Partagez|

Don't be sad, I'm here now [Owen]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
❉ the search for something more
avatar
the search for something more

all these memories seem so old


Voir le profil de l'utilisateur
›› Los Angeles since : 02/01/2018
›› Love letters written : 30
›› It's crazy, I look like : Freya Mavor
MessageSujet: Don't be sad, I'm here now [Owen] Jeu 18 Jan - 23:58


 
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

 
"Certaines choses sont inoubliables ..."

 
Voilà peut-être la question la plus difficile de toute l'aventure humaine : est-il réellement possible de toujours regarder en avant, comme on nous encourage sans cesse à le faire, ou bien devons-nous garder certains vestiges essentiels de notre passé, si douloureux soient-ils, comme un rappel que certains aspects de la vie nous transforment si profondément qu'ils nous habitent à jamais ? Pouvons-nous vraiment refermer la porte sur ce qui continue à nous hanter ? - D. Kennedy

 [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
 

 Tu cours, Laura, tu cours si vite. Est-ce que tu entends ta respiration ? Elle est saccadée, tu es essoufflée, tu pleures. Toutes ces émotions te submergent d'un seul coup mais tu n'arrives pas à faire attention à cela. Parce que tu cours. L'adrénaline est si forte qu'il n'y a que ça qui compte : courir, toujours plus loin. Fuir. Trouver de l'aide. Pas un seul instant tu ne t'imagines tomber à nouveau sur lui, parce que pour toi, c'est impossible. Ou alors, tu n'y as tout simplement pas pensé. Le destin aurait été bien mauvais de le remettre une troisième fois sur ton chemin. Mais il y a un petit rayon de soleil dans ce futur que tu imaginais gris : tu ne l'a pas croisé, tu t'es sauvée. Enfin.

Tu mets plusieurs minutes à comprendre que tu es dans une voiture, un plaid sur toi. Tu ne reprends pas vraiment conscience, juste assez pour voir que l'homme qui est à tes côtés n'est pas ton bourreau. Tu peux te rendormir tranquille Laura, tu es enfin en sécurité.

Tu reprends conscience quand la voiture s'arrête un peu trop brusquement, mais tu ne bouges pas. Tu observes simplement les lumières, l'agitation du petit matin. Il est tôt, te semble-t-il, mais tu n'es pas sûre. Tu ne lui as pas reparlé à ton sauveur, même maintenant que tu es dans ses bras. Il te porte vers l'hôpital. Tu as reconnu le bâtiment, celui où tu venais de temps en temps. Il y a soudain trop de monde, alors qu'il est tôt, et tu caches ton visage contre l'épaule de ton sauveur. Tu ne sais pas comment il s'appelle et tu n'arrives pas à lui demander. Il y a trop d'attention sur toi, il faut te cacher ! Tu es impressionnée, ouvrant tes grands yeux bleus vers le médecin qui arrive.

On t'allonge sur un lit et on t'éloigne de ton sauveur. Tu n'aimes pas ça, pas du tout. Trop de choses se bousculent dans ta tête et tu le regardes une dernière fois tandis que tu t'éloignes. Tu essayes de lui mimer un merci mais tu n'es pas sûre qu'il comprenne. Son visage restera gravé dans ta tête jusqu'à ce que tu le retrouves. Il a été bon avec toi.

Tu regardes alors les médecins s'affairer. Il y a peut-être des infirmières, tu n'es pas sûre. Ton poignet est cassé, on recommande une radio pour être sûr. Ils essayent de te faire parler, de te demander ton nom, ton prénom ou même encore le nom de tes parents. Tes parents. A ce mot, tes yeux s'illuminent. Tu vas pouvoir revoir tes parents ! Ton père, ton père il va venir te chercher et il va te ramener à la maison ! Tu ne lui en voulais pas, tu ne pouvais pas. Tu es soudain triste, tu n'arrives presque plus à imaginer les traits de ton père. Alors pendant les examens, pendant que l'on fait une prise de sang, que l'on nettoie tes blessures, que l'on te mette un plâtre pour ton poignet gauche, que l'on te bande la cheville droite, tu réfléchis. Fort, très fort. Tu fermes même les yeux. Ses cheveux. Tu te rappelle qu'ils ont presque la même couleur que toi, tu le taquinais la dessus. Tu te laisse faire, mais tu n'as toujours pas parlé, ils ont arrêté de te demander. Tu n'es pas sûre d'y arriver, mais il le faut.

« Mon .. père c'est .. Owen .. O’Raghailligh. »

Ta voix est rauque et peu assurée. Ils s'arrêtent une seconde et puis c'est le branle bas de combat. Ils s'activent. Tu es dans une chambre à présent et tu ne peux qu'observer la lumière à travers la fenêtre. Tu ne sais pas quelle heure il est, mais il fait nettement plus clair. Tu ne montre que peu d'attention aux gens qui t'entourent, tout ce qui t'intéresse, c'est dehors. Tu entends qu'ils ont reçu les résultats de la prise de sang mais ça t'es égal dans le fond. Tu vois cette dame qui téléphone, mais tu ne sais pas à qui. Tu aurais presque envie d'aller à la fenêtre, mais tu es trop exténuée pour bouger. Tu te demande si ton père va venir maintenant. Il travaille peut-être. Il ne faudrait pas le déranger ! Tu ne sais pas quelle heure il est, tu ne peux donc pas leur dire de ne pas lui téléphoner tout de suite. Puis tu oublies, tu oublies tout dans la contemplation de ce que tu peux observer. Rien que le soleil c'est déjà quelque chose.

Tu ne sais pas que, dans le couloir, ton père arrive. Tu ne l'entends pas vraiment mais, de toute façon, pourrais-tu encore reconnaître sa voix ? La jeune femme le prévient. Fracture du poignet, foulure à la cheville, divers bleu et pire. Ils savent que tu es enceinte de 4 semaines. Ton père aussi le sait, maintenant. Mais tout ça, tu ne sais pas. Tu ne sais pas comment tu vas réagir, ni ce que tu vas lui dire. Enfin si, ça tu sais. Tu ne vas rien lui dire parce que tu veux le préserver. Tu l'aimes, ton père, après tout, même si tu as du mal à t'en souvenir.

 
Code by Sleepy
Revenir en haut Aller en bas

Don't be sad, I'm here now [Owen]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
DOWN WITH LOVE :: 
 :: Downtown l.a :: downtown hospital
-