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Hurts Like Hell ◊ genri chapitre II.

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MessageSujet: Hurts Like Hell ◊ genri chapitre II. Dim 15 Oct - 23:02






Hurts like hell
Rickon & Genesis

« C’est à ce moment qu’elle la vit. Juste derrière elle. Cette fois aucune illusion d’optique, aucune crise de fatigue. Une ombre humaine se reflétait dans la glace. Haute et massive. Juste derrière le rideau de douche. Sans aucun doute possible. À moins d’un mètre d’elle.»
La routine : La plupart des gens la craignait comme s’il s’agissait de la mort de tout. Genesis, elle, non. Dans la routine, elle savait apprécié les petits bonheurs. Comme chaque dimanche elle allait courir tandis que son fils jouait avec une amie d’école et voisine. Comme chaque dimanche depuis la mort de Jack elle courrait à en sentir ses propres poumons s’enflammer. Elle s’arrêtait chez Lucy, la jeune fleuriste qui comme chaque dimanche lui préparé un bouquet de lys blanches. Et, comme chaque dimanche Genesis allait déposer ces fleurs sur la tombe de Jack, comme chaque dimanche à dix heures du matin, elle savait que Rickon était venu en déposer un, lui aussi. Genesis s’asseyait, observant le ciel et tentait de supprimer ce sourire douloureux lorsqu’elle songeait à Jack. « Il a encore grandit tu sais…hum…tu vas sans doute me dire que c’est parce que j’idéalise mon fils, mais bon…  » comme chaque dimanche depuis son décès elle riait comme s’il était avec elle. Parfois, elle se laissait aller à imaginer sa main sur son épaule, mais il ne s’agissait en réalité que d’une brise de l’automne qui caressait sa peau. Comme chaque dimanche, elle allait cherchait Priam puis ensemble ils réfléchissaient à un repas puis ils dégustaient ce même repas ensemble devant un bon vieux Batman. L’après midi était généralement le moment où ils allaient se balader en se racontant leur semaine respective. Genesis enjolivait les choses et Priam continuait d’admirer sa « super - maman » qui arrêtait des méchants. Puis Priam lui racontait habituellement sa semaine à l’école « L’autre jours avec tata Becky bah j’ai vu tonton Giii… » « Gilliam?  » « Huhum!  » s’exclama l’enfant en hochant positivement le visage, menton enfoui dans une écharpe épaisse. « Même qu’il m’a offert une BD de Batman  » « Ooooh mais il est gentil ce tonton..  » « Oui enfin tata Becka elle était un peu en colère je me demande pourquoi…  » Il s’était arrêté, lâchant par la même occasion la main de sa mère, puis il s’était mis à toiser ses bottines. Priam avait toujours été un véritable détecteur à émotion. Une éponge humaine et ce don particulier inquiétait souvent Genesis. La jeune mère s’était mise à sa hauteur, posant un genou à terre, elle caressa la joue de l’enfant avant de coller son front contre le sien. « Tu sais mon chat, parfois les adultes sont en colère les uns contre les autres parce que justement c’est trop difficile et douloureux pour eux de s’aimer, parce que c’est compliqué. Et tu vois Bex’ elle aime beaucoup Gilliam, mais c’est compliqué…  » Tel un chiot penchant son visage sur le côté, le petit garçon fit de même. « Moi je trouve pas ça simple quand même d’être adulte…  » Il gonfla sa joue et Genesis l’embrassa « C’est bien pour ça que maman est l’adulte qui te protégera contre les autres vilains adultes…et si on allait voir tante Becky ?  » Le petit garçon approuva sautillant de joie.

La routine avait changé. Habituellement, les deux jeunes femmes parlaient de leurs emplois respectifs, rien qui ne pouvait être en lien de près ou de loin avec leurs deux amants. Aujourd’hui, le sujet était difficilement évitable. Gilliam venait de sortir de prison et apparement ce dernier tentait de se faire une place dans la vie de son « neveu » spirituel. Rickon haïssait Genesis et depuis la révélation de sa paternité elle n’avait jamais eu de ses nouvelles. Elle n’avait jamais cherché à en avoir, respectant ainsi ses derniers mots. Aux yeux de Genesis il était temps de le laisser partir. Outre cela, Genesis avait, depuis plusieurs semaines, l’étrange sensation d’être suivie par des yeux maléfiques. Elle en fit part à sa meilleure amie qui avec sa naïveté habituelle jugea que cela n’était que la cause de ses nombreuses nuits au commissariat et de sa fatigue psychique depuis la mort de Jack. Même si d’apparence Genesis semblait accepter cela, intérieurement, elle doutait à cette version. Il y avait quelque chose dans son instinct de flic qui lui disait que l’explication à cette sensation étrange ne pouvait être aussi trivial. La nuit tombée, la routine continua son chemin. Ainsi Genesis borda son fils avec quelques difficultés. Finissant comme toujours à lui offrir plus que sa dose de câlin habituel. Comme à son habitude, la jeune femme s’autorisa quelques mails liés à son travail, contactant ainsi son équipe pour savoir où en était cette dernière. Enfin, elle se versa un verre de vingt rouge avant de monter dans sa salle de bain. L’eau brulante lui permettait de détendre sa musculature, elle se laissa aller à quelques gorgées tout en barbotant. Après une heure dans sa salle de bain, la jeune femme alla jusque sa chambre. Chambre dans laquelle se trouvait toujours cette armoire brisée. Elle tira de l’intérieure un jogging qu’elle enfila lorsqu’elle vit les lumières de sa maison s’éteindre brusquement.


Le coeur palpitant, elle tenta de trouver son arme lorsque le premier coup s’abattit sur elle. Elle eu l’étrange sensation de recevoir un choc électrique contre sa mâchoire. Un choc si fort qu’il la fit atterrir au sol à plat ventre. Elle tentait de se relever lorsqu’elle sentit un poids sur son corps, les bras gesticulants elle pouvait sentir les doigts larges d’un homme qui entourait sa gorge. Son genou avait réussi à se déplacer contre le bas ventre de ce dernier et Genesis prise de panique tenta de se relever lorsque plusieurs coups s’abattirent sur son visage. Une pluie de violence qui cognait contre ses os. La douleur était moindre puisqu’elle songeait à son fils qui dormait non loin de là. Dans un élan de panique, elle glissa sa main sous son lit et attrapa un débris qu’elle cogna contre la tête de l’homme. Elle fit rouler son corps sur le côté, attrapant son arme qu’elle braqua face à elle. Ses cheveux sombres étaient à présent imbibés de sang, tandis que le goût de fer de ses propres globules rouges se déversait à l’intérieur de sa gorge. L’homme était debout, du moins Genesis semblait en définir sa silhouette lorsqu’elle tira une première fois mais que la balle ne fit que briser sa fenêtre. L’homme était prêt à se jeter sur elle, lorsqu’elle sentit un présence derrière elle. « Maman….  » Elle tira d’instinct une seconde fois, écoutant un râle de douleur qui s’éloignait par sa fenêtre puis attrapa son fils dans le creux de ses bras.

Genesis couru jusqu’à sa voiture, déposant Priam à l’arrière, elle démarra en trombe, arme de service sur le siège passager. Elle conduisait à présent par instinct maternelle, sans destination exacte, tandis que son petit garçon ne cessait d’observer le visage tuméfié de sa mère. Elle - même arrivait à peine à reconnaître la moitié de son propre visage. « Maman j’ai peur… » murmurait l’enfant, tandis que Genesis ne cessait de rouler plus vite. Avant même de s’en rendre compte, elle vit sous ses yeux l’enseigne du garage de Gilliam et Rickon. Elle ouvrit la porte de sa voiture, glissa son arme de service dans son dos et porta son enfant. Sans même réfléchir elle cogna dans la porte à coup de pied. Observant l’environnement qui l’entourait telle une brebis prise au piège par un chasseur. Qu’importe ce qui lui arrivait, qu’importe qu’on la fusille ici - même, elle souhaitait que son fils soit en sécurité. Elle pouvait entendre le bruit des pas qui se déplaçait jusqu’à elle. Elle vit la porte s’ouvrir, laissant entrevoir la masse imposante du père de son fils, tandis que Priam avait enfoui son visage dans le cou bleuté de sa mère. « Ri… » Elle n’eut pas le temps de finir que la porte s’était refermée. Totalement tétanisée, elle enlaça son fils en murmurant un « ça va aller » sans avoir la force de faire demi - tour. Elle resta simplement debout face à cette porte.

 
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Dernière édition par Genesis Winston le Mar 7 Nov - 0:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Hurts Like Hell ◊ genri chapitre II. Lun 6 Nov - 11:07

 

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Rickon & Genesis

« C’est à ce moment qu’elle la vit. Juste derrière elle. Cette fois aucune illusion d’optique, aucune crise de fatigue. Une ombre humaine se reflétait dans la glace. Haute et massive. Juste derrière le rideau de douche. Sans aucun doute possible. À moins d’un mètre d’elle.»
Depuis quelques jours, les soirées de Rickon tentaient de ressembler à un vieux rituel censé changer sa vision des choses. Une vision qu’il devrait tôt ou tard admettre et assumer : celle d’être père. Ce n’est pas qu’il n’avait jamais désiré l’être, simplement le blondinet n’y avait jamais réellement pensé. Comment même le concevoir quant il y a, à peine un mois de ça, un de ses plus chers amis est mort en prenant une balle pour lui ? Le petit ne serait jamais en sécurité. Il le savait. Tout le monde le savait. La preuve en est que Genesis elle-même a préféré disparaitre de son champ de vision plutôt que de prendre le risque d’être heureuse auprès de lui et de leur enfant. Au fond il ne pouvait l’en blâmer pour ça. Mais lui mentir ? Lui cacher même l’existence de ce petit être ? Son corps las de tous ces faux semblants s’affala dans le vieux canapé miteux que Gilliam, fier, avait ramené un soir d’une brocante 100 mètres plus loin au coin de la rue. Le troisième verre de Whisky de la soirée tenait dans la main droite du Biker. Le laissant se poser sur l’accoudoir, l’alcool l’aidait à réfléchir. Ou du moins à se canaliser. L’histoire de la fusillade qui prenait chaque jour plus d’importance dans les médias, la mort de Jack, Génésis, son fils. Tout ça prenait beaucoup trop de place dans son esprit. Et on le sait tous, un esprit de Rickon empli d’émotions ce n’était jamais bon pour le premier qui oserait frapper à sa porte.

Et justement quand on parle du loup… Deux bruits sourds se firent entendre, provenant du bas de la porte du petit appartement. Un rapide coup d’œil à la pendule, et Rickon se mit instinctivement sur le qui vive. Personne ne venait, ou n’osait, venir déranger les deux ours mal léché à des heures si tardives. Alors qui pouvait bien en avoir l’audace ? Un grognement sourd fit lever Rickon de son canapé. Et sans même prendre le temps d’en informer Gilliam, il se dirigea d’un pas lent vers la porte, prenant malgré tout le soin de vérifier par la même occasion son arme niché au coin de ses cotes. Dehors, la pluie battante tambourinait avec force contre le toit fait de taule. Si, de part son rôle de Président du club des Bikers, il aurait être sur ses gardes, le blondinet ouvrit la porte avec assurance. Il s’attendait à tout, livreur de pizza s’étant trompé d’adresse, la voisine d’en face apeurée par une voiture louche qui stationnait devant sa porte depuis des jours, un des gars présent à la fusillade venu pour finir le travail… A tout, sauf à elle… Sans doute même qu’au moment où ses yeux se posèrent sur Genesis, son cœur dévala une pente qu’il n’avait pas anticipée.  « Ri… » Instinctivement, il lui referma aussitôt la porte au nez. Ca avait été clair au moment même, ou peu de jours auparavant, il avait quitté sa chambre. La laisser vivre sa vie de mère, à l’abri de toute insécurité de par ce qu’il était au détriment même de cette force magnétique qui ne cessait de les assembler. Jusqu'à ce que son cerveau remette en place les deux secondes d’images qui s’étaient adonnées à lui. Là sur ce pas de porte, malgré la pluie, malgré la nuit, jamais Genesis ne serait venue le voir d’elle-même. Jamais son égo ne le lui aurait permis. Comment quand lui-même en aurait fait de même ? Et puis ce qu’il avait nié voir, s’imposa à lui avec toute la force, la rage qui pouvait transformer l’ours de Rickon en monstre. Le sang, les yeux gonflés à peine visibles, la petite masse nichée au creux de ses bras. Sans même qu’il ne s’en aperçoive, il abaissa la clenche de la porte. « Entre ». Sa voix grave et rauque ne présumait rien de bon. Qu’importe leur relation, qu’importe ce qu’ils s’étaient dit auparavant, au moment précis où il l’a laissait entrait chez lui, il savait qu’il finirait par faire couler le sang sous peu.

Lorsque la brune passa devant lui, Rickon la dévisagea, inspectant, gardant en mémoire chacune de ses blessures. Parce qu’elle ne s’était surement pas faite ça elle-même, il espérait retranscrire le même tableau sur son agresseur avant d’en finir avec lui. Il pouvait déjà sentir l’odeur du sang, ressentir la peur de mourir. Ou peut-être était-ce ce que dégageait Genesis à cet instant précis dans l’entrée qui servait par la même occasion de salon et de cuisine. Le Biker lui fit un signe de tête, lui indiquant qu’elle pouvait prendre ses aises, puis il réalisa qu’elle ne l’avait peut être pas bien vu. Il fit alors un geste auquel il ne s’était lui-même pas attendu. Ses mains encerclèrent Priam, son fils. A ce premier contact avec lui, il pu ressentir un fourmillement nouveau traverser ses veines de part et d’autre de son corps. Malgré tout, il ressentit une résistance lorsqu’il tira le petit à lui. Du mieux qu’il le pouvait à cet instant, le blondinet tenta de caler sa voix le plus paisiblement possible « Genesis, s’il te plaît… ». Ce fut ce moment précis que Gilliam choisissa pour faire sa grande apparition dans le salon. « Rick’ j’ai entendu du bruit, j’me suis demandé si t’étais pas devenu sénile et… » La présence de Genesis dans la pièce le stoppa net. « Oh pardon ». Rickon jeta un regard dans sa direction, lui implorant par la même occasion de rester et de l’aider. « Comme au bon vieux temps hein ? Bon j’vous laisse j’ai… Des affaires à régler… Tu t’souviens Rick’ ? Mais oui j’ten ai parlé l’autre jour et… Aller courage t’es le Président maintenant oublie pas. » Un clin d’œil de la part de Gilliam à Rickon et il quitta l’appartement aussi vite qu’il y était apparu, laissant par la même occasion Rickon sur le cul. Il en avait même oublié la présence de Priam dans ses bras, Genesis ayant finalement dédaigné le lui laisser. Il murmura quelques brides de paroles à l’encontre de son ami plus pour lui-même que pour la brune, avant de reporter son attention sur Priam. « Salut toi, tu dois être fatigué de tout ce que tu as vu ce soir hein, ça te dirais d’aller te reposer un peu ? T’en fait pas, ici, tu ne crains rien. » A vrai dire, il ne su si le petit avait entendu la fin de sa phrase, s’étant endormi presque aussitôt dans ses bras. Hochant la tête en direction de Genesis, lui indiquant par la même occasion qu’il s’en chargeait, il alla installer Priam dans sa chambre. Lorsqu’il déposa le corps minuscule dans son lit, la lumière de la lampe de chevet éclaira le visage de Priam lui faisait découvrir, pour la première fois, à quoi ressemblait son fils. Visage qu’il s’était mainte et mainte fois imaginé depuis qu’il avait apprit la nouvelle… « Tu vas prendre soin de maman dit ? » Et ce fut comme un déclic, son cœur s’était mit à accélérer, tambourinant à tout va dans sa cage thoracique. « T’en fait pas p’tit, endors toi maintenant. » Sa mâchoire se contracta, ses dents se serrèrent. Qu’importe qui ça pouvait bien être, qu’importe ce que ça entrainerait, Rickon n’allait pas laisser le fait qu’on s’en prenne à sa famille.

D’un pas assuré, le Biker se dirigea vers le salon, Genesis s’était installée dans le canapé. Ses yeux s’étaient fermés. De fatigue très certainement. Machinalement, Rickon ouvrit la porte de la pharmacie accrochée au mur, attrapa deux ou trois compresses, et de quoi désinfecter le tout. Sans lui demander son avis, sa masse corporelle s’installa à côté d’elle. S’empressant de faire les gestes qu’il avait déjà réalisés à plusieurs reprises pour Gilliam il déposa le liquide sur la compresse, avant de venir déposer le plus délicatement celle-ci sur l’arcade de Genesis. « Gen, raconte-moi.  Qui c’était ? » Rickon ne le savait sans doute pas encore, mais les jours qui allaient suivre ne serait plus jamais les mêmes. De nouvelles responsabilités venaient d’entrer dans sa vie, et contre toutes attentes elles allaient réveiller en lui tout ce qui venait à mourir depuis l’absence de Genesis, et ce depuis trois ans… 
 
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MessageSujet: Re: Hurts Like Hell ◊ genri chapitre II. Mar 7 Nov - 0:11


Hurts like hell
Rickon & Genesis

« C’est à ce moment qu’elle la vit. Juste derrière elle. Cette fois aucune illusion d’optique, aucune crise de fatigue. Une ombre humaine se reflétait dans la glace. Haute et massive. Juste derrière le rideau de douche. Sans aucun doute possible. À moins d’un mètre d’elle.»
Immobile, malgré le froid, malgré la pluie qui cognait nerveusement contre la taule métallique. Genesis Winston portait dans les creux de ses bras ce petit être innocent qui enlaçait sa nuque, nouant entre ses petits doigts quelques mèches. Immobile, les paupières de la brune clignaient nerveusement. Elle était arrivée ici, face à cette porte boisée par le biais d’une décision impulsive. Elle qui s’était jurée de respecter la seule volonté du père de son fils, celle de disparaître de sa vie se retrouvait aujourd’hui debout, la fierté défoncée à coups de poings, le coeur lourd et la culpabilité naissance d’être une mauvaise mère. Cet endroit, elle l’avait jadis fuit pour mieux s’y retrouver à ce jour. La brune avait réussi à mettre son passé de côté, à ses yeux, Rickon était le seul apte à protéger leur fils de la violence qui aurait pu lui coûter la vie. Inutile de mentionner son coeur se scindant en deux lorsque le biker lui claqua la porte au nez. Inutile de mentionner le poids qui s’était logé au creux de son ventre lorsque la prunelle de ses yeux lui fit part de sa peur. Cela ne prit que quelques secondes pour que l’homme qu’elle aimait à s’en dévorer l’âme ne lui ouvre à nouveau. Des secondes qui lui parurent une éternité. « Entre » Une voix solennel, qui ne dévoilait rien d’autre qu’un calme avant la tempête. Jadis, elle l’aurait taquiné, sans doute lui aurait - elle dit que prendre cet air si grave pour quelques hématomes n’était pas digne de lui. Hélas, il en était tout autre à ce jour, la vie de Priam avait été mise en danger, alors tel un automate elle s’exécuta sans un mot.

Lorsqu’elle fut à l’intérieur de l’appartement, elle releva légèrement son fils, l’enlaçant d’autant plus fort que ce dernier semblait épuisé. Elle aurait aimé lui susurrer des mots rassurants, ceux qu’une mère prononce à son enfant lorsque ce dernier éprouve la crainte des monstres de la nuit. Seulement, Genesis en était incapable. D’une part parce que Priam savait à présent que les monstres existaient réellement. Et, d’autre part, même si elle y mettait toute sa force, aucun son ne voulait transparaître d’entre ses lèvres entaillées. Léthargique, son regard s’était posé sur un point sombre logé sur le mur qui lui faisait face. Un détail qui lui permettait de rester dans le réel, tout en s’échappant de cette scène dans laquelle son fils avait été mis en danger. Sous le choc, lorsque le biker posa ses larges mains sur le corps frêle de leur enfant, telle une louve face à un prédateur, Gen’ enlaça un peu plus la chair de sa chair contre elle. « Genesis, s’il te plaît… ». Un fil lumineux traversa ses iris lorsqu’elle les posa sur l’homme. Il était là. Comme il l’avait toujours été et ce malgré la blessure profonde qu’elle lui avait infligé par égoïsme. Il était là. Sa voix rauque et rassurante était la même que celle où les matins aux aurores il l’enlaçait. De nouveau, elle pouvait sentir les battements de son propre coeur, cloisonner entre ses os, se cogner contre sa peau doré. Lorsque le meilleur ami de son amant fit son apparition, Genesis lui porta un regard furtif, elle remarquait la présence du grand gaillard et amant de sa meilleure amie, mais n’en saisissait aucunement le sens. Les muscles de son corps s’étaient détendus face à cette scène, une scène qui l’a ramené à ce avant qui lui manquait plus que de raisons. Ainsi, elle laissa Rickon enlacer son enfant pour la première fois. Il n’était pas ce nouveau né, mais il restait son fils. Gen’ était persuadé que Rickon le comprendrait seulement qu’une fois que ce dernier aurait bordé cette partie d’eux dissimulée sous les traits d’un enfant.


Elle resta debout, plantée devant l’escalier vieux et boisé que Rick montait avec précaution. Son dos était la seule image qu’il lui offrit, étonnement c’était cette image qu’elle avait toujours chérie. Celle de ce dos qu’elle enlaçait lorsqu’il lui offrait énième balade en moto. Gen’ attendit que la silhouette ne disparaisse pour reprendre une respiration normale. Elle porta la paume de sa main droite à son visage et murmura un simple « Outch  » qui n’était pas une complainte. Seulement une constatation. Son agresseur savait y faire. Maintenant qu’elle avait la certitude que son fils était en sécurité, elle pouvait à présent rebrancher son cerveau. Du moins, elle ce fut ce qu’elle croyait jusqu’à ce que son corps ne lui rappel qu’elle n’était pas immortelle. Elle vacilla légèrement, prenant appuie sur le meuble d’entrée. La brune décida de s’asseoir dans ce vieux canapé, regard d’abord posé sur l’évier rempli de vaisselles. Puis sur le cendrier qui se trouvait sur la table basse, accompagné d’un verre de liquide couleur or. « Tu ne changeras jamais. » Murmurait - elle, tandis qu’elle laissa son corps choir dans le dossier de ce vieux canapé. Une sensation étrange l’envahissait, emplissant ses paupières d’un liquide brumeux. Elle décida de les clore et de laisser ce silence s’emparer d’elle. A dire vrai, elle était épuisée. Epuisée de fuir ce qui ne cesserait de la poursuivre avec ou sans Rickon : La mort. Elle avait été injuste dans ses propres décisions basées sur de simples craintes irrationnelles. Elle soupira, bercée par les bruits de pas du monstre qui envahissait son coeur. Elle pouvait l’entendre qui s’attelait à une tâche dont elle ne voulait prendre connaissance visuellement.

C’est alors qu’elle ressenti sa présence, les paupières toujours closes, il était - là, assis à ses côtés. Elle aurait pu reconnaître Rick’ même si elle avait été privée de ses sens. Priam dormait ? Se demandait - elle tandis qu’elle sentit sur sa chair un picotement qui la força à ouvrir ses paupières. Silencieuse, encore à semi - consciente, elle plongea ses iris dans celles de Rickon. Il avait toujours eu des yeux magnifiques, un regard non seulement d’une coloration outrageusement jolie, mais aussi communicatif. Ainsi, elle pouvait y lire une détermination, une colère froide qu’il tentait de contrôler. « Gen, raconte-moi.  Qui c’était ? » La jeune femme posa délicatement sa main sur celle du Biker. Plus de mensonges. « Je ne sais pas, il était caché dans ma chambre, il faisait sombre. Il…il m’a prise par surprise et c’est lorsque Priam est arrivé quand il me frappait qu’il a été surpris. » Genesis eut un léger mouvement de recul, le coeur sur le qui - vive, les iris alertées « Rick? Il n’y a personne qui puisse entrer là - haut n’est - pas ? » Elle enlaça de nouveau la main du biker, se penchant légèrement en avant, la voix tremblante et anormalement dans les aiguës elle ajouta : « Notre fils, il ne risque rien n’est pas ? » Elle pouvait sentir une force, un poids étrange qui appuyait fermement contre sa poitrine, n’était - ce pas cette sensation étrange qui décrivait les démons nommés succubes il fut un temps? Elle porta sa main sur sa lèvre blessée, la frottant avec nervosité afin d’en dégager les quelques gouttes de sangs. « J’avais l’impression étrange qu’on me suivait depuis l’enterrement, mais…j’aurai dû me méfier Rick’…Il aurait pu tuer Priam…tu comprends ? Si jamais il arrive quelque chose à Priam je ne pourrais pas survivre. Je sais que c’est égoïste de te dire ça, tu ne voulais pas le voir, mais…il a tellement de toi, de nous, je ne peux pas le perdre. Je ne peux pas perdre encore quelqu’un. » Elle pouvait sentir son pouls s’accélérer, sa tête virevoltant au rythme de ses angoisses.   Elle remonta ses genoux contre sa poitrine, posant son menton sur ses genoux relevés, offrant ainsi au biker l’image de cette Genesis apeurée. Cette enfant muette et poursuivie par l’image des corps inertes qu’elle venait de trouver.  
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« C’est à ce moment qu’elle la vit. Juste derrière elle. Cette fois aucune illusion d’optique, aucune crise de fatigue. Une ombre humaine se reflétait dans la glace. Haute et massive. Juste derrière le rideau de douche. Sans aucun doute possible. À moins d’un mètre d’elle.»
En temps normal la trahison, le mensonge, Rickon ne supportait pas. Cette rancune il la tient fièrement, ou pas, de son père. Ce père absent, délaissant sa famille au possible pour aller dépenser l’argent salement gagné auprès de putes de fortunes. Cependant, là, maintenant, qu’importe la douleur du choc, le sentiment d’impuissance qu’il avait pu ressentir lorsqu’elle lui a présenté son fils de trois ans sur des photographies lancées à la volé quelques jours plus tôt, car il ne voyait plus que son visage meurtri. Et ça… Il n’y avait pas de douleur pire. Le Biker aurait pu se contrôler au possible, rien n’empêchait son sang de bouillonner, et rien n’empêcherait le raz de marée de s’abattre. Un jour où l’autre quelqu’un paiera pour ça, pour avoir osé abimer, au-delà de son visage, son cœur. Et c’était un devoir qu’il se promettait d’accomplir.

La compresse posée délicatement sur l’arcade de Genesis s’imbibait bien trop vite de sang au goût de Rickon. Et en la soulevant légèrement, il comprit bien vite que deux ou trois points seraient nécessaires à la cicatrisation complète. Pourtant, il ne se leva pas trop vite, laissant la jeune femme trouver ses mots face à ses peurs.  « Je ne sais pas, il était caché dans ma chambre, il faisait sombre. Il…il m’a prise par surprise et c’est lorsque Priam est arrivé quand il me frappait qu’il a été surpris. » Lentement, et plus pour contenir son poing qui mourrait d’envie de finir dans quelque chose de dur, il se leva, se dirigeant de nouveau vers l’armoire à pharmacie. Du fil, une aiguille, un briquet, et quelques secondes plus tard il se retrouva à sa place auprès de Genesis. « Rick? Il n’y a personne qui puisse entrer là - haut n’est - pas ? » Il s’apprêtait à lui faire tout un discours, comme quoi Gilliam, lui-même, avait insisté pour poser ces fichues alarmes aux fenêtres, pour un peu il avait même voulu lui coller une caméra infrarouge en direction de son lit quitte à employer un gars payé à l’observer h24 pour qu’il ne lui arrive rien. Hors le contact froid de la paume de Genesis sur la sienne le fit tressaillir. En soi ce n’était rien qu’un simple geste d’affection. Mais pour lui, ca ressemblait fort à l’effet d’une bombe. Ca avait toujours été ainsi avec elle. Jamais il n’avait pu expliquer le fait qu’à chaque fois qu’elle le regardait, le touchait, l’enlaçait, son cœur manquait de défaillir.  « Notre fils, il ne risque rien n’est pas ? » Sa gorge se noua, l’empêchant de déglutir normalement. « Notre fils ». Au fond ça sonnait comme une douce mélodie. « Avec Gilliam aux commandes ? Il faudrait sortir plus que des tanks pour réussir à entrer ici. » En réalité, et bien qu’il savait la maison plus sur que celle du Président du pays, Rickon dressa l’oreille en direction des marches se promettant de ne pas rabaisser sa garde les prochaines heures. « Il est en sécurité, n’ai crainte. » Il tenta un faible sourire. Un de ceux que le Blondinet ne lui avait jamais réservé qu’à elle parce qu’elle seule avait ce pouvoir sur lui. Celui d’apaiser son âme quand son corps hurlait. « Bouge pas. » Machinalement il répéta les gestes qu’ils avaient maintes et maintes fois fait au cours des dernières années. Passer le fil bleu dans le minuscule trou de l’aiguille, allumer le briquer, chauffer la pointe, repérer les bords de l’entaille, s’affairer à ne pas massacrer davantage la plaie au risque d’une cicatrisation pas vraiment jolie.

« J’avais l’impression étrange qu’on me suivait depuis l’enterrement, mais…j’aurai dû me méfier Rick’…Il aurait pu tuer Priam…tu comprends ? Si jamais il arrive quelque chose à Priam je ne pourrais pas survivre. Je sais que c’est égoïste de te dire ça, tu ne voulais pas le voir, mais…il a tellement de toi, de nous, je ne peux pas le perdre. Je ne peux pas perdre encore quelqu’un. » Elle termina ses propos en ramenant ses genoux contre sa poitrine. Jamais Genesis n’aurait offert cette position aux yeux du monde extérieur. Il le savait pour l’avoir observer pendant des années. La connaitre par cœur, connaitre à l’avance ses mots, ses gestes… Il fut un temps où cela avait rythmé ses journées. Alors, comme lorsqu’il l’avait vu pour la première fois tremblante, affolée, vide de tout espoir de vie, Rickon noua ses doigts dans les siens, appuyant son pouce au creux de sa paume afin de lui faire réaliser quelques mouvements de pression. « Il ne lui arrivera rien, c'est une promesse. Quant au type qui t’a fait ça … » De sa main valide, il dégagea la mèche brune de la jeune femme, révélant trois points de sutures et quelques bleus sur son visage de glace. « Je m’en charge. » Ce n’était pas qu’un simple constat, ni même une phrase dite pour la rassurer. Le ton employé signifiait clairement que rien ni personne ne le détournerait de sa décision. « L’enterrement tu dis ? » S’affalant de tout son poids contre le dossier du canapé, Rickon réalisa qu’ils ne s’arrêteraient pas tant qu’ils n’avaient pas eu sa tête en haut d’une pique. Car si Genesis était une victime, il est clair que la cible n’est rien d’autre que lui-même. La mort de Jack n’était pas volontaire, ce dernier s’étant jeté sur son Président et ami, pour le protéger d’une balle en plein cœur. Et si tel était le cas, si jamais elle s’était trouvée suivie par son agresseur, le fait de l’avoir autoriser à entrer avec Priam signifiait clairement leur mort. Et contre toute attente, son cœur accéléra de façon anormale. Aussi rapidement que possible, le Biker se leva et se dirigea vers la vitre tout en vérifiant que son arme était chargée à bloc. « Tu es certaine que personne ne t’a suivi jusque ici ? » Dehors, la pluie battait son plein, l’empêchant d’avoir une bonne visibilité. Instinctivement, il composa le numéro de son meilleur ami. « Gil’ ? Appel les gars, dis leur de venir au plus vite au garage. Et toi, y compris. Merci. » Il savait que l’ours mal léché, malgré ses grognements, avait compris le message qu’il avait voulu lui faire passer. Mais sa priorité était de ne pas affoler Gen’, tout en ne lui cachant aucun détail. Se retournant vivement vers elle, Rickon tenta de capter son regard du mieux qu’il le pu. « Gen’, les types qui t’ont agressés, ce n’est pas après toi qu’ils en ont. Mais… » Il tenta un sourire rassurant, sans réussite avant de se rapprocher de sa belle et de s’agenouiller face au canapé pour être à sa hauteur. Ses mains se plaquèrent sur les cuisses de la jeune femme. « Écoute, tu vas devoir te faire petite pendant un moment, d’accord ? » Au fond il savait qu’elle n’accepterait pas. Que malgré l’état de faiblesse qu’elle présentait à l’heure actuelle, elle se lèverait pour hausser le ton et lui affirmer qu’elle n’était pas quelqu’un qui se cache. Peut être même qu’elle prendrait tout ça trop à cœur. Et de ça, il avait peur. Car si jamais il venait à la perdre, elle, c’était son monde tout entier qui s’écroulerait. Et personne n’avait envie de voir le monde de Rickon s’écrouler. Personne. 
 
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MessageSujet: Re: Hurts Like Hell ◊ genri chapitre II. Lun 20 Nov - 0:11


Hurts like hell
Rickon & Genesis

« C’est à ce moment qu’elle la vit. Juste derrière elle. Cette fois aucune illusion d’optique, aucune crise de fatigue. Une ombre humaine se reflétait dans la glace. Haute et massive. Juste derrière le rideau de douche. Sans aucun doute possible. À moins d’un mètre d’elle.»
L’agression avait été violente. Très. Néanmoins ce n’était ni les coups qu’elle avait reçus, ni la stupeur qui s’était éprise d’elle qui étaient les plus douloureux. Non. La douleur était dans le regard de son enfant. Ravivant en elle des blessures qu’elle croyait avoir soigné avec le temps. Priam, nues pieds couvert d’un pyjama à l’effigie de son super héros favoris tremblotant face à l’ombre qui cognait sa mère. Priam le regard troublé. Elle avait vu en lui le fantôme de l’enfant qu’elle - même avait été. A l’instant même où elle s’était retrouvée devant la porte du lieu de vie de Rickon, elle avait réalisé avec une certaine brutalité que sa vie n’était qu’une succession de répétitions. Elle qui avait souhaité élever son enfant loin de la mort et de la violence avait été incapable de se protéger. Telle une mendiante elle s’était retrouvée sur le canapé d’un homme qui avait explicitement souhaité l’effacer de sa vie. Néanmoins, dans ce paradoxe qu’ils les définissaient depuis l’adolescence, cette scène pitoyable d’une Genesis repliée sur elle - même, d’un Rickon la mâchoire crispé était un flocon de neige en décembre. Un tableau peint depuis la nuit des temps, ils étaient destinés à se retrouver, seuls, à deux, au milieu de cette violence dans laquelle leur amour avait vu le jour.  Alors, Genesis offrit à Rickon bien plus qu’une nuit à deux, bien plus qu’un baiser langoureux, elle lui offrit ce qu’elle n’offrait pas au monde : Sa vulnérabilité. Cette même vulnérabilité qu’il avait accueilli avec patience et révolte. Se laissant rassurer par cette voix rauque inimitable qui l’assurait que cet endroit était un lieu assez sécurisé pour protéger leur fils. « Il est en sécurité, n’ai crainte. » Plus que le doux murmure du Biker qui avait toujours eu l’effet d’ensorceler la brune, il s’agissait de ces magnifiques prunelles azures tant de fois dévorées par une haine farouche qui s’emplissait de tendresse, cela la percutait en pleine face épongeant la douleur vive de ses blessures encore fraiches. « Bouge pas. » Genesis observait chaque petit brin de peau qui créait ce visage aux os épais et carrés. « Hum » Murmurait - elle tandis qu’elle pouvait d’ors et déjà ressentir des légers picotements sur son propre visage en réaction à la solution saline qu’il appliquait avec adresse et délicatesse, elle ne souffrait pas, sentant à peine le picotement de l’aiguille qui s’enfonçait sous sa peau. Non. Sa souffrance était ailleurs. Genesis se perdit dans la contemplation des ridules légèrement creusés sur le visage du biker. Elle se mordilla la lèvre inférieure, espérant que ce dernier ne puisse deviner que cette réaction infra verbale était un moyen d’éloigner son corps de cette envie déchirante de poser ses doigts sur les marques du passé.

Elle se livrait la reine des glaces. Sans pudeur, sans colère, simplement avec une honnêteté déconcertante pour elle - même. Elle ignorait si c’était à cause du choc ou bien simplement due à la présence de cet homme qu’elle avait toujours aimé sans en prononcer les mots. A dire vrai, à cet instant précis elle s’en fichait. Dans son malheur et sa blessure d’écorchée vive, elle savourait cette bulle dans laquelle le Hell’s Angels entrelaçait ses doigts dans les siens. La légère pression qu’il exerçait sur la paume de sa main la renvoyait à des années lumières de cette scène. Cette époque où elle n’était qu’une gamine mutique noyée dans le chagrin de la perte. Il avait été son héros. Son sauveur. « Il ne lui arrivera rien, c'est une promesse. Quant au type qui t’a fait ça … » Genesis plongea ses iris dans les siennes, silencieuse, les mots n’avaient guère d’importances à cet instant. Lorsque le grand blond replaça la toison charbonneuse de la brune derrière son oreille, presque par réflexe sa joue vint trouver refuge contre la main chaude du biker. « Je m’en charge. » Genesis pouvait sentir le drame arriver. Le bain de sang n’était qu’une bombe à retardement. Et pendant l’espace d’un instant elle eut l’illusion de ce Rickon aux prunelles vivaces qui n’était plus. Elle porta instinctivement sa main contre sa poitrine, un geste désespéré pour faire taire cette âme souffrante qu’était la sienne. Dans un soupire, tandis que l’homme se lorgna au fond de son dossier, elle murmura un simple « Rickon… » Supplication silencieuse. Prête à lui avouer l’amour qu’elle lui portait. Pour autant, elle s’arrêta lorsqu’il prit la parole. « L’enterrement tu dis ? » Genesis porta son regard sur la fenêtre de la cuisine, les gouttes de pluies noyaient cette dernière verticalement. « Oui. » L’enterrement de Jack Winston. A l’atroce souffrance qui embrumait ses poumons, elle réalisa qu’elle n’avait toujours pas fait le deuil de cet homme qui avait été son seul exemple parental.

Presque instantanément elle vit son amant se lever vivement. Vérifiant son arme. Genesis eu un léger mouvement de recul, collant ainsi son dos douloureux au fond du canapé usé. Rickon lui tournait le dos et de nouveau elle sombra dans l’admiration de cette carrure à la fois effrayante et sécurisante. « Tu es certaine que personne ne t’a suivi jusque ici ? » Genesis fronça les sourcils, tentant de se remémorer son départ précipité de la scène de son agression. Elle mit quelques secondes à se souvenir clairement de ses faits et gestes. « Je n’en suis pas certaine…mais je l’ai blessé avec mon arme ! » Elle se réassura corporellement, gagnant de nouveau en confiance. Laissant ainsi le biker joindre son vieil ami d’enfance qui était parti précipitamment. Lorsque Rickon eu terminé sa conversation, Genesis se risqua à quelques mots. « Tu devrais laisser Gilliam pour ce soir. Si tu veux mon avis il est parti voir Bex’, vérifier qu’elle va bien et peut - être même qu’il a contacté Cass’. Quelques hommes suffiront et puis je ne suis pas estropié au point de ne pas savoir me défendre. » Contrairement à cette Genesis froide, implacable, caractérielle. Elle avait prononcé cette phrase avec une certaine douceur, bien qu’une grimace étira ses lèvres pulpeuses lorsqu’elle songea à la réaction qu’aurait sa meilleure amie lorsqu’elle apprendrait sa situation. Le biker lui fit de nouveau face, la surplombant de cette masse imposante qu’était la sienne. « Gen’, les types qui t’ont agressés, ce n’est pas après toi qu’ils en ont. Mais… » Elle soutenait son regard en silence. Dans l’espoir que ce dernier termine sa phrase, néanmoins, il se contenta de poser un genou à terre. Ses larges mains parcouraient les cuisses de la policière, à ce contact des frissons lui parcoururent l’échine. Ivre de cette peau rugueuse et abimée par la violence en parfaite opposition avec ses cuisses bronzés et lisses. « Écoute, tu vas devoir te faire petite pendant un moment, d’accord ? » Genesis affichait un regard interloqué. Elle fronça ses sourcils et rétorqua calmement « Je ne suis pas l’une de ces old lady du club qui attend sagement. » Il n’y avait ni colère, ni mépris, simplement un rappel de la femme qu’elle avait toujours été. Alors, elle continua, posant délicatement sa main sur la joue du biker, elle souffla du bout des lèvres « Je ne veux pas disputer avec toi, mais je ne peux rester sans rien faire, je ne veux certainement pas que tu risques ta vie aveuglement. On peut au moins faire ça ensemble pour Priam? » Cette fois - ci la brune souriait telle une mère prête à tout pour protéger son fils. Ses doigts caressant la joue piquante du biker s’arrêtèrent sur les ridules qui entourait l’extrémité de son oeil. Ses iris se noyant dans celles de Rickon, elle caressait le creux formé par le temps sur cette peau. « C’est après vous que ce type en a ? Ou après toi ? Dis moi ce que tu sais s’il te plaît, je me fiche de ta violence, je me fiche des cadavres que tu laisses derrière toi. Je me fiche de tout ça Rick, qu’importe ce que tu as fait ou ce que le club a fait je ne t’en voudrais jamais. » Sa voix tremblait. Sa sincérité était douloureux car elle était mise à nue face à un homme qui avait dès à présent le pouvoir de la casser en deux de l’intérieur. Alors, elle colla son front contre celui de Rickon, posant chacune de ses mains sur les joues du biker. Laissant ses lèvres frôler celles du père de son fils tout en s’interdisant de lui voler un baiser. Elle en avait perdu le droit. « S’il te plaît parles moi. » Murmurait - elle tandis que son coeur vacillait au rythme de la pluie.
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MessageSujet: Re: Hurts Like Hell ◊ genri chapitre II. Lun 20 Nov - 13:20

 

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Rickon & Genesis

« C’est à ce moment qu’elle la vit. Juste derrière elle. Cette fois aucune illusion d’optique, aucune crise de fatigue. Une ombre humaine se reflétait dans la glace. Haute et massive. Juste derrière le rideau de douche. Sans aucun doute possible. À moins d’un mètre d’elle.»
La nuit n’avait jamais cessé de les envelopper dans un tourment sans fin. Depuis leur première rencontre, depuis qu’il avait posé les yeux sur elle, plus rien n’avait jamais été pareil. Parce que ce soir là, sous ce clair de lune quasiment absent, Rickon Tragger s’était fait la promesse de prendre soin de cette petite fille au regard vide, au sang glacé, mais à la force indomptable. Il l’avait aimé, de tout son corps, de toute son âme, comme jamais on ne peut autant aimer. Mais ce dont il ne savait pas, c’est que cet amour allait le poursuivre sa vie toute entière. Et la voir, là comme ça, vulnérable, allongée au fond de ce canapé miteux en cherchant vainement à se faire la plus petite possible, ça le rendait dingue. Dingue au point de devoir penser régulièrement à relâcher sa mâchoire sans cesse contractée, dingue au point d’élaborer la pire torture qu’il allait infliger au type ayant eu le cran de poser les poings sur elle, dingue au point d’en avoir mal au cœur. Et puis il y avait désormais un autre enjeu. Priam. Leur fils, ce petit garçon d’à peine 3 ans. Rickon n’avait jamais voulu d’enfant pour la simple et bonne raison que son monde représentait tout ce dont il y avait de plus pourri pour voir s’épanouir un petit être. Mais il était là. Par accident ou non, Priam réunissait en un seul et même corps ce que Genesis et Rickon représentaient. Certainement avait-il leur force, leur courage, leur conviction avec laquelle ils dépeignaient ce monde, et pour tout ça, il se devait d’être ce père dont Priam avait besoin. Oui, il se devait au moins d’essayer.

La proximité avec laquelle il se trouvait être prêt de Genesis ne cessait de faire tambouriner son appareil cardiaque contre sa paroi thoracique. Ca avait toujours plus ou moins provoqué cette réaction en lui lorsque la jeune femme ne se trouvait qu’à quelques mètre. Cependant, le simple fait de poser ses yeux azures sur son visage tuméfié ne faisait qu’augmenter les battements de son cœur. Oh comme il aurait voulu la posséder, lui dire qu’elle n’avait plus rien à craindre avec lui à ses cotés. Quand bien même cela n’aurait été que mensonge. Parce que si la policière se trouvait être dans cet état, ce n’était ni plus ni moins que de sa faute. La faute de cette foutu conviction à ne pas vouloir voir le monde s’écrouler plus qu’il n’était en train de le faire. Gilliam et Rickon ont toujours été en accord sur un point : interdire tout trafic de drogue sur leur territoire. Quiconque en vendrait prenait en même temps le risque de voir s’abattre sur lui la rage des Hell’s Angels. Et il avait fallu qu’un groupe de jeunes se contre care des règles… Un seul mort. Et depuis, la vengeance de ceux qui détiennent ce cartel ne cesserait tant que Rickon ne serait pas six pieds sous terre. Pour le moment, un cartel bien trop organisé pour avoir le nom de celui qui détient les reines. Mais le Président n’avait pas dit son dernier mot.  « Je ne suis pas l’une de ces old lady du club qui attend sagement. » La voix douce de Genesis le ramena à l’instant présent. Bien sûr qu’elle n’était pas une de ceux qui agit passivement. Bien sûr qu’elle n’attendra pas sagement que Rickon règle cette sale affaire. Ca en avait toujours été ainsi. Pourquoi aujourd’hui serait différent ?

Le contact de la paume de la jeune femme sur sa joue l’apaisa. Et le Biker réalisa qu’en réalité, sans elle, il n’était qu’à moitié vivant. Se levant chaque jour dans l’unique but d’approvisionner un corps qui ne fonctionne que par automatisme. Mais là, la voir ici, vivante, réclamant son corps autant que lui la réclamait. Ca n’avait pas de prix. « Je ne veux pas disputer avec toi, mais je ne peux rester sans rien faire, je ne veux certainement pas que tu risques ta vie aveuglement. On peut au moins faire ça ensemble pour Priam ? » Un rire faux lui échappa. En temps normal le ton aurait monté, tout deux auraient très certainement débattu leur vision des choses avec hargne. Mais pas ce soir. Ce soir le Blondinet se contenta d’un simple constat. « Ce que tu ne réalises pas, c’est que Priam et toi êtes en train de risquer votre vie aveuglément au moment même où tu as décidé de venir ici avec le petit. » Et pourtant, il ne parvenait pas à les renvoyer du garage. Sans doute agissait-il de nouveau par pur égoïsme. Et ça, ça le brisait. De l’intérieur, à petit feu. Mettre en danger leur vie au profit de son simple plaisir. Quel homme admirable il faisait. « C’est après vous que ce type en a ? Ou après toi ? Dis moi ce que tu sais s’il te plaît, je me fiche de ta violence, je me fiche des cadavres que tu laisses derrière toi. Je me fiche de tout ça Rick, qu’importe ce que tu as fait ou ce que le club a fait je ne t’en voudrais jamais. » Genesis était proche. Beaucoup trop proche de lui. Pourtant elle ne tenta rien qui puisse entraver sa décision de les tenir à l’écart de sa vie. Et pour ça, malgré l’envie déroutante qu’il pouvait sentir émaner de la jeune femme, il lui en voulait. Ses mains s’agrippèrent à ses cuisses comme si elles tenaient là, leur seule bouée de sauvetage en ce monde. « S’il te plaît parles moi. » Contre toute attente, il ne résista pas bien longtemps. Après tout, la vie de Priam était désormais en jeu, non ?  « Un cartel de drogue… A donné ordre à des gamins de vendre une marchandise colossale en peu de temps. Jack m’a averti… » Les lèvres de la jeune femme ne se trouvaient plus qu’à quelques centimètres des siennes. La reine des glaces venaient d’entamer une partie à laquelle tous deux étaient incapables d’y mettre un terme. « J’ai foncé. Tu sais combien que le club déteste ça. Sauf qu’ils ont ouvert le feu dès qu’ils ont entendu nos motos. Un prospect a été blessé à la jambe, j’ai dégainé dès que j’ai entendu le tir… On a fait disparaitre le corps. C’était un immigré, sans papier. Personne ne le rechercha. Le cartel a pas du apprécier… Quelques jours plus tard la fusillade a eu lieu. Et tu connais la suite… » A mesure que l’image de Jack s’imposait à son esprit, ses doigts renforcèrent leur pression sur le corps de la jeune femme, il ne devait pas craquer ce soir, non Rickon l’avait déjà bien trop fait. Et malgré la colère, malgré la tristesse qui prenait de plus en plus place en lui, l’envie ne cessait d’augmenter. Les yeux fermés, il jouait également avec toutes les parties de son corps qui ne faisaient que réclamer la brune : son souffle saccadé et puissant, ses ongles qui martyrisaient cette pauvre peau douce et délicate, ses lèvres qui dansaient aux grés de celles de Genesis. « Gen… Ils ont forcés de pauvres gamins à vendre pour leur compte au péril de leur vie. Je n’imagine même pas s’ils refusent de le faire… On ne peut pas les laisser faire tu comprends.» Front contre front, l’image du monde qu’ils avaient toujours tant détesté l’un l’autre, était à son apogée ce soir là. Ses enfants n’avaient rien de demandé à la vie pour en finir là, et quand bien même cela était de leur propre initiative, Rickon était persuadé qu’il pouvait leur montrer un monde meilleur dans lequel ils pourraient s’épanouir. Du moins, l’espérait-il. 
 
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MessageSujet: Re: Hurts Like Hell ◊ genri chapitre II. Lun 20 Nov - 22:58


Hurts like hell
Rickon & Genesis

« C’est à ce moment qu’elle la vit. Juste derrière elle. Cette fois aucune illusion d’optique, aucune crise de fatigue. Une ombre humaine se reflétait dans la glace. Haute et massive. Juste derrière le rideau de douche. Sans aucun doute possible. À moins d’un mètre d’elle.»
L’image qu’elle avait de Rickon et elle était celle de deux enfants du chaos tentant l’un et l’autre de survivre au milieu de la pénombre. Lorsqu’elle rêvait d’eux, elle se voyait de dos marchant nues pieds sur un chemin sombre parsemé de ronces. Lui, était toujours au bout, qu’importe le temps qu’elle mettait, il était présent. Encore aujourd’hui, cette vision était vraie. Il était là, plus vivant que jamais le torse se soulevant au rythme de sa respiration saccadée, couvert d’un manteau de cuir qu’elle avait toujours pris plaisir à admirer. Ces deux êtres étaient tout aussi semblables qu’ils étaient différents. Et chaque jour un peu plus le petit Priam représentait ce doux mélange. Il était un peu d’elle dans sa perspicacité et sa langue bien pendu. Il était de lui pour cette force protectrice, cette bonté si pure qu’elle en était incompréhensible pour le monde. Physiquement aussi, l’enfant était un doux mélanges des origines sudistes de la policière à celles blanches du biker. Il avait les yeux de son père. C’était ce qu’elle s’était dit lorsque les médecins avaient déposés ce petit garçon dans le creux de ses bras. Priam avait définitivement les iris azures perçantes que l’homme qui faisait pression sur ses cuisses. Des yeux qui l’enivraient de plus en plus au fil des secondes. Telle une damnée, elle savourait chaque seconde, chaque petit moment où elle pouvait lire dans les prunelles de Rickon l’amour passionnel, déchirant, presque malsain qu’il éprouvait pour elle. Ils ne s’étaient jamais dit ce « je t’aime » classique qui concluait une relation. Jamais avec des mots simples, toujours avec des hurlements ou des silences lourds de sens. Telle était la relation de Rickon et Genesis. Le langage corporel était leur propre dialectique. Ainsi, lorsqu’il enlaça un peu plus ses cuisses, elle comprenait aisément la douleur qui se logeait et se gangrenait dans le coeur du biker. Celle d’une reviviscence traumatique parmi tant d’autres, différente cependant car ici il s’agissait d’un homme qui les avait tous les deux guidés parmi les vivants. Eux, ces enfants du chaos abandonnés par la vie.

« Un cartel de drogue… A donné ordre à des gamins de vendre une marchandise colossale en peu de temps. Jack m’a averti… »  Genesis ne quittait pas une seule seconde le regard du blond, au fil des mots qui défilaient, elle caressait du bout des doigts cette peau qui cachait des cicatrices encore vives. Elle - même ressentait ce poids douloureux contre sa poitrine. Perdre Jack avait été une fatalité, l’horreur parmi les horreurs, chaque matin elle s’attendait à voir l’homme aux larges cicatrices passer jovialement le pas de sa porte. Et chaque jour, c’était avec la même déception qu’elle se souvenait qu’en fait il n’était plus. Elle le savait, mieux que personne certainement, Rickon éprouvait la même chose. Alors, elle l’écoutait attentivement. « J’ai foncé. Tu sais combien que le club déteste ça. Sauf qu’ils ont ouvert le feu dès qu’ils ont entendu nos motos. Un prospect a été blessé à la jambe, j’ai dégainé dès que j’ai entendu le tir… On a fait disparaitre le corps. C’était un immigré, sans papier. Personne ne le rechercha. Le cartel a pas du apprécier… Quelques jours plus tard la fusillade a eu lieu. Et tu connais la suite… » Au fil du récit, Genesis pouvait sentir la lèvre du biker qui tremblait légèrement d’émotions. Il s’agissait d’un signe discret, pudique. Celui d’un homme meurtris et blessé. D’un lion que les braconniers avaient torturés et abandonnés. Il s’agissait de la souffrance de son rickon qui se mêlait savoureusement à la sienne,  à l’image du souffle de sa propre respiration qui s’unissait avec celui du hors la loi. Elle supporta la douleur des ongles du biker qui s’enfonçait dans sa chair. Ce geste ne fit que la rendre encore plus vivante. Elle aurait aimé dévorer ce qu’il était à cet instant afin d’inhaler sa douleur. Alors, elle laissa tomber l’une de ses mains sur le dos de celle de Rickon, caressant ses phalanges tout en continuant de son autre main à border la peau de son visage. « Jack est décédé. » Soufflait - elle sans aucune rancoeur. Ce n’était qu’un constat parmi d’autres. Jack était mort. Jamais plus il ne sourirait, jamais plus il ne pourrait enlacer Priam en éclatant de rires. Jamais plus il n’assisterait aux compétitions du petit garçon et jamais plus Genesis n’aurait le droit d’entendre ce fichu accent irlandais. La mort la privait du présent, néanmoins Genesis trouvait son lot de consolation dans cet instant tragique qu’elle partageait avec le père de son fils. Lui, était vivant et aussi égoïste que cela pouvait paraître elle en était heureuse. Douloureusement heureuse même.

L’éclot de sa culpabilité n’était rien comparée à ce qui rongeait le biker tel le venin d’un serpent qui parcourait ses veines. « Gen… Ils ont forcés de pauvres gamins à vendre pour leur compte au péril de leur vie. Je n’imagine même pas s’ils refusent de le faire… On ne peut pas les laisser faire tu comprends.» En réalité elle ne comprenait pas. « Pas vraiment. » Elle ne pouvait comprendre que ces hommes, ce club de détestés de la société avait une âme aussi pure que le cristal et il aurait été plus simple pour elle que de haïr ces hommes s’ils n’avaient pas été sa propre famille. Elle ne pouvait comprendre que l’homme qu’elle aimait ne pourrait jamais délaissé ses idéaux. Néanmoins, elle - même n’en éprouvait pas nécessairement le désir car Rickon sans idéaux n’était qu’une vaste coquille vide. Sans doute n’en serait - elle jamais tombée éperdument amoureuse s’il n’avait pas été ce jeune garçon épris de la liberté d’être ce qu’il était. Sans doute ne l’aurait - elle jamais aimé s’il n’avait pas su trouver les gestes pour la faire parler. Sans doutes ne l’aimerait - elle plus si elle s’était rendu compte qu’il n’était plus cet idiot dont elle mourrait d’embrasser et de consoler. Car même s’il avait l’apparence d’une bête sauvage, tout ce qu’elle voyait ici et maintenant c’était un homme à genou et au coeur totalement émiettée. Elle désirait du plus profond de son être recoller les morceaux comme lui - même l’avait si bien fait avec le sien.

Alors lentement elle laissa son corps rejoindre celui du biker. Elle - même à genou au sol, elle entoura ses bras autour de sa nuque, logeant cette large tête dans le creux de son cou. Ses doigts glissèrent dans les cheveux du blond. Ils étaient épais. Comme dans ses lointains souvenirs. « Ce que je comprends c’est que tu t’en veux pour Jack. Et s’il y a bien une personne qu’on ne devrait pas blâmer sur cette terre pour sa mort c’est bien toi. » Dans une gestuelle stéréotypée, ses doigts parcouraient le crâne du biker et terminaient inlassablement leur course contre la nuque de ce dernier. A cet instant, elle se fichait bien de tous les mots horribles qu’ils s’étaient jetés au visage, elle se fichait bien qu’il ne la rejette et blesse sa fierté. Elle se fichait bien de cette fichue agression.Et même s’il la frappait lui - même pour la faire fuir elle ne désirait rien d’autres que cela. Ce corps contre le sien, ce coeur large et généreux qu’elle pouvait entendre chanter contre sa propre peau. Entendait - il le sien ? Est - ce qu’il entendait la douce symphonie du coeur épris de Genesis ? Elle l’ignorait. « Ce que je comprends c’est que tu es un idiot et que Rebekah a bien raison de te le répéter en boucle parce que tu crois toujours que tu peux changer le monde et sauver tout le monde par tes propres moyens. Et je me demande qui tu vas laisser te sauver toi ? Ces enfants ont une triste vie, comme ces filles que je retrouve chaque jour mutilée. Il y a des gens qu’on ne peut pas sauver Rickon c’est ton fils qui m’a appris cette règle importante. » Lentement, elle se dégagea de l’étreinte qu’elle avait engagé, elle se retrouvait à présent les fesses sur le sol, jambes pliées sous ses genoux. Genesis prit une grande inspiration. « Qu’importe qui sont ces tueurs ou ce cartel. Je n’ai pas peur, même si je fuyais loin d’ici ils s’en prendraient à toi ou à moi après tout je suis la nièce de Jack. Ils n’ont pas eu besoin d’attendre ton autorisation pour s’introduire chez moi. Je ne vais pas attendre la leur pour les réduire en cendre.  Priam est ma priorité et je ne peux laisser ces individus dans la nature en sachant cela. » Pudiquement, elle replaça ses longues mèches de cheveux noirs derrière ses oreilles. La pointe de son index se logea vivement contre le torse du biker qui lui faisait face. « Et toi t’as intérêt à rester bien en vie. Parce que…parce que… » Elle fit revenir sa main contre sa poitrine. « Même si tu dois encore me détester pour ce que j’ai fait et bien moi je suis égoïstement heureuse que tu t’en sois sortit vivant de cette fusillade. » Parce qu’elle ne pouvait imaginer un monde sans Rickon. Elle ne pouvait imaginer une terre continuant de tourner autour d’elle - même, un soleil se lever chaque matin, une lune apparaître dans le ciel s’il n’y avait plus de Rickon Tragger. « Tu crois qu’un jour on arrêtera de se faire du mal l’un l’autre ? » Questionnait - elle naïvement, attrapant le verre dans lequel le whisky reluisait, un verre qu’elle fit tourner sur lui - même songeuse à cette réponse.
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Hurts Like Hell ◊ genri chapitre II.

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