Partagez|

All those broken happy ever afters • Gilson

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
✮ floodeuse  du mois
avatar
floodeuse du mois

all these memories seem so old


Voir le profil de l'utilisateur
›› Los Angeles since : 05/05/2017
›› Love letters written : 843
›› It's crazy, I look like : Katie McGrath
MessageSujet: All those broken happy ever afters • Gilson Lun 18 Déc - 0:31


“Sure, on a larger scale, it was healthy to have people out there you cared about more than yourself. She knew that. But then there was the abject fear you would lose it. They say possessions own you. Not so. Loved ones own you. You are forever held hostage once you care so much.”
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

Elle n’a prononcé que quelques mots depuis qu’elle a prit place dans l’habitacle de la voiture de son ex beau-frère. Elle regarde le paysage défiler par la fenêtre, se laissant bercer par les chansons qui passent une après l’autre à la radio. Elle est reconnaissante que Niels n’essaie pas de faire la conversation plus que de nécessaire, ne lui glissant que quelques mots ici et là, la plupart du temps des questions courtes auxquelles elle répond par des mots simples, sans grandes explications. Elle se doute qu’il sait. Qu’il sent sa nervosité qui remplis l’habitacle jusqu’à les étouffer, qui rend l’air presque statique entre eux, mais pas de cette façon agréable, comme dans les livres romantiques, comme dans ces films à l’eau de rose. Nerveusement, elle joue avec la délicate libellule autour de son cou, ce bijou offert par sa grande soeur pour ses trente ans et qui ne la quitte presque jamais. Le paysage devant ses yeux se fait familier, sans réellement l’être. Née à Denvers, dans le Colorado, ses parents avaient jugés logique pour le travail du père de déménagé dans la chaleur étouffante du Texas. Iris n’a jamais aimé le Texas, elle a toujours détesté cet état trop conservateur, ces gens avec un accent épais et déplaisant qu’elle a eu du mal à assimiler, avec ce culte des armes à feux, cette haine du Mexique malgré que le fait que les influences mexicaines sont partout, de la nourriture à l’espagnol inscrit sur les panneaux de circulations. La seule chose de positive qu’elle a tiré des années passées dans l’état texan est l’amitié qu’elle partage encore avec Liv, sans parler du blond qui se tient près d’elle derrière le volant avec qui elle a tant partagé au point de ne plus trop savoir où ils en sont. Ses parents ne vivent plus au Texas, cependant, ayant quitté la maison dans laquelle ont grandi leurs enfants pour une maison plus petite et plus chaleureuse dans un quartier tranquille de San Francisco. Une maison qu’ils ont achetés la même année que son frère a quitter le nid familiale pour la grande ville dans le but de poursuivre ses études. Iris peut comprendre pourquoi ils ont quittés le Texas, certes, elle sait que sa mère ne s’y a jamais plu, trouvant la température trop chaude, les gens trop déplaisant, mais elle a cru pendant des années qu’ils partiraient dans le Colorado une fois que le père de famille eu prit sa retraite. Ce n’a pas été le cas. Ils lui ont dit qu’ils désirent rester près de leurs enfants, tous trois installés en Californie. Katie et elle ont choisi la cité des anges de façon plus ou moins pragmatique alors que Logan a préféré s'installer à San Francisco après avoir abandonné ses études en ingénierie. Elle n’a pas réellement poser plus de question que cela, se disant qu’il est normal pour des parents de vouloir rester proche de leurs enfants, même si elle les voit toujours mal vivre dans une aussi grande ville, même après toutes ces années. Ce qu’elle sait cependant, c’est que cette maison est pleine de souvenir qu’elle n’est probablement pas certaine de vouloir affronter. Elle se souvient des repas de familles à chaque Noël quand ses parents leur faisaient faire tout cette route pour un repas copieux et une nuit dans une chambre minuscule qu’elle partageait avec son frère cadet.  Ces repas de Noël où elle partageait son temps entre les grandes discussions animées et les disputes avec Niels, comme deux gamins incapable de s’entendre plus de trois minutes avant que leurs discussions ne virent à la dispute virulente. Des disputes auxquels personnes n’a jamais comprit. Ils ont juste trop d’histoire ensemble, une histoire que personne sauf eux connait. Iris n’a pas remi les pieds dans la maison familiale depuis la mort de sa soeur. Principalement parce que la relation avec sa famille n’est pas la plus joyeuse en ce moment. Les reproches brillant dans les sous-entendus qu’on lui a soufflés à l'enterrement  de Katie suffit à la chirurgienne pour ne pas pousser les choses d'avantages. « Tu es certain que c’est une bonne idée?» lance-t-elle pour l’énième fois alors que le paysage devant elle s’efface pour laisser place aux maisons du quartier de ses parents, une maison qui finit par se dessiner devant eux dans le coucher du soleil.  Il ne faut que quelques minutes pour que la voiture s’arrête finalement devant la maison aux fenêtres illuminés. La maison lui semble hostile, comme prête à l’engloutir complètement si elle passe cette porte maudite. Elle tourne son visage de poupée vers l’ancien militaire, observant ses traits qui semblent aussi tendus que les siens et elle n’est pas exactement certaine de savoir pourquoi. « On peut toujours faire demi-tour, si tu le souhaite. » Son insécurité la fait rire. Pas un rire amusé, non, un rire triste, un rire jaune, un rire qui lui fait mal. Ce n’est pas vraiment drôle en réalité. Poussant un soupire, elle sort de la voiture et s’approche de la porte d’entrée qui semble aussi menaçante qu’une guillotine sous la lumière du porche. Elle a à peine appuyé sur la sonnette que la porte s’ouvre devant elle, laissant voir une silhouette plus que familière, frêle dans la lumière chaude. Dana Gilmore leur fait face, ses boucles ébènes parsemés de plus de mèches grises que dans les souvenirs de la jeune femme, les rides plus prononcées que jamais au coin de ses yeux. Ses yeux couleur chocolat se posent sur Niels en premier, alors qu’elle s’approche pour l’embrasser. « Niels, mon chéri! Qu’est-ce que c’est bon de te voir, enfin! Logan, Henry, c’est Niels! » La femme se tourne finalement vers elle et son sourire se fane aussi vite qu’il est apparu. Sans pouvoir s’en empêcher, Iris croise les bras sur sa poitrine, faisant varier son poids d’une jambe à l’autre, son épaule frôlant parfois le bras de Niels dans son mouvement nerveux. « Bonsoir maman.» lance le médecin d’une voix qui lui semble étrangement rouillée, étrangement déplaisante, beaucoup moins mélodieuse qu’à l’habitude. « Eh bien… Iris, quelle...surprise. » Sa génitrice leur fait signe d’entrée sans plus de cérémonie, sans même une accolade pour sa fille, ce qui blesse autant Iris que cela ne la surprend pas. Elle se contente de lancer un regard en coin à Niels avant de suivre sa mère à l’intérieur, même si son instinct lui hurle de faire demi-tour, de retourner à L.A dans cet appartement qu’elle partage avec Anna et Liv, dans cet endroit où elle n’a pas l’impression d’être une intruse.  Se glissant derrière l’ancien militaire, elle les suit vers le salon où le reste de la famille les attends et elle peut noter le changement de leur expression en l’apercevant. « Logan… Joyeux anniversaire, Achab.» Elle n’a aucune réponse, aucun signe qu'on l’a entendu. Même le surnom de cette enfance révolue est loin, futile. Cette référence à son livre de gamine favoris, aux personnages de Moby Dick, une référence qui date depuis si longtemps qu’elle n’est même pas certaine qu’il va poursuivre comme jadis. Elle pince les lèvres, inspire. Lentement, son père s’approche et serre la main de Niels dans la sienne tout en lui refilant une tape sur l’épaule. « Content de te voir, mon garçon.» Tout ça est une mauvaise idée. Une idée ridicule.  « Je ne m’attendais pas à te voir ce soir, Starbucks. » Le surnom est posée d’une voix froide, déplaisante, grinçante dans les oreilles de la jeune femme. Elle fait un effort pour ne pas lever les yeux vers Niels, de ne pas croiser son regard, à la place, elle se contente de reprendre ce froid médicale qui lui appartient, loin de la petite fille douce qu’elle fut ou de l’adolescente curieuse. Son frère l’observe toujours en silence de son coin de la pièce, partageant une version masculine des traits de Katie, bien loin du physique de l’enfant du milieu qui a toujours été étrangement différente, ne partageant pas cette même chaleur. « Regardes-toi, depuis combien de temps n’as-tu pas vu la lumière du soleil ? Un peu de bronzage ne te ferait pas de mal. C'est pas comme ça que tu trouveras un époux.» La critique frappe, sans qu’elle ne s’en attende, frappant le point qui a toujours le plus déplu à sa mère dans son apparence. Cette pâleur laiteuse qui, pour une raison qu’elle ne comprend pas, semble être un problème majeur dans les dernières secondes. Elle préfère ne rien rétorquer, ne rien dire qui pourrait envenimer les choses. Elle a l’impression qu’un froid polaire s’est infiltré dans la pièce en même temps qu’elle et elle n’est pas assez naïve pour croire qu’elle n’y ai pour rien. « Laisse la gamine respirer un peu, Dana.» Iris ignore pourquoi exactement, mais elle sent une vague de reconnaissance envers son père qui lui donnerait envie de pleurer si elle se le permettait. L’homme leur fait signe de prendre place et avec réticence, la brune prend place tout près de Niels, son regard translucide croisant celui de son beau-frère.  Elle observe silencieusement la pièce, se souvenant de l’époque où Katie se trouvait à sa place et qu’elle-même se retrouvait debout près de la porte, le dos appuyé contre le mur, évitant les questions sur sa vie sentimentales comme on évite des balles. Une époque où elle n’était pas une intrus dans sa propre famille. Elle note les photographie de famille sur les murs, le visage souriant de Katie à son mariage, à sa graduation, à ses cinq ans et son coeur plonge douloureusement dans sa poitrine. « Alors, soeurette... » Elle relève les yeux vers Logan, vers ce visage qui l’observe comme si elle est une menace, une lueur de malice mauvaise dans ses yeux sombre. « Tu as enfin décidé qu’on était assez bien pour toi? Où tu en avais assez de faire semblant de sauver des vies ce soir ? » Elle lève le menton vers elle, les poings serrées sur ses genoux, les ongles s’enfonçant dans la paume de ses mains au point d’en déchirer la chair, de creuser des croissants de lune d’un rouge sanglant. « Non. Je venais juste célébrer l’anniversaire de mon père en famille. Mais visiblement, nous n’en sommes plus réellement une, n’est-ce pas, Logan?» Sa voix est glaciale, méthodique, médicale. Une pic bien placé qui décompose le visage de ses parents et qui efface le sourire de son frère cadet, mais elle n’ose pas tourner les yeux vers le visage de Niels, parce qu’il ne sait pas. Il ne sait pas son rôle dans tout ça, il ne sait pas que c’est son nom sur le certificat de décès de sa fiancée, il ne sait pas qu’elle n’a pas pu la sauver. Elle ne lui a jamais dit, comme toutes les choses qu’elle aurait dû lui dire et qu’elle n’a jamais oser lui dire.

Revenir en haut Aller en bas
✮ duo sexy du mois
avatar
duo sexy du mois

all these memories seem so old


Voir le profil de l'utilisateur
›› Los Angeles since : 27/04/2017
›› Love letters written : 507
›› It's crazy, I look like : dan sexy and dangerous stevens
MessageSujet: Re: All those broken happy ever afters • Gilson Lun 18 Déc - 14:01

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
all those broken happy ever afters
IRIS GILMORE AND NIELS JONSSON※
I tried to walk together but the night was growing dark. Thought you were beside me but I reached and you were gone. Sometimes I hear you calling from some lost and distant shore, I hear you crying softly for the way it was before. Where are you now? Are you lost? Will I find you again? Are you alone? Are you afraid? Are you searching for me? These scars are just a trace, now it wonders lost and wounded, this heart that I misplaced. Where are you now? Now i'm reaching for you, will you wait ?



Il avait laissé le silence emplir sa voiture, ne ressentant pas le besoin ou l'envie de parler. C'était ce manque de mots qui lui permettait de se sentir légèrement mieux. Parce qu'il ne savait guère quoi dire à cette femme qui se tenait à ses côtés, ne sachant pas comment faire pour diminuer la nervosité qu'elle éprouvait. Il n'était pas dans le même état qu'elle, pas autant empli par la peur de devoir faire face à la famille Gilmore. Mais il n'était pas aussi à l'aise qu'il l'était par le passé. Auparavant, il savait que lorsqu'il se rendait dans cette demeure, les choses allaient bien se dérouler.  Chez eux, il était toujours bien accueilli, il était apprécié et aimé. On le considérait comme le gendre idéal, car il était l'homme qui avait rendu Katie heureuse. Et qui s'apprêtait à l'épouser. Tout était prévu, le jour où il allait épouser sa défunte fiancée, il devait rentrer de façon intégrante dans la maison des Gilmore, devenir l'un des leurs. L'idée lui avait plu, parce qu'il se sentait bien autour de cette table. Tout du moins quand il ne devait pas être confronté au regard glacial d'Iris qui le perturbait outre mesure. Personne n'avait jamais su pourquoi la situation était si tendue entre Niels et sa belle soeur, le secret entourant l'aventure qu'ils avaient eu était bien gardé. Toutes ces années, ils avaient enfermé dans une boîte tous les souvenirs qu'ils avaient, tous ces moments qu'ils avaient pu passer ensemble, ces fois où ils s'étaient retrouvés dévêtus dans les mêmes draps. C'était le mieux pour tout le monde, même si durant tout ce temps, le blond avait senti la culpabilité le ronger de l'intérieur et ce sentiment empirait dès l'instant où il était dans la même pièce que cette reine des glaces. C'était tout ce qui provoquait les disputes pour des raisons futiles, pour une opinion divergente qui normalement n'aurait entraîné qu'un banal désaccord sans explosion. Malgré cette ambiance tendue avec Iris, il ne s'était jamais senti mal à l'aise dans ce foyer. Il ne trouvait pas dans cette demeure, une nouvelle famille, en ayant déjà une lui apportant l'amour dont il avait besoin. Les Rhodes étaient sa véritable famille, la seule qu'il avait depuis ce jour où son père était décédé. Depuis que cette mine avait réduit en poussières les Jönsson. Il se souvenait parfaitement de la souffrance qui avait inondé son coeur enfantin, car il était trop jeune pour perdre son modèle. Pas préparé à se retrouver sans cet homme, à affronter le deuil et l'absence. Il y avait été forcé. Cet événement avait eu l'effet d'une tornade et sa mère en avait été le dommage collatéral. Elle n'était pas morte, mais il l'avait perdu. Car après ce jour, elle n'avait plus été une mère, elle avait laissé le chagrin la posséder complètement puis la folie était arrivée. Elle avait été ce poison se distillant dans ses veines, s'imprégnant de cette femme cellule par cellule. Lui si jeune, il avait été abandonné. On l'avait laissé dans ce monde trop dangereux pour un être aussi vulnérable. Heureusement, il avait trouvé de la lumière dans une autre maison capable de l'accueillir et de lui offrir tout l'amour dont il avait besoin pour grandir. Pour devenir un homme. Il reconnaissait qu'il n'avait pas été l'adolescent le plus facile, mais les Rhodes l'avaient aimé et c'était grâce à eux qu'il avait réussi à se relever quand ses deux genoux étaient ancrés dans le bitume. Si la mort de Katie l'avait éloigné des Gilmore, il était resté proche des siens. Surtout de Liv avec laquelle il éprouvait cet instinct de protection, constamment il s'assurait qu'elle soit dans une bulle hermétique que la souffrance ne pourrait pas briser. C'était tout ce qu'il demandait pour celle qui avait déjà traversé suffisamment d'obstacles. Quant à Iris, dès que son regard se posait sur elle, il y avait cette pression qui lui tordait les entrailles. Cette douleur étrange et aussi cette envie d'être présent pour elle. De ne pas la laisser tomber. Il savait qu'il lui en avait demandé beaucoup en lui proposant de l'accompagner pour l'anniversaire de son père. Toutefois, sur l'instant il avait eu la sensation que c'était la bonne solution. Que c'était ce qu'il devait faire. Après tout, elle était une Gilmore par le sang, tandis que lui n'était plus rien pour les trois personnes qu'ils allaient rejoindre. Il n'était plus que l'ex fiancé de la fille qu'ils avaient perdu. Cela était supposé avoir moins de valeur que l'amour au sein d'une famille. Malgré tout, il savait pourquoi elle angoissait à ce point, pourquoi un nuage de panique se propageait dans cette habitacle. Et à mesure qu'il roulait sur cette route, il s'en voulait de l'avoir amené, se rendant compte de ce qui l'obligeait à faire et il ne voulait pas être responsable de ses maux.  « Tu es certain que c’est une bonne idée?» , il n'en était pas sûr, il en doutait seconde après seconde, pourtant il ne voulait pas le dire. De peur que cela ne fasse qu'amplifier la nervosité d'Iris. D'ordinaire il n'était pas ainsi, lui qui était plus connu pour être aussi froid que la banquise. Il n'était pas un homme débordant de sentiments, parce qu'on l'avait formaté à être un prédateur sans état d'âmes. Un tueur jamais gagné par la crainte ou par la colère. Pas aujourd'hui. Cette fois, il n'était pas un sniper entraîné pour faire face à toutes les situations.  « On peut toujours faire demi-tour, si tu le souhaite. », il l'avait envisagé l'espace d'une courte seconde avant de réaliser que cela venait à prendre la fuite, à ne pas affronter la réalité. Aucun des deux n'allait fuir devant l'ennemi, ils devaient se tenir droit et immobiles mais il leur était interdit de flancher. « Ca va aller... », se contenta-t-il de dire d'une voix se voulant aussi rassurante qu'il était en mesure de l'être. Au fond de lui, il doutait que ce dîner se termine bien, néanmoins il gardait cette idée dans un coin de la tête, sans le montrer à Iris. La protégeant de l'unique façon qu'il connaissait. La voiture arrêtée devant la maison, un brin d'hésitation les gagna, leurs deux corps restant immobiles avant qu'il ne se décide à sortir de sa place du côté conducteur pour s'approcher de la porte d'entrée de la bâtisse. Iris avait beau ne rien dire, toute ses inquiétudes ressortaient par les pores de sa peau et il aurait aimé pouvoir l'apaiser. Sauf qu'il ne savait pas comment faire, ni comment s'y prendre car il n'était pas naturel pour lui d'évoquer des émotions. Il n'eut guère le temps d'y penser davantage, la silhouette de son ancienne belle mère apparut devant eux et comme à son habitude elle le salua avec chaleur, un immense sourire dessiné sur les lèvres.    « Niels, mon chéri! Qu’est-ce que c’est bon de te voir, enfin! Logan, Henry, c’est Niels! » , un léger rictus apparut sur les traits de son visage crispé. A vrai dire, il n'était pas fait pour les élans d'affection et ce soir-là cela lui déplaisait davantage, surtout quand il remarqua le regard lancé par Dana à sa propre fille. Il n'y avait plus de chaleur dans ses prunelles. Plus rien à part une froideur extrême. « Bonsoir maman.», sans s'en rendre compte, il se rapprocha de quelques centimètres de la silhouette féminine se tenant à ses côtés, lui offrant ainsi une sorte de protection. Et pour lui prouver qu'elle n'était pas seule. Qu'il était là et qu'il ne comptait pas la quitter durant cette épreuve.   « Eh bien… Iris, quelle...surprise. ». Il retint ce rire un brin cynique qui grandissait dans sa gorge et qui menaçait de prendre le dessus.  Evidemment qu'il s'agissait d'une surprise puisqu'aucun n'avait trouvé normal de l'inviter, ce qu'il ne parvenait pas à comprendre.  Cherchant à calmer immédiatement le jeu, il laissa ses bonnes manières le gouverner. « Bonsoir Dana. J'ai amené Iris avec moi, je me suis dit que c'était normal qu'elle soit là pour l'anniversaire de son père.», répondit-il platement sans signe d'énervement ou de cynisme, tandis que ses mots prouvaient bien qu'il y avait un message caché dans sa phrase. Après tout, il était ce qu'il était et personne ne pouvait le changer. Envahi par un malaise inhabituel, il marcha jusqu'au salon bercé par le son des battements de son coeur dans sa poitrine, ne manquant pas de noter les éclairs dans les yeux de Logan dès qu'il se mit à observer sa soeur. Il n'était pas à sa place ici, il le savait et quelques secondes chez les Gilmore lui confirmaient davantage.  « Logan… Joyeux anniversaire, Achab. », au lieu d'un remerciement, ce fut le silence qui se propagea dans la pièce, tout le monde faisant comme si Iris n'avait rien dit. Tâchant de ne pas faire le moindre commentaire, de ne pas être désagréable, il fulmina dans sa tête, désapprouvant ce comportement indigne et si son visage avait réussi à se détendre pendant quelques secondes, il sentit sa mâchoire se crisper. Inspirant profondément, il serra la main du chef de famille, un très faible sourire aux lèvres.  « Content de te voir, mon garçon.», en temps normal il aurait été sincère, il lui aurait dit que lui aussi il était heureux de dîner en sa compagnie. Avec cet homme qu'il appréciait véritablement. Néanmoins, il avait un goût amer dans la bouche qui ne disparaissait pas. « Bon anniversaire Henry », il était plus froid que ce que les convenances le recommandaient, son naturel le happant de pleins fouets pour lui faire revêtir ce masque de militaire qui lui collait à la peau.   « Je ne m’attendais pas à te voir ce soir, Starbucks. ». Chaque parole était posée telle une insulte, comme si toutes les personnes présentes dans cette maison cherchaient à atteindre en plein coeur Iris. Niels balaya la pièce du regard, laissant ses prunelles se perdre sur des objets n'ayant que peu d'intérêt pour oublier la lourdeur qui s'était installée autour de lui. Il finit par fixer Logan, attendant qu'il se décide à ouvrir la bouche, à manifester sa présence au lieu de les observer dans son coin, prêt à bondir sur la proie blessée.   « Regardes-toi, depuis combien de temps n’as-tu pas vu la lumière du soleil ? Un peu de bronzage ne te ferait pas de mal. C'est pas comme ça que tu trouveras un époux.». Il n'était personne pour faire une remarque pour répliquer à cette critique qui n'était faite que pour blesser un peu plus. Dans sa chair, il sentait la colère qui s'invitait dans ses cellules pour le gouverner. Pour devenir maîtresse de ses mots et de ses actes. Et il prenait sur lui pour garder le pouvoir dans cet affrontement.   « Laisse la gamine respirer un peu, Dana.», il avait de la peine pour la jeune femme qui ne méritait pas de recevoir un pareil traitement. Elle n'était coupable de rien mais cela ne les empêchait pas d'en faire une paria, de la traiter telle une étrangère chez ses personnes partageant le même sang qu'elle. S'installant  à la place qu'on lui avait indiqué, Niels cala ses pieds dans le sol, en profitant pour faire pianoter son pied sur le parquet. L'unique manière qu'il connaissait pour se calmer quand cela s'avérait nécessaire. Si dans certaines occasions, le silence était agréable, celui qui se diffusait dans l'air était plus étouffant que relaxant. Chaque protagoniste ne sachant guère quoi dire ni comment démarrer une banale conversation.   « Alors, soeurette... », apparemment une personne avait l'air décidée à tenter de parler. D'entamer un dialogue autour de cette table.  « Tu as enfin décidé qu’on était assez bien pour toi? Où tu en avais assez de faire semblant de sauver des vies ce soir ? » finalement il regrettait presque la torpeur de Logan car dès l'instant où il l'entendit, son poing se serra et le rythme des battements de son pied s'accéléra. Après avoir signalé à Iris qu'elle était une indésirable, son propre frère continuait de s'acharner. De vouloir la torturer pour planter un couteau en plein dans son muscle cardiaque. Il bouillonnait, prêt à déverser ses pensées. Il allait craquer, c'était impossible qu'il gouverne ses émotions, ne se sentant pas capable de ne pas prononcer ces quelques mots qui rêvaient de franchir la barrière de ses lèvres. « Logan.... Tu ne crois pas que le moment est malvenu pour déverser ton venin sur ta soeur ? Un peu de respect ça ne coûte rien, tu devrais essayer.  », lança-t-il de ce ton sévère, un brin autoritaire pour faire taire cet homme avec qui il ne partageait plus rien. A qui il ne devait rien. Il le fixa, lui adressant un regard lourd de sens, prouvant qu'il n'était pas question de lui tenir tête. Qu'il valait mieux pour lui de ne rien ajouter s'il souhaitait sortir indemne de cette soirée. Car si pour cette fois, il avait utilisé la méthode douce, il connaissait d'autres procédés pour battre un adversaire.   « Non. Je venais juste célébrer l’anniversaire de mon père en famille. Mais visiblement, nous n’en sommes plus réellement une, n’est-ce pas, Logan?» , les parents Gilmore se figèrent sur place, paralysés les dires de leur fille et si pour tout le monde c'était la dureté qui ressortait dans les propos de la brune, il était le seul à percevoir ce qui était camouflé derrière cette surface de glace. A comprendre que la barrière de sécurité était en train d'être détruite progressivement, que les coups qui lui étaient assenés la blessaient outre mesure. Mal à l'aise, il rêvait de lui apporter son soutien, de lui tendre une main ouverte pour qu'elle s'y accroche afin d'éviter la noyade. Mais comme à l'accoutumé, il ne savait pas comment s'y prendre. Ni comment lui prouver que dans ce combat, elle avait un allié sur lequel elle pouvait compter. « On se demande bien ce qui fait que nous ne sommes plus une famille. Et je crois qu'il n'est pas la peine de demander qui est responsable de tout ceci.... Mais si je devais donner mon avis, je dirais qu'elle est autour de cette table. » la bombe était lancée, l'attaque sans équivoque et la simple allusion à Katie suffit à tendre chaque muscle du blond, prêt à bondir en avant. Son organe vital tambourinant furieusement à proximité de ses côtes, sa fureur se distillait dans son sang, tel un virus contaminant toute l'humanité. Pas décidé à lâcher sa proie, Logan continuait de contempler Iris comme si elle était une coupable sur la banc des accusés, tandis que la mention de la mort de sa fiancée plongeait Niels dans les souvenirs les plus douloureux qu'il connaissait. Dans ce monde où le chaos régnait. Ce n'était pas la médecin qui avait provoqué la mort de Katie. C'était l'homme au volant de cette voiture qui était un assassin. C'était lui qui avait arrêté les battements du coeur de celle qui devait devenir sa femme. Iris n'avait rien fait. « Ferme la Logan. Sincèrement tais toi .», commença-t-il à dire, plantant ses ongles dans ses genoux pour neutraliser l'étendue de son venin qui proliférait pour atteindre ses entailles. « Si tu veux faire le procès de quelqu'un, fais celui de l'abruti qui a tué Katie, sinon ferme la,  ça vaudrait mieux que ton comportement de connard .», tout était plus douloureux maintenant qu'il prononçait à voix haute le prénom de sa bien aimée. C'était le chaos qui s'immisçait en lui et qui le torturait quotidiennement. Il n'y avait aucun remède, aucun médicament pour le guérir. Ou pour le modérer désormais. Il avait laissé sa souffrance se montrer et il ne pourrait plus la réprimer ou la faire taire. C'était trop tard.
Revenir en haut Aller en bas
✮ floodeuse  du mois
avatar
floodeuse du mois

all these memories seem so old


Voir le profil de l'utilisateur
›› Los Angeles since : 05/05/2017
›› Love letters written : 843
›› It's crazy, I look like : Katie McGrath
MessageSujet: Re: All those broken happy ever afters • Gilson Jeu 21 Déc - 21:29


“Sure, on a larger scale, it was healthy to have people out there you cared about more than yourself. She knew that. But then there was the abject fear you would lose it. They say possessions own you. Not so. Loved ones own you. You are forever held hostage once you care so much.”
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

Elle n’avait pas l'intention de participer à cette soirée pour l’anniversaire de son père avant que Niels insiste. Elle s’était dit qu’elle n’avait pas été invité pour une bonne raison, parce qu’elle n’est plus à sa place dans sa propre famille. Parce qu’elle ne pourra jamais être ce que Katie était pour eux. Elle sait que c’est injuste de penser comme ça, elle sait que ce n’est pas juste ni envers sa propre famille, ni envers sa défunte soeur, mais elle le sent au fond de ses tripes. Elle sait que si elle avait été celle reversé par une voiture, l’ambiance dans cette maison ne serait pas aussi lourde qu’à l’instant présent. C’est triste et c’est douloureux de l’admettre, mais elle sait. Depuis toute petite, elle a vu la fierté dans les yeux de ses parents quand Katie faisait une prouesse lors de ses cours de patins artistiques, quand elle dansait avec cette grâce de ballerine, quand elle remportait un prix pour un concerto de piano. L’aînée avait été l’enfant artistique, l’enfant pétillante et enjouée, l’adolescente populaire, la jeune mariée sublime. Ce favoritisme s’est aussi montré envers Logan, parce qu’il est le seul garçon de la famille, parce que le père avait finalement quelqu’un avec qui jouer au baseball et regarder des matchs de football, qui était intéressé à apprendre à réparer des voitures et à faire des travaux manuels. Toute petite, Iris avait fait des efforts monumentaux pour que ses parents l’acceptent, pour avoir droit à sa part d’affection. Non qu’elle fut négligée, mais souvent laissée de côté.  Elle avait laissé ses parents lui faire prendre des cours de piano, de danse, de théâtre, toutes ces choses qui ne l’ont jamais intéressés. Elle sait que ça n’a pas été facile pour eux, d’avoir cette enfant avec laquelle ils ont du mal à créer des liens parce qu’elle ne parle que trop rarement, parce qu’elle reste le nez dans ses livres lors des réveillons de Noël, parce qu’elle désire aller au musée pour son anniversaire plutôt que de recevoir des amis. Elle se souvient néanmoins de leur fierté quand elle fût accepté à Brown en médecine, de cette fierté qui brillait dans les yeux de sa famille à chaque repas en compagnie de leurs amis alors qu’elle croulait sous la pression d’une école si prestigieuse, observant ses collègues sombrer dans la dépression dans cet endroit où le suicide n’est plus un désastre, mais une norme. Tout ce qu’ils voyaient, c’était que leur enfant avait une place dans une école importante, dans une société qu’ils n’ont pas eu le droit d'accéder par manque de ressources financières.  Même à ce moment, les liens n’ont jamais été réellement facile entre eux, pour une raison ou pour une autre. Alors que Katie et Niels filaient le parfait amour, jouaient les couples parfaits, Iris croulait sous son internat, essayant de garder la tête hors de l’eau entre les résidents exigeants et les heures interminables à l’hôpital. Elle avait eu droit à plus de commentaires sur son couple qui battait de l’aile que de questions sur la branche qu’elle allait choisir pour sa futur carrière. Elle n’a jamais su quoi répondre quand on lui demandait si elle comptait marié Ruben ou s’ils désiraient avoir des enfants. Non parce qu’Iris ne veut pas de ce genre de vie de famille bien rangée, mais elle ne l’a jamais voulu avec cet homme qui partager trop d’années d sa vie. Qu’elle a trahie au même titre qu’elle a trahie sa propre soeur en couchant avec Niels.  Un homme à qui elle avait imposé une fausse-couche alors qu’il n’était pas le père du bébé, elle l’avait su dès le début. Dès les dates annoncés, dès le verdict prononcé par ce médecin à l’allure compatissant. Cette culpabilité l’étouffe chaque fois qu’elle a le loisir d’y penser. Le pire étant qu’elle n’a jamais pu en parler avec Liv ou Anna, sachant que la première ne mentirait pas à son frère adoptif et que la deuxième ne serait jamais d’accord pour mentir à Liv sur un sujet aussi délicat. Et maintenant, la chirurgienne est dans cette maison remplie de mauvais souvenirs, avec l’impression désagréable d’être une intruse, de ne pas être à sa place dans sa propre maison, dans cet endroit où un enfant devrait toujours se sentir à sa place, auprès des siens. Les mots rassurants de Niels ne la calment aucunement et il lui donne quand même l’impression de ne pas être aussi assuré qu’il semble l’être ou qu’il essaie de lui faire croire. « Bonsoir Dana. J'ai amené Iris avec moi, je me suis dit que c'était normal qu'elle soit là pour l'anniversaire de son père.» La voix plate de Niels s’infiltre en elle, résonne de son ton plat bien qu’elle sent la menace sous ces mots, le côté militaire sous cette carapace civile. Il est dangereusement près d’elle, au point qu’elle sent sa chaleur, qu’elle le frôle parfois dépendant de ses mouvements ou de ceux du blond. L’ambiance du salon est à couper au couteau, si épais que l’air semble solide. Chaque de ses mots ont le silence en guise de réponse, des regards à la fois incrédules et froids. « Bon anniversaire Henry » Elle observe les deux hommes se serrer la main, notant à quel point la chaleur de Niels se refroidit à chaque mot prononcé par sa famille, à chaque seconde qui s’émiette. La jeune femme lève les yeux vers lui, notant la crispation dans sa mâchoire alors qu’il vient prendre place près d’elle, leurs épaules se touchant, une frêle consolation, un mouvement qui diffuse une légère chaleur dans sa chair contrastant avec les attaques froides qu’on lui assène depuis son arrivé. Elle n’a pas la force ou le courage de répondre à l’attaque de sa mère sur son physique, un combat qu’elle sait perdu d’avance, bien qu’elle sait que cette phrase n’est là que pour lui faire un peu plus mal. Pendant de longues secondes, elle se laisse bercé par le bruit du pied de Niels qui heurte le sol en rythme avec une chanson imaginaire et ce bruit une maigre consolation, quelque chose sur quoi son esprit peut se concentrer. Elle considère ce silence bienvenue, jusqu’à ce que Logan le brise avec des mots acerbes, avec des paroles faites pour blesser et qui ne manquent pas sa cible. Elle sent ses ongles lui faire mal, mais elle ne relâche pas la pression contre la paume de ses mains. « Logan.... Tu ne crois pas que le moment est malvenu pour déverser ton venin sur ta soeur ? Un peu de respect ça ne coûte rien, tu devrais essayer.  » Les propos cinglants de Niels creuse un trou béant dans son muscle cardiaque. Il ne devrait pas faire ça. Il ne devrait pas être obliger de la protéger, de la défendre comme si elle avait besoin de lui pour le faire. Il ne devrait pas avoir l’obligation de jouer les chevaliers servant alors qu’ils ne sont plus rien. Si Niels ne doit rien à sa famille, il ne lui doit pas grand chose à elle non plus. Cette vérité la frappe en plein fouet. Elle n’est plus sa belle-soeur, elle n’est plus un membre de sa famille, elle est juste la colocataire de sa soeur, cette fille qu’il n’est pas obligé d’aimer ou de supporter s’il ne le veut pas. À cette pensée, elle serre un peu plus les poings, cherchant un contact avec le réalité dans la douleur physique alors que son esprit se tourne contre elle, comme le fait sa famille à l’heure actuelle. Ses propres mots prononcés d’un ton glaciale semblent figer sur place sa famille, sauf Logan qui revient à la charge, plus blessant que jamais, plus assassin dans ses propos.  «  On se demande bien ce qui fait que nous ne sommes plus une famille. Et je crois qu'il n'est pas la peine de demander qui est responsable de tout ceci.... Mais si je devais donner mon avis, je dirais qu'elle est autour de cette table.  » Elle se crispe, cruellement, au point que ses muscles lui font mal. Elle sait que ces mots ne font pas que l’attaquer, elle. Iris n’est pas assez naïve pour croire que le comportement civile de Niels va se poursuivre après cette attaque, après l’implication que c’est elle qui a tué Katie et non cette voiture. «  Ferme la Logan. Sincèrement tais toi.» Elle aimerait lui dire que tout va bien, que ce n’est rien que ça ne vaut pas la peine, mais elle ne prononce pas un mot, cherchant les mots à prononcer, alors qu’elle sent le mur en elle craquer. «  Si tu veux faire le procès de quelqu'un, fais celui de l'abruti qui a tué Katie, sinon ferme la,  ça vaudrait mieux que ton comportement de connard.» Le prénom de sa soeur lui fait l’effet d’un coup de poing dans l’estomac. Elle ne l’a pas entendu prononcé de la bouche de Niels depuis sa mort, depuis l’enterrement. Il évite de parler d’elle comme elle évite de parler de cette nuit où elle s’est retrouvé sur cette civière. Elle ne peut s’empêcher de relever les yeux vers lui, notant la douleur dans ses prunelles, dans ses traits alors que ses ongles s’enfoncent dans ses genoux, cherchant un contrôle qu’il ne pourrait pas garder longtemps. Elle sait, au fond d’elle, qu’il n’y a plus de chances pour que cette soirée se finissent plus ou moins bien. « Allons, les garçons. Ça ne vaut pas la peine d’être si agressif...» Ça ne vaut pas la peine ? Ils agissent comme si elle avait été celle derrière le volant, mais ça ne vaut pas la peine de se défendre, d’être aussi furieux ? Iris comprend. Elle comprend que dans le processus de deuil, les gens cherchent un coupable, quelqu’un à blamer. Il arrive qu’il s’agit du médecin qui n’a rien pu faire, alors que la logique pointe dans une autre direction. Ce n’est pas la première fois qu’elle se fait pointer du doigt de la sorte, mais jamais elle n’aurait cru subir cela au sein de sa propre famille. « Elle te l’a dit, Niels ? Que c’est elle qui a signé le certificat de décès de Katie ? Qu’elle n’a pas levé le petit doigt pour la sauver ? Pas de chirurgie, pas de manoeuvre miraculeuse, rien de toute ça. Elle pourrait être vivante aujourd’hui si Iris l’avait voulu.» Elle entend sa mère s’étouffer avec son verre de vin quelque part à sa droite alors qu’elle relève le visage vers son frère cadet, le foudroyant de ses prunelles glaciales. Elle n’a jamais rien dit à Niels concernant le fait qu’elle avait été le médecin en charge ce soir-là, que c’est son nom sur le certificat de décès de Katie, mais au final, ça ne change rien. Absolument rien. « Katie n’avait plus aucune réaction cornéenne, aucune réaction à la douleur ou respiration spontanée. Son électroencéphalogramme ne montrait aucun signe d’activité cérébrale. Tu sais ce que ça veut dire, Logan ? Tu as un doctorat en médecine, maintenant ? Tu es devenu neurologue dans les dernières années ?» Encore une fois, sa voix reste froide, médicale, elle énonce des faits, quelque chose qui ne demande aucune implication émotionnelle de sa part. Les prunelles de ses parents vont et viennent entre Logan et elle, cherchant quelque chose à dire, quelque chose à faire. Aucun d’entre eux ne peuvent comprendre. Ils ne savent pas exactement ce que ce fut pour elle de déclarer la mort de sa propre soeur. « Elle était vivante, Iris. Katie était vivante. Son coeur battait encore.» Il n’y a pas nécessairement de haine dans la voix de son père quand il prononce ces mots, juste une douleur à laquelle elle peut s’identifier, une incompréhension qui la frappe. À ce moment précis, Henry Gilmore est juste un père qui a enterré sa propre fille il n’y a pas si longtemps et qui a du mal à faire son deuil.  « Parce qu’elle était sous respirateur artificiel. Dans tous les cas, le coeur cesse de battre par lui-même quelques heures ou quelques jours après que le cerveau est cessé de fonctionner. Elle serait morte d’une façon ou d’une autre.» Elle s'adoucit, une fraction de seconde avant que le rire cinglant de son frère se fasse entendre. Un rire lui prouvant qu’il ne croit pas un mot de ce qu’elle dit. « Et y croit, Niels ? Tu comprends un truc de ce charabia médical qu’elle utilise pour se défendre ? Quoi que tu n’étais pas là, hein, tu avais mieux à faire. » C’est le moment où elle sent que Logan vient de se mettre les pieds dans les plats, qu’il vient de mettre le pied en terrain ennemi, dans une champ de mine et qu’il risque de le regretter amèrement.

Revenir en haut Aller en bas
✮ duo sexy du mois
avatar
duo sexy du mois

all these memories seem so old


Voir le profil de l'utilisateur
›› Los Angeles since : 27/04/2017
›› Love letters written : 507
›› It's crazy, I look like : dan sexy and dangerous stevens
MessageSujet: Re: All those broken happy ever afters • Gilson Mer 27 Déc - 22:21

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
all those broken happy ever afters
IRIS GILMORE AND NIELS JONSSON※
I tried to walk together but the night was growing dark. Thought you were beside me but I reached and you were gone. Sometimes I hear you calling from some lost and distant shore, I hear you crying softly for the way it was before. Where are you now? Are you lost? Will I find you again? Are you alone? Are you afraid? Are you searching for me? These scars are just a trace, now it wonders lost and wounded, this heart that I misplaced. Where are you now? Now i'm reaching for you, will you wait ?



Pendant de longues années, Niels Jönsson avait été entraîné, façonné par une main de fer pour contrôler toute bribe d'émotions. Pour garder l'ascendant sur chacune de ses pensées. Sur tous les songes atteignant sa boîte crânienne. On l'avait fait devenir ce robot ne ressentant aucune parcelle de sentiments, incapable de faiblir même dans les pires conditions. On avait malmené son âme et son corps pour le faire craquer. Pour lui apprendre à résister à la torture. On l'avait enfermé dans des pièces noires sans eau pendant de longues heures pour le mettre en conditions ennemies. On l'avait jeté dans un lac avec les pieds et les mains liées pour qu'il devienne cette machine de guerre. Et il l'était devenu. Il s'était transformé en cet homme capable de passer des journées sans sommeil. Il était devenu ce sniper parvenant à toucher une cible minuscule, à peine perceptible, plus de mille mètres plus loin. L'armé l'avait modelé pour qu'il devienne celui dont il avait besoin. Pour que dès lors qu'il mettait un pied dans une zone ennemie, il puisse être un atout. Une arme de destruction massive. Il n'était pas un banal soldat, on l'avait fait devenir quelque chose d'autre. Cet être que personne ne comprenait, dont on ne savait rien véritablement, parce qu'il préférait garder le silence. On ne l'avait pas éduqué pour parler, pour évoquer les entraînements et encore moins l'horreur qu'il avait été amenée à vivre. Pourtant, malgré toute cette adversité, toutes ces atrocités sur lesquelles ses yeux s'étaient arrêtés, il n'avait jamais perdu le contrôle. Pas une seule fois dans toute sa carrière, il s'était écroulé, laissant son muscle cardiaque s'emballer dans sa cage thoracique, car il avait été préparé. Par le passé en tout cas. Maintenant, assis autour de cette table, il ne connaissait aucun protocole, aucun moyen de canaliser cette tempête émotionnelle qui le ravageait à mesure que les Gilmore parlaient. A mesure que les balles surgissaient devant lui, il ne trouvait aucune arme pour lutter et pour se protéger. Autant que possible, il bataillait contre ses propres pensées ressemblant à de la lave pouvant détruire un village tout entier, le pied tapant nerveusement le sol dans un rythme accéléré, il se concentrait sur ce qu'il pouvait. Il se rattachait à quelque chose pour calmer cette éruption émotionnelle qui menaçait de survenir. Mais plus il entendait les mots sortir de la bouche de son ancien beau frère, plus il écoutait les attaques à l'encontre d'Iris, plus il sentait sa force le quitter pour le faire vaciller dans un autre monde.  Ils n'auraient pas dû venir, il le réalisait seconde après seconde, jamais il n'aurait dû imposer cette visite à la jeune femme assise à ses côtés qui semblait dans un état proche du sien. Les battements de son palpitant galopant furieusement dans sa poitrine, il serra son poing fortement, si fort qu'il en perdit sa couleur, se parsemant de cette teinte blanchâtre, synonyme de cette absence de plasma sanguin. A chaque seconde, il faisait de son mieux, se concentrant sur des choses positives, sur des images supposées l'apaiser, à présent que le prénom de sa bien aimée avait été évoqué. Dans sa tête bercé par un capharnaüm entre la douleur et la colère,  son esprit jouait un concerto désorganisé où la tristesse des cuivres cognait contre la haine des percussions. Le choc bouleversait sa boîte crânienne, lacérait ses entrailles.  « Allons, les garçons. Ça ne vaut pas la peine d’être si agressif...». Il ne comprenait pas. Personne ne pouvait comprendre cette tempête qui l'assaillait depuis plus d'un an. Personne ne savait avec quoi il vivait et à quel point le chaos était devenu son quotidien. Parce qu'il dissimulait sa souffrance comme on lui avait appris à l'entraînement, il prenait son masque de militaire pour faire semblant. Pour ne pas craquer devant tous ses proches, c'était ainsi qu'on l'avait formé.  « Elle te l’a dit, Niels ? Que c’est elle qui a signé le certificat de décès de Katie ? Qu’elle n’a pas levé le petit doigt pour la sauver ? Pas de chirurgie, pas de manoeuvre miraculeuse, rien de toute ça. Elle pourrait être vivante aujourd’hui si Iris l’avait voulu.». Les mots le percutèrent de pleins fouets, pris dans une bourrasque de vent violent, son organe vital s'emballa, loupant un battement dans sa course. Un bourdonnement incessant se propagea dans ses oreilles, envahissant chacune de ses cellules et son visage perdit tout respect de jovialité, crispé comme avant chaque intervention tandis qu'il pointait son fusil de pointe sur sa cible à atteindre. Il ne comprenait pas et au lieu de dire quoi que ce soit, il tourna derechef le visage vers Iris, l'interrogeant du regard pour trouver la réponse qu'il cherchait. « Katie n’avait plus aucune réaction cornéenne, aucune réaction à la douleur ou respiration spontanée. Son électroencéphalogramme ne montrait aucun signe d’activité cérébrale. Tu sais ce que ça veut dire, Logan ? Tu as un doctorat en médecine, maintenant ? Tu es devenu neurologue dans les dernières années ?». Il avait beau écouter, chacune des paroles prononcées n'atteignaient plus son cerveau. Il était ailleurs, quelques mois plus tôt, à l'exact moment où on l'avait appelé et où on lui avait avoué la mort de Katie. Il se rappelait la chaleur moite du soleil syrien sur sa peau, la poussière qui lui brouillait la vue. Il se souvenait de tout. Mais jamais on ne lui avait dit pour Iris jusqu'alors. A aucun moment,  on lui avait avoué qu'elle était le médecin en charge. Qu'elle était celle qui s'était occupée de sa propre soeur. La vision troublée par le vertige qui l'irradiait, il ferma les yeux quelques secondes, cherchant à canaliser toutes ses émotions qui agissaient telles des coups de poignard plantés partout dans son âme, jusque dans ses entrailles.  « Elle était vivante, Iris. Katie était vivante. Son coeur battait encore.». Ils avaient tous pu la voir à l'hôpital tandis qu'à son retour, il avait dit au revoir à un corps sans vie. C'était une peau glacée qu'il avait touché. Une silhouette inerte qu'il  avait observé à la seconde où il avait mis les pieds dans cet hôpital. Il n'avait eu le droit qu'à cela, qu'à faire ses adieux à un cadavre qui avait l'apparence de sa fiancée mais qui ne respirait plus. Il se revoyait dans cette pièce, agenouillé devant le corps de cette femme qu'il avait tant aimé. Et il était resté là pendant des heures, toujours vêtu de ses vêtements militaires, il avait été incapable de la quitter, de partir avant qu'on l'oblige à sortir à grands coups de protestation, alors qu'il voyait tout son monde s'écrouler.  On l'avait conduit en enfer et depuis personne ne l'aidait à s'en défaire, à trouver une manière de se repérer dans ce dédale ressemblant à un labyrinthe.  « Parce qu’elle était sous respirateur artificiel. Dans tous les cas, le coeur cesse de battre par lui-même quelques heures ou quelques jours après que le cerveau est cessé de fonctionner. Elle serait morte d’une façon ou d’une autre.».Il voyait à quel point elle essayait de se défendre, l'ardeur qu'elle mettait à exposer les faits, mais s'il s'était promis plus tôt de la défendre, cette fois il n'en était pas capable. Il n'avait plus la force et contrairement aux Gilmore présents autour de cette table, ce n'était pas parce qu'il lui en voulait. Ce n'était nullement parce qu'il la détestait qu'il se taisait, c'était autre chose. La gorge serrée, il ne pouvait pas parler, une boule logée dans ses cordes vocales empêchait chaque mot d'être dit. Il était ce marin perdu en pleine mer, tiré de chaque côté par des sirènes désirant l'entraîner dans les profondeurs. Et si en temps normal, il était en mesure de combattre, les coups étaient trop forts désormais. « Et tu y crois, Niels ? Tu comprends un truc de ce charabia médical qu’elle utilise pour se défendre ? Quoi que tu n’étais pas là, hein, tu avais mieux à faire. ». Son cerveau en ébullition s'éveilla instantanément, comme heureux de trouver l'ennemi à abattre dans ce champ de bataille sans merci. Et dans le combat entre la colère et la tristesse, la colère renversa la balance prenant le dessus sur tout le reste. Même sur sa propre raison ou sur ses années passées à se canaliser.  « T'es en train d'insinuer quoi là Logan ? Sois explicite quand tu accuses quelqu'un. ». Son regard aussi noir que les ailes du corbeau se planta sur l'homme assis en face de lui, prêt à le faire taire à la seconde où il oserait répondre quoi que ce soit. Le sang tapant furieusement dans ses tempes, il arrêta de serrer son poing, étirant un par un ses doigts, comme un boxeur avant un combat. Il n'entendait plus la voix dans sa tête, celle qui sur le terrain lui permettait de garder son sang froid, la froideur de la banquise avait cédé sa place à cette lave en fusion se répandant dans chacun de ses tissus.  « T'étais trop occupé à jouer le grand héros militaire pendant que ma soeur se faisait renverser, voilà ce que j'insinuais. Elle m'avait dit que t'étais pas censé la faire cette mission, alors on sait tous très bien que si tu avais été là,  si t'avais pas préféré jouer au héros, elle serait toujours en vie ! », tel un ennemi prêt à perdre une bataille, Logan continuait de s'avancer en zone de conflit, refusant de hisser le drapeau blanc devant un adversaire en possession d'une armée. Il s'obstinait, refusant de s'avouer vaincu, ne réalisant pas quel ouragan il était en train de faire naître, ni quelle tempête allait s'abattre sur lui dans les prochaines secondes. « Logan chéri....  », la voix de la mère de famille suppliait son fils d'arrêter, de ne pas naviguer dans cette eau trouble remplie de danger. Mais c'était trop tard. Logan était devenu l'ennemi, la proie facile à battre. Et malgré tous ses efforts, Niels ne pouvait plus faire cette fureur qui se distillait dans ses veines et qui lui criait de faire taire son opposant.  « Non mais allons y laissons le grand Logan Gilmore parler puisqu'il sait tout mieux que tout le monde. Merci pour ton intervention très utile sur ce sujet alors que tu n'y connais rien ! Katie aurait pu mourir à n'importe quel moment ! Ca aurait pu arriver quand elle allait chercher le pain, quand elle traversait une rue pour aller à un restaurant ! Ca aurait pu arriver n'importe quand tu le sais ça?  ». C'était ce qu'il essayait de se répéter en boucle tous les jours, chaque fois qu'il était envahi par la culpabilité. Pas une seule fois, il avait cessé de regretter d'être parti, de ne pas avoir été là, de ne pas avoir été présent. Depuis la mort de Katie, la culpabilité était devenue quotidienne dans son âme, elle le fracassait le matin quand il se levait dans un lit vide, elle le happait quand il se perdait dans une étreinte charnelle avec une autre, elle le foudroyait sur place quand il parlait à Iris et qu'il repensait au passé. Pas une fois, elle avait disparu de son être, venant germer dans son esprit pour lui rappeler qu'il était responsable.  Il savait tout ce que Logan lui balançait au visage, comme on pouvait jeter de l'acide, mais il n'avait pas besoin de l'entendre de nouveau.   « Oui mais c'est arrivé quand t'étais pas là, quand le grand Niels Jönsson avait décidé que la vie des autres était plus importante que celle de sa fiancée. ». Le ton provocateur heurta ses tympans presque comme s'il tentait de le pousser un peu plus loin dans ses retranchements, métamorphosant Niels en le nouvel accusé de ce procès qui ressemblait étrangement à une grande mascarade. Tous ses muscles criaient de douleur, les entrailles lacérées par un feu brûlant, il sentit son esprit vaciller du mauvais côté, dans un univers où la lumière n'existait pas. Où la colère était l'impératrice d'un empire sans pitié ni compassion. Il redevenait cette arme façonnée pour tuer quiconque se trouvant en travers de son chemin. Brusquement il se leva de sa chaise, les yeux injectés de haine ancrés dans le regard de Logan. Et plus rien autour de lui n'avait d'importance, avalé par ce sentiment de rage, tout désir de contrôle avait disparu.   « Ne parle pas de ce que tu ne sais pas ! Moi contrairement à toi je n'avais pas le cul posé sur un fauteuil à attendre bien sagement qu'on annonce aux infos la fin d'une guerre en ouvrant bien ma grande gueule avec des commentaires à la con sans savoir quoi que ce soit ! La vie de Katie a jamais été moins importante que celle de qui que ce soit et j'aurais tout donné pour être avec elle ! Si tu veux savoir je m'en veux tous les jours de ne pas avoir été là et d'être parti au lieu d'avoir été avec elle. Et si je l'avais su, je serais jamais parti ! J'aurais risqué la cour martiale pour qu'elle puisse être en vie aujourd'hui ! Mais c'était mon métier Logan, mon boulot c'est de faire que tu puisses te balader tranquillement dans la rue sans qu'il y ait un nouvel attentat. Alors c'est bien beau de parler, de sortir des grands discours sur le 11 Septembre, quand t'as jamais rien fait d'autres qu'être devant ta télé comme un con à attendre que les choses se tassent toutes seules ! Parce que tu crois vraiment que les attentats sont évités par miracle ? Désolé de décevoir tes espoirs d'idiot rêveur mais c'est parce qu'il y a des militaires comme moi que tu peux te lever le matin. Sauf que le grand Logan dans toute sa splendeur il peut pas le comprendre ça, il pense que jouer à la guerre c'est amusant et qu'on part sur le terrain pour le plaisir. T'es pitoyable avec tes idéologies de crétin décérébré qui n'y connait rien. En attendant t'étais là quand on a arrêté Ben Laden, quand on a empêché un attentat suicide à Bagdad,  ou quand j'ai reçu la Silver Star parce que j'ai empêché un gamin de se faire sauter dans un village en Syrie ? T'étais jamais là parce que t'étais trop occupé à rester ici ! Tu sais pas ce que c'est mon métier, tu sais rien du tout, alors te permet pas de juger ! Si tu veux parler en connaissance de cause tu devrais prendre la place de ceux qui chaque jour risquent leurs vies pour que des connards de ton genre puissent vivre confortablement chez eux. Mais tu survivrais pas une seconde là-bas, c'est certain, t'es bien trop lâche pour ça, tu serais le premier à t'enfuir. La prochaine fois au lieu de m'accuser pour ce qui est arrivé à Katie, tu devrais plutôt me remercier pour être encore une vie. Simplement dis toi une chose, si un jour t'étais en plein milieu d'un champ de mines, tu serais probablement le dernier que j'irais sauver. » Chaque mot était une menace, un coup de fusil heurtant le corps de Logan pour le terrasser sous les coups. Phrase après phrase, il déversait ce tsunami meurtrier, dévoilant à tout le monde toute cette fureur qu'il renfermait dans sa tête.  Devenu incontrôlable, son coeur rêvant de quitter son emplacement initial et assourdi par la hargne, il perdait totalement pied. Et il n'osa pas tourner la tête pour observer les visages choqués autour de lui, qui faisaient face à cette bête enragée. A ce moment précis, il était le capitaine Niels Jönsson programmé pour assassiner et plus rien n'avait d'importance. Il inspira, laissant l'air frais calmer ses battements cardiaques mais le rire cinglant de Logan se fit de nouveau entendre, mêlé à des applaudissements cyniques du jeune homme. « Applaudissons tous notre héros national  !  ». Il n'eut pas le temps de réprimer une once de cette violence qui sommeillait en lui, d'un mouvement rapide il fit le tour de la table, percuté par ses pulsations cardiaques, il s'avança vers Logan, puis il l'attrapa par le col pour le mettre sur ses pieds, l'obligeant à se lever. Les deux mains serrant fortement sa chemise et inondé par ce surplus d'émotion, il fit la seule chose qu'il savait faire. Et sans crier garde, son poing s'abattit violemment sur le visage de l'homme face à lui qui tomba instantanément au sol. Ce n'était toujours pas assez, la bête en lui se réveillant progressivement de sa torpeur avait besoin de plus pour se nourrir. Pour continuer de progresser jusque dans les cellules les plus profondes de son âme. Et il avait besoin de se laisser aller, d'évacuer tout ce qui le consumait jour après jour alors noyé dans un océan trouble, il laissa cette rage parler à sa place.
Revenir en haut Aller en bas
✮ floodeuse  du mois
avatar
floodeuse du mois

all these memories seem so old


Voir le profil de l'utilisateur
›› Los Angeles since : 05/05/2017
›› Love letters written : 843
›› It's crazy, I look like : Katie McGrath
MessageSujet: Re: All those broken happy ever afters • Gilson Mar 9 Jan - 8:38


“Sure, on a larger scale, it was healthy to have people out there you cared about more than yourself. She knew that. But then there was the abject fear you would lose it. They say possessions own you. Not so. Loved ones own you. You are forever held hostage once you care so much.”
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

Personne ne lui a jamais dit d’être moins sensible, de garder ses sentiments pour elle. Elle n’a jamais fait l’armée, on ne lui jamais dit de garder sa douleur pour elle parce qu’elle risque de mettre en danger une nation entière, des innocents qui ignorent les enjeux que cela peut avoir, que quelques mots, qu’un manque de contrôle peut avoir sur un pays. Iris ne fait pas partie de ces gens, de ces soldats entraînés. Si elle comprend la responsabilité de ces soldats, l’entraînement laborieux qu’a vécu le blond près d’elle dans les faits, elle sait qu’elle ne comprendrait jamais réellement, parce qu’elle ne l’a pas vécu. Il y a d’autres raisons pour lesquels Iris garde ses émotions sous cette épaisse couche de glace, pourquoi elle ne parle pas de ce qu’elle ressent. Elle est incapable. Juste incapable. Iris a passé des mois dans ces camps de réfugiés politiques le long de la frontière Birmane, elle avait vu ces gens aux poumons en lambeaux sous le travail acharné et inhumain dans les mines, si loin sous terre, avec une technologie si désuète que les traumatismes crâniens  étaient aussi fréquent que les vulgaires rhumes. De ces mois dans un pays gouverné par une dictature militaire, où les bénévoles sont aussi bien accepté au sein du pays que les épidémies de malaria, elle en parle pas. Elle pourrait. Elle pourrait s’asseoir et échanger ces expériences d’humanitaire avec Anna, sa meilleure amie ayant vécu la même chose en Afrique, dans une barbarie similaire, si ce n’était qu’elle ne se souvient pas d’avoir un jour entendu Anna lui dire qu’on lui avait interdit de sauver quelqu’un pour la couleur de sa peau ou sa religion. Ces mois dans un pays bouddhiste lui ont appris la méditation, une façon ou une autre pour trouver la paix intérieur, quelque chose qu’elle n’a pas ressenti depuis bien longtemps maintenant. C’est en Birmanie qu’Iris est devenu beaucoup moins tendre, apprenant à faire la partie des choses, à enterrer ses émotions sous la glace. Principalement parce qu’elle ne fut pas capable de faire la part des choses dans ce pays si injuste si elle ne mettait pas son coeur sur la glace, ignorer ses émotions pour se concentrer sur ce qu’elle devait faire. Les années en médecine n’ont fait que renforcer cela, rendant la glace plus épaisse, les murs plus hauts , forgeant son caractère comme sa carapace avec les années, avec les cas les plus atroces, avec les injustices les plus immondes. Elle est persuadé qu’il s’agit seulement de l’aboutissement de ce qu’elle était destinée à être enfant. Après tout, cette réserve était présente aussi pendant son enfance. Iris n’a pas été l’enfant la plus bavarde, ne parlant jamais de ce qu’elle ressentait quand un gamin lui tirait les cheveux, refoulant ses larmes quand elle tombait de l’escalier, n’ayant que très peu d’éclat de joie dans cette maison de son enfance. Elle se souvient des essaies de sa mère pour la faire parler, pour la pousser à se confier, sans grand succès. Jusqu’à ce qu’elle croise la route de Liv. Liv et sa joie enfantine qui avait gagné rapidement sa confiance, avec qui elle avait pu s’ouvrir un peu, avec qui elle avait appris à communiquer comme elle savait si mal le faire à l’époque. Puis les choses ont changées, petit à petit. Elle est revenu de Birmanie pour trouver Niels dans les bras de sa soeur et de ce moment-là, cet instant précis, les murs autour de ton coeur se sont resserré, étape par étape au fil des embûches sur son chemin. Depuis la mort de Katie, Iris est plus froide que jamais, essayant de s’éloigner de sa propre souffrance d’une façon bien différente que celle de Niels.  Elle s’est jeté tête première dans son travail, oubliant les choses les plus élémentaires tels que dormir et manger, au point qu’après toutes ses mois, elle commence à ressentir cet épuisement et ce stress qui s’abat violemment sur ses épaules. Elle le voit aussi, cette trace de lueur dans les yeux de ses meilleures amies quand elles la surprennent à regarder le vide sans vraiment le voir alors qu’elles lui parlent, la note d’inquiétude dans les messages que lui envoie Myles, cette ritournelle interminable sur le fait qu’elle doit se reposer venant de toutes les personnes importantes à ses yeux. Des mots qu’elle rejette constamment d’un revers de main,  avec un sourire créé de toute pièce. Sauf aujourd’hui. Aujourd’hui, elle a du mal à garder ses murs dressés devant les attaques qui la percutent les unes après les autres sans arrêt, sans lui laisser un moment de répis depui qu’elle a passé la porte de cette maison des enfers. Elle se cache derrière sa froideur du mieux qu’elle le peut, enfilant ce masque de chirurgienne que rien n’ébranle alors que son coeur tambourine violemment dans sa cage thoracique et que ses ongles s’enfoncent de plus en plus profondément dans la chair de ses mains. Dès que son frère a commencé à l’attaquer ainsi, elle a su que les choses iraient de mal en pis, que la situation deviendrait catastrophique et elle ne peut rien pour empêcher la catastrophe. La brunette aurait aimé que l’ancien militaire lui lance un regard, lui fasse un signe, quelque chose lui prouvant qu’il ne lui en veut pas de ne pas avoir pu sauvé Katie, de ne pas lui avoir dit qu’elle était celle qui avait essayé de la sauver sans y parvenir. Ou au contraire. Qu’il se joigne à ces voix pour la démolir petit à petit, sachant que s’il s’y mettait, elle ne ferait pas long feu. Niels a toujours été sa kryptonite, ce point faible dans son armur pourtant solide et robuste. Son silence, son manque de réaction ajoute du plomb dans sa poitrine et juste l’idée qu’il puisse la détester creuse un trou encore plus béant dans sa poitrine, essayant de reporter cet instant de souffrance à un peu plus tard. « T'es en train d'insinuer quoi là Logan ? Sois explicite quand tu accuses quelqu'un. » Il y a quelque chose de terrifiant dans la voix de Niels, une froideur de banquise qui se marie parfaitement à la lueur assassine dans ses prunelles. Le regard de la neurochirurgienne est attiré par le mouvement des doigts de l’homme près d’elle, un mouvement qui ne promet rien de bon pour ce qui va suivre. Elle connaît suffisamment son frère pour savoir qu’il ne va pas s’arrêter là et elle connait assez Niels pour savoir qu’il risque d’en venir aux poings rapidement. « T'étais trop occupé à jouer le grand héros militaire pendant que ma soeur se faisait renverser, voilà ce que j'insinuais. Elle m'avait dit que t'étais pas censé la faire cette mission, alors on sait tous très bien que si tu avais été là,  si t'avais pas préféré jouer au héros, elle serait toujours en vie ! » Elle se mord la lèvre, ferme les yeux pendant une longue seconde, se demandant comment on peut être aussi inconscient. Logan et elle n’ont jamais eu cette relation fusionnelle entre un frère et une soeur, ils n’ont pas partagés les mêmes jeux, les mêmes intérêts. Ils ont plus d’une dispute aux fils des ans, n’arrivant pas à s’entendre en grandissant. Logan est le type même du texan brusque qui ne croit ni en la démocratie, ni en l’éducation, mais qui considère avoir une grande connaissance sur bien des sujets. Iris sait qu’il a toujours eu une opinion arrêtée sur l’armée,  sur l’exploitation du pétrole, sur les politiques environnementales. Bien qu’elle aime son frère comme il se doit, dans ses discussions avec lui, il lui arrive de voir  en lui tout ce qu’elle déteste des Américains. Ce patriotisme déplacé, ce manque d’ouverture sur les autres, cette tendance à vivre dans le passé. « Logan chéri....  » La voix de la raison dans cette situation irrationnelle. Cette mère qui a toujours voulu protéger Logan du moindre danger. Chose inutile dans cette situation, puisqu’elle ne peut rien contre la rage de Niels, contre la tendance suicidaire de son fils.  Pendant une fraction de seconde, le regard translucide d’Iris croise celui de son père, un millième de seconde qui témoigne qu’ils sont sur la même longueur d’onde pour la première fois depuis le début de la soirée, qu’ils savent l’un comme l’autre que le jeune Gilmore est maintenant une cible. « Non mais allons y laissons le grand Logan Gilmore parler puisqu'il sait tout mieux que tout le monde. Merci pour ton intervention très utile sur ce sujet alors que tu n'y connais rien ! Katie aurait pu mourir à n'importe quel moment ! Ca aurait pu arriver quand elle allait chercher le pain, quand elle traversait une rue pour aller à un restaurant ! Ca aurait pu arriver n'importe quand tu le sais ça? » Il a raison, cruellement raison. Katie aurait pu mourir dans n’importe quel circonstance, dans les moments les plus banales de sa vie. Elle aurait pu tomber sur n’importe quel médecin en service, sur quelqu’un d’autre qu’elle qui n’aurait pas pu la sauver non plus, parce qu’il n’y avait rien à faire pour elle quand elle fut admise à l’hôpital. Ça n’empêche pas Iris de se sentir coupable dès qu’elle ouvre les yeux au petit matin, ça n’atténue pas cette sensation dévorante dans sa poitrine à chaque minute qu’elle passe éveillée comme ça ne calme pas les cauchemars qui font en sorte qu’elle se réveille aussi épuisée qu’avant de fermer l’oeil. Elle a tout essayé pour calmer cette culpabilité dévorante, pour calmer son âme tourmenté, mais elle n’y arrive pas. Elle est plus prenante par moment, quand elle baisse sa garde, quand elle frôle la main de Niels ou qu’elle se perd une seconde de trop dans ses prunelles océane.  « Oui mais c'est arrivé quand t'étais pas là, quand le grand Niels Jönsson avait décidé que la vie des autres était plus importante que celle de sa fiancée. » Elle ouvre la bouche, prête à reporter l’attention sur elle, dans le but de calmer le jeu, parce qu’elle est plus passive, plus encline en encaissé les coups sans broncher que Niels, parce que cette soirée dégénère avant même les entrées servies, mais elle n’a pas le temps de dire  un mot que son ex beau-frère se lève, les pattes de sa chaise raclant bruyamment le sol. «Ne parle pas de ce que tu ne sais pas ! Moi contrairement à toi je n'avais pas le cul posé sur un fauteuil à attendre bien sagement qu'on annonce aux infos la fin d'une guerre en ouvrant bien ma grande gueule avec des commentaires à la con sans savoir quoi que ce soit ! La vie de Katie a jamais été moins importante que celle de qui que ce soit et j'aurais tout donné pour être avec elle ! Si tu veux savoir je m'en veux tous les jours de ne pas avoir été là et d'être parti au lieu d'avoir été avec elle. Et si je l'avais su, je serais jamais parti ! J'aurais risqué la cour martiale pour qu'elle puisse être en vie aujourd'hui ! Mais c'était mon métier Logan, mon boulot c'est de faire que tu puisses te balader tranquillement dans la rue sans qu'il y ait un nouvel attentat. Alors c'est bien beau de parler, de sortir des grands discours sur le 11 Septembre, quand t'as jamais rien fait d'autres qu'être devant ta télé comme un con à attendre que les choses se tassent toutes seules ! Parce que tu crois vraiment que les attentats sont évités par miracle ? Désolé de décevoir tes espoirs d'idiot rêveur mais c'est parce qu'il y a des militaires comme moi que tu peux te lever le matin. Sauf que le grand Logan dans toute sa splendeur il peut pas le comprendre ça, il pense que jouer à la guerre c'est amusant et qu'on part sur le terrain pour le plaisir. T'es pitoyable avec tes idéologies de crétin décérébré qui n'y connait rien. En attendant t'étais là quand on a arrêté Ben Laden, quand on a empêché un attentat suicide à Bagdad,  ou quand j'ai reçu la Silver Star parce que j'ai empêché un gamin de se faire sauter dans un village en Syrie ? T'étais jamais là parce que t'étais trop occupé à rester ici ! Tu sais pas ce que c'est mon métier, tu sais rien du tout, alors te permet pas de juger ! Si tu veux parler en connaissance de cause tu devrais prendre la place de ceux qui chaque jour risquent leurs vies pour que des connards de ton genre puissent vivre confortablement chez eux. Mais tu survivrais pas une seconde là-bas, c'est certain, t'es bien trop lâche pour ça, tu serais le premier à t'enfuir. La prochaine fois au lieu de m'accuser pour ce qui est arrivé à Katie, tu devrais plutôt me remercier pour être encore une vie. Simplement dis toi une chose, si un jour t'étais en plein milieu d'un champ de mines, tu serais probablement le dernier que j'irais sauver. » Jamais, jamais Niels n’a autant parlé en sa présence, fait autant de phrases sans prendre de pause, sans qu’elle lui pose mille et une questions pour le pousser à parler. Il a toujours été taciturne, ne parlant que nécessaire et jamais de la guerre. Elle n’a jamais abordé le sujet avec lui, se disant qu’il en parlerait s’il le veut, sachant que ce passé doit contenir des démons qu’il ne veut revivre. Elle n’oserait pas non plus. Elle n’oserait pas non plus lui faire revivre ces démons qui doivent le hanter au quotidien, comme le fait le fantôme de Katie à chaque jour qu’il lui survit. Il a autant plus raison sur une chose. Logan n’a aucune idée de quoi il parle, il parle sans savoir, comme il l’a toujours fait. is, il avait utilisé la méthode douce, il connaissait d'autres procédés pour battre un adversaire.  « Niels… on devrait...» Sa voix incertaine se perd sous les applaudissements sarcastiques de son frère, un énième provocation malvenue et non nécessaire. « Applaudissons tous notre héros national !» Les mots de trop. Logan n’as pas le temps de bouger que déjà, Niels est sur lui sous les cris de la mère de famille plus que surprise. Iris ignore exactement comment cela s’est produit, mais elle sursaute quand le poing du blond heurte le visage de son frère avec une force inouïe. Abasourdie, elle regarde le spectacle effrayant se dérouler de l’autre côté de la table avec une boule d’angoisse de la grosseur d’une planète dans sa poitrine.  « Henri! Fait quelque chose! Henri! » La voix perçante de sa mère est aussi assourdissante qu’inutile, c’est un fait. Son père essaie d’éloigner Niels de son fils, l’attrapant par la chemise, mais c’est aussi inutile que les cris de son épouse. Sans doute trop lentement, du moins sans trop savoir comment, elle se retrouve près des deux hommes au sol. « Niels! Ça suffit...» Sa voix est froide, d’un calme alarmant. Elle lui semble loin aussi, comme provenant de quelqu’un d’autre que d’elle-même. Son coeur bat si vite et si fort qu’elle a l’impression qu’il va se faufiler à travers son sternum à chaque battement, envoyant des doses d’adrénaline dans chacun de ses muscles. Le poing s’abat une nouvelle fois, laissant entendre un craquement sinistre provenant de sous les jointures, quelques parts, un os cède. Ses propres poings se desserrent pour la première fois depuis le début de la soirée, ses doigts glacés se posant avec un calme et une fermeté qu’elle ne possède pas, qui tranche avec sa panique intérieure, autour du poignet du blond. « Ça suffit maintenant.»répète-t-elle plus fort, avec plus d’assurance, le résident donnant des ordres à un interne récalcitrant. L’aplomb dans sa voix est aussi solide qu’elle se sent fragile et elle remercie le ciel de pas flancher, de ne pas laisser cette fragilité transpercer sa carapace. Elle n’a pas peur, pas de lui. Elle sait, au fond, qu’il ne lui ferait pas mal, pas physiquement, pas volontairement. Ses iris hyalines se croisent les siennes alors qu’elle affermit le contact entre eux, laissant le temps à Logan de ramper vers un semblant de sécurité. «On rentre à la maison, viens. » Sa voix  vacille finalement sur le dernier mot, une fêlure qui trahit la boule d’angoisse, de tristesse, de douleur, qui a élu domicile dans sa poitrine. Elle tire légèrement sur son poignet, le suppliant silencieusement de se mettre debout. Il y a quelque chose de poisseux et de moite sous sa paume, une odeur métallique trop connue monte à ses narines et elle n’a pas besoin de regarder pour savoir que ses propres ongles ont créer des plaies ouvertes à l’intérieur de ses mains, elle est d’ailleurs trop engourdie pour le faire,  elle a trop peur de rompre le contact et de le voir sauter à la gorge de Logan une nouvelle fois. Elle bouge enfin vers la porte, ses prunelles quittant le regard de Niels pour se poser sur son frère cadet. « Tu devrais faire voir cette plaie par un médecin, Logan, ça semble vilain...» Les derniers mots prononcés à sa famille avant de se retrouver dehors, dans la fraicheur du soir, dans un espace si vaste qu’elle a l’impression qu’il se referme sur elle, l’étouffant au point que sa respiration devient laborieuse et sa vue se brouille, la plongeant dans un monde sans formes définies. Elle relâche finalement la pression sur la peau de Niels, la posant sur la balustrade, sans trop se soucier à savoir s’il est près de la voiture maintenant ou toujours près d’elle, essayant de faire passer l’air dans ses poumons, de garder la tête hors des vagues qui soudainement s’abattent cruellement sur elle alors qu’elle a réussit à les maintenir à distance pendant ces instants pénibles auprès de sa famille. Iris la sent, cette fissure dans son âme, cédant sous la pression des émotions qu’elle tâche encore et toujours de refouler.

Revenir en haut Aller en bas
✮ duo sexy du mois
avatar
duo sexy du mois

all these memories seem so old


Voir le profil de l'utilisateur
›› Los Angeles since : 27/04/2017
›› Love letters written : 507
›› It's crazy, I look like : dan sexy and dangerous stevens
MessageSujet: Re: All those broken happy ever afters • Gilson Sam 13 Jan - 15:16

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
all those broken happy ever afters
IRIS GILMORE AND NIELS JONSSON※
I tried to walk together but the night was growing dark. Thought you were beside me but I reached and you were gone. Sometimes I hear you calling from some lost and distant shore, I hear you crying softly for the way it was before. Where are you now? Are you lost? Will I find you again? Are you alone? Are you afraid? Are you searching for me? These scars are just a trace, now it wonders lost and wounded, this heart that I misplaced. Where are you now? Now i'm reaching for you, will you wait ?




Boom. Son cœur heurta violemment les parois osseuses de sa cage thoracique. Boom. Son sang tambourinait dans ses tempes,  brisé par tous les mots qui venaient d’être prononcés et qui avaient suffi à réveiller un passé disparu mais pas si lointain, toujours présent dans toutes ses cellules. Boom. Une autre pulsation cardiaque percuta son être, menaçant de le faire exploser. Et cette image incandescente se dessina juste devant ses yeux. Boom. Son subconscient le transporta en pleine zone ennemie, à des milliers de kilomètres, le corps malmené par les rayons d’un soleil trop violent, la vue brouillée par cette lumière éclatante, il redevenait ce soldat guidé par sa propre volonté pour affronter les kilomètres de course sous une chaleur moite étouffante. Oubliant qui il était à présent, il reprenait cette place de militaire, le palpitant absout de la moindre émotion, car il n’y avait plus rien à part ce cerveau moulé sur mesure pour tuer n’importe quel ennemi de la nation. Pour être cette bombe atomique capable de raser de la carte n’importe quelle forme de vie. Il était cet homme sans âme tuant une cible sans sourciller, sans jamais ressentir l’ombre d’une hésitation face à de la chair s’éclatant sur le sol, face à un horrible tableau d’hémoglobine. Et, alors qu’il avait tout juste entendu les derniers mots de Logan, la réaction chimique se déclencha dans sa chair, quelque chose changeant dans son âme. Cette fois, les paroles l’atteignaient en plein cœur, telles des lames acérées torturant ses entrailles. Les yeux embués par ce feu émotionnel, il ne regardait plus rien, impossible de se concentrer sur autre chose à part cette haine qui l’irradiait, qui l’aveuglait et qui lui donnait ce besoin de la laisser le contrôler. Après ces  longs mois à la retenir, à contenir cette tornade d’émotions ravageuses, il pouvait redevenir celui qu’il était, revêtir cet uniforme qui lui collait à la peau et arrêter les pulsations faibles d’un organe vital d’un ennemi de son cœur. Le crime commis ne méritait aucune peine capitale, mais sa rage tel un poison mortel l’empêchait de réfléchir convenablement, son envie de revenir vers la lumière n’existait pas, il s’embrasait, il explosait, faisant éclater cette illusion de bonheur qui avait existé pendant quelques années. En plus d’une année, il n’avait fait que vivre sur des cendres refroidies d’un amour parti en fumée, lui qui avait rêvé d’atteindre le ciel, chaque jour il creusait sa tombe. Coup de pelle après coup de pelle, il s’enfonçait dans les abysses profondes d’une terre ne ressemblant en rien au paradis mais ayant l’apparence d’un enfer effrayant. Si il tentait en temps normal de se cacher derrière cette froideur, tranchant net avec la chaleur explosive de son cœur, tandis que sa main rencontrait la peau fragile de son adversaire malmené, il sautait dans le ravin, sans savoir ce qui l’attendait en dessous, ni comment atterrir pour protéger son corps. Il était trop tard pour son muscle cardiaque dont les plaies ne faisaient que se rouvrir, chaque point de suture lâchant pour dévoiler la profondeur de ses blessures.  Ce n’était plus pour la justice qu’il combattait, seul restait dans son échine cet instinct exacerbé de vengeance et cette volonté d’autodestruction, cette recherche constante de tous les remèdes l’amenant à la perte de lui-même. Le conduisant à rendre silencieuse cette tristesse.   Tel  un prédateur titanesque, il se tenait devant une proie affaiblie envers qui la compassion était inexistante. Et au lieu d’éprouver une once de pitié, il continuait à lui imposer son jugement. Il croyait inconsciemment que face à ce déchaînement de violence, face à ces coups, sa haine se modérerait. Et que sa souffrance s’adoucirait. C’était du temps perdu. Des secondes disparues pour que les plaies demeurent aussi béantes. Seul un remède éternel aurait pu le calmer et faire taire ce bourdonnement de colère qui assourdissait son esprit.  « Henri! Fait quelque chose! Henri! », aucun son ne trouvait la direction de son cerveau, car ainsi transformé, revêtu de cette armure d’acier enflammée, rien ne pouvait l’arrêter ou canaliser ce sentiment qui le dévorait de l’intérieur, qui détruisait tout chez lui sans jamais rien reconstruire. Pendant des années il avait espéré  à en perdre la raison et il avait aimé à s’en damner, mais l’univers, cet être cruel, lui avait tout retiré. On l’avait abandonné, jeté là sur un bord de route, réduisant en poussières l’illusion d’un bonheur futur alors perdant ses ailes angéliques, il avait offert son corps au diable, combattant Logan, comme il aurait combattu ses propres espérances envolées et cette naïveté qui l’avait animé si longtemps, lui faisant croire qu’un jour il serait heureux. Les assauts derrière lui pour l’éloigner de sa proie étaient vains, car c’était contre lui-même qu’il se battait, luttant maintenant que l’espoir était devenu ce pauvre bateau échoué après une tempête. Il luttait pour respirer, pour que chaque respiration soit moins douloureuse, pour atténuer la voix de cette culpabilité se répétant en boucle dès lors qu’il essayait de reposer son esprit. « Niels! Ça suffit...», son poing levé, battant dans l’air s’arrêta net dans son élan, immobilisé par les quelques mots trouvant une route jusqu’à son âme. Mais au lieu de le contenir, une nouvelle flamme de culpabilité prit feu dans son esprit, lui rappelant ce mal qu’il avait causé, les péchés commis avec cette créature de glaces. Rendu sourd par le tambour de son cœur et aveuglé par cette rage continuant de grandir chez lui, sa main percuta le visage de Logan, brisant un os trop vulnérable face à l’intensité de sa brutalité. Il ne lui offrait aucune chance de se protéger, trop féroce pour une bête n’ayant pas l’ombre d’une griffe pour se défendre contre cet assaut. Puis tandis que son être jouait de la trompette, qu’il cherchait une route pour le guider dans ses sentiments, il sentit la main froide se fermer sur son poignet. La même main capable de l’emmener loin de l’horreur, de déclencher un électrochoc pour que le train vers les limbes s’arrête en pleine voie. Se retrouvant perdu dans sa haine envers l’humanité toute entière. Dans sa haine envers lui-même, il se tourna vers elle pour la regarder.  « Ça suffit maintenant.». Et alors que son regard percuta le néant de leurs deux cœurs atrophiés, elle murmura à travers ses yeux une requête invisible et inaudible, que personne n’entendait à part eux-mêmes. Viens avec moi. Une simple demande qui lui fit quitter les profondeurs de son enfer, une corde à laquelle il s’accrocha pour retrouver un ciel éclairé face à cette nuit sans astre lunaire. Elle était cette voix suffisante pour éteindre l’incendie qui se propageait partout dans ses cellules. Cette voix brisée mais réconfortante ramassant les morceaux éparpillés de son âme pour que cesse ce tsunami meurtrier qui fracassait ses oreilles. Chassant violemment  cette rage furieuse hors de son être, il cessa de se concentrer sur son opposant, perdu dans cette contemplation qui  calmait les battements de son cœur. Et qui rendait le chaos de son existence, moins chaotique. «On rentre à la maison, viens. ». Il ne savait plus où se trouvait sa place, à quel endroit sur le globe il était chez lui. Après toutes ces années à errer, à fermer les yeux dans des zones de guerre, il ne savait plus à quoi ressemblait un foyer. Une maison. Pourtant, chaque soir, il s’endormait dans ce lit où auparavant Katie venait se lover contre lui, il marchait dans les couloirs qu’elle avait foulés avant lui. C’était leur maison, celle qu’ils avaient partagé tous les deux. Mais brusquement, il réalisait qu’elle n’était pas la sienne. Que seul entre ces murs, il suffoquait. Car comme une vague d’ouragan le cognant, il comprenait que Katie ne rentrerait plus jamais à la maison. Il était seul, blessé par cette guerre perdue, le corps au sol, mais il puisa dans ses dernières volontés, et pour celle se tenant derrière lui, il trouva la force de se lever.  D’un pas en arrière, il mit fin à son acharnement, se rapprochant de celle qui retirait avec précaution les algues le maintenant au fond de l’océan.  Silencieusement, il s’éloigna de Logan, ne regardant que légèrement celui qu’il venait de blesser pour l’avoir poussé vers le vide.  « Tu devrais faire voir cette plaie par un médecin, Logan, ça semble vilain...», remarquant le liquide bordeaux sur le visage de sa cible, il tourna le regard, ne voulant pas affronter les dégâts de cette guerre. Comme une étoile perdue dans la galaxie, il avança pour suivre Iris, glissant sur le sol à chacun de ses pas, les yeux ancrés sur cette silhouette féminine qui était devenue sa route à suivre. Cette boussole lui indiquant le nord pour qu’il ne perde pas la bonne direction. Enveloppés dans ce silence qui se répandait dans tout l’habitacle de la voiture, il pivota pour la regarder un court instant, constatant que dans cette atroce réalité, ils étaient deux âmes brisées. Deux âmes échouées sur la froideur du bitume pour qui personne ne pouvait rien faire. Ils étaient deux condamnés à mort pour qui la sentence était irrévocable. Aucun appel ne pouvait les sauver, ils devaient accepter leur destin. Cette tragique destinée. Mais pour Iris qui lui avait tenu la main quelques minutes plus tôt, il prenait le risque de marcher à ses côtés. Pour qu’elle ne soit pas engloutie par les vagues, il se battait contre la marée, se tenant près d’elle au lieu d’aller calmer sa propre tempête par l’unique moyen, qu’il connaissait, il restait avec elle. Sans jamais prononcer le moindre mot, il les conduisit loin de ce champ de bataille pour qu’elle trouve le repos. Pour que s’arrête le bruit des balles contre le corps de la jeune femme. Désemparé par ses émotions, par le son de son palpitant en train de se déchirer, il repassait en boucle le fil de cette soirée, cette douleur dessinée éternellement sur le visage d’Iris, ces accusations meurtrières. Et cette annonce qui l’avait ramené à cette nuit, qui depuis un an et demi, revenait dans ses cauchemars. Cet appel qui s’était abattu sur lui comme un raz de marée, emportant sur son passage toute la joie, toute la vie qu’il avait eu en lui. Il revoyait le visage d’Iris cette nuit là, la peine dans ses yeux quand elle n’osait pas le regarder. Et de nouveau, il ressentait tout ce qu’il avait ressenti à la mort de Katie et qui le blessait plus que jamais. Car dans ses pensées, cette nuit n’était pas la seule à se dessiner, les souvenirs de leurs moments de perdition surgissant brutalement pour se mêler à l’équation. Il se souvenait de tout ce qu’ils avaient été, de ces nuits où leurs deux corps s’étaient enlacés, des ses caresses dans sa chevelure aussi sombre que les ailes des corbeaux. C’était tout ce qu’il avait fini par fuir, faisant un choix entre les deux femmes l’habitant, c’était vers Katie qu’il s’était tourné. Il avait laissé Iris seule, lui claquant la porte d’un possible bonheur au visage. Jamais il n’avait souhaité la faire souffrir, mais en lui-même, il savait qu’il l’avait fait. Même si elle ne l’avait pas dit, dans ses yeux, il avait lu les maux de son âme. Dans leurs cris, il avait entendu l’écho de son cœur au fond du gouffre. Dans leurs désaccords, il avait perçu tous les reproches inavoués qu’elle n’avait pas osé lui faire. Elle avait eu le droit de lui en vouloir, de se laisser gagner par la colère, il avait laissé son muscle cardiaque à découvert, l’obligeant à assister à ce bonheur amoureux pour lequel il s’était échappé. Il n’avait rien pu faire, reconnaissant sa culpabilité, il avait continué d’avancer sans la serrer dans ses bras pour la consoler, sans dévoiler au monde entier toutes ces fois où il avait humé son odeur pour se réchauffer. Désormais, il n’y avait plus rien autour d’eux. A l’apogée d’une destruction massive, ils n’étaient plus que tous les deux dans ce monde incertain. Tout avait changé entre eux, et rien ne serait plus comme avant car il ne savait plus comment avancer, ni comment rester près d’elle sans être suivi par le fantôme de sa culpabilité. Ce temps passé où ils étaient quelque chose était lointain et parfois il avait le mal de cette époque, de ce vieux temps qui s’en était allé. Et qui quelques fois revenait par les sensations qu’elle déclenchait chez lui en le regardant. Par ce besoin constant qu’il avait de la repousser pour la retrouver finalement, incapable de se passer totalement de sa présence, ni des effets qu’elle avait sur lui. Il ne voulait pas la faire souffrir, pas encore, pas une nouvelle fois, comprenant seulement maintenant les centaines de fêlures qu’elle dissimulait. Cette fragilité cachée qu’il avait lu dans ses yeux, qui avait ressurgi dans sa voix. Il ne pouvait pas lui faire ça car elle méritait le bonheur et lui ne croyait plus qu’en l’éphémère, qu’en une disparition de l’espoir et une tempête de rêves inachevés. Après de longues minutes, il s’arrêta devant la maison de la jeune femme et remarquant l’absence de voitures dans l’allée, il poussa un petit soupir de soulagement, nullement préparé à affronter une autre tornade. Celle en laquelle sa sœur pouvait se transformer. Il regarda Iris sortir de la place passagère, ne sachant quoi faire et ne voulant pas qu’elle s’enferme dans cette bulle de solitude, il la suivit, écoutant les désirs inaudibles de son cœur confus. A peine eut-il franchi le seuil de la maison que pour faire taire cette multiplication de pensées, il se dirigea vers le bar, attrapant deux bouteilles de tequila qui trônaient à l’intérieur. Un remède moins dangereux que des coups violents mais presque efficace pour remplir le cratère formé au niveau de son sternum. Les yeux perdus, il la regarda à nouveau dans les yeux, et se rapprocha d’elle, dépassant la distance de sécurité qu’ils avaient précautionneusement maintenu pendant toutes ces années. Se plaçant si près d’elle, ses prunelles fixées aux iris océaniques de la femme lui faisant face, il resta immobile, pris de ce désir de faire un autre pas en avant vers pour atténuer sa peine. Mais ne voulant pas commettre le moindre pas de travers sur une route sinueuse, il lui tendit la bouteille pour qu’elle puisse oublier cette soirée à coup d’alcool fort se distillant dans ses veines. Ouvrant son propre contenant en verre, il laissa le liquide alcoolisé se répandre dans sa gorge, le long de son œsophage, puis allant s’échouer sur une chaise, le visage baissé vers la table, incapable de soutenir le regard d’Iris, il osa parler : « Je t’en veux pas pour Katie….. Et tu devrais pas t’en vouloir non plus…. », après tout il n’était personne pour lui reprocher quoi que ce soit, tandis qu’elle avait essayé autant que possible de la sauver. De la faire rester dans le monde des vivants, quand elle avait choisi de rejoindre celui des morts. Elle n’avait rien pu faire et il le comprenait, car après toutes ces années il la connaissait. A aucun moment, il ne lui en avait voulu, dirigeant sa colère vers l’homme au volant de la voiture qui avait été la bombe faisant exploser son univers. « Mais c’est vrai ce qu’ils ont dit ? C’est toi qui l’a débranché ?  J’aurais pu la voir avant que ce soit trop tard alors…. », lui qui n’avait pu se recueillir que devant un corps froid, il réalisait que dans une réalité alternative, un autre choix aurait pu s’offrir à lui. Mais étrangement, il regrettait de s’être jeté à l’eau, d’avoir créé un nouveau raz de marée chaotique dans leurs vies déjà si confuses.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé

all these memories seem so old


MessageSujet: Re: All those broken happy ever afters • Gilson

Revenir en haut Aller en bas

All those broken happy ever afters • Gilson

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
DOWN WITH LOVE :: 
 :: sweet taste of liberty
-