Poster un nouveau sujetPartagez|

remember that every good friend was once a stranger. (christy)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
❉ i can't see you but I know you're there
avatar
i can't see you but I know you're there

all these memories seem so old


Voir le profil de l'utilisateur
your wildest dreams
›› Los Angeles since : 24/02/2017
›› Love letters written : 114
›› It's crazy, I look like : garrett hedlund
family don't end with blood
MessageSujet: remember that every good friend was once a stranger. (christy) Lun 20 Mar - 17:21

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Remember that every good friend was once a stranger

(fillette)
christy palmer and liam caldwell
Friendship means understanding, not agreement. It means forgiveness, not forgetting. It means the memories last, even if contact is lost.


Liam s’arrêta un instant devant l’entrée du petit restaurant, fixant l’enseigne sans réussir à retenir son soupir. Il connaissait cet endroit par cœur, pour y être déjà venu des dizaines et des dizaines de fois. Même depuis qu’il était rentré, il était déjà passé devant. Par hasard quand en courant le matin son chemin passait devant ; mais plusieurs fois il s’était retrouvé là, hésitant avant de finalement faire demi-tour. Il trouvait d’ailleurs ses hésitations complètement ridicules et pourtant il l’avait fait plus d’une fois. Peut-être qu’il était temps de passer à autre chose. Le faire à l’autre bout du monde n’était pas très compliqué. Ses pensées étaient déjà bien assez occupées pour qu’il arrive à mettre de côté ce sujet. A un certain stade, c’était même une question de survie. Presque un peu naïvement, il avait cru qu’en rentrant chez lui ce serait pareil. Que cela ne changerait rien. Mais finalement, le jeune homme aurait dû s’en douter. Rentrer signifiait aussi retrouver ses habitudes et tout ce qui faisait que la vie à Los Angeles était bien plus douce et agréable que n’importe quel pays qu’il avait pu traverser ces dernières années. Mais rentrer sans pouvoir retrouver toutes ses habitudes n’était pas aussi palpitant que cela l’avait été. Il lui manquait quelque chose. Quelqu’un. Liam pouvait bien essayer de faire croire ce qu’il voulait à qui il voulait, se mentir à lui-même ne marchait pas bien longtemps. Elle lui manquait. Elle, autant que le temps qu’ils avaient l’habitude de passer ensemble. Rentrer chez lui sans retrouver sa présence, ses mauvaises blagues et ses sourires, c’était complètement différent. Et si Liam n’avait rien contre le changement, il avait définitivement du mal à s’habituer à celui là. Alors plus d’une fois, il avait hésité. Aller la voir. Essayer de lui parler. Lui envoyer un message. Même s’il avait bien vite renoncé à cette dernière idée parce que la connaissant, elle l’aurait probablement tué dans l’heure qui suivait pour avoir osé penser qu’un message était une bonne idée. Mais à chaque fois qu’il s’était retrouvé devant le restaurant, il n’était jamais rentré. Il se souvenait encore trop bien de son visage ce jour-là. Ses traits tirés par la tristesse et sans doute aussi un peu la colère. Elle s’était envolée en un quart de seconde et avait été complètement sourde à ses appels. Il aurait pu la rattraper, il le savait. Et ce jour-là, il avait même failli le faire. Mais à quoi bon, finalement… Lui faire encore plus de mal parce que ce qu’il avait à lui dire était bien loin de ce qu’elle avait envie d’entendre. Il pensait qu’elle comprendrait. Elle avait toujours compris. Elle arrivait toujours à voir le côté positif des choses, même s’il ne devait y en avoir qu’un seul. Sauf ce jour-là et Liam ne pouvait pas lui en vouloir. Peut-être que c’était de sa faute. A ne pas vouloir la blesser et l’inquiéter trop longtemps avant, il avait fait trainer les choses. Jusqu’à ce que ce ne soit plus possible. Mais il ne pouvait rester comme cela indéfiniment. A se demander s’il y avait une quelconque chance pour qu’il retrouve sa meilleure amie un jour. Il avait affronté des dizaines d’hommes et de situations bien plus dangereuses que celle que représentait passer la porte de ce fichu restaurant pour aller lui parler. Il était soldat depuis assez longtemps pour savoir ce que le courage pouvait représenter. Pour savoir comment il s’exprimait. Mais non… Une simple porte et l’idée qu’elle ne veuille même pas lui parler l’empêchait d’avancer. Cependant s’il voulait crever l’abcès, il n’y avait qu’un seul moyen. C’était lui qui était parti, c’était sûrement à lui de faire le premier pas. Quand bien même ses sœurs avaient vendu la mèche sur son retour, il la connaissait assez bien pour savoir qu’elle ne viendrait pas. Pas après tout ce qu’il s’était passé entre eux. Mais Liam n’arrivait pas à s’y résigner. Pas encore. Un nouveau soupir s’échappa de la barrière de ses lèvres. Qu’il y aille maintenant ou un autre jour, cela ne changerait absolument rien de toute façon. En passant la porte, ses yeux firent le tour du restaurant constatant que rien, ou presque, n’avait changé. Son regard glissa ensuite sur les deux serveuses près du comptoir sans reconnaitre une silhouette familière et il eut presque envie d’en profiter pour faire demi-tour. Tant qu’elle ne le voyait pas, il pouvait encore s’échapper. Bravo le courage du militaire. Mais Liam continua tout de même à avancer, s’installant à la table qui faisait le coin de la salle, malgré le peu de clients qui s’y pressaient en plein milieu d’après-midi. Une des serveuses s’approcha de lui et Liam leva la tête, esquissant un sourire. « Je vais prendre du café, s’il vous plait. » Elle hocha la tête et s’apprêtait à repartir avant que le jeune homme ne la rattrape. Les idées de dernière minute n’était pas toujours les meilleures, mais il n’avait que celle là alors il ferait avec. « Attendez ! Est-ce que vous pourriez dire à Christy que j’aimerais des pancakes avec des bananes, des framboises, des pistaches et de la sauce au chocolat ? » La serveuse lui adressa un regard étrange qui l’aurait, sans aucun doute, fait rire si c’était à un autre moment. « Dites-lui simplement. S’il vous plait. » Il lui adressa un sourire en espérant que ce soit suffisant pour qu’elle accepte de transmettre son message. Il la vit disparaitre derrière une porte et passa une main dans ses cheveux. Quelle idée, il avait eu de venir jusqu’ici. Mais c’était cela ou accepter de dire adieu à sa meilleure amie et ça, il n’en avait pas envie.
Revenir en haut Aller en bas
❉ i can't see you but I know you're there
avatar
i can't see you but I know you're there

all these memories seem so old


Voir le profil de l'utilisateur
your wildest dreams
›› Los Angeles since : 05/02/2017
›› Love letters written : 57
›› It's crazy, I look like : Emilia Clarke
family don't end with blood

♡ A DROP IN THE OCEAN
›› Relationships :
MessageSujet: Re: remember that every good friend was once a stranger. (christy) Dim 9 Avr - 14:59

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Remember that every good friend was once a stranger

(banane)
christy palmer and liam caldwell
Friendship means understanding, not agreement. It means forgiveness, not forgetting. It means the memories last, even if contact is lost.


Combien de fois avait-elle regardé par-dessus le comptoir pour regarder en direction de la rue ? Combien de fois avait-elle pensé que sa silhouette se dessinerait aux abords de l’angle ou bien que son visage apparaît tel une évidence de l’autre côté de la porte vitrée du restaurant ? La jeune fille ne comptait plus ses coups d’œil, ni même les fois où elle s’était retournée après son service alors qu’une voix masculine fendait l’air plus loin et osait lui faire croire en un fantôme du passé. Et à chaque fois le résultat en était le même. Il n’y avait personne ou seulement des visages inconnus devant lesquels elle se heurtait et à qui elle affichait son sourire le plus jovial, comme d’habitude. Et puis, elle terminait ce petit manège, en baissant son regard et en continuant sa route. Victime de ses propres douleurs, désireuse de s’en défaire pour ré endosser le rôle de cette grande sœur à la force inébranlable. Son sourire finissait toujours par lui revenir. Il suffisait, par exemple, qu’elle compose le numéro de l’une de ses sœurs et que les intonations des voix de ces dernières ne commencent à peine à chanter de l’autre côté du combiné, pour que tout redevienne comme avant. Enfin, pas tout à fait. Disons qu’elle essayait de faire en sorte que tout redevienne comme avant. Christy pensait même réussir dans ce domaine, laissant croire à ses proches qu’elle allait bien et que l’espoir demeurait intact. Il fallait qu’il en soit ainsi. Pour Isabella surtout et pour Anastasia aussi. Toutes les deux méritaient que quelqu’un y croit pour elles et que cette personne tienne à garder un rôle heureux, souriant et d’autant plus fier de ses convictions à mesure que la vie avançait et se plaisait à mettre en exergue des épreuves difficiles pour chacun. Le départ d’Anastasia avait été difficile, douloureux même, mais pourtant il paraissait moindre en comparaison de cette douleur qui avait saisi l’aînée des Palmer lorsqu’on lui avait appris que les jours d’Isabella étaient comptés. Le pardon s’était alors dévoilé comme le meilleur des remèdes, peut être même le restait-il encore aujourd’hui ? Puisqu’il avait permis un mieux pour la santé de la plus jeune, laissant de côté cette frayeur des plus fatales pour permettre un meilleur retour à la normale. Tant bien même que la normalité n’était pas encore acquise complètement, il n’en restait pas moins que le sourire perçait, que ses yeux rieurs survivaient et ce même si son cœur n’était plus entier depuis quelques temps déjà. Personne n’avait osé lui poser des questions à ce sujet. Tous avaient su reconnaître de la peine et surtout cette absence qui restait encore aujourd’hui. Pourtant Christy souriait toujours. Elle se plaisait à le faire et à l’échanger dès que les occasions se présentaient. Elle l’avait même offert à la sœur de son meilleur ami lorsqu’elle l’avait appelé ce jour là et quand elle avait appris de son retour. Dans un autre temps, Christy en aurait été la première informée et se serait empressée d’établir des plans pour leurs retrouvailles. Il aurait juste eu le temps de poser un pied sur le sol que déjà, elle l’aurait entraîné jusqu’à la plage pour qu’ils s’y promènent comme lorsqu’ils étaient plus jeunes, après quoi, ils auraient été rendre visite à sa petite sœur, et auraient terminé leur petit rituel derrière cette bonne assiette remplie de gourmandises. Ils en auraient profité tout simplement tout comme ils auraient continué à le faire les jours d’après jusqu’à son nouveau départ pour la caserne. Hélas, tout ceci faisait parti du passé. Un passé dans lequel Christy aimait se réfugier lorsque l’occasion s’y prêtait ou tout simplement lorsqu’elle en ressentait le besoin. Et à chaque fois qu’elle y accédait, son sourire s’effaçait pour laisser place à des remords, ceux qui avaient eu raison de leur amitié et qui les avaient probablement séparés pour toujours. Peut-être qu’en remontant le temps, il aurait mieux valut effacer cette histoire ? Ainsi ils seraient toujours ensemble et n’en seraient que plus heureux. Pourtant Christy ne voulait pas se défaire de ce souvenir là. Tant ce qu’elle avait ressenti lui avait parût chargé d’énormément de conviction et de bonheur. Une part d’elle avait ressassé cet instant, le vivant à nouveau en changeant quelques uns des détails, juste pour qu’il comprenne enfin qu’elle n’avait jamais voulu son mal. Une part d’elle savait pourtant qu’il l’avait admis, puisqu’il l’avait rappelé plusieurs fois, mais trop entêtée la jeune fille n’avait pas répondu. A quoi bon ? Ils se seraient probablement disputés et ce n’était pas la meilleure chose à faire alors qu’il devait se concentrer sur sa carrière. Son métier était assez difficile comme cela pour qu’elle ne lui en rajoute une couche de plus. Au lieu de cela, Christy avait décidé d’ignorer, d’accepter le choix qu’il avait fait depuis qu’il était tout petit. Tant est si bien qu’elle s’était convaincue que s’effacer serait la meilleure chose qui aurait pu arriver à Liam. Très certainement à tort d’ailleurs. Car plus les jours étaient passés et plus son absence lui était difficile. Beaucoup auraient pu croire que le temps aurait eu raison de cette douleur, Christy en avait été la première à le croire d’ailleurs. Mais elle s’était complètement leurrer sur le sujet. Au lieu de s’estomper, ce mal ne faisait que grandir, les jours suivaient les autres comme les grains de sable se déversaient dans le sablier, mais son absence était toujours considérable. Plusieurs fois elle avait repris son téléphone et s’était empressée de chercher le contact de son meilleur ami pour l’appeler. Mais dès que la question de savoir sur quel sujet allait porter leur conversation arrivait devant elle, la serveuse se contentait d’éteindre son écran et de fourrer son téléphone dans le fond de son sac. Autant l’avouer, elle craignait Liam et que tout ce qu’ils avaient pu vivre ne devienne que des débris d’un vase qui venait à peine de se briser en mille morceaux. Chose qu’elle ne voulait pas. Sa force n’était pas aussi grande que tous osaient bien le croire, puisqu’il lui suffisait de songer à cela pour que son sourire s’évapore et que ses yeux prennent un air attristé et déçu. Etre heureuse pour les autres s’avérait être une option beaucoup plus facile que celle d’avoir à affronter ses propres peines. Voilà pourquoi, alors que sa collègue l’appelait pour la deuxième fois, Christy donnait tout l’air de revenir son terre et d’offrir un de ses plus beaux sourires alors que son fantôme s’envolait tout juste. « J’y vais, excuse moi … Je m’étais encore perdue dans les étoiles. » Un rire pareil au tintement du cristal contre la roche s’échappa d’entre ses lèvres dans le même temps qu’elle défaisait le nœud de son tablier. Une pause ne serait pas de refus et parviendrait surement à lui permettre de reprendre une meilleure contenance. Un nouveau sourire marqua la complicité qui unissait les deux collègues. Depuis le temps, elles connaissaient à toutes ses connaître et Christy ne ratait jamais une occasion d’en apprendre un peu plus sur les autres. « Bon courage et à toute à l’heure. » De son ton enjoué, la serveuse s’en alla du côté des cuisines et commanda à ses autres collègues de quoi se restaurer pendant sa pause. Elle échangea avec eux quelques banalités, des sujets de conversation mettant en avant les divers programmes télévisés qu’ils suivaient ou simplement des informations concernant leurs prochains services et leurs horaires. Et dix minutes plus tard, elle s’en alla dans l’arrière boutique, dans cette salle réservée au personnel. Bien sûr, elle ne tarda pas à retrouver son téléphone portable et à envoyer un message à Isabella afin de prendre de ses nouvelles. Christy avait pris l’habitude de le faire depuis cet épisode. Et au moment où elle envoya son message, ses doigts défilèrent inconsciemment vers un nouveau contact, le sien. L’habitude aurait fait qu’elle lui aurait envoyé un message à lui aussi pour savoir si ils auraient pu se voir après son service, elle lui aurait surement proposé une soirée chez elle pour qu’ils regardent cette série qu’ils connaissaient par cœur mais qu’ils se plaisaient à redécouvrir à chaque fois qu’il était en permission. Mais malheureusement ce temps était révolu. Ses lèvres se pincèrent et la jeune fille finit par éteindre à nouveau son écran de téléphone avant de le retourner sur la table pour commencer à manger. Elle se tourmentait pour rien, elle le savait. Elle connaissait assez Liam pour savoir qu’il ne s’ennuierait pas. Probablement qu’ils organiseraient une soirée cinéma avec Janae et les jumelles s’inviteraient. Ils seraient ensemble et son meilleur ami ne verrait surement pas le temps passer, comme à chaque fois qu’il revenait ici en permission. Instinctivement, la tête de Christy se mit à se secouer d’une manière négative alors qu’un sourire moqueur trahissait ce qu’elle ratait. Ce passé lui manquait, il n’y avait aucun doute la dessus. Mais pourtant, ce n’était pas à elle de retourner vers lui. Elle avait arraché son cœur juste sous ses yeux et lui avait tendu pour qu’il le chérisse, elle l’aurait attendue à chaque fois qu’il aurait repris l’avion, l’aurait surement sermonné de ne pas faire assez attention, mais à chaque fois elle aurait été heureuse de pouvoir partager ne serait-ce qu’un instant de plus avec lui. Mais au lieu de cela, il lui avait planté une lame dans le cœur et avait fait naître en elle ce sentiment de culpabilité qui la rongeait à mesure qu’elle prenait conscience de sa naïveté. Et tout avait changé depuis lors. Même le goût des gaufres et du coulis de chocolat était différent. Même le soleil pourtant si chaud ne donnait plus l’impression de la réchauffer non plus. Tout demeurait terne et austère, voilà pourquoi il fallait qu’elle réussisse à l’embellir un peu. C’était ce qu’elle espérait réaliser en tout cas. Son regard se redressa au moment où la porte devant elle donna l’impression de s’ouvrir, laissant ainsi entrevoir sa collègue de toute à l’heure. La bouche pleine, Christy ne manqua pas de lui adresser un sourire pareil à ceux des enfants. « S’cuse mais y a un client qui vient de me dire qu’il fallait que tu lui serves des pancakes avec des framboises, des pistaches, du coulis de chocolat et… » Petit à petit le sourire de Christy se perdait, laissant place à une stupeur négative sur son visage. « Raaa j’arrive pas à me souvenir l’autre truc, mais c’était aussi improbable que tout le reste…. » Ses yeux se froncèrent et elle avala en vitesse ce qu’elle avait dans la bouche avant de s’éclaircir la gorge. « Hum… des bananes ? » Son cœur était en train de lui donner l’impression de s’être complètement arrêté. « Oui c’est ça !!! Des bananes !!! C’est quoi ce mélange ? Tu le connais ? » L’aînée des Palmer donna l’impression de laisser perdre son regard dans le vague. Alors qu’elle ne savait même plus comment s’effectuait le cycle d’inspiration et d’expiration au moment où le cheminement entre la commande et la personne qui la désirait s’effectuait. « Christy ? ça va ? T’es blanche… » La voix qu’elle entendait lui paraissait lointaine alors qu’elle fermait ses yeux pour essayer de comprendre ce qui était en train de se passer. Liam était ici et il venait de demander à la voir. Déjà toutes les émotions commençaient à s’emmêler ne lui laissant pas d’occasion de reconnaître laquelle était mise en avant. Ce ne fut que lorsqu’elle sentit la main de sa collègue sur la sienne, qu’elle se mit à la regarder et à prendre conscience qu’elle lui faisait peur. « ça va t’inquiète pas. Je vais m’en occuper, je le connais. » Aucun sourire ne s’immisça cette fois, seuls ses sourcils se mirent à se froncer à mesure qu’elle se levait et qu’elle se dirigeait vers les cuisines pour demander des pancakes. Silencieuse, elle effectua les tâches prévues à l’effet d’une bonne préparation d’une commande. Elle n’était qu’une employée et refuser de servir aurait pu lui porter préjudice, elle le savait très bien. Elle aurait même pu croire que couper les bananes l’aurait apaisé ne serait ce qu’un peu. Mais au lieu de cela, elle sentait sa colère se raviver, celle du fait de cette injustice dont elle avait été victime quand il avait agit comme il l’avait fait. « Il a demandé un café aussi. » «Tu peux lui servir, j’arrive. » D’ordinaire Christy ne parlait jamais sur un ton aussi sévère et encore moins autoritaire. Et cela eut le don de l’énerver davantage alors qu’elle notait les divers regards échangés entre le cuisinier et sa collègue. Cette dernière partit la première et Christy s’enquit de faire le tour de l’autre côté de manière à faire quelques pas de plus sans avoir à se retrouver face au regard de son meilleur ami. L’assiette en main, elle inspira fortement en fermant les yeux avant de souffler et de pousser enfin cette porte qui la menait tout droit vers la salle de service. Et à peine avait-elle effectué quelques pas qu’elle reconnut sa silhouette. Cette dernière lui donna envie de faire demi-tour afin de s’enfermer derrière et ne plus le voir. Elle n’était pas prête, du moins pas encore et cette confrontation ne lui plaisait pas. Pourtant il y avait cet autre sentiment qui était heureux de le voir ici et qui n’attendait qu’une chose : qu’ils se sourient l’un l’autre pour se retrouver. Mais trop aveuglé par la mauvaise partie, Christy se contenta de déposer l’assiette devant Liam avant de l’affubler d’une claque en plein visage et de tourner les talons pour repartir de l’endroit où elle était venue. Mais son corps en avait décidé autrement. Puisqu’à peine avait-elle tourné les talons que déjà elle s’arrêtait d’une manière nette et qu’elle formait des poings avec ses mains. Pourquoi l’avait-elle giflé ? Elle n’en savait fichtrement rien mais la colère qu’elle ressentait restait intacte malgré ce geste. Ou plutôt si, il l’avait mérité, quel culot il avait de venir ici après tout ce temps. Mais en même temps, il avait fait un pas en avant en venant la voir. Christy s’énervait tout seule à ne plus savoir quoi penser, ni même sur quel pied danser. Il était là voilà tout et c’était maintenant qu’elle devait faire son choix. Repartir et souffrir ou rester et voir ? Elle finit par souffler bruyamment et suivit le choix qui lui était le plus évident. Elle se retourna une nouvelle fois, donnant l’occasion à Liam de constater à quel point elle était une vraie girouette à cause de lui, et vint tirer la chaise devant lui afin de s’y installer sans pour autant oser le regarder. « T’as l’air en forme. » C’était un début comme un autre, même si le ton laissait nettement présager qu’elle était complètement perdue et énervée, il n’en restait pas moins qu’elle ne se voyait pas ailleurs qu’avec son meilleur ami. C’était évident qu’elle le choisirait toujours, peu importe le mal qu’il lui faisait, la colère qu’il éveillait en elle, Liam resterait à tout jamais sa Banane. « Je savais que tu étais de retour, Janae t’a vendu. » lui avoua t-elle en haussant ses épaules comme si engager la conversation de cette manière permettrait d’apaiser un peu les tensions. « Ca doit être la fête à la maison. » Elle ne le regardait toujours pas, elle n’y parvenait pas parce qu’elle savait qu’il lui en voulait de son geste et qu’il se retenait de partir. Est-ce qu’elle le retiendrait s’il le faisait ? Pour l’heure, Christy préférait attendre plutôt que tirer des conclusions, elle avait eu l’exemple de ce que cela engendrait une fois, elle ne voulait pas recommencer. « Je suppose que tu veux des nouvelles d’Isabella. Elle va mieux, elle ne va plus trop tarder à rentrer, tu pourras aller la voir chez mes parents, elle sera contente. » Ils avaient tant partagé depuis toutes ses années que l’évidence de parler de ses sœurs devenaient un échappatoire pour elle. Liam la connaissait par cœur elle aussi et savait pertinemment que ce sujet de conversation était également un moyen de lui laisser entrevoir que les autres Palmer comptaient sur lui, tout comme elle pouvait le réaliser même si elle lui en voulait.
Revenir en haut Aller en bas
❉ i can't see you but I know you're there
avatar
i can't see you but I know you're there

all these memories seem so old


Voir le profil de l'utilisateur
your wildest dreams
›› Los Angeles since : 24/02/2017
›› Love letters written : 114
›› It's crazy, I look like : garrett hedlund
family don't end with blood
MessageSujet: Re: remember that every good friend was once a stranger. (christy) Ven 19 Mai - 15:42

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Remember that every good friend was once a stranger

(fillette)
christy palmer and liam caldwell
Friendship means understanding, not agreement. It means forgiveness, not forgetting. It means the memories last, even if contact is lost.


Peut-être qu’il n’aurait jamais dû venir ? Ne jamais passer cette porte et essayer, tant bien que mal, de continuer sa vie. D’aller se balader sur la plage tout seul et de prévoir d’autres choses avec d’autres personnes. Finalement, la ville était bien assez grande pour qu’il ne la recroise pas. Pour qu’ils puissent vivre chacun de leur côté sans interférer dans la vie de l’autre. L’idée ne semblait pas si mauvaise, en fin de compte. Encore moins après le coup d’œil étrange que la serveuse lui avait lancé avant de disparaitre derrière la porte réservée au personnel. Peut-être qu’il n’était plus à sa place et que sa venue, aussi surprenante soit-elle, n’était pas forcément la bienvenue. Après tout, ils ne s’étaient pas vus depuis longtemps. Trop longtemps sûrement pour deux personnes, deux amis, qui avaient passé quasiment tout leur temps ensemble depuis leur huit ans. D’ailleurs, Liam n’avait jamais imaginé un seul instant que cela puisse se finir ainsi. Elle et lui ne se voyant plus. Ne se parlant même plus. A deux, ils avaient pourtant survécu à tout. A la mort de son père. A la maladie de la petite sœur de Christy. A leurs blagues pas drôles. Au lycée. Surtout au lycée. Ce moment où presque personne ne comprenait comment ils pouvaient être si proches, comment ils faisaient même pour être amis depuis si longtemps. Sans que rien n’ait changé. Mais eux ne s’étaient jamais posé ce genre de questions. Ils avaient grandi ensemble et Christy resterait toujours la fillette avec ses couettes brunes et ses collants maya l’abeille, râlant dans son coin avant d’éclater de rire la minute suivante. Et elle lui manquait. C’était sans doute cela qui l’avait poussé à venir jusqu’ici. Parce que malgré tout ce qu’il s’était passé, il ne pourrait pas effacer tous les souvenirs qu’ils avaient en commun. Tous les moments qu’ils avaient pu avoir ensemble. Pendant leur enfance, leur adolescence et même quand il rentrait, entre deux missions, et que la jeune femme prenait très à cœur sa propre mission de lui changer les idées. Cela avait toujours été quasiment impossible de l’arrêter quand elle avait une idée en tête. Alors il la laissait faire, se contentant de soupirer une ou deux fois ou de lever les yeux au ciel pour lui montrer qu’elle n’avait pas besoin d’en faire autant. Bien sûr, parler à un sourd aurait eu le même effet mais… au moins il avait essayé. Il ne pouvait même pas lui en vouloir parce qu’il savait qu’elle faisait tout cela pour lui et parce qu’elle en avait envie. Dans la catégorie personne qui pense aux autres avant de penser à soi-même, elle était la plus grande championne et le jeune homme doutait même de voir quelqu’un arriver à la détrôner un jour. Sauf si elle arrêtait d’être elle-même. Comme cela allait sûrement être le cas face à lui. Parce qu’il l’avait blessé. Sans le vouloir, sans même le chercher mais le résultat était le même. Des années avaient beau être passées depuis, il continuait à voir son visage : son sourire s’effacer peu à peu de son visage, la lueur de malice qui habitait habituellement ses yeux s’évaporer ensuite doucement remplacée par un éclat de tristesse qu’il n’arrivait pas à oublier. Parce que c’était à cause de lui. Parce que c’était lui qui lui avait fait tout cela. C’était lui qu’elle avait fuit ensuite, sans se retourner malgré le nombre de fois où il avait essayé de l’appeler. Mais il ne pouvait pas la forcer et il ne le voulait pas non plus. Peut-être qu’il s’y était mal pris ce jour-là mais partir n’avait jamais été son choix. Où il l’avait été, bien des années avant, maintenant cela faisait simplement partie de son travail même si ça ne tombait pas toujours au bon moment. Même s’il ne savait pas toujours comment présenter les choses parce que pour lui cela semblait tellement évident. Il avait bien essayé de lui parler à nouveau. L’appelant quelques fois, lui envoyant des messages. Mais  à force de se confronter à son silence, Liam avait fini par abandonner. Si elle ne voulait plus lui parler, c’était son droit et lui n’avait qu’à… s’y faire. Alors peut-être, qu’effectivement, il n’aurait pas dû venir. Christy ne lui avait jamais répondu, ne lui avait plus envoyé un seul message depuis ce jour-là et quelque part cela voulait bien dire quelque chose. Liam en avait conscience, mais d’une certaine manière il refusait simplement de l’admettre. Parce que ce serait comme renier l’enfance qu’il avait passé avec elle et tout ce qui avait suivi. Il ne pouvait pas simplement faire comme si rien de tout cela n’avait existé, comme s’ils n’avaient jamais été amis et comme si elle ne lui manquait pas. Finalement c’était comme faire une dernière tentative. Au moins, il pourrait se dire qu’il avait essayé mais qu’il n’y avait plus rien à faire. Qu’il n’avait simplement pas correctement réagi ce jour-là et que depuis tout était déjà perdu. C’est d’ailleurs ce qu’il commençait à se dire alors que la serveuse revint vers lui, posant son café sur la table et lui jetant un regard encore plus étrange et interrogatif que le premier. Liam se contenta de la remercier sans rentrer dans son jeu. De toute évidence, Christy était là mais n’avait rien dit alors ce n’était pas lui qui allait balancer les informations comme ça. Il commençait à avoir l’habitude des histoires inventées, ses propres sœurs s’étaient adonnées à ce jeu alors une personne de plus ou de moins. Liam prit la tasse entre ses mains, buvant un peu de café comme si cela allait aider à faire passer le temps plus vite. Le silence de la serveuse ne l’avait pas aidé et il ne savait même pas s’il avait une chance de l’apercevoir ou pas. Mais la réponse à sa question arriva bien vite, en même temps que Christy, une assiette de pancake –qui en d’autres circonstances aurait été parfaite–  et une gifle, inattendue mais suffisamment forte pour que sa tête suive le mouvement sur quelques centimètres. Passant une main sur sa joue, Liam ignora les regards curieux des quelques clients présents et ses yeux se posèrent sur la silhouette de la jeune femme. Dos à lui, il imaginait sans mal qu’elle allait sans aller sans dire un mot mais elle s’arrêta. Le jeune homme serra les lèvres et sa main libre se resserra autour de la tasse. Cela lui apprendrait à faire le premier pas, tiens… Pour un tel remerciement, la prochaine fois il s’abstiendrait à coup sûr. Il avait déconné, il n’avait jamais cherché à le nier mais depuis lui, au moins, avait essayé de lui reparler. De renouer le contact. Ce qu’elle n’avait jamais prit la peine de faire et pourtant c’était encore lui qui en subissait les conséquences. Il savait que Christy était rancunière mais il n’avait jamais imaginé qu’elle puisse l’être autant avec lui. Mais cette fois-ci, il ne voyait pas ce qu’il pouvait faire de plus. Si elle se contentait de partir, comme ça, alors au moins il saurait à quoi s’en tenir. Peu importe la douleur que cela représenterait, au moins il saurait. Presque aussi étonnant que sa première réaction, elle se retourna à nouveau, fit quelques pas et s’installa sur la chaise en face de lui. Dans d’autres circonstances, le jeune homme aurait probablement pu en sourire. Ils ne s’étaient pas retrouvés dans la même pièce depuis bien longtemps, encore moins l’un en face de l’autre. Il haussa un sourcil, réprimant un rire moqueur parce que ce n’était sans doute pas le moment de se lancer dans ce genre de chose. « Ouais… J’ai connu pire. Mais je peux dire la même chose pour toi, je me souvenais pas que tu avais autant de force. » Dans ses souvenirs, il n’avait jamais eu à tester sa force non plus, cela dit. C’était bien la première fois qu’elle s’emportait ainsi contre lui et peut-être qu’il l’avait mérité mais ça ne rendait pas les choses plus faciles à vivre pour autant. En fait, s’il se contentait d’écouter son égo et sa propre rancœur, il attendrait le bon moment pour se lever et la laisser là, toute seule à cette table. Liam la connaissait assez pour savoir quel effet cela aurait sur elle. Il savait exactement quelle pensée traverserait son esprit. Mais l’un comme l’autre, ils en avaient déjà sûrement assez fait. Parce que partir à son tour signifiait tirer une croix définitive sur leur amitié, sur eux et cette idée là était bien pire qu’un égo un peu malmené. Le regard de Liam s’attarda sur elle, retrouvant les mêmes petits détails qu’il avait appris à connaitre, les mêmes airs passés sur son visage alors même qu’elle ne levait pas les yeux. « Ça ne m’étonne pas d’elle, elle n’a jamais su tenir sa langue. » finit-il par répondre doucement avant d’hausser les épaules à son tour, même si elle ne pouvait pas vraiment le voir. « Tu les connais, j’ai pas pu faire trois pas sans en avoir au moins une sur le dos. C’est toujours comme ça au début et puis au bout d’une semaine ou deux ça se calme, elles reprennent un peu leurs habitudes. Même si elles font toujours en sorte que j’sois pas trop loin. Cela dit, les jumelles ont grandi trop vite. » Il eut un léger sourire à la pensée de ses deux petites sœurs. Dans le fond, il ne savait pas vraiment pourquoi il lui racontait tout ça. Sans doute parce que parler de sa famille ou de celle de Christy était plus facile. Parce que pendant encore quelques minutes, ils pouvaient faire semblant et faire comme si un fossé ne s’était pas creusé entre eux. Mais l’illusion allait bien finir par s’estomper, tôt ou tard, et le retour à la réalité n’en serait que plus dur. « Tu dois être soulagée, non ? » Il savait combien ses sœurs comptaient pour elle. Au moins autant que les siennes ne comptaient pour lui. Et il avait toujours admiré Christy et la façon qu’elle avait eu de gérer, de tenir bon face à la maladie de sa petite sœur. Elle avait été plus forte que n’importe qui. « J’irais la voir, oui. » Il l’avait vu grandir alors il lui devait au moins ça à cette petite. Maintenant que le sujet famille, autrement le sujet échappatoire s’approchait de l’épuisement, Liam avait l’impression de redevenir un enfant. Le genre d’enfant qui ne savait jamais quoi dire, de peur de faire une bêtise. Un léger silence s’installa entre eux, ce qui normalement n’arrivait jamais. Pour s’occuper, il prit une gorgée de café, constatant qu’un ou deux curieux continuaient à les regarder du coin de l’œil ; attendant sûrement le prochain débordement et une nouvelle gifle. Posant sa tasse sur la table, Liam jeta un coup d’œil à sa meilleure amie. « Tu comptes regarder la table éternellement ? » Il n’avait pas pu s’en empêcher. La patience n’avait jamais été son point fort et ne le serait jamais, de toute évidence. De toute façon ils ne pouvaient pas rester, là, comme ça à s’observer mutuellement sans jamais se regarder et laisser le silence gagner. Un soupir passa la barrière des lèvres du jeune homme. Définitivement pas de patience. « Ecoute Christy, j’suis pas venu… Tu sais que je te forcerais pas à faire quelque chose que t’as pas envie de faire. Je voulais juste te voir et je m’étais dit que parler ne serait pas une si mauvaise idée. Mais peut-être que je me suis simplement trompé et qu’il n’y a plus grand-chose à dire… Alors, si tu veux pas, il suffit de le dire. Ou de rester silencieuse et je m’en vais… » Le regard de Liam se posa sur l’assiette de pancake qu’elle avait posé sur la table juste avant de laisser parler sa colère sur lui. Il la désigna d’un geste de la main avant de rajouter : « T’auras qu’à les manger… De toute façon, c’est toujours toi qui commençais. » Pour qu’elle puisse choisir le côté qui lui plaisait le plus et ensuite Liam ne l’entendait pas ronchonner parce qu’il avait plus de morceaux de bananes qu’elle. Une chose était certaine, sa meilleure amie allait lui manquer.
Revenir en haut Aller en bas
❉ i can't see you but I know you're there
avatar
i can't see you but I know you're there

all these memories seem so old


Voir le profil de l'utilisateur
your wildest dreams
›› Los Angeles since : 05/02/2017
›› Love letters written : 57
›› It's crazy, I look like : Emilia Clarke
family don't end with blood

♡ A DROP IN THE OCEAN
›› Relationships :
MessageSujet: Re: remember that every good friend was once a stranger. (christy) Ven 9 Juin - 10:10

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Remember that every good friend was once a stranger

(banane)
christy palmer and liam caldwell
Friendship means understanding, not agreement. It means forgiveness, not forgetting. It means the memories last, even if contact is lost.


Ce geste était-il libérateur ou accusait-il plutôt le coup d’un nouvel essor de culpabilité ? Cette vision était-elle apaisante ou engendrait-elle des l’avènement de nouveaux doutes ? Sa présence était-elle signe d’un renouveau ou avait-elle un arrière goût d’absence à affronter à nouveau ? Le tiraillement quant à cette confusion ne cessait de semer le doute dan l’esprit de la serveuse alors qu’elle n’avait jamais osé envisager un tel destin pour leur amitié. Eux, qui étaient toujours heureux de se retrouver afin de rire et de laisser de côté le monde pour quelques temps. Eux qui le reconstruisaient d’ailleurs à l’aide de blagues bien à part, de pancakes et de balades sur la plage. Eux, qui savaient se soutenir malgré la distance et qui n’avaient jamais laissé cette dernière être un prétexte pour les séparer. Jusqu’à ce jour là… Jusqu’à ce moment où il avait décidé qu’il devait en être ainsi sans même lui laisser le choix de le retenir. Une erreur qu’elle avait sans nul doute commise, un défaut qui lui manquait, tant sa témérité l’avait abandonné au détriment de cette tristesse qui avait eu raison d’elle. Tristesse ou rancœur. Les deux se confondaient pour lui laisser entrevoir un monde dans lequel sa naïveté n’était qu’une excuse de plus pour la plonger dans cette sorte de typhon sans fin. Une chute libre qui ne saurait jamais s’arrêter, du moins, pas tant qu’elle ne pourrait l’apercevoir pour une dernière fois encore. Ce goût d’inachevé l’avait saisi dans le même temps que la torpeur, dans laquelle elle s’enfermait, lui laissait appréhender un monde terne, ombragé, et désuet de toute cette joie qu’elle devait toujours renvoyer aux autres. A quoi bon le faire alors qu’elle était victime d’une peine à jamais consolé ? Plus les jours les séparaient et plus la douleur augmentait, de cette même manière que son manque ne disparaîtrait jamais. Son meilleur ami ne saurait jamais être oublié, l’idée même que cela puisse se faire un jour avait tendance à raviver les soubresauts de ses souvenirs afin de lui rappeler de l’impossibilité de l’acte. Liam était sa Banane, ce petit garçon qui lui avait tendu son stylo alors qu’on lui avait volé sa trousse, cet adolescent qui l’avait défendu une fois dans la cours de récré parce qu’on s’était moqué de son accoutrement bizarre, ce jeune homme qui l’avait soutenu lors de leurs premières beuveries, cet homme qui veillait à lui prouver que le monde n’était pas aussi difficile que ça et que même si ils étaient adultes, les soucis qu’ils vivaient n’étaient pas insurmontables. C’était lui qui, avait pu, forger sa force devant la maladie d’Isabella, devant les moqueries qu’elle avait pu entendre, devant ses rêves souvent idiots. Lui et pas un autre. Il n’y en aurait jamais un autre de toutes les manières. La difficulté de ces retrouvailles résidait dans le fait que la jeune fille ne savait plus sur quel pied danser. Devait-elle agir de manière à mettre en évidence qu’il y avait de l’espoir ? Ou au contraire devait-elle se protéger pour s’éviter une nouvelle déception à venir ? Son combat intérieur continuait, violentaient chacune de ses réponses à mesure que d’autres questions assaillaient son esprit, comme si, la solution n’était pas aussi facile que ce qu’elle aurait pu le croire. Sa vie ne ressemblait plus à rien depuis qu’il n’en faisait plus parti. Elle n’était que succession de faux semblants, d’enchaînements de révélations plus ou moins douloureuses, surtout douloureuses en fait. Puisque jamais Christy n’aurait pu croire entendre cette désignation de « dommage collatéral » de la part de sa jeune sœur. Cette expression lui avait forcément engendré de nouvelles vagues de questionnements. Si elle s’avérait être ainsi pour Anya, alors probablement qu’elle se présentait exactement sous la même forme pour son meilleur ami. Finalement, la serveuse ne voyait pas d’autre solution que celle là. Puisqu’elle n’avait pas pu le retenir, voire même, l’amener sur les prémices d’une conversation qui auraient peut être eu raison de tous ces doutes aujourd’hui. Apparemment sa défaite devait s’apparenter à cette désignation. Un dommage collatéral. Une erreur qu’on peut commettre sans état d’âme. Quelqu’un qu’on peut simplement oublier afin de mieux avancer. Les enseignements de son père prenaient une toute autre orientation, maintenant qu’elle avait pu être victime de cela. Maintenant, qu’elle était une adulte et que les responsabilités s’avéraient être toute autres que celles mettant en évidence la colère d’un parent ou d’une sœur parce qu’elle préférait passer du temps avec lui sur la plage à chercher des coquillages plutôt que rentrer pour faire ses devoirs. Tout cela donnait même l’impression de s’imprégner dans ses souvenirs tels des rêves qu’elle n’avait jamais connus. Pourtant, il s’agissait de cette réalité qu’elle espérait retrouver un jour ou du moins qu’elle espérait pouvoir apprendre à partager à nouveau avec son meilleur ami. Mais maintenant qu’elle était là, juste devant lui, capable de reconnaître sa silhouette entre mille, Christy ne savait plus ce qu’elle désirait vraiment. Son cœur tambourinaient des allures mettant en évidence des cadences arrêtées mais également plus vives. Les souvenirs se présentaient à nouveau sous ses yeux, lui permettant d’entrevoir à nouveau ce sourire satisfait devant lequel elle se confrontait à chaque fois qu’elle revenait avec son assiette dans les mains. Des échanges dans lesquels, ils façonnaient le monde à leur manière sans même se préoccuper de ce que les autres pourraient en penser. Des aventures qu’ils se plaisaient à raconter sans même les avoir vécues, juste pour permettre à l’un comme à l’autre de pouvoir rire de cette manière enjouée et sincère. Tout ceci lui manquait terriblement, tout comme sa voix tendait à lui manquer, son regard en faisait de même, sa présence toute entière lui était indispensable. Elle avait beau essayer de faire semblant, d’oser lui montrer qu’elle lui en voulait malgré tout, la culpabilité la rongeait déjà et lui ordonnait de faire demi tour pour s’installer face à lui. Un deuxième contact, qui, dévoilait bien là les intentions de renouveau ou plutôt de mise au point, nécessaire à ce qu’il adviendrait d’eux. Se confronter à son regard n’en devenait que plus difficile surtout alors qu’elle le connaissait assez pour savoir qu’il lui tiendrait rigueur de cette baffe à un moment donné ou à un autre. Mais la difficulté d’une telle confrontation résidait dans le fait qu’elle ne se sentait tout simplement pas prête de lire de la déception dans son regard. Ses yeux, qui, lui avaient déjà renvoyé cette image depuis leur dernière fois. Ce regard, qui l’avait hanté des nuits entières et qui continuait de le faire alors qu’elle ne savait plus très bien si elle devait lui en vouloir à lui ou si elle devait se rejeter l’entière faute sur elle. Jamais, ils n’avaient vécu une crise aussi douloureuse. Tant est si bien que ni lui ni elle, ne donnaient l’impression de savoir quel chemin ils devaient prendre pour essayer de s’en sortir. Puisque même s’ils agissaient ainsi, Christy se persuadait qu’ils étaient tous le deux sur ce même bateau et qu’ils voulaient simplement se sortir de ce naufrage inconstant et menaçant. La présence de Liam avait au moins le mérite de lui prouver qu’il avait fait tout ce chemin pour elle, ou plutôt pour eux, tout comme, elle était incapable à présent de se relever de sur sa chaise pour le laisser. Car cela signifierait la fin de ce tout qu’ils avaient toujours vécu et même si elle lui en voulait, la certitude de préserver leur amitié ne l’avait quitté. Le commentaire qu’il venait tout juste de laisser échapper aurait pu, dans un autre temps, être l’élément déclencheur de nouvelles complicités visant à se moquer gentiment l’un de l’autre. Mais pour l’heure, ce dernier revêtait des allures de réflexion qui montrait simplement à Christy son erreur commise. Pourtant, il restait là et même si elle percevait une pointe d’agacement dans la voix de son meilleur ami, il n’en restait pas moins qu’elle retrouvait derrière tout cela des intonations qui lui avaient manqué. Celles que lui seul pouvait endosser et qui veillait à lui rappeler de sa présence. Ne pipant mot, la serveuse se contenta de se mordre la langue pour éviter une quelconque remarque. Ce n’était pas le moment ou plutôt, le danger de le voir partir était encore trop grand pour oser laisser parler ses intentions à sa place. Alors l’échappatoire s’était avéré être la meilleure solution pour laisser de côté le geste. La famille devenait ce prétexte, qui veillait à leur prouver qu’ils pouvaient agir comme des adultes lui et elle. Des adultes qui, pourtant, ne pouvaient délaisser leurs rêves d’enfants. Le monde tel qu’ils l’avaient envisagé n’existait pas et ce même si certains détails auraient pu leur faire croire en ce meilleur qu’ils parviendraient à vivre. Un mieux où le père de Liam n’aurait jamais été enterré, où Isabella n’aurait jamais été malade, où Anastasia ne serait jamais partie pour ensuite les traiter de dommages collatéraux et où tous les deux seraient toujours ces meilleurs amis qu’ils savaient être. Malgré toutes les difficultés qui planaient autour de cette table, Christy parvint à esquisser un léger sourire devant le commentaire tenu par son meilleur ami. Sourire qui, la renvoyait vers un temps qui lui donnait des allures d’illusion et qui se perdait à mesure que la réalité la frappait à nouveau. « Tu sais Anastasia est maman alors je ne peux que te comprendre quand tu dis que les jumelles grandissent trop vite. » Son sourcil s’arqua en guise de commentaire silencieux, même si Christy était heureuse pour sa sœur, il n’en restait pas moins qu’une part d’elle culpabilisait encore de ce dessein. Le temps donnait l’air de se suspendre à mesure que ces quelques confidences témoignaient d’une complicité passée et d’autant plus renforcée par les détails qui s’en échappaient. C’était la première fois qu’on lui demandait ce qu’elle ressentait elle. Un signe qui lui prouvait encore à quel point son meilleur ami la connaissait. « Un peu oui, je me dis qu’on a évité le pire. » Son ton d’ordinaire enjoué donnait l’air de se confondre dans le silence en préparation alors qu’elle cherchait encore des prétextes pour essayer de repousser au plus loin la conversation à venir. Les craintes quant à ce qu’elle allait entendre grandissaient à mesure que les phrases se tarissaient et que les réponses n’en devenaient que plus simples et efficaces. Néanmoins, elle se rassurait à l’idée que son meilleur ami puisse aller rendre visite à sa plus jeune sœur. Cette dernière, qui, l’avait toujours apprécié à sa juste valeur elle aussi et qui avait plutôt tendance à le défendre lorsqu’il devenait un sujet de conversation entre elles. « Merci pour elle. » laissa t-elle échapper sur un ton complaisant avant de finalement s’enfermer dans ce mutisme qui ne donnait jamais l’air de la délaisser depuis. Ou plutôt, celui-là même qu’elle cachait devant tout le monde mais dont elle ne pouvait plus dissimuler devant lui. La panique donnait l’impression de les submerger ensemble, mettant en évidence un silence qu’ils ne connaissaient pas. Un laps de temps durant lequel, tous les deux donnaient l’impression de se perdre dans le temps, attendant patiemment que l’autre dise quelque chose pour se sortir de cette mauvaise situation. Liam céda le premier, victime de cette impatience qu’elle reconnut immédiatement et qui lui prouvait malgré tout qu’il tenait à elle d’une certaine façon. Instinctivement ses yeux se relevèrent pour affronter enfin les siens. Et dès lors qu’elle se confronta à cette expression, Christy n’eut d’autre choix que d’adopter la même en fronçant doucement ses sourcils. La colère la regagnait, elle la sentait déjà lui dicter des solutions quelque peu brutales, pourtant l’amitié combattait déjà et la contenait le plus fortement qu’elle pouvait le faire pour laisser le bénéfice du doute au jeune homme. La suite de son discours n’en fut que plus équivoque. Témoin de ce souvenir passé qu’ils auraient surement du adopter à cet instant précis plutôt que d’attendre chacun dans son coin. Il lui donnait toutes les bonnes raisons d’être énervé, pourtant elle pouvait aisément déceler le reste de son discours. Il ne voulait que son bien, elle aussi désirait le sien. Tous deux désiraient parler, restait à savoir si ce qu’ils avaient à se dire était une bonne ou une mauvaise chose. « Ecoute… je ne sais pas si je dois t’en vouloir ou passer au dessus. J’ai pas arrêté de retourner la situation dans tous les sens et j’ai rien trouvé comme solution. Tu sais que j’ai jamais voulu que ton bien à toi aussi et je ne te forcerai jamais à rien non plus. Je sais juste que mon meilleur ami me manque, que c’est difficile tous les jours de faire sans et que je me sens seule face à tout ça. Mais est-ce que je peux faire autrement ? » Les mots lui avaient échappé comme si elle avait attendu ce moment depuis des années, alors que la réalité était complètement différente. Christy n’avait pas pu retenir ses pensées surtout devant le désir de Liam de parler. « Si t’as la solution, je t’écoute volontiers mais en attendant je suis désolée mais je peux pas faire semblant avec toi. Avec les autres c’est une chose mais toi c’est différent. » Ses yeux se dérobèrent pour regarder en direction de l’assiette qu’il faisait glisser devant elle et le commentaire qui s’en suivit eu raison de ce calme qu’elle essayait de contenir. « Tu voulais parler, on parle. » Malgré le froideur de ses dires, Christy ne plaçait pas un mot plus haut que l’autre, même si l’envie était bien présente. Au contraire, l’amitié prenait le dessus sur tout le reste et alors qu’elle remontait son regard pour affronter celui du soldat, elle marqua un instant de pause durant lequel elle essayait de lire quelque chose, autre que l’impatience qui le guettait. « Et toi alors ? Comment tu prends tout ça ? » Elle ne savait plus très bien comment elle en était arrivée là, mais le terme dommage collatéral hantait son esprit de manière à la faire paniquer. Est-ce qu’elle entendrait pendant cette conversation aussi ? Si tel était le cas, la jeune fille n’était pas certaine de se contenir et partirait probablement de son côté. Elle en avait assez d’être cette chose, d’être ce prétexte, elle désirait être simplement une personne comme eux l’étaient pour elle. « Ne prends pas tout ça comme l’occasion de dire que je ne veux pas, s’il te plait. Parce que je ne l’ai jamais dis et c’est pas non plus mon intention. » Elle préférait que les choses soient claires entre eux, si son meilleur ami partait maintenant, il en était le seul responsable pas elle. Pas alors qu’elle lui avait avoué ouvertement qu’il lui manquait et qu’elle ne savait pas comment faire sans lui.
Revenir en haut Aller en bas
❉ i can't see you but I know you're there
avatar
i can't see you but I know you're there

all these memories seem so old


Voir le profil de l'utilisateur
your wildest dreams
›› Los Angeles since : 24/02/2017
›› Love letters written : 114
›› It's crazy, I look like : garrett hedlund
family don't end with blood
MessageSujet: Re: remember that every good friend was once a stranger. (christy) Ven 4 Aoû - 16:18

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Remember that every good friend was once a stranger

(fillette)
christy palmer and liam caldwell
Friendship means understanding, not agreement. It means forgiveness, not forgetting. It means the memories last, even if contact is lost.


Passant une main sur sa joue, Liam évita soigneusement les têtes des petits curieux tournées dans sa direction. Dans leur direction. Depuis le moment où il avait prit la décision d’entrer, de passer cette  porte, son esprit n’avait pas cessé de tourner. Imaginant des dizaines et des dizaines de possibilité, de la plus sympathique à la plus dramatique. Il pensait même avoir fait le tour. Mais à croire qu’il était loin de la réalité et peut-être que ces années passées dans des pays étrangers l’en avait éloigné. A moins que ce soit que lui qui ait changé ? Ou elle ? A moins que ce soit simplement lui qui se soit trompé et le jeune homme était à peu près certain que c’était le cas. Il savait bien qu’il l’avait blessé, personne n’avait besoin de le lui rappeler, il ne se souvenait que trop bien de son regard douloureux et blessé quand il lui avait dit qu’il ne pouvait pas rester. Mais contrairement à ce que l’on pouvait penser, cela n’avait pas été une partie de plaisir pour lui non plus. Il était retourné sur la base, entouré de sable et d’ennemis alors que la seule personne à laquelle il arrivait à penser, c’était elle. Sa meilleure amie, sa fillette. Qui ne voulait plus lui parler et qui avait ignoré volontairement ou non toutes ses tentatives d’appel. Ils avaient passé des années dans un silence commun et dans le fond c’était sûrement la dernière chose qu’ils partageaient aujourd’hui. Ça et quelques souvenirs qui refusaient de s’en aller, continuant à tourner inlassablement devant ses yeux. Après tout ce temps, il aurait certainement pu se faire une raison. Rentrer chez lui comme il l’avait déjà fait au cours de permission plus courte. Essayer de ne pas y penser et passer du temps avec ses sœurs et ses amis. Changer les habitudes aurait été compliqué mais pas impossible. Mais pour y parvenir encore fallait-il le vouloir et ça Liam en était sûrement bien loin. Même si après la gifle qu’il venait de recevoir en guise d’accueil et de bonjour, il commençait déjà à regretter son geste. A regretter sa venue. Elle avait des tas de raison de lui en vouloir et il n’avait jamais été assez naïf pour croire qu’elle se contenterait de lui sourire et de le serrer dans ses bras comme elle le faisait avant. Mais le jeune homme semblait tout de même avoir sous-estimé sa colère envers lui, et sa déception surtout. Si pendant toutes ces années, on ne lui avait pas appris à gérer et à faire profil bas lorsque c’était nécessaire, Liam serait sûrement déjà parti. Blessé mais trop fier pour l’admettre et pour le montrer. Pourtant, il savait bien qu’il n’y avait qu’une seule personne à qui il n’aurait pas réussi à cacher cela. A celle-là même qui lui tournait le dos et il imaginait sans trop de mal ce qui devait se jouer dans sa tête en ce moment. Une part d’elle presque soulagée et l’autre qui s’en voulait déjà et qui ne savait plus quoi faire. Un peu comme lui, finalement. Alors il était resté assis là, attendant qu’elle prenne une décision. Il avait eu assez d’espoir pour venir jusqu’ici, pour essayer de lui parler mais il ne pouvait pas la forcer. Il ne le ferait même pas parce qu’il la respectait trop pour ça. Depuis la dernière fois où ils s’étaient vus, le jeune homme avait toujours eu du mal à penser à elle d’une autre façon que celle dont il l’avait toujours fait. Peu importe ce qu’il s’était passé, ce qu’il avait fait comme connerie, dans un coin de son esprit elle restait sa meilleure amie. Celle en qui il avait eu le plus confiance ces dernières années, sa famille mise à part. Celle à qui il n’avait jamais rien caché et celle qui avait toujours été là pour lui. Dans les pires moments comme dans les meilleurs. C’était sans aucun doute pour cela qu’il n’avait toujours pas réussi à abandonner. Qu’il voulait tenter une dernière fois. Si elle préférait s’en aller sans un mot, le jeune homme n’irait pas la chercher. Il ne la retiendrait même pas. Il la laisserait faire et, au moins, maintenant saurait à quoi s’en tenir que cela lui convienne ou non. Il n’aurait plus à se demander ce qu’il se serait passé s’il avait essayé de la voir une dernière fois. Est-ce qu’elle aurait accepté ? Est-ce qu’elle se serait contentée de lui jeter un coup d’œil avant de continuer sa vie ? Lui aurait fait ce qu’il pouvait et d’une manière ou d’une autre il finirait par apprendre et accepter de vivre sans elle. Il l’avait déjà fait en mission, être à Los Angeles ne devrait rien y changer. Rien mis à part que c’était là que tout avait commencé et que tout avait fini. Il finirait sans doute par s’y faire, peu importe la difficulté mais pourtant ce n’était pas l’idée qu’il avait envie d’envisager. Sinon pourquoi aurait-il pu presque soupirer de soulagement en la voyant de se retourner et s’installer en face de lui ? Elle n’était pas partie, c’était déjà une étape mais le plus dur était encore à venir. Trouver quoi dire sans finir par se taper dessus au beau milieu du café où elle travaillait et autant avouer que ça commençait plutôt mal. Le jeune homme n’avait pas pu retenir sa réponse, frottant sa joue dans le même mouvement. La surprise l’avait sûrement plus touché que sa force mais dorénavant il était certain d’une chose : elle pouvait parfaitement se débrouiller toute seule. Christy ne rajouta rien et finalement cela valait sûrement mieux. Il valait sans doute mieux cela plutôt qu’essayer d’avoir raison. D’autant qu’il y avait fort à parier que son geste reviendrait dans la conversation à un moment ou un autre. Plus mal à l’aise qu’il ne l’avait jamais été en sa compagnie, Liam lui était reconnaissant d’avoir trouvé in sujet de conversation. Au moins pour commencer. Après tout, il ne se voyait pas lui parler de tout ça alors que la moitié des clients avait encore les yeux braqués sur eux en attendant, sûrement, qu’il se passe autre chose. Le temps que tout ce petit monde se lasse, leurs sœurs respectives pouvaient être une bonne alternative. Liam n’était même pas étonnée que la sienne ait vendu son retour, encore moins qu’elle l’ait fait auprès de la jeune femme. D’une manière ou d’une autre, ils avaient tous grandi ensemble et il savait parfaitement que Janae adorait Christy, et que la réciproque était vraie. Elle n’avait juste jamais compris ce qu’il s’était passé entre eux et comment ils en étaient arrivés là  parce que Liam ne lui en avait jamais parlé. Et il savait bien que le jour où son ainée l’apprendrait, ce serait sa fête. Mais est-ce qu’il pouvait vraiment lui donner tort ? Entre elle et les jumelles qui n’avaient plus rien des petites filles qu’il avait connu, son retour n’était pas aussi calme qu’il aurait pu l’être. A l’évocation de la petite sœur de Christy, le jeune homme releva les yeux, surpris. C’est qu’il en avait loupé des choses… « T’es sérieux ? Maman ? » Il réussit à retenir ses yeux de se lever vers le ciel devant la bêtise de sa question. Il ne voyait pas vraiment pourquoi elle s’amuserait à lui dire quelque chose comme ça, si ce n’était pas vrai. « Sur ce coup-là, tu gagnes. » Après tout, Carly et Kayla se contentaient d’être des jeunes filles de vingt-cinq qui profitaient de la vie et il était passé par là alors il était plutôt mal passé pour leur dire quoi que ce soit. Mais aucune des deux ne l’avait jamais appelé pour ce genre de nouvelle. Et heureusement, d’ailleurs ! « C’est une sacrée nouvelle…  Comment est-ce que… ça se passe ? » demanda-t-il finalement. Liam releva les yeux en direction de la jeune femme, cherchant un quelconque indice sur son visage de la façon dont elle avait pris les choses. Protectrice comme elle l’était envers ses sœurs, il ne pouvait qu’imaginer ce qui était passé dans son esprit au moment où elle avait appris la nouvelle et il regrettait déjà de ne pas avoir été là pour elle. Ne serait-ce que par téléphone comme ils le faisaient avant. Entre une petite sœur maman et la deuxième à l’hôpital, il ne savait même pas comment elle avait réussi à tenir tout ce temps. Mais au moins pour l’une d’entre elles, le pire était derrière et Liam ne pouvait que comprendre ce qu’elle ressentait. Il avait été là au début. Même un peu ensuite lorsqu’il rentrait et de savoir que la cadette de la famille Palmer allait enfin pouvoir quitter l’hôpital ne pouvait être qu’une bonne nouvelle. « J’imagine et puis ça va aller, maintenant. » C’était tout ce qu’il lui souhaitait. Autant pour Isabella que pour sa meilleure amie, qui, si elle l’avait pu ce serait certainement trouvé un endroit pour se cacher. Le coin des lèvres du jeune homme s’étirèrent en un léger sourire quand elle remercia pour quelque chose qu’il n’avait même pas encore fait. Aller voir sa petite sœur ne lui demandait pas beaucoup d’effort. Il l’avait vu grandir. Il avait passé des heures à l’embêter comme il embêtait ses propres sœurs et il l’avait trouvé bien plus forte que n’importe quelle personne pour affronter ces épreuves. Il lui devait au moins ça, même s’il était persuadé qu’elle était capable de le remercier elle-même, en admettant qu’il y ait quelque chose à remercier dans sa démarche. S’ils n’avaient pas passé les dernières minutes à s’échanger quelques mots tout en prenant soin d’éviter parfaitement le regard de l’autre, tout aurait pu être normal. Ou presque. Cependant la réalité de leur situation était bien là et elle les rattrapait dès qu’elle le pouvait, les obligeant à oublier le moindre moment de répit qu’ils pensaient avoir. Malgré leurs voix faibles, ils avaient au moins réussi à se parler, comme ils ne l’avaient plus fait depuis bien longtemps. Mais si discuter de leurs sœurs pouvait être une échappatoire pendant quelques instants, il n’y avait que dans un rêve que cette solution aurait pu durer. A présent, ils avaient retrouvé leur silence caractéristique de ces dernières années alors qu’auparavant c’était un mot qu’il ne connaissait même pas. Christy laissait son regard voyager un peu partout sauf dans sa direction et Liam donnait l’impression de chercher la solution au fond de sa tasse de café, ou bien d’essayer de se noyer avec selon le point de vue. Le jeune homme céda le premier, comme à son habitude. Pourtant il savait être patient, parfois, dans certaines circonstances. Mais plus les secondes s’égrenaient dans leur silence gêné, plus il avait l’impression de la voir s’éloigner. Encore un peu plus à chaque fois et c’était bien la dernière chose qu’il avait envie de vivre. Ce n’était pas vraiment pour assister à cela qu’il avait pris son courage de militaire à deux mains et qu’il était venu. Même s’il y avait sûrement mieux comme entrée en matière que celle qu’il avait choisi. Mais on ne pouvait pas être impatient et doué. Pourtant Christy releva les yeux et pour la première fois depuis un moment, son regard croisa ses yeux bleus. Avec le temps il avait appris à déchiffrer tout ce qui passait dans ses yeux mais de la colère envers lui, c’était nouveau. Nouveau et loin d’être agréable. Il l’observa, serrant les lèvres pour s’empêcher de répondre quelque chose trop vite. Elle aurait pu commencer par décrocher quand il l’avait appelé. Ne pas s’enfuir avant qu’il n’ait eu le temps de dire quoi que ce soit. « T’es pas seule. Tu l’as jamais été. » se contenta-t-il de répondre, pour le moment. Même sans s’être vus et parlés pendant des mois, Liam était obligé d’admettre que si elle lui avait demandé quoi que ce soit il aurait été là pour elle. En colère ou non, il n’aurait jamais pu la laisser de côté. Il n’aurait jamais pu la laisser tomber. Finalement, ils avaient tous les deux leurs torts. Elle lui en voulait d’être partie, il lui en voulait de ne pas l’avoir écouté et ils en étaient restés là. Ressassant les mêmes pensées chacun dans leur coin, vivant avec leurs regrets sans savoir quoi faire pour s’en sortir. « Je sais, je comprends. » rajouta-t-il, la voix à peine plus haute que la sienne alors qu’elle baissait les yeux. Il pouvait essayer de berner tout le monde, mais il savait bien que Christy serait la seule à voir le moindre changement et à se demander ce qu’il y avait derrière. Lorsqu’elle releva les yeux, le jeune homme croisa son regard et dans d’autres circonstances aurait même pu sourire. Ils avaient probablement été aussi malheureux l’un que l’autre et après tout ce temps cela semblait presque difficile de revenir en arrière. « N’essaye pas de faire la dure avec moi, Christy. Je suis probablement la seule personne avec laquelle ça ne marcherait pas et je ne suis pas venu pour ça. » Il la regarda, retrouvant le calme propre aux militaires. Il était venu pour essayer de sauver ce qui pouvait encore l’être, même s’il commençait à en douter. Sa bouche s’entrouvrit dans le but de répondre à sa question mais avant même que le premier mot n’arrive, la jeune femme avait enchainé et Liam fronça les sourcils. Est-ce qu’il venait de parler sans s’en rendre compte ? Est-ce que maintenant il arrivait à faire des conneries sans être présent, en plus de celle qu’il avait déjà faite ? « J’ai rien dit, tu sais… » Il lui lança un regard, comme s’il voulait lui rappeler un jour où il avait déjà agi ainsi et qui dans sa mémoire n’existait pas. Il savait bien qu’elle n’avait besoin de personne pour dire ce qu’elle pensait, pour faire ce qu’elle voulait. Souvent, il s’amusait même de la voir régler ses comptes avec les autres parce qu’elle ne leur laissé jamais le temps de l’interrompre et il avait toujours été là, dans un coin au cas où ça se passe mal, mais s’amusant de la situation la plupart du temps. Et Liam se doutait bien que ça n’avait pas changé depuis, elle était simplement un peu plus calme face à lui. Remettant son esprit en ordre, il resta quelques secondes silencieux avant de relever les yeux : « A ton avis, comment je le prends ? Etre à l’étranger ne rend pas les choses plus simples, tu sais… Au contraire même. Je suis reparti pour me retrouver entouré de sable, de gens pas toujours amicaux avec mes sœurs qui ne cessaient de s’inquiéter et… toi qui voulais plus me parler. » Il serra les lèvres un instant, parvenant encore à maitriser sa voix pour pas que ça ne sonne comme un reproche. « J’étais obligé de partir, Christy… » finit-il par souffler. Parce que finalement, le fond de leur problème était bien là. « Tu le savais. J’étais obligé et cette fois-là ne pouvait pas être différente par rapport à toutes les autres. J’ai pas fait ça contre toi ou pour te blesser. Une fois qu’ils ont décidé de nous envoyer quelque part, on n’a pas le choix, à moins de vouloir finir en prison. Je sais que ça rend pas les choses plus facile pour autant et j’aurais sans doute dû t’en parler avant mais tu le savais. T’as toujours été là et je pensais pas que… » Il la regarda une nouvelle fois avant que ses yeux ne partent ailleurs. Il s’était sans doute trop attendu à ce qu’elle ait autant l’habitude que lui et il devait bien admettre qu’à ce moment-là, il n’avait jamais imaginé qu’elle le prendrait personnellement. « Pourquoi tu ne m’as jamais répondu ? » demanda-t-il en relevant les yeux. « J’ai essayé de te rattraper, j’ai essayé de t’appeler pour t’expliquer, pour que tu comprennes. Mais au lieu de ça, j’ai simplement noué une relation particulière avec ton répondeur et il n’y a que ma sœur qui pouvait me dire comment t’allais. J’ai jamais voulu que ça se passe comme ça, en fait j’ai jamais imaginé que ça puisse se passer comme ça. Ma meilleure amie me manque aussi, tu sais. » Il croisa ses yeux bleus et Liam regrettait presque le temps où ils n’étaient que des enfants. Où leurs seules préoccupations avaient été de se mettre d’accord sur l’endroit où ils se retrouvaient après avoir fini leur devoir et qui emmenaient le paquet de gâteau. Cela lui manquait. Elle lui manquait.


Revenir en haut Aller en bas
❉ i can't see you but I know you're there
avatar
i can't see you but I know you're there

all these memories seem so old


Voir le profil de l'utilisateur
your wildest dreams
›› Los Angeles since : 05/02/2017
›› Love letters written : 57
›› It's crazy, I look like : Emilia Clarke
family don't end with blood

♡ A DROP IN THE OCEAN
›› Relationships :
MessageSujet: Re: remember that every good friend was once a stranger. (christy) Mar 22 Aoû - 10:18

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Remember that every good friend was once a stranger

(banane)
christy palmer and liam caldwell
Friendship means understanding, not agreement. It means forgiveness, not forgetting. It means the memories last, even if contact is lost.


L’amitié serait-elle plus forte que la douleur ? Pourrait-elle affronter ce dédale de tourments qui ne cessait de renvoyer des rappels de ce qui posait un frein à leur relation ? Comment parviendraient-ils à prétendre à un sentiment de légèreté alors que tous les deux paraissaient autant perdu l’une que l’autre ? A présent installée face à son meilleur ami, Christy sentait l’étau se serrer de plus en plus sur ses côtés. Rongée d’un côté par la colère et de l’autre par la culpabilité, sa confiance, elle, ne donnait pas lieu d’être touchée par contre. Intacte, elle essayait d’éloigner doucement cet instant qui avait été le dernier pour eux. Ce souvenir douloureux devant lequel, elle avait pu admirer ce que la déception était à même d’engendrer. Les cauchemars avaient eu raison de toute cette idylle amicale et amoureuse qu’ils avaient pu connaître pendant ce très court laps de temps. Aurait-elle effacé cet épisode si seulement elle avait pu savoir où ils en seraient aujourd’hui ? Probablement oui. Parce que son meilleur ami lui manquait, sa présence, son soutien, sa tendance énervante à toujours tout relativiser et à tout envisager au second degré avaient su se révéler comme une absence béante qui l’avaient changé. S’enfermant probablement petit à petit sur elle-même, Christy avait du apprendre à faire avec et à avancer. La difficulté de cette conviction lui avait insufflé des instants durant lesquels elle s’était confrontée à des doutes, des chagrins, mais surtout un désarroi dans lequel personne n’était en mesure de la rassurer. Même pas son père, qui, avait reconnu sa tristesse derrière les sourires qu’elle continuait de donner à tout un chacun. Il était probablement le seul qui la connaissait assez pour savoir lorsqu’elle mentait, lui et le jeune homme assis en face d’elle en cet instant. Peut-être auraient-ils mieux fais de se perdre de vue ? De ne plus chercher à se croiser ? Peut-être aurait-il mieux valu qu’ils ne se revoient jamais… Cette optique tendait à serrer le cœur de la serveuse alors qu’elle s’intéressait aux mouvements que Liam effectuait sur sa joue. Non. Jamais elle n’aurait pu l’éviter toute une vie, elle ne le désirait pas. Alors pourquoi ressentait-elle une douleur telle en cet instant ? De la déception ? De la colère ? Elle n’était pas certaine des sentiments qui la submergeaient et pourtant ils étaient bien là, réels tout comme lui. Au fond d’elle, la petite brune ressentait une sorte de joie, un soulagement de pouvoir enfin obtenir ce droit de le retrouver, de se situer ici à cette place et d’avoir l’opportunité de lui parler. Jamais, elle n’aurait désiré son mal et pouvoir vérifier de sa bonne santé et de sa bonne mine veillait à ravir un peu plus son cœur à ce sujet. Liam serait pour toujours le seul envers qui sa confiance et sa sincérité trouveraient écho. Ils avaient tant vécu ensemble que se heurter à cette épreuve s’avérait être la pire des chute qu’elle avait pu connaître. La déception l’avait gagné, la figeant dans cette colère qui avait eu raison sur tout le reste et elle s’était isolée. Simplement pour se protéger. Personne n’aurait pu la blesser autant que ce qu’il avait pu le faire, pas alors qu’elle avait arraché son cœur pour le lui offrir et qu’il n’avait simplement pas daigné le regarder. Se cachant derrière des prétextes, se perdant dans des excuses, Christy le connaissait assez pour connaître les raisons de cette réaction : il avait eu peur. De quoi ? Elle n’en savait rien, mais jamais elle n’aurait pu croire ou même envisager l’idée de jouer ce rôle pour lui. Pas alors qu’ils avaient toujours su se parler et qu’ils avaient toujours été présents l’un pour l’autre. Ainsi avait-elle gâché leur amitié en tombant amoureuse ? Ou était-ce lui qui avait tout fait voler en éclat à cause de ses appréhensions ? Ni lui ni elle n’étaient capable de répondre à ces questions, puisqu’ils n’avaient même pas laissé le temps oser les envisager. Pourtant il s’agissait là des faits qui avaient hanté chaque instant depuis. Qui avaient eu raison des sonneries de téléphone qu’elle avait pu entendre plusieurs fois et dont elle n’avait jamais osé décrocher. Faire semblant ne lui était pas évident. Surtout pas face à lui et cela serait d’ailleurs une vérité vraie. Toute sa vie lui donnait l’impression de lui échapper au point qu’elle s’imaginait très bien être cette bouteille lancée à la mer, ballotée au grès des vagues, pour s’échouer dans un endroit inconnu. Serait-elle découverte un jour ? A en juger par les divers évènements qui la touchaient, elle n’en était pas certaine. Surtout pas alors qu’ils s’évitaient de cette manière et qu’ils se dissimulaient derrière les sujets « légers ». Parler de la famille restait probablement un terrain sur lequel ni lui ni elle ne glisserait, puisqu’ils se connaissaient assez pour savoir qu’ils se respecteraient. Si Liam n’avait pas prévenu Christy de son retour, Janae, elle ne s’était pas fait attendre pour le faire. Très certainement pour essayer de rétablir ce lien qu’ils avaient toujours connu et qui avait élaboré des occasions durant lesquelles ils donnaient l’air de faire partie de cette même famille. La formaient-ils encore aujourd’hui ? Les valeurs de ce sujet faisaient écho à toutes celles qui vivaient à l’intérieur de la jeune fille et osaient lui faire admettre qu’elle faisait toujours partie de cette dernière. Ils avaient tellement vécu que cela n’aurait pas pu en être autrement. Il suffisait simplement que tout redevienne comme avant. Cette pensée arracha une nouvelle douleur dans le cœur de la serveuse alors qu’elle préférait taire ses intentions et les cacher derrière la déception. Désillusion qui osait se traduire sous les nouvelles qu’elle échangeait avec son meilleur ami concernant sa petite sœur. Anya maman. Même si Christy aimait sa famille plus que tout et tenait à ses sœurs comme à la prunelle de ses yeux, les circonstances de la venue de la petite Charlize étaient sans pour lui rappeler à quel point les gens qu’elle aimait pouvaient la blesser. « La petite s’appelle Charlize. » se contenta t-elle de répondre avec ce ton qui mêlait à la fois appréhension et déception. Non pas qu’elle ressente ceci pour la petite fille, mais bel et bien pour ceux qui voyaient sa personne comme étant ce dommage collatéral persistant. Ses épaules se haussèrent alors que dans d’autres circonstances la remarque de Liam l’aurait fait sourire. Une part d’elle enviait sa capacité à pouvoir prendre les choses comme elles venaient, à disposer de cette force pour ainsi relativiser tout et n’importe quoi. Mais ce n’était pas le cas. Et dans le duo qu’ils avaient pu former, Christy avait toujours été celle qui avait plus la tête dans les nuages et se vexait par rapport à lui. La lourdeur pesait véritablement entre eux. Dans cet essai de conversation qu’ils tenaient tant bien que mal pour ainsi se laisser une deuxième chance. Peut-être même ne le réalisaient-ils pas. De son côté la serveuse ne savait plus très bien pourquoi elle s’était installée à table avec lui et pourtant l’idée de se relever et partir la quitter de plus en plus. Elle désirait rester ici et ce qu’importent les conséquences. Parce qu’elle avait besoin de son meilleur ami et qu’elle réalisait à quel point il lui avait manqué. Sa voix, sa présence, ses mouvements qu’elle n’arrivait plus à anticiper, sa manière de souffler, tout ce qui faisait de Liam ce jeune homme calme et discipliné lui avait terriblement manqué. Tout comme cet intérêt qu’il portait à chacune des filles Palmer. « C’est ce qu’on espère oui. » osa t-elle répondre au moment où le sujet d’Isya se dévoila comme une occasion particulière pour rappeler le passé. La gentillesse et la loyauté du militaire eurent l’opportunité de se rappeler à la serveuse alors qu’il lui spécifiait rendre visite à sa cadette. Touchée par ce geste, Christy ne doutait ni de ses paroles ni de ses intentions alors qu’il la rassurait une fois de plus sur sa présence. Au moins Isabella pourrait le revoir et ainsi profiter d’un peu de sa présence. La petite dernière avait toujours adoré Liam sans même que Christy n’en comprenne les raisons. Peut-être l’avait-elle assimilé à l’image d’un grand frère parce qu’elle l’avait toujours connu ? A ce constat, la jeune femme baissa un peu plus le regard. Toutes ces années volées en éclat en quelques semaines. Toute cette amitié qui disparaissait à cause, à cause de quoi d’ailleurs ? Christy ne mettrait jamais le terme « erreur » à ce qu’ils avaient pu vivre ensemble. Surtout pas après ce qu’elle avait pu ressentir à ce moment. Voilà où était surement la différence entre lui et elle. L’y accordant de la valeur alors que lui y décelait plutôt une bêtise. Du moins c’est ce qu’elle avait supposé pendant son absence, pendant ce silence et surtout pendant ce manque. L’incertitude la gagnait une fois de plus, mettant en exergue à quel point ce moment de flottement se voulait difficile à franchir. Le silence reprenait de ses droits alors que Christy ne savait plus quoi dire ou faire. Elle connaissait assez son meilleur ami pour savoir qu’il en était de même pour lui. Deux étrangers… Voilà ce qu’ils donnaient l’air d’être d’un regard extérieur alors qu’ils se connaissaient par cœur. Elle en venait à envier cet état alors qu’elle admettait que la simplicité aurait pu être une solution à cet échange. Au moins, ils auraient pu construire de bonnes bases et n’auraient pas peur de se perdre dans celles qu’ils avaient déjà établies. Liam finirait par se relever. Christy en prenait conscience alors qu’elle n’osait redresser son regard de peur d’y voir le même que celui de son départ. Était-ce pour cette raison qu’il était venu à sa rencontre ? Pour tirer un trait final à leur amitié et à tout ce qu’ils avaient pu vivre ? Non. Là encore, la serveuse savait qu’elle se fourvoyait parce que le Liam qu’elle connaissait tenait à elle et désirait certainement remettre de l’ordre dans ce qu’ils avaient pu vivre pour justement retrouver ce qu’ils avaient. Elle aurait aimé pouvoir chasser cette colère d’un revers de main et ainsi prendre du recul pour relativiser les choses. Néanmoins, ses sentiments étaient tels que la douleur qu’elle avait pu ressentir tenait à renaître de ses cendres au moment même où elle se confiait sur son incertitude. Voilà ce qu’il avait fait d’elle, voilà ce qu’il lui avait infligé, ces tourments qui avaient eu raison de son optimisme débordant et de sa force alors qu’il l’avait regardé avec ses yeux réprobateurs ou emplis de pitié, elle n’avait su ce qu’elle y lisait sur l’instant. Son cœur se serrait à mesure que ses confidences se délivraient. Admettant aussi bien à quel point elle l’aimait que ses bonnes mesures pour le savoir heureux, elle ne cacha pas non plus à quel point son absence lui était douloureuse ni son isolement. Et plus elle continuait son discours, plus elle reconnaissait le caractère plus spontané du jeune homme. Dès qu’il se pinçait les lèvres de cette façon, Liam se retenait de dire le fond de ses pensées, il s’énervait parce qu’elle était en train de le blesser. Son commentaire eut raison du haussement de ses sourcils alors qu’elle détournait le regard pour ne pas se heurter à sa colère. Mieux valait qu’elle ne réponde pas à ce dernier, sous peine d’engendrer une dispute dans le restaurant. Mieux valait qu’elle détourne la tête pour souffler de cette manière et exprimer serrer sa lèvre inférieure contre ses dents pour s’empêcher de pleurer. Ses yeux s’embuaient toutefois, leur laissant l’occasion de briller non pas en raison d’une joie incommensurable mais bel et bien à cause de cette tristesse qu’elle ressentait. Et puis les paroles en entraînèrent d’autres, prouvant à quel point leur amitié lui manquait. Avancer sans lui était une épreuve qu’elle n’aurait jamais cru avoir à vivre, pas après toutes les promesses qu’ils avaient pu se faire l’un et l’autre. Surtout pas après tout cela. Sa tête baissée, voilà qu’elle osait confier un peu plus le manque de son absence dans ce ton qui mêlait cette fois-ci tristesse et déception. Pourraient-ils se sortir de cela ? Et tant bien même en seraient-ils indemnes ? Pour l’heure rien n’était en mesure de leur conférer des indices. Il n’y avait rien, hormis ce ton qu’ils échangeaient et qui les séparait une fois de plus. D’autres mots lui avaient échappé, révélateurs de cette instabilité qui la touchait au moment où cela lui rappelait tout ce qu’ils n’avaient plus. Sa douleur était bien réelle alors que tout donnait lieu de voler en éclat. Surtout lorsqu’il la reprenait de cette façon et lui donnait l’impression d’être une petite fille qu’il grondait. Là encore, la jeune fille s’enquit de mordre une fois de plus sa lèvre inférieure pour déglutir avec difficulté et essayer d’éradiquer la boule qui se formait dans sa gorge. Pourquoi tout était aussi compliqué ? Liam n’était pas celui qui arrivait toujours à faciliter les choses pour passer au dessus ? Les rancœurs étaient ce qui parlaient à leur place, ça et les reproches qu’ils n’osaient pas s’avouer, du moins pas pour l’instant. Le soupir qu’elle laissa échapper en disait long sur ses émotions. Et s’il s’était agi d’une autre personne que Liam, probablement se serait-elle relever pour fuir dans l’arrière du restaurant. Mais elle ne le désirait pas. Pas avec lui et certainement pas alors qu’une petite chance donnait lieu de percer dans toute cette colère. Aucun des deux ne donnait l’air de vouloir partir et en cela, Christy y voyait plus une bonne chose qu’une mauvaise. Ses mots lâchés, voilà qu’elle donnait à présent le jeu de cartes à son meilleur ami et qu’elle lui laissait l’occasion d’abattre les siennes. Parviendrait-elle à soutenir son regard pendant tout le long de son discours ? Aurait-elle suffisamment assez de force pour vouloir entendre ce qu’elle craignait tant ? D’être une erreur, un prétexte, une excuse, un dommage collatéral ? Désirait-elle réellement se confronter à cette image selon laquelle tout le monde pensait songer à son propre bien alors qu’ils ne la jugeaient que comme une chose. Attentive à ce qu’elle allait entendre, Christy chercha à planter son regard dans celui de son meilleur ami et déjà elle eut l’impression de voir son propre reflet. Liam était aussi perdu qu’elle, aussi instable dans cette bouteille ballotée. Elle reconnaissait dans ses dires la peine qu’elle avait elle-même vécue dans son absence et déjà elle culpabilisait avec le reproche qu’il lui faisait. Non, elle n’avait pas répondu à ses appels et elle lui en avait déjà donné les raisons si il l’avait bien écouté. Faire semblant, surtout avec lui, lui était impossible et que se serait-il passé si elle avait décroché ? Auraient-ils agi comme si rien n’était ? Non, la serveuse savait que le militaire aurait cherché à la rassurer tout en se rassurant, mais le résultat aurait probablement été différent. Elle était prête à mettre sa main à couper que cela aurait fait plus de mal à Liam qu’autre chose, parce qu’il s’en serait voulu d’une certaine manière et cela aurait pu nuire à sa sécurité sur le terrain. Cette fois-ci ses yeux se remplissaient des larmes qu’elle avait essayé de retenir. Étaient-ce des larmes de colère ? De déception ? Ou plutôt de la tristesse ? La dernière option s’avérait surement être la vérité concernant cette révélation alors qu’elle remontait sa main droite pour venir frotter ses lèvres et les pincer devant ce qu’elle entendait. Obligé de partir… Liam n’avait visiblement rien compris aux raisons pour lesquelles elle lui en voulait autant et ce pourquoi ils en étaient là aujourd’hui. Elle connaissait tout ce qu’il lui disait, elle savait l’ampleur que pouvait prendre une désertion, mais surtout elle l’avait toujours poussé à réaliser son rêve et suivre les traces de son père. Jamais elle n’aurait pu envisager, ne serait-ce que s’immiscer entre ses aspirations et lui. « On sait très bien tous les deux que c’est pas une question … C’est pas à cause de ton départ et ça me fait de la peine de voir que tu as cru ça pendant tout ce temps. Tu me connais assez pour savoir que jamais je t’empêcherai de réaliser ton rêve, je suis pas comme ça. » Elle n’arrivait même plus à le regarder alors qu’elle sentait le poids de son cœur lui peser de plus en plus contre sa poitrine. Cela en arrivait même à l’empêcher de respirer alors qu’elle inspirait profondément pour essayer de chasser cette tristesse, en vain. Elle lui revenait sans cesse en plein visage, comme une claque qu’elle ne pouvait pas éviter tant bien même, elle n’aurait pas esquivé sa tête. Sa main se déviait petit à petit de ses lèvres pour venir frotter son front. Fermer les yeux, essayer de faire le vide. Voilà qui aurait pu être une bonne solution pour tenter d’effacer tous ces doutes. Et rien n’y faisait. Plus Liam s’expliquait et lui avouait à quel point elle comptait pour lui, plus la lourdeur pesait et embuait son regard. Jusqu’au moment où n’y tenant plus, elle redressa ses yeux pour oser croiser ceux de son meilleur ami. Elle y échangea sa peine, ses doutes, mais surtout cette déception quand à cette situation dans laquelle ils s’étaient enfermés par leur silence. « Pourquoi j’ai pas répondu… » Ses lèvres frémirent avant qu’elle n’en vienne à déglutir avec cette même difficulté que toute à l’heure. Comment sourire à la vie alors que cette dernière lui échappait complètement ? « Parce que… j’ai eu peur d’entendre que j’étais une erreur pour toi. Parce que j’ai eu peur qu’on commence à faire semblant et qu’on devienne autre chose que tout ce qu’on a toujours été. Parce que je sais que ça t’aurait rongé et ça aurait pu nuire à ta sécurité sur le camp, je me suis dis qu’en ne te répondant pas même si tu pensais à moi je deviendrai quelque chose de mauvais et au moins tu serais resté attentif sur le terrain. J’ai pas répondu parce que je ne voulais pas avoir le rôle de celle qui te détourne de tes objectifs, parce que ce sont eux qui font qui tu es et personne n’a le droit de t’empêcher d’avoir ça. » Elle essayait d’appréhender chacune de ses réactions, sachant très bien que quelques une de ses explications seraient probablement mal interprétées. Elle lui en voulait oui, mais certainement pas pour ce qu’il croyait. « T’as même pas cherché à savoir comment on aurait pu faire… T’as bien ressentis quelque chose quand on était tous les deux non ? J’étais pas juste ta meilleure amie ? J’étais pas seulement ça… » Les mots s’étaient succédés les uns après les autres dans un ton qui se voulait cette fois-ci moins sec que toute à l’heure. Ce dernier prenait des tonalités dans lesquelles son incertitude prenait le dessus alors qu’elle désirait simplement avoir des explications. « Ne me parle pas d’excuses, de prétextes ou de je sais pas quoi d’autre… Ce qu’on a toujours eu c’est pas ça. Notre amitié, notre complicité, nos présences, c’est pas juste du vent et ce sont encore moins des lubies… T’as toujours cherché à rendre les choses simples sans te prendre la tête alors pourquoi là ça n’a pas fonctionné ? » Elle ne savait plus très bien de quoi elle parlait de leur amitié ? De ce qu’ils avaient vécu ? Un mélange des deux ? Quoi qu’il en soit, elle méritait des réponses pour au moins savoir si elle pouvait se raccrocher à cette deuxième chance ou non.
Revenir en haut Aller en bas
❉ i can't see you but I know you're there
avatar
i can't see you but I know you're there

all these memories seem so old


Voir le profil de l'utilisateur
your wildest dreams
›› Los Angeles since : 24/02/2017
›› Love letters written : 114
›› It's crazy, I look like : garrett hedlund
family don't end with blood
MessageSujet: Re: remember that every good friend was once a stranger. (christy) Sam 16 Sep - 20:02

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Remember that every good friend was once a stranger

(fillette)
christy palmer and liam caldwell
Friendship means understanding, not agreement. It means forgiveness, not forgetting. It means the memories last, even if contact is lost.


Comment en étaient-ils arrivés là ? Quand avaient-ils cessés d’être eux pour devenir ces étrangers ? Assis l’un en face de l’autre, s’accordant un regard seulement lorsqu’ils étaient certains que l’autre ne regardait pas. Qu’il ne le verrait pas. Si Liam n’en n’avait pas été un des acteurs, il savait déjà qu’il aurait observé cette scène d’un air étrange. Essayant d’imaginer ce que deux inconnus pouvaient bien avoir à se dire au beau milieu de l’après-midi et il savait parfaitement quelle personne l’aurait accompagné dans ses hypothèses les plus folles et les moins probables. Justement celle qui lui faisait face. Ils auraient pu y passer des heures, s’amusant discrètement aux dépends de personnes qu’ils ne connaissaient pas et qui étaient devenus leur nouveau terrain de jeu. Ils l’avaient déjà fait, après tout. Quand ils passaient leur temps sur la plage, à trainer en ville ou en rentrant de l’école, ils finissaient toujours par croiser un couple, une famille ou une bande d’amis et avec un simple échange de regard l’un des deux se dévouait pour commencer. Cela pouvait être sans fin : le deuxième parvenait toujours à trouver quelque chose pour renchérir sur l’idée du premier et ils pouvaient y passer des heures. C’était leur truc. Comme tant d’autres choses l’avaient été. Avant. Dans un monde qui ne semblait plus exister. A présent, ils ressemblaient plus à ces personnes dont ils inventaient les histoires quelques années auparavant. Est-ce que c’était censé se terminer ainsi pour eux ? Un sourire triste étira les lèvres du jeune homme alors que les nombreux souvenirs qu’il avait en sa compagnie repassaient dans son esprit. Ils en étaient bien loin, aujourd’hui. Il ne l’avait pas vu sourire une seule fois depuis qu’il était là, depuis qu’elle l’avait vu. Elle qui ne pouvait jamais s’en empêcher, qui trouvait toujours un moyen de laisser sa joie de vivre, son enthousiasme s’exprimer. Ils ne savaient même plus de quelle manière se comporter l’un envers l’autre. C’était évident qu’avec les années leur relation avait évolué. Mais s’il devait être honnête, Liam devait bien admettre qu’il ne l’avait jamais imaginé se terminer ainsi. Ne plus se parler, s’ignorer c’était valable pour leurs anciens camarades de classe. Pas pour eux. En réalité, il s’était toujours dit que peu importe ce qui leur arriverait, que ce soit à elle ou à lui, ils arriveraient à y faire face. Comme ils l’avaient fait pendant toutes ces années. Ils avaient été là l’un pour l’autre. Toujours présent. Pour la mort de son père, le départ de sa mère, leurs sœurs respectives, la maladie de la petite dernière, ses départs en mission, pour supporter le lycée et les quelques idiots qu’ils y avaient rencontrés. Rien de tout cela n’avait eu raison d’eux et sans doute Liam avait-il pensé -à tort- qu’alors rien de ce qui arriverait par la suite ne pourrait les séparer. Sauf eux, de toute évidence. D’une manière ou d’une autre quelque chose avait changé. Quelque chose d’autre que simplement eux. Liam n’était pas assez naïf pour penser qu’une simple visite pouvait tout arranger. Qu’au bout d’une heure, ils finiraient par rire et s’embêter comme ils le faisaient avant. Ils avaient passé trop d’années loin l’un de l’autre, sans échanger la moindre nouvelle pour cela puisse se passer ainsi et finalement, peut-être que cet éloignement avait eu raison d’eux. De leur amitié, de leur complicité. De tout ce qu’ils avaient réussi à construire. Ils avaient tous les deux changé et il l’avait blessé. Même si le jeune homme le savait, en avait parfaitement conscience, il en avait eu une preuve de plus. Mais est-ce qu’il pouvait réellement lui en vouloir ? Son égo lui en voulait, un peu, mais quelque part il l’avait sans doute mérité. Janae la remercierait sûrement si elle était là. Mais cela n’aidait pas à rendre les choses plus acceptables pour autant. Parce qu’il détestait cette impression : celle de deux étranges qui ne savaient même pas comment agir en présence de l’autre. Qui ne savait pas quoi se dire et qui se contentait de sujets « légers » parce que c’était tout ce qu’ils étaient capables de supporter. Liam se doutait bien que son impatience était en cause. Il n’avait jamais été du genre à perdre son temps en explications si elles étaient inutiles. Toutes ces années, on lui avait apprit d’aller directement à l’essentiel. On lui avait dit que la moindre seconde d’inattention, que la moindre minute de perdue pouvait être fatale et il avait tendance à continuer à l’appliquer même lorsqu’il rentrait chez lui. Même lorsque ce n’était pas nécessaire. Pourtant, Christy avait raison. Commencer par un sujet neutre qu’ils maitrisaient tous les deux ne pouvait pas leur faire de mal. Bien au contraire. C’était l’occasion, pour l’un comme l’autre, de se rendre compte que tout n’avait pas complètement changé. Qu’ils accordaient toujours autant d’importance à leurs familles respectives et sans être exceptionnel, c’était déjà un pas en avant. C’était mieux que rien. « C’est jolie. » laissa-t-il échapper en guise de réponse. Il voyait, dans le fond de ses yeux bleus, qu’il y avait autre chose. Qu’elle n’était pas tranquille et qu’il y avait sûrement d’autres histoires qui entouraient la venue de cette petite mais le jeune homme ne posa pas plus de questions. Dans d’autres circonstances, à un autre moment, il n’aurait même pas hésité. Il ne l’aurait pas lâché tant qu’elle n’aurait pas mis des mots sur ce qui l’inquiétait ou la blessait. Mais, à présent, est-ce qu’il le pouvait encore ? Peut-être que ce n’était plus à lui de faire cela, d’essayer de l’aider. Peut-être que quelqu’un d’autre avait prit sa place… Et peu importe à quel point cette idée le blessait lui, il ne pourrait pas le lui reprocher. Elle ne méritait pas d’être toute seule. Liam laissa ses yeux glisser sur son visage, légèrement inquiet pour elle et pourtant pas certain que rajouter quelque chose soit nécessaire. Il la connaissait encore assez bien pour comprendre quand elle n’avait pas envie de parler d’un sujet en particulier. Alors il la suivit, déviant d’une sœur à une autre, en passant par les siennes. Mais heureusement aucune de ses trois sœurs ne l’avaient accueillis avec une surprise comme celle qu’Ana avait pu faire à Christy. Et c’était sans doute mieux ainsi. Pour lui, en tout cas et pour l’arrêt cardiaque qu’elles lui avaient évité. Ses lèvres réussirent finalement à s’étirer en un léger sourire alors qu’il relevait brièvement les yeux. « Je suis sûr que oui. » C’était tout le mal qu’il pouvait leur souhaiter. A Christy et sa petite sœur. Elle n’avait jamais mérité tout ce qui lui était arrivé et il avait passé assez de temps avec sa meilleure amie pour savoir à quel point sa maladie avait affecté toute la famille. Alors l’espoir qui subsistait ne pouvait être qu’encourageant et il savait que la jeune femme en face de lui s’y accrocherait pour l’ensemble de sa famille s’il le fallait. Mais comme Liam l’avait craint, la facilité qu’ils avaient à évoquer leurs familles respectives ne pouvait pas durer. Ils pouvaient essayer de retarder le moment, de parler de leurs sœurs parce que cela rendait la réalité moins douloureuse mais cela ne pouvait pas durer éternellement. Elles allaient bien et eux étaient toujours là. Retrouvant leur silence et leur gêne quand leur premier sujet fut épuisé. Retrouvant leurs attitudes inhabituelles et déconcertantes pour quiconque les connaissait un minimum. Le seul avantage de leur essai de perte de temps était sans doute que les autres clients avaient fini par se désintéresser d’eux. Pas d’éclats de voix, pas d’autres mouvements de bras dû à l’énervement alors ils les avaient oubliés. Bien sûr, c’était une maigre consolation mais quitte à essayer de régler un peu leurs problèmes autant qu’il n’y ait pas de spectateurs. Mais rien ne pouvait rendre les choses plus faciles pour autant. Pas après autant d’années de silence. Liam ne savait même plus par où commencer. S’excuser ? S’expliquer ? Un peu des deux à la fois, sûrement. Il l’avait blessé et il s’en voulait chaque jour un peu plus. En réalité, il aurait été bien incapable d’expliquer ce qui lui était passé par la tête ce jour-là mais peu importait finalement parce qu’il était parvenu à faire exactement tout ce qu’il avait toujours voulu éviter. Il la revoyait encore glisser entre ses doigts et s’éloigner de lui plus rapidement qu’elle ne l’avait jamais fait. Elle l’avait fuit et elle avait certainement emmené une partie de son cœur avec elle, bien qu’il ne l’ait jamais admis devant qui que ce soit. Il entendait encore sa voix lui demander de rester et il s’entendait encore mettre un terme à tous ses espoirs. A tous leurs espoirs. Il revoyait ses yeux bleus se remplirent de larmes avant qu’elle ne s’en aille. Et lui dans tout cela, il n’avait même pas été capable de la rattraper. De lui expliquer. Quel genre d’ami était-il ? Quel genre de petit-ami avait-il été ? Parce que tout ce qu’il avait réussi à faire à ce moment-là, c’était de la blesser et même encore maintenant il continuait à le faire. Sans le vouloir mais le résultat était le même. Liam releva les yeux, croisant le regard de Christy et il comprit qu’ils étaient aussi perdu l’un que l’autre. Chacun à leur niveau, chacun avec ses propres rancœurs mais aucun d’eux ne savaient réellement quoi faire. Partir ne semblait pas être une option. Ils ne pouvaient pas laisser leur amitié disparaitre de la sorte, simplement en refusant de communiquer. Mais il devait bien admettre qu’elle avait raison. Elle l’avait vu partir tellement de fois, ses dix doigts n’étaient pas suffisants pour compter le nombre de fois où il l’avait serré dans ses bras à l’aéroport avant de monter dans l’avion et de s’envoler à des milliers de kilomètres de là. Elle ne lui avait jamais rien dit. Elle ne lui avait jamais rien reproché. Au contraire, elle avait toujours essayé de rendre les choses aussi faciles qu’elle le pouvait, à son niveau. « Je sais, je suis désolé. » Et c’était bien tout ce qu’il était capable de dire. Est-ce qu’il s’était tellement caché derrière sa colère et ses propres blessures pour en oublier tout ce qu’elle avait fait pour lui ? Le jeune homme n’avait pas envie d’y croire et pourtant l’espace d’un instant, il faut croire qu’il avait succombé à la facilité. Pourtant avec elle, il n’en avait pas le droit. Il n’avait pas le droit de lui faire cela. Le regard de Liam suivit le mouvement de ses mains et il serra les lèvres. La voir pleurer, par sa faute, était bien la dernière chose qu’il souhaitait aujourd’hui. Il n’était pas venu pour la blesser encore un peu plus. Mais son regard retrouva celui de Christy et il y lut sûrement la même chose que ce qu’elle pouvait trouver dans le sien. Leur silence les avait enfermés dans une situation qui ne leur correspondait pas. Une qui les avait laissés seuls avec leurs regrets et leur déception et il n’y avait sans doute rien de pire pour amener les esprits aux pires conclusions probables. Il continua de l’observer, se disant que finalement elle n’avait peut-être pas eu tort. Qu’auraient-ils pu se dire au téléphone alors qu’il était à des milliers de kilomètres de là ? A chaque fois qu’il avait tenté de l’appeler, il n’avait pensé qu’à lui parler mais elle avait raison : ils n’avaient jamais réussi à faire semblant l’un avec l’autre et ils auraient sans doute été encore plus blessés et malheureux après un tel appel. Mais s’il pouvait admettre une telle raison, le reste n’arrivait pas à se frayer un chemin dans son esprit. « Tu sais, s’il y a bien une seule chose que tu ne pourras jamais devenir pour moi, c’est une erreur… » Les mots s’échappèrent de sa bouche sans même qu’il n’y pense, qu’il ne les contrôle parce que c’était la vérité tout simplement. Même s’ils en venaient à ne plus s’adresser la parole après aujourd’hui, il n’arriverait pas à la considérer comme une erreur. « C’était sans doute pas la meilleure des solutions, de t’appeler. Mais entre ça et le silence, je crois que j’avais fait mon choix mais à force je me suis fait une raison. Et je peux… comprendre pourquoi tu n’as pas répondu mais c’est pas suffisant pour que je t’en veuille. Pas après toutes ces années. Mais je sais prendre soin de moi quand je suis là-bas. » Il ne savait même pas si un jour son esprit pourrait arrêter de l’associer à tous ses souvenirs. Ceux de son enfance, de son adolescence, de certains de ses anniversaires. Sans doute pas puisqu’elle avait toujours été là. Mais si Liam pouvait comprendre la raison qui l’avait poussé à ne pas lui répondre, la jeune femme continua sur sa lancée et tout ce qu’il réussit à faire c’est la fixer. Ses lèvres s’entrouvrirent mais aucun mot ne parvint à passer et le silence les entoura. Pesant un peu plus à chaque seconde qui passait. Qu’était-il censé répondre à cela ? Qu’il s’était trompé et que pratiquement pas un seul instant il n’avait imaginé que ce soit la raison de son silence. Elle lui en voulait et il ne pouvait que lui donner raison. Depuis le début, le jeune homme savait parfaitement qu’il n’avait pas géré son départ de la meilleure des manières. Mais en avoir la preuve devant les yeux en était d’autant plus douloureux que c’était elle qu’il avait blessé. Est-ce que c’était ce qu’elle imaginait ? Qu’il n’avait rien ressenti et qu’aussitôt parti il avait réussi à tout oublier d’elle ? D’eux. Alors qu’il se souvenait de tout. Pas seulement de ses sourires, ses rires et de ses coups d’œil malicieux ; aussi de la douceur de ses lèvres, de son parfum, de la sensation de son corps contre le sien et la façon qu’elle avait de bouder le matin quand le réveil se mettait à sonner parce qu’elle n’avait pas envie de se lever. Et tant d’autres choses encore. S’il y a bien une chose que sa mémoire n’avait jamais réussi à effacer, c’était ses souvenirs d’elle. En fait, il n’avait même pas voulu qu’ils disparaissent. Parce que c’était autant eux que tout le reste. « Parce que c’était toi… » finit-il par souffler après ce qui s’avérait sûrement être un trop grand silence. Liam passa une main sur sa nuque, conscient que ce n’était pas la réponse la plus appropriée à faire quand on demandait pourquoi ça n’avait pas marché. « Tu méritais pas ça, Christy. J’aurais dû te le dire mais je savais très bien ce que tu allais me répondre et c’est justement parce que je te connais assez... Tu sais très bien que ça n’a jamais été faux mais tu mérites plus que quelqu’un qui est absent la moitié de l’année, que tu peux appeler une fois par semaine quand tout va bien, pour qui tu t’inquiètes et qui ne peut pas être là dès que tu en as besoin. Toi, tu mérites mieux que ça. Quelqu’un qui est là pour toi, tout le temps. Quelqu’un qui peut prendre soin de toi. T’as le droit de m’en vouloir pour ça si tu veux mais je ne voulais pas être celui qui t’empêche d’avoir ce que tu mérites vraiment et si ça impliquait ignorer ce que moi je ressentais… et bien, d’accord, je l’ai fait… parce que tu étais plus importante et parce que t’as le droit d’être heureuse. » Liam sonda le regard de sa meilleure amie et pour une fois il n’était pas certain de ce qu’il arrivait à y lire. Il savait bien qu’elle ne serait pas d’accord. C’est bien pour ça qu’il n’avait rien dit à ce moment-là parce qu’elle aurait prit le temps de démonter chacun de ses arguments mais lui en était pourtant persuadé : elle méritait mieux que lui.


Revenir en haut Aller en bas
❉ i can't see you but I know you're there
avatar
i can't see you but I know you're there

all these memories seem so old


Voir le profil de l'utilisateur
your wildest dreams
›› Los Angeles since : 05/02/2017
›› Love letters written : 57
›› It's crazy, I look like : Emilia Clarke
family don't end with blood

♡ A DROP IN THE OCEAN
›› Relationships :
MessageSujet: Re: remember that every good friend was once a stranger. (christy) Ven 6 Oct - 10:31

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Remember that every good friend was once a stranger

(banane)
christy palmer and liam caldwell
Friendship means understanding, not agreement. It means forgiveness, not forgetting. It means the memories last, even if contact is lost.


Tout devenait pesant. L’air se chargeait d’une lourdeur qui s’infiltrait sans crier gare dans leurs poumons à tous les deux. Il amenait cette impression d’étouffement qu’on ressentait lorsqu’on était victime d’une mauvaise grippe. D’autant plus qu’il s’accompagnait de cet effet indésirable veillant à charger l’esprit de souvenirs douloureux. Son départ. Cette solitude qui avait succédé cette séparation et qui n’avait jamais pu être chassée. Surtout pas avec ce silence et cette distance. Cette dernière avait probablement fait bien plus de dégâts que ce qu’ils voulaient reconnaître, tant elle avait eu raison d’eux. Même encore aujourd’hui, elle les contraignait derrière ce mutisme qu’ils s’efforçaient d’adopter l’un envers l’autre. Ce défaut qui lui faisait mal à l’intérieur. Christy avait l’impression d’être cette étrangère qu’elle n’avait jamais voulu devenir pour Liam. Cette fille qu’il se contenterait tout juste de croiser dans la rue et sur laquelle il ne daignerait même pas lancer un regard. Parce qu’elle n’était surement pas assez spéciale pour qu’il le fasse ou simplement parce qu’elle était devenue la copie conforme des autres. Pourtant, il persistait ce sentiment grâce auquel elle ne bougeait et elle ne désirait pas le faire. Ce lien invisible qui la raccordait encore à son meilleur ami et qui osait lui faire comprendre qu’elle ne serait jamais cette fille pour lui. N’était-il pas ici devant elle ? N’avait-il pas réussi à franchir la distance pour que la proximité soit moins grande entre eux ? Même si la rancune était encore présente, la serveuse accordait tout de même de la reconnaissance à Liam pour cet acte. Pour cette présence qu’il lui accordait en ce moment même et pour ces explications à venir. Tous les deux en avaient besoin, à leur niveau, selon le degré qu’ils désireraient entreprendre. Mais ils avaient besoin l’un de l’autre. Les années ne pourrait jamais effacer ce besoin, cette habitude qui avait fini par s’inscrire tout simplement en eux et ce d’une manière naturelle. Liam serait toujours la Banane de Christy qu’importent les conclusions de leur amitié. Sa place ne pourrait jamais être remplacée et encore moins oubliée. Car après tout, n’était-ce pas cela une amitié aussi ? Pouvoir partager des moments uniques, chéris, mais aussi savoir pardonner lorsque cela était nécessaire. Parce que ce qui importait le plus n’était pas ce que l’on éprouvait au fond de nous, mais bien tout ce que cela nous apportait pour mieux grandir et affronter la vie. La serveuse ne serait jamais devenue celle qu’elle était aujourd’hui sans lui. Sans son côté terre à terre qui avait toujours su la ramener à la réalité lorsqu’elle commençait à songer à ses rêveries. Sans sa détermination et sa dévotion pour sa patrie qui était devenue un exemple à part entière pour elle, et un modèle qu’elle essayait d’imiter à son propre niveau pour garder cette même force pour sa famille. La liste était longue. Le recul lui avait fait comprendre à quel point Liam était important pour elle. Comme un meilleur ami, mais aussi comme l’homme qu’elle aimait et qu’elle ne cesserait jamais de le faire pour tout ce qu’il lui apportait. Voilà pourquoi, elle concevait sa propre part d’erreur dans cette situation. Elle était celle qui avait mis en péril leur amitié parce qu’elle était tombée amoureuse. Celle qui aurait du mettre un frein à ses sentiments pour ainsi préserver ce qu’il y avait de plus cher : eux. Mais même si elle essayait de s’en vouloir en raison de ses sentiments, elle n’arrivait pas à concevoir l’erreur de ces derniers. Comment pouvait-elle leur accorder ce doute ? Comment devait-elle procéder, alors qu’elle agissait encore sous l’effet de sa sincérité à l’égard de ce qu’elle éprouvait ? Il n’y avait eu aucune erreur commise selon elle, et encore à l’heure actuelle il n’y en avait pas. Il y avait simplement cette crainte qui persistait, cette douleur qui s’abattait contre son cœur et qui arrivait à se traduire dans son regard pour se répercuter dans le miroir des yeux du caporal. Comment en avaient-ils pu arriver là tous les deux ? Pourquoi ? Les réponses seraient certainement tues pendant un long moment, mais elles méritaient d’avoir leur place. Pour eux, pour leur amitié ou du moins pour ce qu’il en restait. La jeune femme était prête à accorder une nouvelle chance à Liam. La question ne lui avait même pas effleuré l’esprit puisque sa Banane avait toujours fait partie de sa vie. Restait à savoir comment tous les deux parviendraient à se sortir de cette impasse. S’ils parvenaient à en sortir un jour. Heureusement l’optimisme de Christy ne s’était pas complètement tapi dans l’ombre et qu’il essayait de percevoir dans sa présence du bon. Néanmoins, les questions subsistaient et devenaient de plus en plus omniprésentes. Leurs comportements trahissaient la gêne qu’ils ressentaient l’un pour l’autre et la douleur qu’ils avaient essayé de dissimuler tant bien que mal. Le silence ne faisait pas parti de leurs habitudes, encore moins lorsqu’il s’accommodait d’un malaise tel que celui-ci. Ils devaient simplement y faire face. Et Christy avait jugé bon de le contourner pour l’instant à l’aide des sujets qui savaient leur rappeler de la place qu’ils tenaient l’un pour l’autre. Soutiens infaillibles face à la vie qui se mouvait autour d’eux, parler de leurs familles respectives se révélait être un début. Bon ou mauvais, la serveuse n’avait aucune idée de ce qu’il en ressortait, pourtant les révélations données par les nouvelles arrivaient à alléger un peu le poids de sur ses épaules. Un peu. Cela lui rappelait les conversations qu’ils avaient pu tenir par le passé, ces instants dans lesquels la facilité était un mot d’ordre que tous les deux gardaient naturellement sans même sans rendre compte. Cependant, ce passé là donnait l’impression d’avoir été imagé depuis toutes ces années. Le présent les avait rattrapé et dans tous les cas de figure, Christy ressentait ce sentiment qui veillait à lui prouver à quel point elle avait failli à ses rôles de grande sœur et de meilleure amie. Même si elle remarquait le sourire sur le bord des lèvres de Liam au moment où l’évocation de Charlize fut abordée, la jeune fille n’arrivait pas à quitter cet air qu’elle pouvait lui révéler. Un mélange de mélancolie et de déception, qui figeait un peu plus le reste et autour desquels elle aurait probablement expliqué les choses si seulement il n’y avait pas eu cette distance. Mais elle était présente et il fallait faire avec elle. Elle meurtrissait un peu plus son cœur à chaque seconde, pourtant, la serveuse essayait de tenir bon. Pas pour elle, mais pour lui. Et puis, l’état d’Isabella fut probablement la bouffée d’air de cette totalité. Une impression de pouvoir à nouveau respirer convenablement, et ce, même si l’inquiétude persistait dans les appréhensions de la famille Palmer. Christy voyait que tout ce qu’elle pouvait lui énoncer trouver un écho dans le cœur de son meilleur ami. Initiant ainsi l’apparition d’un infime espoir duquel elle espérait bien se raccrocher. Malgré la tristesse, la déception et la rancune, elle avait toujours besoin de lui. Sa parole restait d’or dans la mesure où elle exprimait une présence que la cadette des Palmer pourrait trouver grâce à lui. En d’autres circonstances, Christy lui aurait souri et pris la main en la tenant bien fermement pour lui prouver de sa reconnaissance envers Isabella. Mais aujourd’hui, elle se contenta simplement d’un regard entendu, d’une légère brillance dans laquelle il pouvait lire sa gratitude aussi timide soit-elle. Elle se rassurait de cette manière et peut être même qu’il arrivait à en faire de même lui aussi. Mais la légèreté finit par s’estomper pour laisser place à ce malaise qui renouait avec le début de leurs retrouvailles. Lourd, il pesait dans leurs cœurs comme un poids qui les empêchait de remonter à la surface et les noyait de l’intérieur. La serveuse sentit d’ailleurs ce dernier s’arrêter pour peut être s’enfermer dans un état de léthargie complète. Il se taisait sous le joug des révélations à venir et il la blessait un peu plus à chaque parole. Pas celles de son meilleur ami, mais bel et bien les siennes. Mettre des mots face à ce qu’elle avait dissimulé pendant toutes ces années lui faisait mal. A l’inverse, il lui semblait ressentir un léger soulagement de les partager ou du moins de pouvoir les faire entendre. Mais cet état de fait était bien maigre voire même inefficace face à cette douleur qui grandissait à mesure qu’elle ressentait le regard du jeune homme sur elle. Il lui en voulait lui aussi et Christy ne pouvait lui reprocher. Elle était en tort puisqu’elle s’était terrée dans un silence qui aurait pu ou avait eu raison d’eux. Mais comment pouvait-elle faire autrement ? La sincérité avait jaillis dans ses explications et la blessure l’emporta sur le reste alors qu’elle ne reconnaissait plus son meilleur ami. Du moins, pas celui qui la jugeait parce qu’elle avait voulu penser à lui avant elle. D’un revers de main, la jeune fille chassa cette larme qui trahissait un peu plus son malaise et son mal. Et elle fut coupée dans son geste par les excuses du caporal. Coupant son geste, la serveuse essaya de redresser son regard dans l’espoir de lire dans ses iris argentés la même sincérité qu’elle lui avait transmise. Voilà qu’elle se confrontait à ce même miroir, celui grâce auquel elle trouvait du réconfort et ce malgré les épreuves encourues. Liam était une fois de plus avec lui et il lui prouvait même sans parole que leur amitié était plus forte que le reste. Elle n’en n’avait jamais douté. Pourtant les mots entendus de la bouche de sa petite sœur lui revinrent en mémoire et osèrent lui insuffler l’idée qu’elle était également ce dommage collatéral pour lui. Elle s’en convainquait, puisqu’elle n’avait pas été capable de le retenir ou du moins de lui faire comprendre que jamais elle ne serait celle qui lui causerait du tort de quelque manière que ce soit. Une nouvelle larme, une nouvelle distance s’abattit entre eux au moment où les mots lui échappèrent sans retenue. Une erreur. Voilà ce qu’il devait probablement voir dans ces instants qu’ils avaient pu passer ensemble. Dans cette complicité qu’ils n’avaient que renforcer par les caresses, les baisers et les gestes qu’ils avaient pu échanger. Une erreur qui leur avait beaucoup coûté mais qui ne parvenait pas à se frayer une telle place dans le cœur de la jeune fille. Elle s’attendait presque à entendre cette claque de la bouche de Liam. Mais pour une fois de plus, il su la surprendre et lui apprendre une facette de lui qu’elle ne lui avait jamais connu. Lui, qui aimait tant la facilité, cette occasion de pouvoir avancer sans songer à ce qu’il se passerait le lendemain pour simplement profiter de l’instant présent, il était en train de songer à quelque chose de plus grand. Quelque chose qui fit à nouveau redresser le regard de la jeune fille pour se confronter au sien et découvrir de cette sureté qu’elle lui avait toujours connu. Sa bouche s’entrouvrit doucement, signe de sa stupeur et si ils avaient été seuls dans un environnement neutre, qui ne nécessitait pas sa reprise de service d’un moment à l’autre, probablement qu’elle aurait fondu en larmes devant une telle révélation. Son meilleur ami ne se doutait certainement pas du bien qu’il lui faisait par cette simple révélation. Ils n’étaient une erreur ni pour l’un ni pour l’autre. Son esprit se torturait pour une fois de plus au moment où il lui confiait ne pas lui en vouloir pour son silence. La serveuse décelait à quel point il tenait à elle, aussi bien dans ses mots par rapport au présent, que dans ses attentes passées. Alors pourquoi en étaient-ils arrivés jusqu’ici ? Elle n’y comprenait plus rien et elle arrivait même à ne pas se reconnaître derrière sa rancœur. Etait-elle seulement justifiée ? Elle en doutait à présent, tout comme elle ne savait pas quoi répondre. « Je sais… » furent les seuls mots qu’elle parvenait à articuler alors que son regard se rabaissait en direction de la table. Elle connaissait assez bien son meilleur ami pour savoir qu’il savait prendre soin de lui et ce qu’importait la situation. Il avait toujours fait parti de ces personnes qui avaient un recul quasiment instantané sur toutes les situations et qui trouvaient toujours des solutions. Tout comme, elle le connaissait pour savoir qu’il ne fonçait jamais tête baissée parce qu’il pensait toujours à sa famille, à ses sœurs et peut être même à elle parfois. La vérité ne tarda pas à éclater. Veillant à laisser comprendre au caporal à quel point elle avait voulu y croire pour eux. Elle ne savait pas si elle était en droit de se livrer de cette manière néanmoins, elle laissa les mots la quitter sans réfléchir. Elle méritait des réponses, tout comme elle méritait de savoir si ses croyances avaient été vaines. Même si elle était en mesure de remonter le temps, jamais elle n’effacerait ce qu’ils avaient connus tous les deux pendant ces semaines. Au contraire, elle les laisserait se dérouler encore et encore tant le bonheur qu’elle avait pu ressentir n’avait jamais été aussi fort que celui-ci. Elle avait eu l’impression de pouvoir l’admirer en lui lorsqu’il lui souriait de cette façon qui lui rappelait combien le soleil n’était pas une aussi grande source de chaleur que le sien pouvait l’être. Lorsqu’elle pouvait enfouir son visage dans son cou pour que son nez le chatouille, ou encore quand il bougonnait parce qu’il venait de perdre la partie de leur jeux vidéo préféré et qu’elle s’empressait de lui faire des chatouilles. Tout cela lui manquait et bien d’autres choses encore plus. Et alors qu’elle se laissait emporter dans ses souvenirs, le silence, lui, portait à croire en une fin indéniable. Il pesait davantage, révélateur de ces non-dits qui avaient eu raison d’eux. Jusqu’à ce qu’enfin sa voix perce ce dernier et révèle une première phrase qui donna l’impression aux épaules de la jeune fille de porter le monde entier. Une fois de plus, elle n’était pas sûre de comprendre où Liam voulait en venir. Parce que c’était elle… Heureusement, il ne tarda pas à lui donner des détails qui n’eurent d’autres effets que de la plonger un peu plus dans cet état d’incompréhension. Pourquoi lui parlait-il de mérite ? La jeune fille fronçait un peu ses sourcils devant cette révélation avant de finalement pincer ses lèvres en commençant à admettre qu’il n’avait jamais voulu son mal. Pourtant c’était ce qu’il lui avait fait et qu’il continuait à lui faire ressentir alors qu’elle n’aspirait pas à ce couple parfait qu’il lui décrivait. Elle n’avait pas besoin d’un autre, elle n’en voulait pas d’un autre, mais seulement lui. Depuis ces années, elle s’était convaincu que l’amour qu’elle ressentait à son égard était simplement de l’amitié. Et depuis toutes ces années, elle s’était mentie, elle avait été trop aveuglé pour le reste pour pouvoir s’en apercevoir et avait fini par le découvrir lors de ces semaines. Et il choisissait pour elle. Pour son bien ou peut être parce qu’il avait peur. Elle n’en savait rien, mais elle arrivait à comprendre à quel point lui aussi souffrait de cette retenue. Mais elle ne pouvait pas le forcer, elle n’était pas comme cela. « Je mérite d’être heureuse et toi aussi tu le mérites. On l’a été ensemble et je sais qu’on aurait pu continuer à l’être malgré tout ce que tu dis. Parce qu’on ne se découvre pas, parce qu’on connaît exactement la situation de l’un et de l’autre et parce qu’on a pas besoin de plus. J’ai pas besoin d’être avec quelqu’un qui est là tout le temps ou que je peux appeler quand j’en ai envie. J’ai pas besoin d’être proche physiquement de quelqu’un pour me sentir en sécurité et soutenue. J’ai juste besoin de pouvoir me sentir heureuse quand je regarde les étoiles parce que je sais que n’importe où que tu sois, tu finiras par regarder les mêmes toi aussi. J’ai besoin d’un coup de téléphone même une fois dans la semaine et de reconnaître dans ta voix cette complicité qu’on a qui fait que tu décèles tout ce qui va et tout ce qui ne va pas, comme moi je peux le faire avec toi. Je savais dans quoi je m’engageais Liam et je l’avais choisi tout comme toi. » sa voix n’était pas plus forte que les fois précédente et aucun mot n’était sorti plus haut que les autres. Il y avait simplement de la mélancolie dans son ton et cette nostalgie ne la quittait plus. Ses yeux parvinrent à trouver les siens, désireux de lui traduire cette évidence qu’elle avait pu voir et qu’il voulait certainement cacher maintenant. « J’accepte ton choix. » l’aveux d’une telle révélation veilla à faire pleurer son cœur, pourtant, elle l’aimait au point de le choisir lui avant elle. La porte derrière elle s’ouvrit à la volée, laissant réapparaître sa collègue dont la gêne se lisait parfaitement sur son visage. « Euh… je suis désolée de vous déranger, mais ça fait dix minutes qui tu aurais du reprendre Chris’, et y a la femme du patron qui va pas tarder. » Christy renifla doucement et sécha à nouveau les petites larmes aux coins de ses yeux avant de lui donner un sourire qui se voulait timide. « J’arrive, merci d’avoir prévenu. » Elle baissa à nouveau son regard et attendit que la jeune fille derrière elle s’en aille pour reprendre. « Je suis désolée Liam. Je ne sais pas ce qu’on va faire, mais je veux que tu saches que malgré tout ça, tu me manques. » Une nouveau reniflement signifia combien elle était touchée par ce qu’elle énonçait, puis elle inspira et se releva doucement. « Merci d’être venu et merci pour Isya. » Doucement elle arrivait à regarder le visage du jeune homme et doucement ses lèvres arrivèrent à étirer un léger sourire où s’imprégnait de la gratitude. Il n’était pas aussi grand que ce qu’elle lui donnait d’habitude, mais il se teintait d’espoir pour une autre rencontre. Ailleurs peut être. Elle n’en savait rien pour l’instant, il lui fallait du recul tout comme il lui en fallait à lui aussi. Sans dire mot de plus, la serveuse se retourna et franchit la porte non sans lancer un nouveau regard à son meilleur ami avant de l’ouvrir.
Revenir en haut Aller en bas

remember that every good friend was once a stranger. (christy)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
DOWN WITH LOVE :: 
 :: Echo park :: patty's dinner
-
Poster un nouveau sujet