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(Juséis) † Ce qui se construit sur le mensonge ne peut pas durer

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MessageSujet: (Juséis) † Ce qui se construit sur le mensonge ne peut pas durer Ven 26 Jan - 18:47


I'm ok
Hunter & Briséis

« Je n'ai jamais eu peur du quotidien, l'habitude n'est pas une fatalité. On peut réinventer chaque jour le luxe et le banal, la démesure et le commun. Je crois à la passion qui se développe, à la mémoire du sentiment. »
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]« Il en a de la chance monsieur Tragger dis donc » L’épaule de son collègue avait frôlé la sienne, ce dernier la scrutait en détail, tandis qu’elle se dirigeait jusqu’à la sortie du commissariat, deux sandwich vietnamien trônait fièrement dans un sac blanc, l’odeur des dits sandwich envahissait le commissariat laissant derrière le passage de Briséis une douce traînée odorante d’épices désirables. Elle mit longtemps à comprendre ce que voulait dire son collègue. Trop longtemps à son goût. Comme chaque fois que son entourage faisait allusion à Lochan l’époux factice de Briséis qui risquait l’expulsion si jamais les autres découvraient que ce mariage n’était qu’un mal nécessaire. Ses pupilles océans se posèrent sur l’alliance lourde qui trônait fièrement sur son doigt. « Ah euh oui…» Mentit - elle, songeant en réalité à l’épouse imparfaite qu’elle était. Pas une seule seconde elle n’avait songé à rejoindre son époux sur son lieu de travail pour lui tenir compagnie et faire bonne figure. Cette situation, bien que nécessaire, était pesante pour lui comme pour elle. Briséis n’était pas particulièrement une bonne menteuse et par ailleurs elle avait tendance à condamner les cachotterie. Un comble lorsqu’on savait qu’elle dissimulait aux yeux du monde sa vie passé, ses relations étroites avec la mafia. Mais, c’était différent pour elle non ? Plongée dans sa réflexion, elle n’entendit plus la voix agaçante de son collègue de la scientifique, laissant simplement ses jambes l’emmener quelque part. Qu’importe l’endroit dans lequel elle finirait par échouer, elle préférait être seule pour dévorer ces deux merveilleux sandwichs. Elle préférait être seule pour éviter les reproches de Hunter qui se ponctuaient souvent par des pupilles inquiètes qu’elle avait du mal à soutenir. Elle ne faisait que fuir ses problèmes, elle était consciente de sa propre immaturité, mais ce comportement compulsif était par définition plus fort qu’elle.

Les mots de Julian l’empêchaient de dormir, elle avait cru naïvement pouvoir se débarrasser de ce passé, de son existence, elle aurait apprécié être un simple disque dur que l’on pouvait formater à l’infini. Un reboot. Une remise à zéro la plus totale. Une remise à l’état d’usine. Briséis avait envi de redevenir ce nourrisson qu’elle avait été un jour pour oublier, tout oublier. Au fond, aux yeux de Briséis l’existence humaine n’était faite que de peine, de souffrance et de solitude. Tout du moins, la sienne l’était à son paroxysme. Hélas, l’esprit humain n’était pas une vulgaire machine que l’on pouvait remettre à zéro comme si de rien n’était. Elle même le savait mieux que personne, dès lors qu’elle regardait ses nombreuses cicatrices, vestiges des sévices qu’on lui avait fait subir, elle revivait ces nuits d’horreurs dans ses rêves encore et encore comme une boucle incessante à laquelle elle ne pouvait s’échapper. Une répétition. Voilà ce qu’était sa vie. Prise dans un cercle vicieux où les hommes qui l’entouraient jugeaient de ce qui était bon pour elle quitte à la blesser encore plus, tel Julian. Quitte à l’étouffer. Une vie où elle ne pouvait que blesser ceux qui l’entouraient comme elle l’avait fait avec Shane en lui cachant toute la vérité sur ce qu’elle était. Briséis s’était figée dans son propre monde, elle n’était plus qu’une poupée désarticulée sans âme qui avançait au sein des vivants, souriants, brillants de mille flammes.

Elle marchait au milieu des vivants, dans les ruelles, croisant des âmes vivantes sans pouvoir s’autoriser elle - même à vivre comme eux. Elle posait ses pupilles sur des enfants innocents, riants de tout et de rien, songeant parfois à l’enfant qu’elle avait été elle - même, cette petite fille forte qui protégeait sa petite soeur. Quand avait - elle abandonné ? Quand était - elle devenue si faible ? Elle l’ignorait. Présentement, au milieu de ce parc dans lequel elle était arrivée sans même s’en rendre compte, elle se sentait suffoquer. Des enfants couraient autour d’elle, certains tiraient sur son long manteau, d’autres la toisaient avec curiosité. Des mères inquiètes rappelaient leur progéniture, mains posées sur le bord de leur lèvre, s’excusant auprès de la grande blonde. Briséis souriait faiblement, elle tira l’un des sandwich qu’elle porta à ses lèvres. Continuant ainsi sa marche au milieu des vivants. Déambulant encore et encore, admirant les chiots qui faisaient tourner la tête de leur maître. La vie. Voilà ce qui lui manquait. Mais comment vivre lorsqu’on avait le coeur et l’âme morcelée par le passé ?

Plongée dans ses pensées, elle ne fit pas attention à où elle se dirigeait. Ses pupilles étaient comme figées contre le sol, et il lui avait fallu beaucoup de trop de temps pour voir l’homme brun qui la toisait avec insistance. C’était une sensation étrange que celle du regard d’un homme sur elle. Plus particulièrement le regard de l’homme qui l’attirait depuis des années mais qui ne s’autorisait qu’à la fuir encore et encore. « Julian? » Avait - elle prononcée à haute voix, sans pourtant prendre le risque de s’approcher de lui. Leur dernière rencontre datait de peu et elle s’était terminée dans les larmes et les cris. Elle avala difficilement le bout de sandwich qui lui restait, puis s’approcha de lui sans même s’en rendre compte. « Je devrais y aller. » Murmurait - elle tandis que son corps, lui, ne voulait bouger, elle était comme ancrée dans le sol. Incapable de fuir alors que son cerveau lui hurlait de le faire.

 
(c) DΛNDELION
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