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how to say thank you ❊ eoghan

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MessageSujet: how to say thank you ❊ eoghan Sam 18 Nov - 17:23

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HOW TO SAY THANK YOU

ft. EOGHAN & SINEAD

Sinead ne s’était pas maquillée depuis si longtemps qu’elle ne savait pas avec quelle tête elle allait ressortir de la salle de bain. En farfouillant dans ses tiroirs et panières pleines de maquillage, elle se rendit compte qu’elle avait beaucoup trop de choses mais elle n’avait pas le temps pour se lancer dans un grand nettoyage de printemps. Elle lui avait dit de la retrouver devant Patty’s diner à 20h et elle devait se dépêcher car vers chez elle, les taxis se faisaient rares. C’était encore une des occasions qui lui faisait dire qu’elle devrait passer son permis mais, dès le lendemain bus et métro auraient retrouvés tous leur points positifs. Le manque d’habitude lui fit rater son application de mascara et elle tacha sa paupière. Jurant à voix haute, elle s’éloigna du miroir pour attraper un coton tige et marcha sur une sorte de tige poilue qui couina aussitôt de douleur.
❝ Bordel Island! Arrête de rester dans mes pattes!❞ S’écria t’elle alors que son chien se levait. La queue entre les pattes, il quitta la salle de bain tout penaud et Sinead soupira en se passant une main dans les cheveux. ❝ Désolée… ❞ lança t’elle à la porte entrouverte. Depuis que Mercury n’était plus là, le golden retriever était sans cesse près d’elle. Elle ne savait pas si c’était parce qu’il ressentait sa tristesse ou parce que son maître lui manquait, mais étant à bout, sa susceptibilité était aussi marqué que son impatience. Elle passa la tête par la porte pour le trouver couché dans le couloir, ne s’étant pas éloigné de la salle de bain de plus d’un mètre. Quand il la vit, Island leva son adorable tête et remua timidement la queue, elle le caressa avec un sourire et retourna dans la salle de bain finir son ravalement de façade.
Elle avait l’impression de se retrouver face à une autre personne, et pourtant c’était bien son reflet dans le miroir qui la fixait. Mais, son teint unifié, ses cernes cachés et ces yeux légèrement maquillés lui donnait l’impression d’être redevenue celle qu’elle était quatre mois auparavant. Une seule chose lui rappelait que ce n’était pas le cas, le vide abyssal dans sa poitrine. Elle donna une dernière caresse à Island avant de partir.
Par chance, Sinead n’eut pas à attendre trop longtemps pour trouver un taxi et trente minutes plus tard elle arrivait devant le diner, pile au même moment que l’infirmier avec qui elle devait dîner. La jeune femme n’avait pas vraiment réfléchi quand elle lui avait proposé ce dîner. Il était le seul capable de comprendre que le soleil du matin était toujours en plein dans le visage de Mercury et qu’il fallait donc baisser les rideaux mais les remonter dès que les rayons n’étaient plus dérangeants,  il était toujours très attentionné et faisait la conversation à son mari quand il passait. Eoghan était le plus compétent des infirmiers de cet endroit de malheur et d’après ce qu’elle savait, il était le seul à ne pas la surnommer la reine des glaces, du moins si c’était le cas, elle ne l’avait jamais entendu. Elle savait qu’elle méritait ce surnom, elle était des plus désagréable avec tout le personnel, même avec lui. Pourtant, il était le seul qu’elle voulait remercier. Elle afficha un léger sourire quand il s’approcha.
❝ Merci d’être venu. On y va? ❞ Et ils pénétrèrent dans le diner.
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MessageSujet: Re: how to say thank you ❊ eoghan Sam 18 Nov - 18:11

Je déboutonne ma blouse en observant mon reflet dans le miroir accroché dans la porte intérieure de mon casier professionnel. Ma mine est grise, mon teint pâle et des cernes violacés ornent le dessous de mes yeux, contrastant fortement avec la couleur de ma peau. Voici généralement l’état dans lequel je me trouve, après une journée de travail qui s’enchaîne avec une garde, comme c’est le cas. D’ordinaire, je rentre toujours directement dans mon loft d’artiste où je profite de l’état de fatigue et de léthargie pour m’adonner à mon art ; toutefois, ce soir, j’ai quelque chose de prévu et mon reflet dans le miroir me crie que c’est une très mauvaise idée. L’épouse d’un patient m’a invité à diner afin de me remercier des soins que je prodigue à son proche, en fin de vie. D’ordinaire, ils nous offrent des chocolats, une plante verte ou des chocolats. Une invitation à diner, c’est la première fois depuis que je suis en fonction et pourtant, malgré la certitude que c’est une mauvaise idée, j’ai accepté l’invitation de Sinead Ferguson. Pourquoi ? Je n’en sais rien. Je n’avais pas envie de lui infliger une nouvelle tristesse, de la rejeter alors qu’elle semble avoir besoin de se confier. Dans le service et malgré son jeune âge, Sinead Ferguson est réputée pour être odieuse et est surnommée la Reine des Glaces. On ne peut pas nier son comportement parfois outrancier, ses colères et ses exigences mais il faut également savoir se mettre à sa place, faire preuve d’empathie ; comment serions-nous si notre âme-sœur était consciente mais enfermé dans un corps qui ne fonctionne plus ? C’est le cas de son mari, Mercury, victime et survivant d’un accident de moto rocambolesque. J’enfile mon manteau et referme mon casier avant de me faufiler dans les couloirs de l’institution de fin de vie où je travaille. Je passe rapidement par la chambre de Mercury Ferguson et m’y engouffre, repoussant la porte derrière moi. Je sais qu’il m’entend. Sinead lui a-t-elle dit qu’elle m’invitait à diner pour me remercier des soins que j’apporte au patient ? Je n’en sais rien. Ma conscience me pousse toutefois à parler à cet homme qui ne peut pas me répondre. Il n’y a qu’avec son épouse qu’il communique alors qu’elle lui récite l’alphabet et appuie sur sa main pour répondre. J’ignore ce qu’ils se disent. Ils sont là, à attendre la fin, attendre un accord de le débrancher. J’ouvre la bouche pour parler mais me ravise. « Bonne soirée, Mercury », j’articule simplement avant de tourner les talons et de gagner mon véhicule.

Quelques minutes plus tard, je lève mon frein à main et coupe le contact alors qu’une silhouette frêle et élégante se dégage de la portière d’un taxi, devant moi. Je reconnais aussitôt Sinead pour le nombre de fois où je la vois, soit chaque jour où je travaille puisqu’elle vient inlassablement visiter son époux. Je sors de ma voiture et arrive en quelques pas à sa hauteur. La jeune femme me remercie d’être venu et m’invite à rentrer à l’intérieur du diner que je connais très bien pour y diner régulièrement avec mes proches, notamment Tessa, ma sœur aînée. Je ne suis pas à l’aise et cela doit se voir ; j’ai une tendance à rougir excessivement quand c’est le cas. Je m’installe après avoir dégagé une chaise pour qu’elle en fasse de même puis retire mon manteau que je place sur mon dossier. « C’est très gentil de votre part, Madame Ferguson », je dis d’une voix timide, mes mains entre mes cuisses parce que je ne sais pas quoi en faire tant je suis embarrassé.
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MessageSujet: Re: how to say thank you ❊ eoghan Lun 20 Nov - 17:26

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Le diner était presque plein. L’endroit était particulièrement populaire car ils y servent une nourriture typiquement américaine, très goûteuse et que l’ambiance au sein du restaurant y est très agréable. C’était le genre d’endroit où Sinead venait souvent dîner ou déjeuner avec ses amis, avant.  Elle n’y avait pas mis les pieds depuis plusieurs mois. Cependant, le manque de leur burger et frites maison n’était pas la raison pour laquelle elle avait proposé l’endroit, elle savait qu’ici l’ambiguïté d’un tel rendez-vous se ferait moins sentir. Il y avait plus de groupe d’amis ou de famille que d’amoureux en tête à tête, ce soir là ils étaient d’ailleurs la seule table de deux. Pourtant, elle sentait la gêne émaner d’Eoghan. Il lui tira la chaise tel un gentleman, le genre de chose que Mercury faisait régulièrement et elle dû se retenir pour ne pas lever les yeux au ciel et rappeler au jeune homme qu’il n’avait pas besoin de faire ça. Néanmoins, elle resta silencieuse et afficha un sourire quelque peu crispé en retour. Une fois assis l’un face à l’autre, c’était pire que tout.

❝ Vous pouvez m’appeler Sinead… ❞ tenta t’elle, essayant de détendre un peu l’atmosphère qui commençait déjà à être pesante. Elle se demandait pourquoi elle avait décidé de l’inviter, il semblait terriblement mal à l’aise et elle… Ces derniers temps elle avait du mal à mettre qui que ce soit à l’aise. Il ne parlait pas, après tout, elle avait lancé l’invitation, elle devait donc lancé également la conversation mais à part lui dire merci elle n’avait rien d’autre à échanger avec lui. La serveuse arriva à point nommé pour dissiper le malaise grandissant.
❝ Un whisky. Sec. Irlandais. ❞ lâcha subitement la jeune danseuse quand la serveuse leur demanda s’ils désiraient un apéritif. Elle en avait besoin pour se donner du courage à faire la conversation toute la soirée avec un inconnu. Cependant, le restaurant ne semblait pas prêt à lui faciliter la tâche vu que la jeune serveuse, surprise de cette demande peu habituelle, lui annonça qu’ils n’avaient que des bourbons, le whisky américain qui n’avait rien à voir avec du vrai whisky. Cette fois-ci, Sinead leva les yeux au ciel en jurant intérieurement. Elle soupira d’exaspération mais accepta le fameux bourbon que la serveuse lui vendait comme le meilleur qu’elle pourrait trouvé. Eoghan commanda également puis quand la serveuse partie, Sinead ne put s’empêcher de laisser sortir son côté irlandais.

❝ Ils appellent ça du whisky, mais on est d’accord que ça n’a rien à voir? Vous êtes irlandais, non? Vous devez forcément comprendre. ❞ Elle n’avait jamais échangé de paroles personnelles avec lui et n’avait donc pas la moindre idée concernant ses origines, elle se fiait seulement son prénom cent pour cent irlandais qui aurait pu tout  aussi bien avoir été choisi juste par affinités pour les consonances pour tout ce qu’elle en savait.

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MessageSujet: Re: how to say thank you ❊ eoghan Mar 21 Nov - 18:05

Sinead. Prénom tout à fait atypique et l’espace d’une seconde, je me sens terriblement moins seul à porter un prénom qui ne se prononce pas comme il s’orthographie. Sinéad Ferguson a dû subir les mêmes tracas que moi, que ce soit à l’école ou dans le monde du travail. Je ne compte plus le nombre de personnes qui m’appelle littéralement Eoghan alors que mon prénom se prononce bêtement comme Evan. J’ai beau le répéter, le dire et insister, parfois, cela ne rentre pas dans certains esprits ; pour preuve, mon supérieur depuis plusieurs années s’évertue encore à écorcher mon prénom. La jeune femme commande un whisky sec irlandais et je ne suis pas surpris. Clairement, entre son prénom, sa peau de porcelaine et sa chevelure claire, le doute est faible concernant ses origines. « Un jus de tomate », je dis, courtois, d’un hochement de tête, à l’encontre de la serveuse qui aussitôt commande prise, tourne les talons pour aller préparer cela ou passer la commande à la barmaid afin de pouvoir nous servir. Sinead peste contre le whisky et je comprends que c’est une puriste qui aime la spécialité locale de son pays d’origine. Comme beaucoup qui connaissent mon prénom – soit peu de personnes tout compte fait -, la question ne tarde pas. Je baisse les yeux avec un sourire amusé ; tombée dans le piège ! Bingo. « Pas du tout », je réponds tout simplement en jetant un coup d’œil sur le menu que je connais presque par cœur, en fait. « Je suis américain pur souche mais mon père avait apparemment craqué sur ce prénom imprononçable », j’explique d’une voix calme, posée. Je passe une main dans mes cheveux coupés courts, récemment. C’est Tessa, ma sœur aînée, qui s’y colle à chaque fois et ce, depuis notre adolescence. C’est un rituel auquel je ne veux pas déroger, un moment de complicité certes atypique mais qui nous appartient, à elle et moi. « Je pense qu’on a du vivre des anecdotes similaires avec nos prénoms, du moins, en Amérique », j’ajoute. Est-elle américaine ? Sinead possède un accent donc j’en doute. J’hésite un instant à poser cette question qui pourrait s’avérer indiscrète mais … nous dinons ensemble, c’est très peu professionnel alors pourquoi ne pas lui demander ses origines ? Cela n’est pas non plus aussi indiscret et appartenant à la vie privée que cela, après tout. « Vous n’êtes pas américaine, si je me fie à votre accent. Vous êtes ici depuis longtemps ? », je m’enquis tandis qu’on nous apporte nos consommations et nous demande, dans la foulée, notre commande pour les plats.
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MessageSujet: Re: how to say thank you ❊ eoghan Jeu 23 Nov - 10:42

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Sinead s’était fait avoir comme une bleue. Influencée par les stéréotypes liés aux prénoms irlandais imprononçables pour les non natifs, elle était quasiment persuadée que le jeune homme était de la même nationalité qu’elle, ses cheveux châtains clairs et sa peau pâle accentuant encore plus ce sentiment. Mais il était américain et pendant quelques secondes Sinead sentie comme une once de déception. Au fond d’elle, elle avait voulu qu’il soit irlandais pour donner un sens à ce dîner , pour trouver une autre raison à l’avoir invité ici. Elle ne cessait de trouver des raisons, de vouloir se justifier comme si toutes les personnes autour d’elle pensaient qu’elle délaissait son mari mourant pour prendre du bon temps avec un autre homme plein de vie. Elle se sentait terriblement seule mais ceci n’était pas un rencard et elle n’était que bien trop déterminée à le prouver. Tout ces choix de ce soir amenaient à cette constatation, un restaurant bruyant et familial, un verre de whisky pour commencer, sans avoir peur de passer pour une ivrogne, pas de robe, peu de maquillage, ongles non manucurés, elle n’avait fait que le strict minimum pour se rendre présentable.
❝ Oh. ❞ répondit-elle simplement quand il lui annonça ses origines américaines, la surprise pouvait se lire sur son visage mais elle se reprit assez vite quand il évoqua les difficultés des gens à prononcer leurs prénoms respectifs. Elle pouvait se vanter de savoir prononcer le sien sans accroche, des Eoghan, elle en avait connu un ou deux durant ses années d’école en Irlande.
❝ Je crois que j’ai abandonné l’espoir que mon prénom soit un jour prononcé correctement du premier coup. ❞ soupira t’elle d’un air quelque peu blasé. A l’époque, même Mercury ne l’avait pas bien prononcé, elle avait dû le reprendre plusieurs fois et depuis, il s’amusait à la taquiner en l’appelant « Sinid » comme les américains avaient tendance à le faire. Eoghan avait bien saisi qu’elle n’était pas d’ici, son léger accent guttural la trahissait même s’il s’était grandement amoindri avec le temps. Elle commença à lui répondre au même moment où leurs apéritifs arrivaient. Elle avait presque envie de rire en voyant le whisky (qui n’était pas du whisky) se poser devant elle et le pauvre jus de tomate devant Eoghan. Ils commandèrent chacun un plat et un dessert. Sinead se laissa tenter par un burger au pulled pork et des frites de patates douces, elle ne faisait plus trop attention à sa ligne depuis qu’elle ne dansait plus et pourtant elle avait maigri. La danse, bien que sa passion restait le cadet de ses soucis à présent et elle se disait qu’elle se débrouillerait avec les conséquences de sa mauvaise hygiène de vie plus tard. La serveuse repartie avec leur commande et Sinead reprit la conversation là où elle l’avait arrêté quand la serveuse était arrivée.
❝ Donc je disais que je suis d’origine irlandaise. Je suis arrivée ici il y a sept ans, j’ai suivi mon mari. ❞ Elle prit une gorgée de whisky pour effacer tous les souvenirs avec Mercury qui remontaient subitement à la surface, mais la boisson n’eut pas l’effet escompté et Sinead grimaça. Elle surprit un petit sourire venant d’Eoghan qui s’amusait certainement de sa réaction face whisky américain et ne put s’empêcher de lui rétorquer.
❝ C’est pas la joie mais ça vaut certainement mieux qu’un jus de tomates. ❞ Ils rigolèrent quelques instants, elle en avait perdu l’habitude et ce sentiment d’amusement intérieur lui sembla si étranger qu’elle se stoppa net et reprit un gorgée du liquide ambré.
❝ Et vous, vous avez toujours vécu ici? ❞
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MessageSujet: Re: how to say thank you ❊ eoghan Lun 27 Nov - 18:53

Comme une déception lorsque je contre et annonce que je n’ai aucun sang irlandais qui coule dans mes veines. J’esquisse un sourire. Beaucoup font cette erreur ; elle n’est ni la première ni la dernière à se méprendre sur mes origines. Quelle idée ont eue mes parents, aussi, de m’appeler Eoghan ? Ne pouvaient-ils pas choisir un prénom aussi classique et simple à prononcer que celui de ma sœur aînée, par exemple, prénommée Tessa ? Non. Il a fallu qu’ils optent pour un prénom tordu alors qu’une orthographe bien plus simple existait : Evan. Sinéad me confie son désarroi quant à la prononciation correcte de son père et d’un sourire, je m’amuse à le prononcer. « Sinéad », je souffle tout en buvant une gorgée de mon jus de tomate. Je ne suis pas irlandais mais pour porter un prénom tel, je maîtrise la phonétique de ce dialecte. « Je vous comprends et compatis », je réponds. Dans la même galère.

Comme je le soupçonnais, Sinéad Ferguson est irlandaise. J’apprends qu’elle a suivi son mari en Amérique, sur les terres angelines, il y a sept ans. Mais … à quel âge se sont-ils mariés ? Si ma mémoire est exacte, son mari doit avoir plus ou moins mon âge soit proche de la trentaine. Je suis intrigué par leur histoire mais elle ne me regarde pas. Ils se sont donc connus jeunes ? Un premier amour ? Tout cela ne me regarde pas mais j’aimerais en savoir plus, j’ignore pourquoi. Un instinct que je tais, toutefois. Sinéad me rappelle à la réalité en se moquant de mon jus de tomates. Mon rire résonne légèrement par sa spontanéité. « C’est très bon pour la santé, vous savez ? » dis-je en buvant une gorgée supplémentaire alors qu’elle me pose une question personnelle, à son tour. « Mes parents y sont nés et leurs parents aussi. Mon père est … était, un grand journaliste, il a fondé le journal local », j’indique en regrettant mon lapsus de conjugaison qui révèle que mon deuil récent n’est pas fait. J’aurais aimé avoir le temps de me faire à l’idée de sa perte. Quoi qu’une souffrance, ainsi, en continu pendant des jours, à attendre que cela arrive ? Comment le vit-elle, elle, puisque c’est son quotidien ?

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MessageSujet: Re: how to say thank you ❊ eoghan Mer 29 Nov - 14:43

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Malgré l’absence de racines irlandaises chez le jeune homme en face d’elle, il prononce son prénom à la perfection et cela tire un sourire à Sinead alors qu’elle baisse les yeux. Les tonalités semblent rouler sur la langue d’Eoghan pour donner une prononciation claire mais profonde et quelque peu apaisante. Légèrement honteuse d’aimer la manière dont il prononce son prénom, elle ne relève en rien et se contente de parcourir le menu des yeux sans vraiment le lire. Cela ne lui rappelait que trop bien à quel point elle aimait quand Mercury l’appelait, son accent américain, la sensualité qu’il savait insuffler aux syllabes, cela lui avait presque donné des frissons à certaines occasions et son mari aimait en jouer. Sa voix était moins profonde que celle d’Eoghan mais elle avait un effet immédiat. A présent, elle ne l’entendait plus et c’était peut-être pour ça qu’elle se retrouvait si sensible au pouvoir de quelques syllabes. Sinead se bridait intérieurement, elle repoussait chaque sentiments positif pouvant l’envahir comme s’ils n’étaient que des parasites visant à amoindrir sa peine. Car sa peine, elle y tenait, c’était la seule chose qui la reliait encore à son mari et elle ne voulait pas s’en débarrasser. Aussi, elle se refermait comme un huître face à un son réconfortant comme la voix d’Eoghan prononçant son prénom correctement ou des petites blagues inoffensives sur du jus de tomates. Il rigolait lui aussi tout en lui rappelant que c’était bon pour la santé. Il avait raison, il était infirmier il connaissait tout sur la santé et le bien-être mais ce n’était pas ce qui interpella le plus Sinead. Elle l’enviait. Il avait rit de bon coeur, spontanément, sans réfléchir, alors qu’elle passait son temps à cogiter et broyer du noir. Il lui rappelait la Sinead d’il y a quelques mois, celle qui buvait des jus detox verts absolument dégoûtants visuellement mais extrêmement bons pour son organisme et son corps mis à rude épreuve avec ses répétitions. Celle qui rigolait pour un rien et s’enthousiasmait un peu trop. Cette époque lui semblait si lointaine, cette fille si étrangère alors que c’était sa vie, avant.
❝ Je sais. ❞ répondit-elle simplement en reprenant son propre verre. ❝ Mais en ce moment le whisky reste meilleur pour moi. ❞ Meilleur pour oublier.
Il commença ensuite à parler de lui, à la demande de la jeune femme. Elle en apprit plus sur ses origines purement américaines mais aussi sur son père qu’il évoqua au présent, puis au passé après s’être reprit. Elle vit la douleur dans son regard, une douleur qu’elle connaissait bien pour la vivre au quotidien. Sinead ne savait pas gérer le deuil des gens autour d’elle, elle n’arrivait même pas à gérer le sien, elle ne se lança donc pas dans des paroles mélodramatiques réconfortantes et dans les condoléances qu’il avait déjà dû recevoir trop de fois pour pouvoir encore les supporter.
❝ C’est arrivé récemment? ❞ sa voix était plus douce dès qu’elle évoquait la mort, Sinead était moins sur la défensive face à des gens qui pouvaient comprendre par quoi elle passait. Pour la première fois, Eoghan ne lui apparaissait plus comme le gentil infirmier qu’elle voulait remercier, mais comme un jeune homme lui aussi brisé mais qui avait cependant réussi à laisser rentrer la joie dans sa vie. Une lueur d’espoir.
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MessageSujet: Re: how to say thank you ❊ eoghan Mer 29 Nov - 18:16

« Meilleur pour oublier votre chagrin ? », je demande soudainement tandis que Sinéad prétend que le whisky est meilleur pour elle. Aussitôt, je regrette d’avoir parlé si vite et de ne pas avoir tourné sept fois ma langue dans ma bouche avant de l’ouvrir. Je me mords brutalement la lèvre inférieure, à m’en faire mal, et ajoute aussitôt, confus et particulièrement mal à l’aise : « Pardon, vraiment. Excusez-moi ». Toutefois, ma question me hante et je la pensais réellement. Que doit penser une épouse dans sa situation ? Cela ne doit pas être évident quand tout le monde vous hurle de débrancher votre mari et que lui aussi, vous le demande, dans sa façon complexe et unique de communiquer qui n’est pas verbale et bien plus difficile à cerner.

Je me surprends finalement à évoquer mon père en commettant une erreur habituelle : parler de lui au présent bien qu’il soit décédé. J’ai encore beaucoup de mal à faire mon deuil et à m’habituer à son absence. Là où cela est le plus flagrant, c’est toutefois quand je me rends dans les locaux de son journal et que dans son fauteuil, j’y trouve ma sœur aînée, Tessa. Chaque fois que j’entre dans son bureau, je m’attends à le voir et perpétuellement, mon cœur se contracte douloureusement en y voyant ma sœur. « Il y a quelques semaines », je réponds. En parlant de mon père, bien qu’implicitement, je réalise que le dicton selon lequel les cordonniers sont les plus mal chaussés est bien vrai. J’affronte la mort et le deuil au quotidien mais ne parvient pas à faire le mien. Ironique. Si bien qu’un léger rire m’échappe. « J’aide les gens à préparer leur deuil mais je suis incapable de faire le mien », je confie. C’est vrai. Combien de fois ai-je du appeler des familles pour leur annoncer la mort d’un proche ? Combien de familles de patients se sont-ils confiés à moi au point même de me demander de les aider à choisir le caveau ? Tellement que je ne le compte même plus. « Que faisait Mercury dans la vie avant … avant son accident ? ». Je choisis d’évoquer le drame qui l’a amené là car parler de drame en soi n’aidera pas son épouse, je le sais. Mon ton se veut doux alors que je continue de siroter mon jus de tomate.
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MessageSujet: Re: how to say thank you ❊ eoghan Lun 4 Déc - 15:53

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Meilleur pour oublier son chagrin. Sinead baissa légèrement son verre et fixa le jeune homme avec intensité. Il avait vu juste, elle qui voulait se montrer forte était même incapable de berner un inconnu. Ses amis, sa famille, tous les gens autour d’elle étaient inquiets, elle ne parlait quasiment plus, broyait du noir, devenait sujette à de soudaines crises de colère et buvait peut-être un peu trop d’alcool. Elle n’était pas stupide et se rendait compte de tout cela, mais c’était la seule manière de gérer sa peine. Eoghan semblait confus sous son regard perçant et il s’étala en excuses dans la foulée, essayant d’échapper à son regard du mieux qu’il pouvait.
❝ Le seul problème étant que ça ne fait oublier que pour un temps et que le lendemain tout me revient en pleine tronche. ❞ lâcha t’elle en répondant de manière détournée à sa question juste avant de prendre une autre longue rasade de whisky. ❝ Vous qui êtes dans le milieu… ❞ Elle le pointa du doigt avec sa main tenant le verre. ❝ Qu’il y a t’il à faire pour oublier complètement? Comment font les autres femmes, parents, enfants pour ne plus en vouloir au monde entier? ❞ Sinead reposa son verre avec un soupir dépassé, il avouait lui-même être incapable de faire le deuil de son père alors il était plutôt mal placé pour lui donner des conseils sur comment elle pouvait vivre le sien. Qui plus est, elle savait qu’elle n’accepterait pas de conseils, Sinead ne voulait pas qu’on la prenne en pitié ou qu’on essaye de l’aider, elle n’était pas encore endeuillée. Son mari vivait, difficilement, mais il respirait et elle n’était pas veuve même si tout le monde agissait comme si elle l’était déjà.
❝ Nous voilà donc tous les deux dans la même sombre merde alors. ❞ conclut-elle sans se soucier une seule seconde de son langage fleuri. C’était fini les efforts. Avant elle s’efforçait d’être l’épouse idéale face ses beaux parents ou aux collègues de Mercury, pas de bière ni de whisky, que du champagne ou du vin blanc. Pas de jurons ou de mots ingrats, qu’un langage digne et respectable. Ce n’était pas vraiment elle et maintenant, Sinead ne voulait plus se mettre de barrières.
❝ Il travaillait dans la finance, il était trader. ❞ expliqua t’elle quand Eoghan l’interrogea sur l’activité professionnelle de son mari. ❝ Il adorait ça, les chiffres, les maths, la bourse, ça le fascinait alors que moi je trouvais ça d’un ennui mortel! ❞ un léger sourire dansait sur ses lèvres rosées dès qu’elle évoquait les périodes de sa vie avec Mercury, les plus belles années. ❝ J’ai toujours été fâchée avec les maths, heureusement j’ai pas eu besoin de beaucoup en faire. ❞
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MessageSujet: Re: how to say thank you ❊ eoghan Mar 5 Déc - 17:24

Ce n’était donc pas la solution, de boire pour oublier. Sinéad me confirme cela en m’annonçant que sur le coup, cela la soulage mais que par la suite, tout lui revient nécessairement. Elle semble déboussolée, désarmée et compte tenu de sa situation, je peux le comprendre aisément ; il faudrait être parfaitement inhumain pour ne pas faire preuve d’empathie à son égard. Comment ne pas être totalement perdu(e) quand la personne que l’on aime, qui partage notre vie, est dans un état de conscience mais que son corps est incapable de toutes réactions et le sera à tout jamais ? Comment ne pas vouloir sombrer quand cette même personne vous fait comprendre qu’elle veut mourir, que la décision vous revient ? J’étais là lors d’une discussion houleuse opposant l’irlandaise à sa belle famille concernant le maintien ou non de Mercury Ferguson, en vie. J’ai vu dans son regard, l’amour qu’elle porte à son époux et son incapacité à accepter sa demande. Je peux le comprendre autant que je peux également comprendre mon patient pour qui ce n’est pas une vie. Sinéad me pointe du doigt et me dit qu’étant dans le milieu, je dois savoir comment oublier, comment font les autres proches pour faire leur deuil et ne pas haïr l’univers entier. Je hausse des épaules. « Personne n’oublie un proche décédé ». Elle n’oubliera jamais son mari quand elle décidera – si elle le fait, et j’en doute fortement parfois – de le débrancher comme je n’oublierais jamais mon père. « On apprend simplement à vivre avec l’absence ? », je suggère. Je ne suis pas convaincu. J’ai déjà appris des suicides, des dépressions de proches de mes patients. Cela m’a toujours fait beaucoup de mal mais dans cette profession, on apprend aussi à passer outre pour continuer à avancer ou sinon, nous broyons du noir perpétuellement. « Une belle grosse merde bien sombre », je confirme. C’est plus fort que moi, je pose une question sur son époux. Peut-être ne voulait-elle pas en parler ? Pourtant, elle me répond et d’un ton qui invite, contrairement à des fois quand elle répond à mes collègues, à la conversation. J’apprends qu’il est trader et suis aussitôt interpellé par le fait qu’elle parle de lui au passé. Paradoxal. Elle refuse de le laisser partir mais parle de lui au passé, comme s’il était déjà mort. Je prends en note dans un coin de ma mémoire sa profession en me promettant d’un jour, aller lui allumer la radio ou un poste télévisé sur une chaîne de bourses pour lui rappeler des souvenirs. Peut-être une façon de m’excuser d’être assis avec sa femme, à attendre que l’on nous serve ? « Et vous, que faites-vous dans la vie ? », je demande. « Vous pouvez me dire de la fermer si je suis trop curieux et indiscret, si je dépasse les bornes », j’ajoute aussitôt, un peu confus de poser tant de questions. « Après tout, je ne suis que l’infirmier de votre mari »
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MessageSujet: Re: how to say thank you ❊ eoghan Jeu 7 Déc - 14:12

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Elle n’aima pas la solution que lui apporta Eoghan. Sinead secoua la tête en baissant les yeux vers ses mains posées sur la table et son regard accrocha son alliance. Un bijou simple, en or blanc et diamant, un simple anneau qui à lui seul était la représentation de tout ce qu’elle pouvait ressentir pour Mercury. Un objet qui resterait après que Mercury ne soit plus, tout comme la photo avec laquelle elle avait pris l’habitude de s’endormir, se berçant de souvenirs. Elle vivait déjà avec l’absence de son mari donc cette solution n’en était pas une.
❝ Mercury n’est pas encore décédé. ❞ rétorqua t’elle sans doute un peu sèchement. ❝ On n’oublie jamais un proche décédé vous dîtes, eh bien encore moins quand il est à la fois mort et vivant et qu’on doit signer son arrêt de mort pour de bon. ❞ Le sujet de l’euthanasie de Mercury la mettait toujours en colère et elle ne put s’empêcher de hausser légèrement le ton, les tables les plus proches lui lançant un regard alerté. Elle avait les cartes en mains, elle était, en tant qu’épouse, l’ultime décisionnaire. Il n’y avait qu’une issue possible et tout le monde attendait d’elle la même chose, un simple mot, juste un ‘oui’ autorisant qu’on débranche enfin l’amour de sa vie. Ses beaux-parents réclamaient la fin du supplice pour leur fils depuis le début, ses propres parents n’avaient pas émis d’opinion jusqu’à ce que ça soit Mercury qui réclame qu’on le libère de la prison qu’était devenu son corps. À présent, elle était seule, seule contre tous. Au fond d’elle, Sinead savait qu’elle ne pouvait pas continuer à laisser Mercury vivre ainsi. Tous les jours ses clignements de paupières imploraient la même chose, il lui demandait de le laisser partir mais elle ne pouvait s’y résoudre. Cette décision si importante sur ses épaules semblaient comme un lourd fardeau à porter mais Sinead savait qu’elle n’arriverait plus à se regarder en face si elle décidait d’abandonner, de le laisser partir, de le tuer qu’avec un simple ‘oui’. Avoir ça sur la conscience toute sa vie? Elle aurait l’impression d’être pire que cette satanée moto.
Elle le revoyait tout fier lorsqu’il l’avait acheté un an auparavant, lui passionné de sensations fortes et de finance, de nombreux souvenirs lui revenaient en tête alors qu’elle expliquait à Eoghan l’ancienne vie de Mercury. À présent cet homme qu’elle avait connu n’existait plus vraiment.
❝ Ne vous inquiétez pas, si vous allez sur une pente glissante, vous le saurez. ❞ répliqua t’elle quand il lui demanda s’il ne faisait pas preuve d’un peu trop de curiosité. Il avait dû comprendre que la jeune femme ne mâchait pas ses mots, mais cette conversation un peu plus légère lui faisait du bien, ça l’éloignait de tout le drame qui l’entourait et quand elle pensa à son métier, une vague de chaleur l’envahit. Elle la réprima aussitôt avec une rasade de whisky.
❝ Je suis, enfin j’étais danseuse. J’ai dû arrêter après l’accident. ❞ Sa carrière s’était éteinte pour de bon ce jour là. À un mois du lancement du ballet, Sinead avait abandonné son rôle titre. Elle savait qu’elle avait tout fichu en l’air ce jour là mais pourtant elle n’arrivait pas à regretter son acte.

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MessageSujet: Re: how to say thank you ❊ eoghan Jeu 7 Déc - 17:53

Sinéad réplique sèchement, d’un ton et d’une attitude pareille à ce qui lui a valu, auprès de mes collègues, son surnom de Reine des glaces. Je déglutis, regrettant mes paroles peut-être maladroites alors qu’elle me rappelle que son époux n’est pas encore décédé. Pourtant, c’est tout comme, d’un point de vue physique et surtout, mental. Depuis peu, Mercury ne s’exprime plus que pour réclamer la mort, la paix ou comme il l’a signifié, l’autre fois, sa libération. Il est un papillon coincé dans sa crysalide et ne pourra plus jamais en sortir. « Pardon », je murmure en tournant radicalement le regard vers la fenêtre, la rue et ses passants. Je suis mal à l’aise d’avoir été possiblement maladroit et d’avoir froissé Sinéad Ferguson. Je ne suis pas là pour lui faire une quelconque leçon sur les choix qu’elle doit faire pour son époux bien que j’ai un avis sur la question. En tant qu’infirmier, je me dois de respecter ses volontés et de m’exécuter en soignant Mercury. Sinéad ne semble pas m’en tenir rigueur et reprends le fil de la conversation ; de nouveau, je me risque à porter mon regard sur elle. Ainsi, j’apprends que la jeune femme est danseuse et un sourire s’installe sur mes lèvres. En quelques sortes, une artiste, comme lui. « Une danse en particulier ? », je poursuis. Aussitôt et comme chaque fois qu’il est question de l’art, en général, ma curiosité est piquée à vif. « Vous devriez essayer de reprendre. Cela vous ferait du bien, vous ne croyez pas ? », je suggère, d’un ton doux et surtout, craintif de la froisser de nouveau. « Je fais de la sculpture et modeler m’aide beaucoup, vis à vis de mon père », je confie. Il y a eu une semaine ou deux pendant lesquelles je n’ai pas réussi à toucher un burin ou un pinceau, pour sculpter ou peindre. Puis, j’ai eu un déclic, une nuit d’insomnie et depuis, je m’acharne à réaliser une sculpture de marbre qui me prend énormément de mon temps libre, en hommage à mon père. « Cela m’aide également à me vider l’esprit, entre ma vie personnelle et ce que je peux entrevoir à mon travail », j’ajoute.



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MessageSujet: Re: how to say thank you ❊ eoghan Jeu 7 Déc - 19:25

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Eoghan donnait l’impression d’être un chien battu face à ses paroles acerbes. Il tourna la tête vers l’extérieur, évitant soigneusement son regard perçant et il lui fit penser à Island. Comparaison qu’il trouverait certainement peu flatteuse donc elle la garda pour elle. D’habitude, elle aimait mettre les gens mal à l’aise face à ce genre de paroles, c’était une sorte de moyen détourné pour faire qu’elle ne soit pas la seule à se sentir mal. Crier sur des gens ne leur faisaient pas plaisir et les faisaient souvent se poser des questions, et pendant ce temps là au moins elle était tranquille. Sinead jouait peut-être un peu trop avec le fait que sa situation de ‘presque veuve’ lui accordait une certaine immunité. Elle piquait, envoyait des méchancetés, criait et personne n’osait lui rendre la pareille. Et ça, elle l’avait compris. Pourtant, face au jeune homme et à sa moue gênée elle n’en fit pas plus et laissa tomber le sujet, se concentrant sur une conversation moins enclin à lui extorquer de trop vives émotions.
❝ Le classique. ❞ répondit-elle quand Eoghan lui demanda sa spécialité en terme de danse. ❝ J’en fais depuis que j’ai 6 ans. Mais j’ai aussi fait du contemporain. Au conservatoire ils nous apprennent les deux. ❞ Il semblait particulièrement intéressé par le sujet, et lui intima de reprendre afin de se changer les idées. Elle y avait pensé mais outre le fait qu’elle n’ait plus sa place au sein de la troupe à présent elle n’était pas sûre qu’elle arriverait à rester focalisée sur ces mouvements avec tout ce qu’il se passait autour. Il n’y avait pas que la question de vie ou de mort de Mercury qui lui posait problème, l’après serait encore plus redoutable. Elle devrait apprendre à vivre seule tout en se battant pour un héritage qu’elle ne méritait pas selon ses beaux-parents. Elle secoua la tête en voulant reprendre une rasade de whisky mais son verre était vide.
❝ J’ai perdu ma place en quittant le ballet il y a quelques mois. Quand la danseuse qui a la rôle titre se casse à un mois du lancement c’est pas comme un simple arrêt maladie chez les fonctionnaires. ❞expliqua t’elle le regard dans le vide. ❝  On peut pas revenir et reprendre comme si de rien n’était. ❞ souffla t’elle. Eoghan lui avoua qu’il faisait de la sculpture et que cette pratique l’avait aidé par rapport au décès de son père. Elle arqua les sourcils, intriguée. Ce n’était pas le genre de pratique très commune.
❝ De la sculpture? ❞ Aussitôt une image de deux corps l’un contre l’autre, les mains se chevauchant sur de l’argile et une musique romantique lui vint en tête.
❝ C’est un peu comme dans Ghost! ❞ s’exclama t’elle avant de réfléchir. Une fois l’énormité sortie de sa bouche, elle fronça les sourcils et laissa échapper un léger éclat de rire  qu’elle trouva tonitruant par manque d’habitude. ❝ Désolée… ❞ elle leva les mains faisant mine d’être une balance. Elle leva sa main droite ❝ Patrick Swayze et Ghost, poterie. ❞ Puis elle leva l’autre main ❝ Vous, Venus de Milo, sculpture. C’est bon mes idées sont redevenues plus claires. ❞ La serveuse apparut à ce moment là avec leur commande. ❝ La faute à ce whisky qui n’en était pas un…❞ ronchonna la jeune femme sans que la serveuse ne fasse attention.
❝ Vous sculptez quel genre de choses? ❞ demanda t’elle en picorant ses frites du bouts des doigts.
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MessageSujet: Re: how to say thank you ❊ eoghan Jeu 7 Déc - 20:30

Voilà donc d’où lui vient cette élégance et cette prestance que certain(e)s à la clinique prenne pour le fait d’être hautaine. Son port de tête est certain. Sinéad se tient toujours droite, j’ai pu le remarquer ; même quand elle pleure auprès de son mari, elle est droite, avec un air presque digne malgré la situation dramatique. J’apprends qu’elle avait une place au sein d’un ballet, une place perdue suite à un abandon de poste. J’arrive aisément à deviner qu’il s’agit d’un abandon pour être auprès de son époux. C’est pourquoi je me permets d’exposer mon avis, étant quelque peu scandalisé par la situation. « Ce n’est pas un rhume que vous aviez, je présume. Ils n’ont donc aucun coeur ? », je m’insurge. Tout en secouant la tête, dépité, je termine mon jus de tomate alors qu’une serveuse vient disposer nos plats. Une bonne odeur s’installe et je ne peux m’empêcher de respirer profondément pour m’en imprégner, grand gourmand que je suis. « Ouais, de la sculpture », je réponds en plantant vivement ma fourchette dans une frite. Beaucoup réagissent ainsi car la poterie est bien plus répandue que la sculpture. En fait, on peut la considérer comme une forme de sculpture, certes, mais les puristes feront la différence, bien entendu. J’éclate de rire quand Sinéad parle de Ghost et mon hilarité ne fait que s’amplifier face à la scène qui se déroule sous mes yeux. « Je sculpte aussi la terre glaise comme Patrick Swayze sauf que contrairement à lui, je ne suis ni à moitié à poils ni un fantôme », je réponds. Bien entendu, Tessa a déjà regardé cent fois ce film et gamin voir ado, je l’ai subi tout autant de fois. Pour parer la question éventuelle sur mes connaissances de Ghost, j’anticipe. « J’ai une sœur aînée qui me forçait à le regarder ». Finalement, tout comme l’irlandaise, j’abandonne la fourchette pour manger mes frites avec les doigts. « En ce moment, je sculpte le marbre et c’est bien galère », j’explique. Je rêve de vivre de mon art, de façon générale. Pas seulement de la sculpture mais de la peinture ou du street-art car, par chance, mon talent ne s’arrête pas à une seule discipline. Sinéad, s’intéressant à mes créations, je sors mon téléphone pour pouvoir lui montrer la dernière œuvre achevée, un buste de femme inspirée de la Marianne française. Mon doigt glisse sur l’écran pour dévoiler une toute autre photo, une montrant l’un de mes graph. « Celle-ci, vous étiez pas censée la voir. C’est … hm, illégal ».
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MessageSujet: Re: how to say thank you ❊ eoghan

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