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and the hurricane came with a vengeance × (w/ isla)

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MessageSujet: and the hurricane came with a vengeance × (w/ isla) Dim 21 Jan - 23:39

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Isla Carpenter and Jude Lawrence
MAYBE I’M SCARED BECAUSE YOU MEAN MORE TO ME THAN ANY
PERSON, YOU’RE EVERYTHING I THINK ABOUT, EVERYTHING I WANT.

---------------✭---------------

Dans les couloirs de la NBC, le monde afflue, chacun s’adonnant à ses activités qui lui sont imposées par son statut. L’open space suppose un brouhaha constant, alors que certains parviennent tout de même à se concentrer, probablement habitués à cette atmosphère quotidienne. Si bon nombre sont absorbés sur leur écran d’ordinateur, s’imprégnant des dernières nouvelles, faisant de la veille d’informations, montant de nouveaux reportages ou magnétos pour l’édition du soir ou des futures rendez-vous, ou rédigeant de nouveaux articles, chacun travaille à sa façon pour offrir sa contribution à la chaîne, aussi exigeante soit-elle. Et pendant que certains sont captivés par leur écran, d’autres courent dans les couloirs, slalomant les obstacles pour être le plus rapide et le plus effectif possible face à une information ou un problème de dernière minute. D’autres se contentent d’observer, veillant à la bonne marche des salariés. Sur la gauche, juste à côté de la machine à café, une salle encerclée de baies vitrées, renferme les acteurs principaux de l’édition du soir. Celle du Nightly News. L’équipe de reporters envoyée au quatre coins du globe pour retranscrire les évènements internationaux. Celle qui préparait l’édition du soir mais aussi leur départ bien trop proche pour le Brésil. C’était ce que Jude préférait. Partir loin, s’évader de son quotidien bien trop confortable de Los Angeles. Il aimait s’enivrer de ces civilisations lointaines, de leur générosité, de leur bienveillance, de ces paysages à couper le souffle et de ces populations qui n’avaient rien mais donnaient bien plus qu’on ne pourrait un jour lui offrir dans son propre pays. Jude, en fervent patriote, aimait plus que tout sa nation qui lui offrait la liberté d’expression, la démocratie, le confort et la richesse, mais il avait toujours ressenti ce besoin de découvrir le monde, de l’explorer dans ses fonds et tréfonds et d’en retranscrire des informations fiables, véritables et pour lesquelles il avait donné de son temps et de sa personne. Sa vie américaine lui plaisait, dès lors qu’elle n’excédait pas quelques mois et qu’on le renvoyait ensuite dans un nouveau lieu qu’il n’avait pas encore pu explorer. A bien des égards, c’était dans les pays du tiers monde qu’il préférait aller. Parce qu’ils étaient dépaysants, terriblement dépaysants, et lui offrait bien plus d’amour et de générosité qu’il n’aurait cru en recevoir un jour. Bien sûr, il avait particulièrement apprécié la frénésie qu’avait suscité la couverture des élections présidentielles françaises, il y a quelques mois, mais cela lui offrait des sensations bien différentes. Il aimait chacun des aspects de son travail, mais il avait toujours beaucoup d’empathie pour ces gens qui n’avaient rien et lui donnaient tout. Très engagé et porteur des valeurs d’ouverture, il se considérait à bien des égards comme un citoyen du monde et ne vivait que pour cela. Sa passion s’était immiscée dans son travail et aujourd’hui, il ne voyait pas sa vie autrement. Quand bien même savait-il qu’un jour, devrait-il faire preuve d’une certaine stabilité. La vérité était qu’il n’était pas prêt à cela et qu’il ignorait s’il y serait un jour prêt. Pour l’heure, il profitait de sa position et de chacune des opportunités qui s’offraient à lui, comme c’était le cas de cette nouvelle épopée vers le Brésil. Ce n’était pas la première fois qu’il s’y rendait, mais la teneur des évènements à rapporter était politiquement très intéressante et enrichissante cette fois-ci, faisant naître une exaltation certaine au sein de l’équipe. Tous agités par la gestion des détails de cette nouvelle destination et le bouclage de l’édition du soir dans laquelle il devait intervenir malgré qu’il n’était pas à l’étranger, mais pour rapporter les dernières frasques de leur plus que cher président, Jude était, comme à chacune de ses prestations angoissé. Relayé au fond de cette salle de conférence, il observe son reflet dans le miroir, l’œil critique. Il replace sa cravate avec nervosité, alors même que ses mains sont chargées des feuilles renfermant son discours du soir. En face, Hazel Carrington, une jolie blonde à la perfection sans nom. Elle regarde le jeune prodigue, le jeune reporter montant qui fait bien des émois au sein de la rédaction et derrière les écrans de télévision au travers desquels il ressort chaque soir. Elle le regarde de cette façon si personnelle, d’un regard rempli d’amour et de bienveillance. Un regard qui veut en dire long sur toute l’affection qu’elle porte à celui dont elle était chargée de l’apparence depuis plus de trois années. Elle réajuste doucement sa chemise avant de laisser ses mains tièdes glisser le long du torse du garçon. «  Cette chemise est parfaite.   » Le jeune brun se regarde une dernière fois dans le miroir avant de porter son regard sur celle qui était sa petite amie depuis trois bonnes années aujourd’hui. Son sourire le détend légèrement, mais elle allait devoir faire plus si elle voulait canaliser son trop plein de stress. Ceci même s’il avait pourtant l’habitude de passer à la télévision, mais il avait tendance à toujours tout prendre trop à cœur et à toujours laisser sa nervosité transparaître comme beaucoup de ses sentiments d’ailleurs. Fort heureusement, cela ne se voyait guère dès lors que la caméra était allumée. «  Tu crois ? J’ai l’impression d’étouffer là-dedans. Et puis cette cravate ...  » Il tire sur sa cravate alors qu’il se ventile avec les feuilles qu’il tient entre ses mains. En face, Hazel, qui a l’habitude des moindres maux, des moindres angoisses ou remises en question du garçon, affiche un sourire qui se veut rassurant. Elle avait ce sourire qui avait toujours eu beaucoup d’effet sur lui. Le genre de sourire apaisant, le genre capable de faire taire un homme en colère, de faire s’achever une guerre ou de faire entendre raison à l’homme le plus buté du monde. C’est pourquoi, aussitôt a-t-il capté son regard, aussitôt sent-il les mains rassurantes de la jolie blonde sur ses joues brûlantes qu’il se sent déjà quelque peu apaisé. «  Jude tu es parfait, comme toujours, tu passeras très bien à l’écran je t’assure.  » Dans un geste tendre, Hazel vient retrouver les lèvres du reporter, formant un doux baiser qui parvient à effacer son angoisse. Enfin, il y serait parvenu s’il n’avait pas été avorté par le claquement de la porte et le raclement de la gorge de son supérieur. Si toute l’équipe était habituée à ce genre de démonstration d’affection du couple, la raison de leur interruption devait être toute autre. C’est pourquoi, immédiatement, toutes les conversations cessent et tous les regards se tournent vers cet homme qui impose instantanément, par sa prestance, son élégance et son charisme. «  Navré de vous déranger mais j’ai une petite annonce à vous faire.  » Focalisé sur leur patron, ni Jude ni le reste de l’équipe ne semble avoir remarqué qu’il n’est pas le seul à avoir pénétré dans la pièce et qu’une jeune femme l’accompagne, sur ses talons. Ce n’est que lorsqu’il se décale pour la présenter et ainsi la mettre au centre de l’attention, que la silhouette élancée de son annonce apparaît. La réaction de Jude Lawrence ne se fait pas attendre. Malgré qu’il soit au fond de la salle, il la reconnaît immédiatement. Il sait parfaitement qui se trouve en face de lui, flanquée aux côtés de celui qui imposait chaque décision de la chaîne. Isla. Juste Isla. Cette belle inconnue qui lui avait fait, l’espace d’une soirée tourner la tête et dont il ne connaissait finalement rien. Une chose était sûre, son souvenir était resté gravé dans son esprit depuis lors et il avait tout fait pour s’en défaire sans réellement y parvenir et sans réellement savoir pourquoi. Elle n’était pourtant qu’une parmi tant d’autres. Une parmi toutes ces femmes avec qui il prenait du bon temps derrière le dos de son adorable petite amie. Il avait certes passé une excellente soirée en sa compagnie, il avait certes aimé danser à ses côtés, profiter du concert, avait apprécié goûter ses lèvres et s’était enivré de la moindre de ses caresses. Mais il avait pourtant adopté le même mode opératoire que les autres fois. Il s’était enfui au petit matin sans laisser de trace et n’avait plus donné signe de vie. Il avait fait miroiter cette jeune femme comme il le faisait avec toutes, pour au final, disparaître de la circulation. Pourtant, il ne se passait pas une journée sans qu’il ne repense à cette soirée depuis. Il ignorait ce pourquoi cela hantait avec autant de persistance ses pensées, ses rêves et ses souvenirs, mais le fait est qu’il ne parvenait à s’en défaire. L’espace d’un instant, il crut même qu’il était encore en train de rêver. Mais le regard qu’elle lui lance lui fait comprendre qu’il est loin d’être dans un rêve et qu’il allait devoir faire face à toute la cruauté de la vie. A toutes ses erreurs et ses responsabilités en somme. Aussitôt comprend-t-il ce qu’il est en train de se passer, qu’il s’écarte d’Hazel contre laquelle il était toujours collé et cherche ce qu’il allait bien pouvoir dire pour justifier son comportement. Il sent immédiatement toute l’angoisse qui l’avait quitté, ressurgir. «  Isla Carpenter est stagiaire à NBC, on l’a assigné à votre équipe, je compte sur vous pour l’accueillir comme il se doit et transmettre votre savoir !  » Le directeur de NBC ne s’éternise pas, probablement a-t-il mieux à faire et est-il confiant de l’accueil que lui réserverait cette équipe du Nightly connu pour être devenue une véritable famille avec le temps. C’était sans compter sur le fait que tous étaient plutôt réticents à l’idée d’accueillir une parfaite étrangère dans leur famille, même si elle n’était pas une étrangère pour tout le monde. Jude n’avait pas bougé, se terrant dans un silence qui ne lui ressemblait pas au fond de la pièce. Alors qu’au contraire, Hazel, dans sa bienveillance et son excitation légendaire se rua vers Isla, dont le nom était donc Carpenter au regard de ce qu’avait pu leur dire quelques secondes plus tôt leur boss. «  Hazel Carrington ! J’adore tes chaussures !  » Hazel était ainsi, toujours la première à aller vers les autres, se montrant dynamique et ouverte à qui que se soit. Jude était d’ordinaire ainsi lui aussi mais le fait est qu’aujourd’hui, il y était bien plus réticent. Chacun à leur tour, l’équipe se présente rapidement, brièvement sans faire d’esclandre au contraire d’Hazel. Certains étaient même presque froid. Malgré qu’ils ne le soient pas autant que Jude qui se contenta d’un petit signe de la main, à distance. «  Jude.  » Aussitôt a-t-il dit cela qu’il vient prendre place autour de la table, aux côtés de Dave, le cameraman. Un long et profond soupire s’échappe immédiatement d’entre les lèvres du brun. Dave croit immédiatement le comprendre, alors même qu’il était loin du compte. Ils profitent du fait qu’Hazel accapare Isla de conseils et de présentations en tout genre pour s’adonner à quelques messes-basses bien pensées. «  C’est qui cette fille ?  » Jude hausse les épaules, faisant comme s’il ignorait qui était cette femme alors qu’il y a quelques jours, il lui avait sauvagement attrapé les lèvres au détour d’une rue avant de faire perdurer cet échange dans l’appartement de la brune. Cherchant à éviter son regard, il s’enfonce dans son siège et dans ses notes qu’il doit maîtriser pour dans quelques heures et qu’il n’est plus certain d’y parvenir. «  Pas la moindre idée. Depuis quand on nous refile des stagiaires ?  » C’était là, la véritable question. Cela faisait plus de trois années qu’ils travaillaient ensemble et jamais on ne leur avait assigné le moindre stagiaire. Une habitude ou une coïncidence, il l’ignorait mais le fait est que c’était là une nouveauté et que Jude détestait ce genre de nouveauté désagréable. «  Et comme d’habitude ta copine adore tout le monde.  » Dave semble bientôt plus excédé de devoir gérer une stagiaire que Jude l’était de faire face à celle avec qui il avait passé une nuit, exaltante, formidable et avec laquelle il avait agit comme le dernier des crétins. Comme il le faisait avec toutes en réalité. Et plus encore, avec celle qui pourrait ruiner, en une fraction de seconde le couple qu’il formait avec Hazel. Il jette un coup d’œil à la scène qui s’offre à lui, celle de Hazel se liant d’amitié avec autant d’énergie que possible, avec son amante d’un soir. Il n’en menait pas large, c’était un fait. «  Bon, si on bossait un peu ? La nouvelle, va chercher une caméra et une perche dans la réserve !  » A l’ordre de Dave, tout le monde se remit au boulot, même Hazel qui s’activa pour aller chercher la veste de costume de Jude qu’elle aurait déjà dû aller chercher au pressing mais dont l’arrivée d’Isla l’avait retardé. Tout le monde s’affaire sans se préoccuper une seule seconde qu’Isla n’ait pas encore été mise au parfum. Personne ne lui avait réellement expliqué ce qu’elle allait faire ni même fait visiter les lieux. Jude le remarque immédiatement. Elle semble perdue, quelque peu effrayée par le fait même d’être immédiatement chargée d’une mission sans avoir eu de véritable préambule. Jude attend quelques secondes, priant pour que quelqu’un se dévoue pour l’aider mais visiblement personne ne semble volontaire. Il soupire de nouveau avant de faire le tour de la table pour se rapprocher d’elle et surtout de la sortie, maudissant Dave d’être aussi idiot.  Il arrive rapidement à sa hauteur pour s’adresser à elle, sans trop la regarder. «  Tu ne sais pas où c’est, c’est ça ?  » Il pose ses yeux sur elle qu’une fraction de seconde, juste histoire qu’elle lui confirme qu’elle ignorait où elle devait trouver ce que Dave lui demandait à peine arrivée. Cela lui suffit.  Il n’a pas envie de la regarder plus longtemps de toute manière, au risque qu’elle le foudroie du regard, ou au risque qu’un trop plein de souvenirs l’assaillent. «  Viens ! » Lui emboîtant le pas, il avance à pas rapides sans faire attention au fait qu’elle le suive ou non pour l’amener vers la fameuse réserve, priant intérieurement pour qu’elle ne se souvienne pas de lui, alors qu’il était évident qu’elle se rappellerait forcément de cet abruti qui lui avait fait faux-bonds au petit matin...
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MessageSujet: Re: and the hurricane came with a vengeance × (w/ isla) Lun 29 Jan - 23:52

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and the hurricae came with a vengeance
JUDE LAWRENCE & ISLA CARPENTER ※
But then there’s a time when you are not waiting for an answer. You’re not waiting for any reaction from that someone you’re trying to talk with. All you ever wanted was to say everything that you feel. To burst out that single bubble you’re keeping from a very long time. To release all the weight that’s resting on your mind—those heavy things hiding on the curves of your heart. There’s a time that you wanted someone to listen. You wanted them to open their ears to you while you tell them about all the stories that’s stopping you from moving your feet forward. You just wanted to tell everything—all of it. Because sometimes you get tired of giving your time to someone, that you wanted to rest for a while. Sometimes all you wanted was someone—even if it will only lasts for a few minutes. Someone who will sit beside you and will genuinely listen to each and every word that you’re going to say. Someone who will give their time not to judge you, but to choose silence because they know that you also needed it, too.


Les yeux perdus devant l’observation de son reflet dans le miroir, Isla inspira longuement, avalant une grande bouffée d’air frais, tandis que ses poumons paraissaient être sur le point de suffoquer. Doucement, elle plaça la main sur sa poitrine, se concentrant sur des respirations régulières et calmes pour ralentir la frénésie de ses pulsations cardiaques. Ses pensées martelaient sa boîte crânienne intensément et plus rapidement qu’une course de prédateurs affamés. Elle savait parfaitement ce qui se passait, elle avait peur. Naturellement peu sereine et peu confiante, son premier jour de stage dans les locaux de la NBC provoquait en elle une montagne d’angoisse. Car comme toujours, elle était effrayée, prise par cette violente crainte de ne pas être à la hauteur. A chaque fois qu’elle commençait une nouvelle chose, qu’on lui offrait l’opportunité d’un nouveau stage, elle avait ce moment de doutes lors du premier matin. Pourtant jusqu’alors, tout s’était toujours bien passé,  elle trouvait facilement sa place parmi les employés, elle était appréciée pour sa gentillesse et on soulignait son sérieux ainsi que son investissement. Elle les avait entendu à plusieurs reprises ces mots, elle avait eu l’écho des bonnes appréciations de ses supérieurs, cependant, il était plus difficile pour elle de s’en convaincre totalement. Parce que quelque part dans sa tête, une petite voix demeurait et prononçait le même discours, tel un vieux disque rayé repassant inlassablement la même mélodie désagréable. Intérieurement, elle avait beau se battre avec férocité contre les fêlures provoquées par des trahisons passées, les plaies dans sa chair n’avaient pas guéri et avec le temps elles avaient laissé des cicatrices douloureuses dans sa mémoire. Malgré tous les efforts qu’elle faisait au quotidien pour avancer, pour continuer sa route, il était impossible pour la jeune Carpenter de se sentir totalement en confiance. Autant avec les autres qu’avec elle-même. Sur de nombreux points, la tromperie de son ancien petit-ami et de son amie avait ébranlé le peu d’assurance qu’elle possédait et elle se battait pour la récupérer. Pour trouver une voie où faire ses preuves. Pour se prouver à elle-même mais aussi aux personnes l’entourant qu’elle pouvait avoir de l’importance. Tout du moins, elle en avait besoin pour se sentir moins inutile qu’elle avait parfois la sensation d’être. Et si elle savait que son point de vue était biaisé, qu’elle ne pensait pas comme elle devait le faire, savoir que Seth s’était perdu dans les bras de Livia avait réveillé ses plus grandes craintes. Cette crainte presque viscérale de ne pas être suffisante pour quelqu’un. De ne pas être assez bien, d’être cette jeune femme qu’il était aisé d’oublier et comptant finalement si peu dans le grand manège qu’était la vie.  Néanmoins, elle donnait cette illusion totalement opposée, renvoyant l’image d’une Isla Carpenter pleine d’assurance vêtue de ses jolies robes, hissée sur ses talons. Elle en avait besoin pour qu’aucun être n’arrive à comprendre que derrière son teint parfaitement maquillé, elle masquait parfois une teinte rosée signe de gêne sur ses joues, ou une pâleur plus présente quand elle était sujette à un flux d’anxiété.  Fort heureusement, elle avait aussi auprès d’elle les personnes avec lesquelles il lui était totalement inutile de mentir. De jouer d’une confiance qui n’existait que si peu. C’était ces mêmes êtres qui l’aidaient à se sentir mieux, que ce soit grâce à leurs présences perpétuelles ou grâce à des mots réconfortants qu’ils prononçaient pour qu’elle se sente mieux. Elle savait qu’elle était chanceuse de les avoir. Et de les connaître. Parce qu’elle était certaine que seule, le chemin aurait été semé d’obstacles plus difficiles à surmonter. Que les épreuves l’auraient probablement cloué plus longtemps au sol. Elle avait besoin d’eux, c’était un fait acquis. C’était cette nécessité qui l’avait poussé à passer toute la soirée de la veille à regarder un film avec Aurora. Toutes les deux, elles avaient ri joyeusement, elles s’étaient amusées pour qu’Isla parvienne à oublier que quelques heures plus tard, une fois le jour levé, elle commençait une nouvelle aventure un brin effrayante. Elle s’y était préparée, elle s’était même battue pour obtenir cette opportunité, elle avait discuté avec le directeur longuement en lui exposant toutes ses qualités. Elle l’avait poussé à la choisir, tentant de le convaincre qu’elle était le choix qu’il devait faire et sans qu’elle y croie véritablement, l’appel, qu’elle avait reçu quelques semaines plus tôt, avait confirmé qu’elle avait réussi. Même si elle n’était guère la plus douée pour vendre ses compétences, elle était parvenue à prouver à cet homme qu’elle avait sa place en tant que stagiaire. Elle se rappelait de cette légère joie qui s’était logée en elle lorsqu’elle avait entendu le son de la sonnerie de son portable. Etrangement, c’était une autre personne qu’elle avait imaginé à l’autre bout du fil. Un autre homme qu’elle avait espéré entendre. Cet homme qui avait réussi à accélérer les battements de son palpitant en lui souriant, cet homme aux prunelles océaniques dans lequel elle s’était noyée, cet homme qui en la touchant avait réveillé une chaleur plaisante. Ce même homme qui au petit matin, avant qu’elle n’ouvre les yeux s’était envolé, aussi naturellement qu’il s’était perdu dans ses draps la nuit précédente. Elle qui normalement veillait à ne pas céder à ces nuits passagères, elle avait succombé avec Jude Lawrence et si sur l’instant elle ne l’avait pas regretté, le silence, qui s’était suivi depuis, prouvait qu’elle n’avait  été qu’une banale aventure d’une nuit. Une femme de passage pour satisfaire une envie charnelle. Elle n’était rien de plus. Rien d’autre. Malheureusement, il était aussi quelque part la source de ce si grand stress qui la gagnait depuis que le soleil avait trouvé sa place dans le ciel. Car elle savait qui il était. Pendant leur rencontre, elle ne l’avait pas ignoré et elle comprenait qu’en se rendant chez NBC elle risquait de le croiser. Si au début, elle avait pu le désirer et souhaiter le revoir, cette volonté avait disparu à mesure que le silence de sa part demeurait. Pour l’heure elle savait qu’elle devait quitter son appartement, si elle ne voulait pas être en retard, alors après avoir jeté un dernier coup d’œil dans le miroir, elle enfila sa veste en cuir noir puis elle attrapa son sac à main avant de fermer la porte de son appartement derrière elle. Heureusement, elle n’attendit que quelques secondes avant qu’un taxi s’arrête juste devant elle pour l’emmener à l’adresse qu’elle indiquait. Assise à l’arrière du véhicule, ses ongles pianotèrent nerveusement sur l’écran de son portable durant tout le trajet, la jeune femme ne parvenant pas à diminuer son appréhension malgré les musiques entraînantes qui se diffusaient dans toute la voiture. Rien n’y faisait et les deux cafés, qu’elle avait bus quelques minutes tôt, n’étaient pas étrangers à l’allure emballée de son rythme cardiaque. Reconnaissant les locaux devant lesquels, le chauffeur venait de ralentir, elle scruta le building, comprenant qu’elle ne pouvait plus faire marche arrière que le moment était venu pour elle d’écrire une nouvelle page dans le livre de son existence. Aussitôt, elle paya sa course et prit la direction de l’entrée pour s’annoncer auprès de l’hôtesse assise sur son fauteuil. « Bonjour, je viens voir monsieur Robbins, c’est de la part d’Isla Carpenter », dans sa poitrine, elle sentit son organe vital percuter plus rapidement sa cage thoracique mais pour se détendre, elle esquissa un fin sourire sur ses lèvres. La jeune blonde devant elle lui adressa un regard aimable avant de saisir le téléphone à sa droite pour prévenir de son arrivée. « Il arrive tout de suite », elle lui fit un petit signe de tête, se décalant légèrement mais elle garda la main posée sur le comptoir, cherchant un appui pour se maintenir debout, tandis que ses jambes tremblotaient et menaçaient de s’écrouler à tout moment. Dans sa tête, les pensées se multiplièrent, tout un tas de scénarios se dessinant dans ses songes sans qu’elle ne puisse les empêcher d’apparaître. De nouveau, elle fit le vide complet en elle, se focalisant sur des choses positives, concentrant son regard sur des détails sans importance, sur la décoration de l’endroit. Sur tout ce qui se trouvait autour d’elle pour ne pas penser au plus important. A ce qui l’angoissait véritablement. Elle reconnut immédiatement le visage de l’homme s’avançant vers elle et ne parvenant pas à être immobile, elle marcha vers lui à son tour pour aller à sa rencontre. « Mademoiselle Carpenter. J’espère que je ne vous ai pas fait trop attendre. », son ton cordial et chaleureux détonnant avec le statut qu’il avait dans ces lieux, il lui serra la main pour la saluer, tout en lui adressant un sourire aimable. Sourire qu’elle s’empressa de lui rendre, masquant sa nervosité autant qu’elle le pouvait. « Aucun problème monsieur, ne vous inquiétez pas, tout va très bien. », en apparence en tout cas tout paraissait aller bien. Quand on observait sa chevelure brune bien coiffée, son allure souriante, il était difficile d’imaginer qu’au plus profond de sa chair, elle sentait ses entrailles se tordre et qu’elle avait cette boule oppressante dans sa gorge. Signes de ce stress qui l’habitait complètement. « Je vous propose d’aller rencontrer l’équipe avec laquelle vous allez être pour ce stage si ça vous va. Vous verrez ils sont très appréciés chez nous, je suis certain qu’ils seront très heureux de vous accueillir ! », elle lui adressa un signe de tête, le suivant pendant qu’ils se dirigeaient tous les deux vers l’ascenseur. Focalisée sur les informations qu’il lui donnait, elle oublia presque sa peur révolue des espaces aussi clos, se contentant de l’écouter avec attention, intéressée par tout ce qu’il lui racontait. Une fois arrivés au bon étage, elle se laissa entraîner dans un dédale de couloirs, avant qu’ils ne pénètrent dans une pièce remplie de visages inconnus. Elle était cette gazelle s’arrêtant dans le territoire de prédateurs en quête d’une nouvelle proie à dévorer. Tout naturellement, elle resta en retrait, n’osant pas se montrer, elle baissa le regard vers le sol, n’ayant pas envie de rencontrer les regards surpris des personnes tout autour d’elle en train de l’épier et de la scruter. «  Navré de vous déranger mais j’ai une petite annonce à vous faire.  », ne l’écoutant plus qu’à demi-mots, elle comprit qu’il était question d’elle uniquement quand il se décala vers la droite pour que tout le monde puisse la voir. Pour ne pas paraître ridicule, elle leva les yeux, jetant un regard à toutes les personnes assises dans la pièce et ses yeux s’arrêtèrent alors sur les iris bleutés, qu’elle connaissait. Et qu’elle avait déjà contemplé avec attention durant cette soirée hors du temps, perdue quelque part dans une galaxie lointaine. Son palpitant percuta violemment ses côtes, tandis qu’elle ne parvenait pas à regarder ailleurs. Ce visage elle pouvait le reconnaître dans une foule, tout comme la couleur océanique des prunelles qui la fixaient. Jude Lawrence. Forcément c’était avec lui qu’elle allait devoir passer les prochaines semaines. Il n’était plus qu’un inconnu rencontré par pur hasard dans la file d’attente d’un concert, il devenait aussi son collègue. Très probablement son patron. Elle se retint de rire nerveusement pour alléger cette tension qui tout d’un coup avait pris place dans sa chair. Ce bel inconnu qui avec passion avait embrassé son cou, qui avait découvert tous les centimètres de sa peau en traçant des dessins invisibles sur sa peau, celui qui depuis s’était planté dans ses pensées. Ce brun au regard envoûtant qui l’avait fait chavirer avec ses sourires, qu’elle avait écouté parler, presque hypnotisée. Ce n’était pas avec un autre qu’elle allait travailler, c’était lui que l’univers avait mis de nouveau sur sa route pour se jouer d’elle. Et si les souvenirs de cette nuit se diffusaient dans sa tête, c’était surtout une certaine colère qui se propageait dans ses veines. Une colère envers celui qui avait promis de la rappeler et qui ne l’avait pas fait. Ce même homme actuellement collé à une magnifique blonde près de lui. Aussitôt, toute son angoisse passée se transforma en des sentiments plus complexes. Mais tout aussi forts.  «  Isla Carpenter est stagiaire à NBC, on l’a assigné à votre équipe, je compte sur vous pour l’accueillir comme il se doit et transmettre votre savoir !  », juste après avoir parlé, il se tourna vers elle et apparemment attendu ailleurs, il s’empressa de quitter les lieux, laissant Isla seule parmi toutes ces personnes qu’elle allait devoir côtoyer tous les jours pour de nombreuses semaines. Mais  à cet instant, elle rêvait de s’enfuir, de se terrer dans un minuscule trou de souris, ou de se cacher derrière un drap opaque pour devenir invisible. Par bonheur, elle ne resta guère très longtemps seule debout au milieu de cette salle, car la blonde, auparavant assise près de Jude, se leva toute souriante pour venir la voir.  «  Hazel Carrington ! J’adore tes chaussures !  », rien qu’en l’entendant, ses craintes s’atténuèrent légèrement. Emportée par la bienveillance de la jeune femme, elle lui rendit chaleureusement son sourire, détaillant la beauté de la femme devant elle. Elle respirait la gentillesse ce qui la rendait plus belle que bon nombre de femmes. « J’adore les tiennes aussi ! Je les voulais d’ailleurs mais j’avais fini par choisir celles que j’ai ! », parler de chaussures paraissait être une bonne chose pour qu’elle ne soit pas tentée de disparaître totalement à des centaines de mètres de ce bâtiment. Les uns après les autres, tous les membres de l’équipe se présenta et elle tenta de mémoriser les prénoms, les associant autant que possible aux visages, mais observatrice, elle comprit vite qu’ils ne semblaient pas heureux de l’avoir parmi eux. Et l’un d’entre eux paraissait plus mécontent encore, le jeune homme ne prenant même pas la peine de se lever pour se présenter.   «  Jude.  », l’espace d’une seconde, elle eut envie de lui dire qu’elle connaissait son prénom, que contrairement à tous les autres autour d’elle, elle savait qui il était. Car il était le seul non inconnu. Mais paradoxalement, il était aussi le plus froid avec elle. Elle cessa d’y penser, entraînée par Hazel dans une conversation passionnée pour lui présenter plus convenablement tout le monde. Y allant de tous les détails, elle nota rapidement le ton si particulier qu’elle prenait dès lors qu’elle évoquait Jude. Toutes les pièces du puzzle se mirent en place dans son esprit et instantanément elle parut comprendre. Son muscle cardiaque s’accéléra davantage, menaçant presque de quitter sa poitrine pour aller s’échouer sur le sol. Une fraction de seconde, elle cessa de respirer et elle se sentit telle une poupée brisée, éprouvant cette pression désagréable dans son abdomen.  «  Bon, si on bossait un peu ? La nouvelle, va chercher une caméra et une perche dans la réserve !  », à peine cette phrase fut prononcée que toutes les fourmis autour d’elle s’activèrent, mais incapable de bouger, elle resta paralysée, les pieds ancrés dans le revêtement, elle ne parvenait pas à faire le moindre mouvement. Totalement perdue dans un monde trop grand, comme une chèvre jetée dans la fosse aux lions, son regard se perdit tout autour d’elle, cherchant une quelconque aide. Une main tendue pour la sortir de ce marécage. Par malheur, elle ne la trouva pas chez la personne puisque ce fut Jude qui s’approcha.  «  Tu ne sais pas où c’est, c’est ça ?  », elle hocha la tête en le toisant, prête à lui demander pourquoi il lui posait une question si ridicule. Car il était évident qu’elle ne savait pas où la réserve était située. En effet, personne avait pris le temps, ni la peine de lui montrer les lieux ou de lui expliquer ce qu’elle devait faire.  «  Viens ! », elle n’était pas sûre de pouvoir en être capable, néanmoins ses jambes se mirent en mouvement pour le suivre là où il la conduisait. Utilisant la force de cette colère qui l’animait pour avancer, elle attendit d’arriver dans la réserve à l’abri des regards pour laisser apparaître son véritable visage. Pour cesser de jouer la comédie en camouflant la rancœur qu’elle avait à son encontre. « M’emmener loin des autres c’est ton moyen pour te faire pardonner quand tu disparais sans un mot ? Si c’est ça, je pense que tu vas devoir trouver un autre stratagème. », ses mots piquants ne lui ressemblaient pas. Habituellement elle n’exprimait que très rarement ses émotions, cachant tout derrière des sourires, parce qu’elle préférait se protéger plutôt que tout avouer. Sauf qu’à cet instant quelque chose était différent, quelque chose avait changé. Elle resta en silence pendant un moment, les sourcils froncés, la mâchoire serrée, elle afficha une expression dure à l’attention de celui qui l’avait fait sourire et qui avait entendu son rire plutôt que sa colère. « La prochaine fois, il est inutile de faire croire qu’on va rappeler quelqu’un quand on a aucune intention de le faire. », tout en parlant, elle le dévisagea, presque avec méchanceté. Une froideur inhabituelle émanait de son être tout entier, contrastant avec la chaleur irradiante se distillant dans ses veines. Tout d’un coup, elle regrettait de l’avoir regardé, de l’avoir embrassé. Et de s’être perdue dans ses bras. Les neurones bouillonnant dans sa boîte crânienne, elle n’avait aucune possibilité de retour en arrière. Rien ne pouvait effacer tout ceci. En temps normal, elle se serait murée dans le silence, mais aujourd’hui elle voulait parler. « Hazel Carrington c’est ta copine c’est ça hein ? », demanda-t-elle d’une voix inquisitrice, ne parvenant pas à retenir prisonnier son ton cinglant et paradoxalement, elle s’en voulait presque de se montrer aussi dure. Pourtant, il le méritait, il n’était pas une victime, et elle avait beau ne pas tout savoir, il n’était pas difficile de deviner qu’elle n’avait pas tort. Car elle avait l’intuition qu’elle ne se trompait pas, et que l’homme ayant fait chavirer son cœur et son corps pour une nuit parfaite allait bientôt se transformer en un bourreau des cœurs.
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and the hurricane came with a vengeance × (w/ isla)

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