will avait été sa raison de vivre pendant des mois, elle avait attendu cet enfant comme s’il était sa rédemption sans savoir qu’en réalité il n’était que la plus belle des punitions.

La petite boite électronique se soulevait contre sa poitrine, suivant le rythme de ses inspirations et expirations, tandis qu’elle couvrit ses paupières du revers de son avant-bras couvert de cette grande blouse blanche qu’elle aimait porter au sein de l’hôpital. Le calme de cette salle de repos lui permettait de mettre son cerveau sur pause, de faire le vide afin de mieux se consacrer à ce qu’elle savait faire : disséquer, arracher, recoudre, soigner. Un art qui lui avait été inutile lorsqu’elle songeait aux dernières minutes sur terre de son propre enfant. Incapable de réagir autrement qu’une mère, elle avait pensé avec ses émotions et non plus avec son esprit terre - à - terre de docteur, parfois elle se rejouait la scène. Songeant ainsi à tous les gestes qu’elle aurait pu avoir à l’égard de son fils. Et si elle ne l’avait pas enlacé ? Et si elle avait réagi avec suffisamment de calme et de pragmatisme ? Et si elle avait réussi à se servir de son arme pour trouer le crâne de l’ivrogne qui avait renversé son enfant ? Et si…et si. Tant de regrets pour finalement pas grand chose. Sa main enlaçait à présent cette blouse qu’elle avait envi d’arracher, de mettre en lambeau, son coeur jouer les contorsionniste à l’intérieur de sa poitrine, prouvant à la blonde si distante qu’elle était belle et bien vivante, elle. Puis, cette dite main tomba dans le vide, son pied prenait appuie contre le banc, genou à présent relevé tandis que tout son corps et tout son être sombrait sur cet inconfortable aire de repos.

Elle avait besoin de nourriture intellectuelle, de cas pratiques, de patients à rassurer pour se rassurer elle - même. Voilà pourquoi elle avait choisi la traumatologie plutôt que des services de chirurgies beaucoup plus prestigieux et pointilleux tels la neurologie ou la cardiologie. Des services où elle aurait pu y être sans aucun mal mais qui ne l’intéressait qu’outre mesure. Son soupire brisa le silence, il s’accompagna rapidement de pas vifs qui s’approchaient de la porte. Esmee se redressa, connaissant la musique par coeur, elle noua ses boucles blondes dans un chignon maladroit. Lorsqu’enfin une jeune interne qui venait de sortir de l’université apparu dans son champ de vision, visiblement essoufflée par la course effrénée qu’elle venait de vivre. « Docteur Milano ! Monsieur Campbell vient d’être admis ! » Un frisson parcourait l’échine de la blonde. Le service des urgences savaient que si Jace, son cousin ignorant qu’il l’était, se présentait ici, il fallait que ce soit elle et personne d’autre. Cela lui avait permis de garder un oeil sur le rejeté de la famille, sur le maudit que les Milano cherchaient à punir comme s’il n’avait déjà pas assez perdu à cause d’une mère assez idiote pour croire aux contes de fées. « J’arrive tout de suite » répondit - elle avec douceur tandis qu’elle essaya pendant quelques secondes de reprendre ses esprits.

En réalité, voir Jace ce soir était certainement la chose qu’elle désirait le moins au monde. Ce visage, ces pupilles brisées ne seraient que le parfait reflet de ce qu’elle était devenue depuis la mort de Will. Néanmoins, avant d’être une mère, avant même d’être un être humain elle était une Milano et elle se devait de faire sa part du marché. Esmee prit une grande inspiration et s’élança jusqu’aux urgences où le brouhaha l’enveloppa violemment. Avec une facilité déconcertante, elle avait réussi à passer outre les insultes des ivrognes, les parents qui cherchaient leurs adolescents, les larmes des familles endeuillées pour rejoindre les brancards alignées des nouveaux arrivant. Elle attrapa une tablette tactile qui trônait fièrement au pied du lit, ouvrant ainsi le dossier de son cousin/patient. Puis, vivement, elle tira sur le rideau afin d’affronter cette âme en peine. « Julia explique ? » Demandait - elle calmement à son interne. « Monsieur Campbell mâle la trentaine, arrivé avec une plait ouverte légère sur la tête, on a prescrit un Scanner ! » Esmee se força à sourire, bien que cela tenait plus à une grimace qu’autre chose. Elle s’approcha du policier et sortie sa lampe qu’elle alluma face aux iris du jeune homme. Puis elle posa son doigt face au nez de ce dernier « Pourriez vous le suivre s’il vous plait. » Concentrée elle suivie du regard celui de Jace puis ajouta « Bien, je pense qu’un scan est nécessaire au cas où monsieur Campbell, ceci dis j’aimerai savoir quel est le malfrat qui a réussi à vous faire trébucher. » Elle détourna son attention en direction de sa stagiaire lui lançant le regard qui signifiait qu’elle voulait être seule avec son patient. Puis du bout des doigts elle replaça correctement la perfusion de ce dernier, plongée dans ses soins, elle n’osait pas affronter le regard de ce père endeuillé qu’elle connaissait pourtant si bien.
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