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Un poire chocolat s'il vous plait !

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MessageSujet: Un poire chocolat s'il vous plait ! Sam 13 Mai - 20:12

- Un poire chocolat s'il vous plait ! -
With@Belle-Jû Mand




Mon index parcourait doucement la page 314 de mon manuel d'histoire à la vaine recherche de la réponse à la question trois de ma fiche. Mes yeux sautaient parfois quelques paragraphes puis se reposaient sur un autre. De temps en temps, il m'arrivait de lever les yeux vers le cadran de ma montre à l'affût des dernières secondes qui allaient me délivrer pour un long weekend de cet enfer scolaire.

RIIINNG.

Autour de moi, un brouhaha monstre se mit à résonner. Tous mes camarades de classe rangèrent rapidement leurs affaires tout en discutant vivement les uns avec les autres et se précipitèrent vers la sortie, leur sac à dos accroché à leur épaule. Moi, je pris mon temps, ne souhaitant pas comme à mon habitude, m'insérer à cette effervescence post weekend. Je rangeai mes affaires délicatement au fond de ma sacoche en cuir noire, déposa sur le sommet de ma tête un béret que ma tante m'avait fait cadeau à ma sortie de l'hôpital puis quitta la salle de classe en saluant mon professeur.
Dans les couloirs, pleins de petits groupes d'élèves s’agglutinaient de part et d'autres du lycée. Tête baissée, je regardai mes pieds et traversai rapidement l'établissement avant de le quitter par la sortie de derrière comme tous les jours.

Le lycée était de loin l'endroit que j'aimais le moins. A ma sortie de l'hôpital, rien que de savoir que j'allais être amenée à me retrouver ici me retournait l'estomac. Ma tante l'avait bien vu et ne cessait de me répéter que cette fois-ci tout allait bien aller. Je l'avais cru car j'ai toujours eu une très grande confiance en elle. Mais il s'était avéré qu'il lui arrivait à elle aussi de se tromper. Car même après plusieurs semaines passer au lycée, les choses n'étaient pas plus différentes qu'elles ne les étaient avant mon admission à l'hôpital. Les gens étaient toujours les mêmes, trop préoccupés par leurs petits nombrils. Mais je ne leur en voulais pas. Finalement, je pensais que cela aurait été encore pire si ils s'étaient soudainement intéressés à ma personne. Me connaissant, j'aurais rougi par l'attention qu'ils m'auraient porté et aurais bredouillé des choses plus ou moins compréhensibles.
Pourtant je savais que j'étais capable de me faire des amis. Bizarrement à l'hôpital, j'ai réussi à m'en être fait. Il y avait eu Ciara, Dash, Jody et puis Leo. Il m'arrivait souvent de penser à lui, même si j'en avais horreur. Il devait être encore à l'hôpital. L'une des infirmières qui me soignaient, m'en avait touché deux mots que j'étais allée la voir il y a deux semaines de cela. Une rechute. Apparemment un autre cancer s'était manifesté. J'ai dû me faire violence pour ne pas aller le voir en sortant de la séance avec la psy. Mais ma fierté m'empêchait d'aller le retrouver. Finalement, c'était de sa faute si nous nous étions séparés. Jamais je ne pourrais lui pardonner sa trahison. Je lui faisais tellement confiance. Et au fond de moi, je savais qu'il était préférable pour lui que je me tienne loin de lui. Il devait se concentrer sur sa guérison. Je savais par expérience à quel point il peut être difficile de se pencher sur sa bonne santé quand dans votre esprit, vous ne cessez de penser à une personne. C'est ainsi que je préférai attendre qu'il fasse lui-même le premier pas. Après tout, c'était à lui de le faire pas vrai ?

En arrivant près du quartier d'Echo Park, je m'arrêtai en plein milieu d'un carrefour, regardant tout autour de moi. Je réajustai ma sacoche sur mon épaule, réfléchissant à ce que je souhaitais faire. Le temps était au rendez-vous et ma tante n'allait pas être à la maison avant une bonne heure ce qui me laissait pas mal de temps libre. Je pris donc à gauche et m'insérai dans les premières ruelles du quartier vintage de la ville.
Dans ma balade, je savais exactement où mes jambes m'emmenaient. C'était un lieu dans lequel je m'aventurais assez souvent ces dernières semaines, bien que j'ai en horreur ce type de lieu. Mais faire des choses que je redoutais, faisait partie de ma nouvelle thérapie. Mes psychologues m'avaient beaucoup conseillé ce type d'expériences et même si la plupart du temps, je n'arrivais pas à aller jusqu'au bout des choses, j'avais remarqué que ma tolérance augmentait au fil du temps.
La première fois que j'étais entrée dans cette boulangerie, je n'y étais restée à peine deux minutes avant de tourner les talons, nauséeuse comme jamais. La seconde fois, j'y étais restée un peu plus longtemps et regardais les différents produits que la boutique proposait. Et ainsi de suite.
Depuis quelques temps maintenant, je parvenais même à passer commande. En début de semaine, j'avais commandé un croissant que j'avais même réussi à grignoter un peu. Vous ne pouvez pas imaginez à quel point j'étais fière de moi après ça.

En arrivant devant la vitrine, je poussai les portes de la boulangerie et entrai tranquillement. Une odeur de viennoiserie s'engouffra aussitôt dans mes poumons et je pris quelques minutes à calmer mon esprit. Quand mon tour vint, je commandai un macaron poire chocolat. Je ne savais absolument pas quel goût cela pouvait avoir mais la plupart du temps, je choisissais plus en fonction de l'esthétique qu'autre chose. Je le pris, le réglai et allai m'asseoir sur l'une des chaises misent à disposition des clients. Je posai mon sac sur mes genoux et commençai à ouvrir le sachet qui contenait mon macaron. Quand mes yeux se posèrent sur lui, je n'arrivai plus à les détacher. Préoccupée par le nombre de calories que ce gâteau contenait, je le regardai avec une telle intensité que mon esprit était absolument coupé du monde qui m'entourait. J'entamai un premier contact en touchant la surface dur du macaron et constatai aussitôt qu'il était beaucoup moins gras que le croissant que j'avais commandé lundi ce qui me soulageai beaucoup. Néanmoins, je ne pus m'empêcher de frictionner mes doigts entre eux par reflex.
Je ne savais pas combien de temps j'étais restée là à observer mon macaron. Cinq minutes, peut-être plus. Tout ce que je savais, c'était que j'étais bien trop préoccupée par ma commande que par ce qui se passait autour de moi.
Finalement, je tentai un premier pas, croquant un bout minuscule de mon macaron. Le goût de la poire et du chocolat embauma aussitôt ma bouche. Mon esprit quant à lui, ne pensait plus qu'à un mot : calories. Je réussis tout de même à avaler ma bouchée et prise dans ma lancée, essayai encore une fois. Juste histoire de faire mieux que la dernière fois.
Au bout du compte, je finis par manger un peu moins de la moitié du macaron. Bien que plutôt fière de moi, je ressentais tout de même une terrible envie de me laver les mains et les dents. Non, en fait de me laver toute entière mais l'envie de me faire vomir n'était pas aussi forte qu'elle ne l'avait  été il y avait encore quelques mois.
Rapportant ma sacoche sur mon épaule, je pris entre les mains les restes du macaron puis sortit dehors en saluant la vendeuse. Sur le trottoir de la rue, je me dirigeai directement vers la poubelle qui se situait à quelques mètres de l'entrée de la boulangerie et jetai les restes de mon quatre heure quand tout d'un coup, une personne m'interpella.
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MessageSujet: Re: Un poire chocolat s'il vous plait ! Dim 14 Mai - 22:31

Le soleil s’infiltre entre les hauts bâtiments, parvient à caresser de ses rayons les pavés du trottoir, se refléter dans la petite vitrine de mon petit magasin, que j’observe, depuis l’extérieur, voulant vérifier la devanture. Est-elle assez attirante ? Visible ? Jolie ? Attire-t-elle le regard ? Donne-t-elle envie de venir gouter ? Acheter ? De s’asseoir sur l’un des hauts tabouret et de grignoter ?


Le visage incliné, j’observe, adossée à un mur, le va et vient des passants, les quelques clients qui poussent la porte. Un tricot de laine sur les bras, jeans, baskets et tp, je regarde leur lente file, leur lente danse. Puis arrive cette adolescente… sans doute un peu plus jeune que moi… oh… pas tant...mais plus jeune. Ce n’est pas sa première visite, mais son manège est intrigant. Elle achète. S4installe…

Qu’a-t-elle choisi ? D’ici, je ne peux le deviner…

Elle ne reste pas longtemps,que quelques minutes, avant de quitter le petit salon, d’un pas précipité, comme si le Satan et une cohorte de démons s’étaient lancés à ses trousses.
Cette fois, ce n’est pas un croissant qu’elle jette. C’est plus petit, plus coloré… un macaron, sans doute. Une meringue, peut-être…

Et elle la jette.

Je ne sais pas comment je traverse si vite la route, la distance qui nous sépare, je me retrouve à côté d’elle et demande, faussement intriguée :

« C’est si mauvais, ce qu’ils vendent ? »

Je me suis levée à trois heures du matin pour commencer à cuisiner, pétrir le pain, battre les blancs en neige, préparer glaçages et crèmes, macarons et éclairs et…
Et je sais que je ne fais rien de très élaboré.
Rien d’exceptionnel.
Pas de feuilles d’or, pas de rubans de sucre…
Mais ce que je fais… j’y mets de l’effort, j’y mets du temps…
De la passion, de la solitude, de la joie, de la tristesse.

Et … Elle jette tout ça.
Elle a le droit de ne pas aimer.

J’ai le droit d’avoir mal en y pensant.
D’être blessée, irritée…

D’avoir envie de l’étrangler.

De le cacher sous un sourire, sous une fausse politesse, une curiosité feinte et un sourire un peu crispé.

@Hannah Goldberg
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MessageSujet: Re: Un poire chocolat s'il vous plait ! Lun 15 Mai - 14:25

- Un poire chocolat s'il vous plait ! -
With@Belle-Jû Mand




Une voix derrière mon dos résonne. Je me retourne et aperçois mon interlocutrice. Son joli visage ne me dit rien, il ne me semble pas l'avoir déjà rencontré. Pourtant sa question résonne dans mon esprit et me rend soudainement nerveuse. Comme un enfant piquant des bonbons prit sur le vif.
Elle n'est pas la première à me faire ce type de remarques et le temps a beau passé, je n'arrive pas à m'y faire. Leur interrogation à mon sujet me fait toujours sentir coupable et j'ai horreur de ça. C'est comme la fois où nous fêtions l'anniversaire de mon père au restaurant avec ma mère et que le serveur n'avait cessé de faire des remarques sur toutes les assiettes que j'avais laissé pleine durant la totalité du repas. A la fin, il avait même intimé à mon père un "Je ne sais pas si j'ai le droit de vous faire payer un menu qui n'a pas été mangé". Mon père s'était énervé, l'avait payé avant que nous partions tous du restaurant. La fin de soirée avait été catastrophique.

Je souris timidement à mon interlocutrice et sent mes joues s'empourprer légèrement quand je prends enfin la parole.

- Non, je n'avais pas plus faim que cela voilà tout.

Gênée, je baisse le regard. Mentir est devenu comme une seconde nature pour moi. Au fil du temps, j'ai appris à manier cet art auprès de mes parents, leur cachant mon véritable poids et ma difficile relation à la nourriture. Transformer la réalité est une manière de se dissimuler, de se protéger des autres et des regards qu'ils nous lancent. Et aussi un peu de soi. Mais j'ai beau l'utiliser dans mon quotidien, mentir est une chose dont j'ai horreur. C'est comme si je me moquais des autres mais aussi de moi. Pourtant, il arrive qu'on n'a pas le choix. Imaginez une seconde que je lui dise la vérité. Quel regard portera-t-elle sur moi à la fin ? Il m'est arrivé plusieurs fois de prendre ce risque et la plupart du temps, les gens me questionnaient sur cette maladie qu'ils pensaient ne pas en être une. Les jours suivant étaient souvent terribles pour moi.

Je relève enfin mon menton et attends la réponse de mon interlocutrice. Maintenant que je la regarde mieux, son visage me rappelle vaguement quelque chose. Peut-être l'ai-je déjà croisé ? Je n'arrive absolument pas à mon souvenir pourtant.
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