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We're Going To Be Friends [Saoirse]

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MessageSujet: We're Going To Be Friends [Saoirse] Dim 21 Jan - 8:29

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We're Going To Be Friends


We're Going To Be Friends - The White Stripes
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The White Moon - Boutique
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J'avais à peine renversé la pancarte devant la porte indiquant que nous venions ouvrir. Encore une matinée qui avait passé en flèche sous mon nez. C'est ce qui arrive quand on aime ce qu'on fait et c'était le cas. Cette boutique avait complètement bouleversé mon enfance, mais raviver un plaisir fou, aujourd'hui. J'ose croire que, malgré ce qui c'était passé ici, je pouvais sentir sa présence, son support autour de moi. Les sceptiques me croiraient fou, mais il m'arrive quelques fois de lui parler au travers de mes journées. Je la remercie de me protéger comme elle l'a toujours fait, me surveillant constamment mes faits et gestes. M'indiquer avec des signes ses accords et ces doutes...Oui, cela pouvait être ridicule, mais j'ai fais souvent des choix suite à des pressentiments, des sensations étranges qui me font souvent réfléchir. On dit qu'il faut réfléchir avant d'agir, mais je me permet de le faire de manière impulsive. Selon ces vibrations qui me traversent le corps, comme si ceux-ci m'indiquaient la bonne route...

Je parle à voix basse:

" Je ne sais pas quoi faire. Guide-moi, je t'en prie..."

Et quelque chose survient, souvent...Des mots en gras significative sous mes yeux, une image, l'intervention d'un objet ou d'une présence quelconque. J'ai compris que cela pouvait être elle quand j'étais sur le point de craquer en prison...J'ai prié de nombreuse fois afin qu'elle m'aide à passer au travers et un matin, lors de notre sortie à l'extérieur, une plume noir en était tombé tout près de moi...Une plume noir, comme le vilain petit canard...Le livre que ma mère me lisait si souvent...

J'ai la foi et je crois à cette possibilité qu'elle me voit et m'entende...J'ai retiré toute ces sombres
pensés de mettre fin à mes jours...et donner autant qu'elle l'a fait pour moi.

" Ahhh génial, Damien, Christopher va être content..." disait Michael derrière moi.

J'étais en train de nettoyer le corps de cette petite guitare avec une lingette. Le pauvre petit Christopher était tombé avec sa guitare hors de mon cours, hier soir et le manche avait craqué avec la pression. Le gamin craignait de perdre son instrument n'ayant que celui-ci pour jouer. Déjà que j'offrais ces cours gratuitement aux enfants de mon quartier, je pouvais douter que les parents n'auraient pas les moyens de payer les réparations...Il me la confié afin que je la répare pour le prochain cour...

Je frottais de plus en plus sur le coin de l'instrument...laissant jaillir la fumée de ma cigarette entre mes lèvres:

" Peut-être, mais je ne veux pas que son père sache qu'il l'a cassé...Je ne sais pas ce qui se passe dans sa maison, mais je ne sens pas que c'est saint...Juste à regarder le petit quand le cour est terminé..."

Mes doigts serrèrent la guenille tout d'un coup...Le fait de songer aux possibilités me rendaient tendu. J'ai une intolérance à la violence faites au femmes, mais ma hargne est autant sévère quand on s'en prend aux enfants...

Mon regard dans le vide...

" Tu devrais venir avec moi, maintenant...Je vais préparer le repas...Will va te couvrir."

Oui, j'étais fatigué et anxieux, mais ...

" Non, je vais rester. Il y a encore un peu de stock que je dois remplir dans les vinyles...et....Enfin, tu me connais..."

La porte avait deux types de fermeture, en fait. Une qui fermait complètement la porte et une autre que je réservais à mes proches après la fermeture...

Ce que je veux dire est que seul mes proches savaient comment ouvrir la porte de l'extérieur après la fermeture. Outre la porte du backstore, certains d'entre-eux connaissaient le dispositif de la porte d'entrée leur permettant de venir faire un tour après les heures officiels. Souvent, je recevais des musiciens et proches jouant jusqu'au petite heure du matin dans ma petite salle d'essayage/ salle de classe...Des séances d'échanges de rythme, de connaissances musicales et même de composition. J'ai se plaisir d'échanger avec les plus vieux apprenant d'avantage sur la culture du blues et tous autres types de musique rattachés.

Alors, tant que je suis dans ces murs, je laissais la porte d'entrée à ce niveau de sécurité...
Je laissais Michael partir tranquillement de la boutique me laissant terminer les tâches que je tenais à faire...

Je déposais la caisse de vinyle d'over dans le backstore tout en fixant mon étui à guitare au loin...Un petit sourire sur mes lèvres avant de m'approcher d'elle...

Doucement, je la sortie de son lit m'armant tranquillement en la branchant dans le speaker...Mes doigts touchaient les cordes soigneusement hésitant encore à m'en servir...
Je devais me changer les idées, c'est clair. Je pensais à tellement de chose à la fois et tous ces sons, ces voix qui me frappaient le crâne ne m'aidaient pas du tout...

Je sortis une vieille composition de mes songes commençant légèrement à grouiller ma vieille guitare...Enfin, celle de mon père...une 1950′s Kay Hollowbody Archtop. Je continuais de mettre du papier brun dessous pour garder la résonance unique. Elle a quelque chose que j'entend rarement des autres guitare...Quand je la porte, je suis déjà ailleurs ne ressentant plus l'effet lourd du quotidien...Elle m'amenait ailleurs...

Je marchais dans la pièce avec elle pour monter sur la petite scène au fond de ma boutique et j'allumais aussitôt un vieux micro dont la résonance. Ella a aussi été trafiqué comme si on
m'entendait dans une radio des années 50...L'effet est renversant...

Mes yeux fermés...le temps s'arrête...Je joue...



Tant mieux, si je surprend les gens qui se trouvaient dans la boutique. C'était toujours de cette façon que j'attirais de la clientèle ou des musiciens qui désiraient m'accompagner. Je pouvais déjà sentir les regards.

Il m’est toujours impossible de décrire parfaitement ce que je ressens. Je suis complètement envahi par une force que je ne peux contrôler. Je ne suis pas tout à fait moi-même dans ces moments. J’incarne des sons, des notes qui produisent une chanson. Les paroles me viennent dans une pulsion, provoquée sur l’instant. Différents états d’âme peuvent former une multitude de pièces. De grands artistes l’ont fait bien avant moi avec tant de sincérité et de vigueur. Cependant, en raison de leur talent, ces derniers sont devenus oppressés par la popularité et le besoin de plaire. Ils doivent créer un produit qui correspond à des critères précis. Des critères qui ne sont pas nécessairement ceux qui les animent. Ils doivent créer ce sentiment afin de construire ce produit. Ce sentiment n’est pas sincère… Il n’est pas vrai. Comment chercher la magie de la musique par un mensonge ? C’est ce qui m’effraie quand je me demande si je veux percer dans la musique. J’ai peur. J’ai peur d’être obligé de simuler des états d’âmes pour écrire. Ce n’est pas ce que je fais et je ne veux pas le faire. Ce n’est pas moi. Ce n’est pas ce que je dégage. Je crois être une personne vraie à travers mes chansons. Je me sens habité par la musique. Ma guitare et moi : c’est une personne. Je me promène constamment avec, car on ne sait jamais quand une situation peut entrainer la création. C’est spontané comme une émotion. Une réplique, un paysage, une odeur peut changer l’état d’esprit d’une personne. Bien des choses m’ont fait réagir et je les écris sur papier. C’est un besoin, une nécessité. Sinon, je suis pris avec ce grognement qui reste coincé à l’intérieur de moi. Je crois que c’est ce qui distingue les artistes de bien des gens. On parvient à exprimer nos sentiments par notre art. Nous arrivons à digérer tout ce qui nous dérange en laissant exprimer notre corps, notre tête. Et ce doit être comme cela pour tout le monde. Je trouve cela dommage de voir des gens crispés et qui retiennent tous leurs problèmes sans en parler à qui que ce soit. Je ne dis pas que je ne fais pas parti de ces gens. Il m’arrive de me renfermer, mais j’arrive à me vider de ces maux. Cela peut prendre du temps, mais j’y parviens. La musique me permet d’être une personne reposée et calme. Je peux paraître renfermé dans mon monde. Oui, je ne parle pas beaucoup. Je préfère observer. Observer les gens et leur façon d’être. C’est très intéressant de comprendre les gens qui nous entourent. Je sens que cela peut frustrer certains. Je perçois des regards qui me boudent ou me maudissent. D’ailleurs, ils n’émanent pas des gens que je côtoie. Je n’essaie pas d’être aimé. Ma musique n’est pas appréciée de tous et cela me va ainsi. Je suis une personne étrange, seul avec une guitare. Oui, j’avoue incarner ce stéréotype. Mais j’assume ce que je suis. N’essayez pas de me changer. Il faudrait un miracle.
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MessageSujet: Re: We're Going To Be Friends [Saoirse] Lun 29 Jan - 21:05



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Music in the air
ft. Damien & Saoirse

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Fraîchement débarquée d'Irlande, j’ai signé mon premier contrat à Los Angeles, il y a cinq ans. Le soir même je mettais ma blouse blanche de « roulante » de jour/nuit…

Jour Zéro :

On y est, le grand jour est arrivé. Je vais faire mes débuts d’infirmière aux urgences, service que je connais bien pour l’avoir pratiqué lors de mon stage pré-professionnel. Les jambes en coton, le bide en vrac et des manifestations psychiques dignes des plus grands schizophrènes tentent de me déstabiliser mais je tiens bon. Je comprends mieux l’adage « avoir le cul entre deux chaises » ; étudiante ou infirmière ? Une petite chanson défile dans ma tête et tente en vain de me rassurer « c’est bon t’inquiètes, tu n’es pas seule, il y a l’infirmière » et puis « mais enfin dans 3 nuits c’est moi et c’est tout ». Ce soir on est trois et à vrai dire c’est assez dur de se positionner mais tout va bien se dérouler.

Jour quatre :

20h10 : Au mon dieu, en fin de compte les jours précédents étaient tellement simples, ce soir je suis seule aux commandes enfin pas tout à fait, je serai accompagnée d’une gentille aide-soignante et d’un boulet de responsabilités… Les collègues qui me font la relève me connaissent bien et me demandent comment je me sens. J'ai juste envie de m'enfuir. J’espère entendre une de ces relèves où tu sais que tout va bien se goupiller mais c’est loin d’être le cas.
J’apprends qu’un des patients est assez mal ; mon coeur se sert… J’ai en poche des fleurs de Bach, le « rescue », un nom qui fait penser aux nageurs-sauveteurs californiens. D’ailleurs c’est uniquement en ça que je trouve un peu de réconfort…bref…
20h40 : Tous au lit sauf moi et mon acolyte qui me demande depuis combien de temps je fais de l’intérim ; hummmmm, comment dire ? Avec un ton plein de fausse assurance, je lui explique que je suis diplômée depuis environ neuf  jours et que je travaille depuis soixante douze heures. Celle-ci me regarde bouche bée mais passe vite à autre chose.
6h30 : Après une nuit sans problème pour les patients, je passe la relève avec une tension au plafond, les yeux injectés de sang ; résultat d’une nuit sur le qui-vive… Ca y est je l’ai fait, « we did it » comme dirait une certaine Dora…

Jour soixante

Deux mois se sont écoulés. Les premiers jours, je me disais : « Qui sait où je serais dans deux mois ! ». Il y a un tel fossé entre les études et la prise de la poste. Tous les infirmiers s’accordent à dire que le contenu de la formation n’est qu’un magma de leçons parfois très indigestes à apprendre, sans réelle volonté d’aller à l’essentiel. Le « par cœur » c’est bien pour certains incontournables de la formation... mais en pratique il y a beaucoup d’autres choses qui restent dans l’ombre.
J 'ai bien « roulé » ma bosse et fait le tour des autres services mais je suis encore loin d’être à l’aise. Il y a aussi certaines coutumes au sein des établissements hospitaliers que les nouveaux diplômés n’imaginent pas. Une sorte de bizutage pas très agréable et qui parait légitime quand on passe du statut de nouvellement diplômé à infirmier titulaire. C’est l’appel téléphonique, la veille pour le lendemain pour remplacer le soir du réveillon de Noël… Tout nouveau diplômé qui se rebelle se voit renié par l’ensemble de l’établissement en moins de 24h !! Pour me réconforter, je me dis que ce n’est ni le premier ni le dernier noël passé au boulot...mais ma sœur était venu en surprise à Los Angeles et j'ai dû la laisser tomber...

Mois six

J’ai enfin quitté le poste de roulante pour être assimilée à plein temps au service des urgences.
Je profite d’un planning stable avec des repos consécutifs, ce qui n’était pas le cas en tant que roulante. Je travaille tantot en poste de jour, tantot en pose de nuit. Je me sens bien et bien plus à l’aise mais une chose est sûre je suis loin de l’idéal que je m’étais fait durant ma formation. La charge de travail est élevée et il est parfois dur de travailler dans de bonnes conditions…Être Infirmière en secteur privé n’est pas vraiment adéquat avec certaines de mes valeurs. On parle souvent de rentabilité, d’activité et ça, ça ne plaît pas ! Il faut malgré tout faire ses armes pour pouvoir évoluer.

Cinq ans plus tard

Cinq années, jour pour jour, comment est-ce possible ? J’ai l’impression que c’était hier…
La direction de l'hôpital vient de changer et c’est avec crainte que le personnel accueille les nouveaux arrivants. L’atmosphère générale n’est pas très bonne. Beaucoup de collègues ont dé missionnées. Pour ma part, je suis toujours aux urgences et je m’y plais beaucoup malgré les problèmes de personnel.
Je me sens confiante mais la charge de travail devient de plus en plus oppressante et frustrante… On fait vite et au mieux… Pour le perfectionnisme, on repassera ... La peur de poser une sonde urinaire chez un homme est un vieux souvenir… Noter des étudiantes infirmières m’a permis de tourner définitivement la page du statut d’étudiante ; je me sens maintenant loin de tout ça. On perd beaucoup au niveau des méthodologies. Le temps file et l’apprentissage se fait sur le tas. C’est à ce moment-là qu’il est important de se dire qu’infirmière c’est un apprentissage à vie. Il faut se former sans quoi, un jour on se réveille dans la peau du vieux dragon croisé au détour d’un stage… Et puis, il y a les patients, ces êtres gentil et doux, qui vous offrent des sourires, des rires, des discussions et vous rappellent, pourquoi vous faites ce métier. C'est comme ça que j'ai appris à connaître celui que je vais visiter aujourd'hui.
Un homme qui souffre de son apparence, alors qu'il devrait en être fier. Qui vit de la musique, une passion qui semble l'élever, l'inspirer. J'ai appris à le connaître lors de ses passages, j'ai appris ce qu'étais sa musique, du moins sa définition de la musique. Je ne suis pas une grande mélomane. J'oublie vite les chansons et les interprètes, mais pour un jour ou j'ai le temps de sortir, de me promener, de découvrir cette ville qui est mon foyer, je veux en profiter. Alors je m’arrête devant la vitrine, observant l'atmosphère de la boutique et ce que le propriétaire souhaite offrir à la vue de tous. Une vitrine est le reflet d'une âme, d'une expression, d'une envie. Et puis la mélodie s'élève doucement, enrobant le monde et l'air, lui donnant une odeur, un goût, attirant, tel la flûte d'hamelin vers l'intérieur même de la boutique.  Malheureusement, la porte resta bloquée. Fermée. Je voyais pourtant  cet homme jouais de sa guitare à l'intérieur et je l'observais, écoutant la musique, longuement, attendant que le morceau vienne à changer pour me manifester, toquant à la fenêtre, faisant un petit signe de main accompagné d'un sourire, attendant de savoir, si oui ou non, il me laisserait entrer ou si nous nous contenterons d'un signe de main avant de reprendre chacun sa route.

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