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remember that every good friend was once a stranger. (christy)

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MessageSujet: remember that every good friend was once a stranger. (christy) Lun 20 Mar - 17:21

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(fillette)
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Liam s’arrêta un instant devant l’entrée du petit restaurant, fixant l’enseigne sans réussir à retenir son soupir. Il connaissait cet endroit par cœur, pour y être déjà venu des dizaines et des dizaines de fois. Même depuis qu’il était rentré, il était déjà passé devant. Par hasard quand en courant le matin son chemin passait devant ; mais plusieurs fois il s’était retrouvé là, hésitant avant de finalement faire demi-tour. Il trouvait d’ailleurs ses hésitations complètement ridicules et pourtant il l’avait fait plus d’une fois. Peut-être qu’il était temps de passer à autre chose. Le faire à l’autre bout du monde n’était pas très compliqué. Ses pensées étaient déjà bien assez occupées pour qu’il arrive à mettre de côté ce sujet. A un certain stade, c’était même une question de survie. Presque un peu naïvement, il avait cru qu’en rentrant chez lui ce serait pareil. Que cela ne changerait rien. Mais finalement, le jeune homme aurait dû s’en douter. Rentrer signifiait aussi retrouver ses habitudes et tout ce qui faisait que la vie à Los Angeles était bien plus douce et agréable que n’importe quel pays qu’il avait pu traverser ces dernières années. Mais rentrer sans pouvoir retrouver toutes ses habitudes n’était pas aussi palpitant que cela l’avait été. Il lui manquait quelque chose. Quelqu’un. Liam pouvait bien essayer de faire croire ce qu’il voulait à qui il voulait, se mentir à lui-même ne marchait pas bien longtemps. Elle lui manquait. Elle, autant que le temps qu’ils avaient l’habitude de passer ensemble. Rentrer chez lui sans retrouver sa présence, ses mauvaises blagues et ses sourires, c’était complètement différent. Et si Liam n’avait rien contre le changement, il avait définitivement du mal à s’habituer à celui là. Alors plus d’une fois, il avait hésité. Aller la voir. Essayer de lui parler. Lui envoyer un message. Même s’il avait bien vite renoncé à cette dernière idée parce que la connaissant, elle l’aurait probablement tué dans l’heure qui suivait pour avoir osé penser qu’un message était une bonne idée. Mais à chaque fois qu’il s’était retrouvé devant le restaurant, il n’était jamais rentré. Il se souvenait encore trop bien de son visage ce jour-là. Ses traits tirés par la tristesse et sans doute aussi un peu la colère. Elle s’était envolée en un quart de seconde et avait été complètement sourde à ses appels. Il aurait pu la rattraper, il le savait. Et ce jour-là, il avait même failli le faire. Mais à quoi bon, finalement… Lui faire encore plus de mal parce que ce qu’il avait à lui dire était bien loin de ce qu’elle avait envie d’entendre. Il pensait qu’elle comprendrait. Elle avait toujours compris. Elle arrivait toujours à voir le côté positif des choses, même s’il ne devait y en avoir qu’un seul. Sauf ce jour-là et Liam ne pouvait pas lui en vouloir. Peut-être que c’était de sa faute. A ne pas vouloir la blesser et l’inquiéter trop longtemps avant, il avait fait trainer les choses. Jusqu’à ce que ce ne soit plus possible. Mais il ne pouvait rester comme cela indéfiniment. A se demander s’il y avait une quelconque chance pour qu’il retrouve sa meilleure amie un jour. Il avait affronté des dizaines d’hommes et de situations bien plus dangereuses que celle que représentait passer la porte de ce fichu restaurant pour aller lui parler. Il était soldat depuis assez longtemps pour savoir ce que le courage pouvait représenter. Pour savoir comment il s’exprimait. Mais non… Une simple porte et l’idée qu’elle ne veuille même pas lui parler l’empêchait d’avancer. Cependant s’il voulait crever l’abcès, il n’y avait qu’un seul moyen. C’était lui qui était parti, c’était sûrement à lui de faire le premier pas. Quand bien même ses sœurs avaient vendu la mèche sur son retour, il la connaissait assez bien pour savoir qu’elle ne viendrait pas. Pas après tout ce qu’il s’était passé entre eux. Mais Liam n’arrivait pas à s’y résigner. Pas encore. Un nouveau soupir s’échappa de la barrière de ses lèvres. Qu’il y aille maintenant ou un autre jour, cela ne changerait absolument rien de toute façon. En passant la porte, ses yeux firent le tour du restaurant constatant que rien, ou presque, n’avait changé. Son regard glissa ensuite sur les deux serveuses près du comptoir sans reconnaitre une silhouette familière et il eut presque envie d’en profiter pour faire demi-tour. Tant qu’elle ne le voyait pas, il pouvait encore s’échapper. Bravo le courage du militaire. Mais Liam continua tout de même à avancer, s’installant à la table qui faisait le coin de la salle, malgré le peu de clients qui s’y pressaient en plein milieu d’après-midi. Une des serveuses s’approcha de lui et Liam leva la tête, esquissant un sourire. « Je vais prendre du café, s’il vous plait. » Elle hocha la tête et s’apprêtait à repartir avant que le jeune homme ne la rattrape. Les idées de dernière minute n’était pas toujours les meilleures, mais il n’avait que celle là alors il ferait avec. « Attendez ! Est-ce que vous pourriez dire à Christy que j’aimerais des pancakes avec des bananes, des framboises, des pistaches et de la sauce au chocolat ? » La serveuse lui adressa un regard étrange qui l’aurait, sans aucun doute, fait rire si c’était à un autre moment. « Dites-lui simplement. S’il vous plait. » Il lui adressa un sourire en espérant que ce soit suffisant pour qu’elle accepte de transmettre son message. Il la vit disparaitre derrière une porte et passa une main dans ses cheveux. Quelle idée, il avait eu de venir jusqu’ici. Mais c’était cela ou accepter de dire adieu à sa meilleure amie et ça, il n’en avait pas envie.
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MessageSujet: Re: remember that every good friend was once a stranger. (christy) Dim 9 Avr - 14:59

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Combien de fois avait-elle regardé par-dessus le comptoir pour regarder en direction de la rue ? Combien de fois avait-elle pensé que sa silhouette se dessinerait aux abords de l’angle ou bien que son visage apparaît tel une évidence de l’autre côté de la porte vitrée du restaurant ? La jeune fille ne comptait plus ses coups d’œil, ni même les fois où elle s’était retournée après son service alors qu’une voix masculine fendait l’air plus loin et osait lui faire croire en un fantôme du passé. Et à chaque fois le résultat en était le même. Il n’y avait personne ou seulement des visages inconnus devant lesquels elle se heurtait et à qui elle affichait son sourire le plus jovial, comme d’habitude. Et puis, elle terminait ce petit manège, en baissant son regard et en continuant sa route. Victime de ses propres douleurs, désireuse de s’en défaire pour ré endosser le rôle de cette grande sœur à la force inébranlable. Son sourire finissait toujours par lui revenir. Il suffisait, par exemple, qu’elle compose le numéro de l’une de ses sœurs et que les intonations des voix de ces dernières ne commencent à peine à chanter de l’autre côté du combiné, pour que tout redevienne comme avant. Enfin, pas tout à fait. Disons qu’elle essayait de faire en sorte que tout redevienne comme avant. Christy pensait même réussir dans ce domaine, laissant croire à ses proches qu’elle allait bien et que l’espoir demeurait intact. Il fallait qu’il en soit ainsi. Pour Isabella surtout et pour Anastasia aussi. Toutes les deux méritaient que quelqu’un y croit pour elles et que cette personne tienne à garder un rôle heureux, souriant et d’autant plus fier de ses convictions à mesure que la vie avançait et se plaisait à mettre en exergue des épreuves difficiles pour chacun. Le départ d’Anastasia avait été difficile, douloureux même, mais pourtant il paraissait moindre en comparaison de cette douleur qui avait saisi l’aînée des Palmer lorsqu’on lui avait appris que les jours d’Isabella étaient comptés. Le pardon s’était alors dévoilé comme le meilleur des remèdes, peut être même le restait-il encore aujourd’hui ? Puisqu’il avait permis un mieux pour la santé de la plus jeune, laissant de côté cette frayeur des plus fatales pour permettre un meilleur retour à la normale. Tant bien même que la normalité n’était pas encore acquise complètement, il n’en restait pas moins que le sourire perçait, que ses yeux rieurs survivaient et ce même si son cœur n’était plus entier depuis quelques temps déjà. Personne n’avait osé lui poser des questions à ce sujet. Tous avaient su reconnaître de la peine et surtout cette absence qui restait encore aujourd’hui. Pourtant Christy souriait toujours. Elle se plaisait à le faire et à l’échanger dès que les occasions se présentaient. Elle l’avait même offert à la sœur de son meilleur ami lorsqu’elle l’avait appelé ce jour là et quand elle avait appris de son retour. Dans un autre temps, Christy en aurait été la première informée et se serait empressée d’établir des plans pour leurs retrouvailles. Il aurait juste eu le temps de poser un pied sur le sol que déjà, elle l’aurait entraîné jusqu’à la plage pour qu’ils s’y promènent comme lorsqu’ils étaient plus jeunes, après quoi, ils auraient été rendre visite à sa petite sœur, et auraient terminé leur petit rituel derrière cette bonne assiette remplie de gourmandises. Ils en auraient profité tout simplement tout comme ils auraient continué à le faire les jours d’après jusqu’à son nouveau départ pour la caserne. Hélas, tout ceci faisait parti du passé. Un passé dans lequel Christy aimait se réfugier lorsque l’occasion s’y prêtait ou tout simplement lorsqu’elle en ressentait le besoin. Et à chaque fois qu’elle y accédait, son sourire s’effaçait pour laisser place à des remords, ceux qui avaient eu raison de leur amitié et qui les avaient probablement séparés pour toujours. Peut-être qu’en remontant le temps, il aurait mieux valut effacer cette histoire ? Ainsi ils seraient toujours ensemble et n’en seraient que plus heureux. Pourtant Christy ne voulait pas se défaire de ce souvenir là. Tant ce qu’elle avait ressenti lui avait parût chargé d’énormément de conviction et de bonheur. Une part d’elle avait ressassé cet instant, le vivant à nouveau en changeant quelques uns des détails, juste pour qu’il comprenne enfin qu’elle n’avait jamais voulu son mal. Une part d’elle savait pourtant qu’il l’avait admis, puisqu’il l’avait rappelé plusieurs fois, mais trop entêtée la jeune fille n’avait pas répondu. A quoi bon ? Ils se seraient probablement disputés et ce n’était pas la meilleure chose à faire alors qu’il devait se concentrer sur sa carrière. Son métier était assez difficile comme cela pour qu’elle ne lui en rajoute une couche de plus. Au lieu de cela, Christy avait décidé d’ignorer, d’accepter le choix qu’il avait fait depuis qu’il était tout petit. Tant est si bien qu’elle s’était convaincue que s’effacer serait la meilleure chose qui aurait pu arriver à Liam. Très certainement à tort d’ailleurs. Car plus les jours étaient passés et plus son absence lui était difficile. Beaucoup auraient pu croire que le temps aurait eu raison de cette douleur, Christy en avait été la première à le croire d’ailleurs. Mais elle s’était complètement leurrer sur le sujet. Au lieu de s’estomper, ce mal ne faisait que grandir, les jours suivaient les autres comme les grains de sable se déversaient dans le sablier, mais son absence était toujours considérable. Plusieurs fois elle avait repris son téléphone et s’était empressée de chercher le contact de son meilleur ami pour l’appeler. Mais dès que la question de savoir sur quel sujet allait porter leur conversation arrivait devant elle, la serveuse se contentait d’éteindre son écran et de fourrer son téléphone dans le fond de son sac. Autant l’avouer, elle craignait Liam et que tout ce qu’ils avaient pu vivre ne devienne que des débris d’un vase qui venait à peine de se briser en mille morceaux. Chose qu’elle ne voulait pas. Sa force n’était pas aussi grande que tous osaient bien le croire, puisqu’il lui suffisait de songer à cela pour que son sourire s’évapore et que ses yeux prennent un air attristé et déçu. Etre heureuse pour les autres s’avérait être une option beaucoup plus facile que celle d’avoir à affronter ses propres peines. Voilà pourquoi, alors que sa collègue l’appelait pour la deuxième fois, Christy donnait tout l’air de revenir son terre et d’offrir un de ses plus beaux sourires alors que son fantôme s’envolait tout juste. « J’y vais, excuse moi … Je m’étais encore perdue dans les étoiles. » Un rire pareil au tintement du cristal contre la roche s’échappa d’entre ses lèvres dans le même temps qu’elle défaisait le nœud de son tablier. Une pause ne serait pas de refus et parviendrait surement à lui permettre de reprendre une meilleure contenance. Un nouveau sourire marqua la complicité qui unissait les deux collègues. Depuis le temps, elles connaissaient à toutes ses connaître et Christy ne ratait jamais une occasion d’en apprendre un peu plus sur les autres. « Bon courage et à toute à l’heure. » De son ton enjoué, la serveuse s’en alla du côté des cuisines et commanda à ses autres collègues de quoi se restaurer pendant sa pause. Elle échangea avec eux quelques banalités, des sujets de conversation mettant en avant les divers programmes télévisés qu’ils suivaient ou simplement des informations concernant leurs prochains services et leurs horaires. Et dix minutes plus tard, elle s’en alla dans l’arrière boutique, dans cette salle réservée au personnel. Bien sûr, elle ne tarda pas à retrouver son téléphone portable et à envoyer un message à Isabella afin de prendre de ses nouvelles. Christy avait pris l’habitude de le faire depuis cet épisode. Et au moment où elle envoya son message, ses doigts défilèrent inconsciemment vers un nouveau contact, le sien. L’habitude aurait fait qu’elle lui aurait envoyé un message à lui aussi pour savoir si ils auraient pu se voir après son service, elle lui aurait surement proposé une soirée chez elle pour qu’ils regardent cette série qu’ils connaissaient par cœur mais qu’ils se plaisaient à redécouvrir à chaque fois qu’il était en permission. Mais malheureusement ce temps était révolu. Ses lèvres se pincèrent et la jeune fille finit par éteindre à nouveau son écran de téléphone avant de le retourner sur la table pour commencer à manger. Elle se tourmentait pour rien, elle le savait. Elle connaissait assez Liam pour savoir qu’il ne s’ennuierait pas. Probablement qu’ils organiseraient une soirée cinéma avec Janae et les jumelles s’inviteraient. Ils seraient ensemble et son meilleur ami ne verrait surement pas le temps passer, comme à chaque fois qu’il revenait ici en permission. Instinctivement, la tête de Christy se mit à se secouer d’une manière négative alors qu’un sourire moqueur trahissait ce qu’elle ratait. Ce passé lui manquait, il n’y avait aucun doute la dessus. Mais pourtant, ce n’était pas à elle de retourner vers lui. Elle avait arraché son cœur juste sous ses yeux et lui avait tendu pour qu’il le chérisse, elle l’aurait attendue à chaque fois qu’il aurait repris l’avion, l’aurait surement sermonné de ne pas faire assez attention, mais à chaque fois elle aurait été heureuse de pouvoir partager ne serait-ce qu’un instant de plus avec lui. Mais au lieu de cela, il lui avait planté une lame dans le cœur et avait fait naître en elle ce sentiment de culpabilité qui la rongeait à mesure qu’elle prenait conscience de sa naïveté. Et tout avait changé depuis lors. Même le goût des gaufres et du coulis de chocolat était différent. Même le soleil pourtant si chaud ne donnait plus l’impression de la réchauffer non plus. Tout demeurait terne et austère, voilà pourquoi il fallait qu’elle réussisse à l’embellir un peu. C’était ce qu’elle espérait réaliser en tout cas. Son regard se redressa au moment où la porte devant elle donna l’impression de s’ouvrir, laissant ainsi entrevoir sa collègue de toute à l’heure. La bouche pleine, Christy ne manqua pas de lui adresser un sourire pareil à ceux des enfants. « S’cuse mais y a un client qui vient de me dire qu’il fallait que tu lui serves des pancakes avec des framboises, des pistaches, du coulis de chocolat et… » Petit à petit le sourire de Christy se perdait, laissant place à une stupeur négative sur son visage. « Raaa j’arrive pas à me souvenir l’autre truc, mais c’était aussi improbable que tout le reste…. » Ses yeux se froncèrent et elle avala en vitesse ce qu’elle avait dans la bouche avant de s’éclaircir la gorge. « Hum… des bananes ? » Son cœur était en train de lui donner l’impression de s’être complètement arrêté. « Oui c’est ça !!! Des bananes !!! C’est quoi ce mélange ? Tu le connais ? » L’aînée des Palmer donna l’impression de laisser perdre son regard dans le vague. Alors qu’elle ne savait même plus comment s’effectuait le cycle d’inspiration et d’expiration au moment où le cheminement entre la commande et la personne qui la désirait s’effectuait. « Christy ? ça va ? T’es blanche… » La voix qu’elle entendait lui paraissait lointaine alors qu’elle fermait ses yeux pour essayer de comprendre ce qui était en train de se passer. Liam était ici et il venait de demander à la voir. Déjà toutes les émotions commençaient à s’emmêler ne lui laissant pas d’occasion de reconnaître laquelle était mise en avant. Ce ne fut que lorsqu’elle sentit la main de sa collègue sur la sienne, qu’elle se mit à la regarder et à prendre conscience qu’elle lui faisait peur. « ça va t’inquiète pas. Je vais m’en occuper, je le connais. » Aucun sourire ne s’immisça cette fois, seuls ses sourcils se mirent à se froncer à mesure qu’elle se levait et qu’elle se dirigeait vers les cuisines pour demander des pancakes. Silencieuse, elle effectua les tâches prévues à l’effet d’une bonne préparation d’une commande. Elle n’était qu’une employée et refuser de servir aurait pu lui porter préjudice, elle le savait très bien. Elle aurait même pu croire que couper les bananes l’aurait apaisé ne serait ce qu’un peu. Mais au lieu de cela, elle sentait sa colère se raviver, celle du fait de cette injustice dont elle avait été victime quand il avait agit comme il l’avait fait. « Il a demandé un café aussi. » «Tu peux lui servir, j’arrive. » D’ordinaire Christy ne parlait jamais sur un ton aussi sévère et encore moins autoritaire. Et cela eut le don de l’énerver davantage alors qu’elle notait les divers regards échangés entre le cuisinier et sa collègue. Cette dernière partit la première et Christy s’enquit de faire le tour de l’autre côté de manière à faire quelques pas de plus sans avoir à se retrouver face au regard de son meilleur ami. L’assiette en main, elle inspira fortement en fermant les yeux avant de souffler et de pousser enfin cette porte qui la menait tout droit vers la salle de service. Et à peine avait-elle effectué quelques pas qu’elle reconnut sa silhouette. Cette dernière lui donna envie de faire demi-tour afin de s’enfermer derrière et ne plus le voir. Elle n’était pas prête, du moins pas encore et cette confrontation ne lui plaisait pas. Pourtant il y avait cet autre sentiment qui était heureux de le voir ici et qui n’attendait qu’une chose : qu’ils se sourient l’un l’autre pour se retrouver. Mais trop aveuglé par la mauvaise partie, Christy se contenta de déposer l’assiette devant Liam avant de l’affubler d’une claque en plein visage et de tourner les talons pour repartir de l’endroit où elle était venue. Mais son corps en avait décidé autrement. Puisqu’à peine avait-elle tourné les talons que déjà elle s’arrêtait d’une manière nette et qu’elle formait des poings avec ses mains. Pourquoi l’avait-elle giflé ? Elle n’en savait fichtrement rien mais la colère qu’elle ressentait restait intacte malgré ce geste. Ou plutôt si, il l’avait mérité, quel culot il avait de venir ici après tout ce temps. Mais en même temps, il avait fait un pas en avant en venant la voir. Christy s’énervait tout seule à ne plus savoir quoi penser, ni même sur quel pied danser. Il était là voilà tout et c’était maintenant qu’elle devait faire son choix. Repartir et souffrir ou rester et voir ? Elle finit par souffler bruyamment et suivit le choix qui lui était le plus évident. Elle se retourna une nouvelle fois, donnant l’occasion à Liam de constater à quel point elle était une vraie girouette à cause de lui, et vint tirer la chaise devant lui afin de s’y installer sans pour autant oser le regarder. « T’as l’air en forme. » C’était un début comme un autre, même si le ton laissait nettement présager qu’elle était complètement perdue et énervée, il n’en restait pas moins qu’elle ne se voyait pas ailleurs qu’avec son meilleur ami. C’était évident qu’elle le choisirait toujours, peu importe le mal qu’il lui faisait, la colère qu’il éveillait en elle, Liam resterait à tout jamais sa Banane. « Je savais que tu étais de retour, Janae t’a vendu. » lui avoua t-elle en haussant ses épaules comme si engager la conversation de cette manière permettrait d’apaiser un peu les tensions. « Ca doit être la fête à la maison. » Elle ne le regardait toujours pas, elle n’y parvenait pas parce qu’elle savait qu’il lui en voulait de son geste et qu’il se retenait de partir. Est-ce qu’elle le retiendrait s’il le faisait ? Pour l’heure, Christy préférait attendre plutôt que tirer des conclusions, elle avait eu l’exemple de ce que cela engendrait une fois, elle ne voulait pas recommencer. « Je suppose que tu veux des nouvelles d’Isabella. Elle va mieux, elle ne va plus trop tarder à rentrer, tu pourras aller la voir chez mes parents, elle sera contente. » Ils avaient tant partagé depuis toutes ses années que l’évidence de parler de ses sœurs devenaient un échappatoire pour elle. Liam la connaissait par cœur elle aussi et savait pertinemment que ce sujet de conversation était également un moyen de lui laisser entrevoir que les autres Palmer comptaient sur lui, tout comme elle pouvait le réaliser même si elle lui en voulait.
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MessageSujet: Re: remember that every good friend was once a stranger. (christy) Ven 19 Mai - 15:42

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Peut-être qu’il n’aurait jamais dû venir ? Ne jamais passer cette porte et essayer, tant bien que mal, de continuer sa vie. D’aller se balader sur la plage tout seul et de prévoir d’autres choses avec d’autres personnes. Finalement, la ville était bien assez grande pour qu’il ne la recroise pas. Pour qu’ils puissent vivre chacun de leur côté sans interférer dans la vie de l’autre. L’idée ne semblait pas si mauvaise, en fin de compte. Encore moins après le coup d’œil étrange que la serveuse lui avait lancé avant de disparaitre derrière la porte réservée au personnel. Peut-être qu’il n’était plus à sa place et que sa venue, aussi surprenante soit-elle, n’était pas forcément la bienvenue. Après tout, ils ne s’étaient pas vus depuis longtemps. Trop longtemps sûrement pour deux personnes, deux amis, qui avaient passé quasiment tout leur temps ensemble depuis leur huit ans. D’ailleurs, Liam n’avait jamais imaginé un seul instant que cela puisse se finir ainsi. Elle et lui ne se voyant plus. Ne se parlant même plus. A deux, ils avaient pourtant survécu à tout. A la mort de son père. A la maladie de la petite sœur de Christy. A leurs blagues pas drôles. Au lycée. Surtout au lycée. Ce moment où presque personne ne comprenait comment ils pouvaient être si proches, comment ils faisaient même pour être amis depuis si longtemps. Sans que rien n’ait changé. Mais eux ne s’étaient jamais posé ce genre de questions. Ils avaient grandi ensemble et Christy resterait toujours la fillette avec ses couettes brunes et ses collants maya l’abeille, râlant dans son coin avant d’éclater de rire la minute suivante. Et elle lui manquait. C’était sans doute cela qui l’avait poussé à venir jusqu’ici. Parce que malgré tout ce qu’il s’était passé, il ne pourrait pas effacer tous les souvenirs qu’ils avaient en commun. Tous les moments qu’ils avaient pu avoir ensemble. Pendant leur enfance, leur adolescence et même quand il rentrait, entre deux missions, et que la jeune femme prenait très à cœur sa propre mission de lui changer les idées. Cela avait toujours été quasiment impossible de l’arrêter quand elle avait une idée en tête. Alors il la laissait faire, se contentant de soupirer une ou deux fois ou de lever les yeux au ciel pour lui montrer qu’elle n’avait pas besoin d’en faire autant. Bien sûr, parler à un sourd aurait eu le même effet mais… au moins il avait essayé. Il ne pouvait même pas lui en vouloir parce qu’il savait qu’elle faisait tout cela pour lui et parce qu’elle en avait envie. Dans la catégorie personne qui pense aux autres avant de penser à soi-même, elle était la plus grande championne et le jeune homme doutait même de voir quelqu’un arriver à la détrôner un jour. Sauf si elle arrêtait d’être elle-même. Comme cela allait sûrement être le cas face à lui. Parce qu’il l’avait blessé. Sans le vouloir, sans même le chercher mais le résultat était le même. Des années avaient beau être passées depuis, il continuait à voir son visage : son sourire s’effacer peu à peu de son visage, la lueur de malice qui habitait habituellement ses yeux s’évaporer ensuite doucement remplacée par un éclat de tristesse qu’il n’arrivait pas à oublier. Parce que c’était à cause de lui. Parce que c’était lui qui lui avait fait tout cela. C’était lui qu’elle avait fuit ensuite, sans se retourner malgré le nombre de fois où il avait essayé de l’appeler. Mais il ne pouvait pas la forcer et il ne le voulait pas non plus. Peut-être qu’il s’y était mal pris ce jour-là mais partir n’avait jamais été son choix. Où il l’avait été, bien des années avant, maintenant cela faisait simplement partie de son travail même si ça ne tombait pas toujours au bon moment. Même s’il ne savait pas toujours comment présenter les choses parce que pour lui cela semblait tellement évident. Il avait bien essayé de lui parler à nouveau. L’appelant quelques fois, lui envoyant des messages. Mais  à force de se confronter à son silence, Liam avait fini par abandonner. Si elle ne voulait plus lui parler, c’était son droit et lui n’avait qu’à… s’y faire. Alors peut-être, qu’effectivement, il n’aurait pas dû venir. Christy ne lui avait jamais répondu, ne lui avait plus envoyé un seul message depuis ce jour-là et quelque part cela voulait bien dire quelque chose. Liam en avait conscience, mais d’une certaine manière il refusait simplement de l’admettre. Parce que ce serait comme renier l’enfance qu’il avait passé avec elle et tout ce qui avait suivi. Il ne pouvait pas simplement faire comme si rien de tout cela n’avait existé, comme s’ils n’avaient jamais été amis et comme si elle ne lui manquait pas. Finalement c’était comme faire une dernière tentative. Au moins, il pourrait se dire qu’il avait essayé mais qu’il n’y avait plus rien à faire. Qu’il n’avait simplement pas correctement réagi ce jour-là et que depuis tout était déjà perdu. C’est d’ailleurs ce qu’il commençait à se dire alors que la serveuse revint vers lui, posant son café sur la table et lui jetant un regard encore plus étrange et interrogatif que le premier. Liam se contenta de la remercier sans rentrer dans son jeu. De toute évidence, Christy était là mais n’avait rien dit alors ce n’était pas lui qui allait balancer les informations comme ça. Il commençait à avoir l’habitude des histoires inventées, ses propres sœurs s’étaient adonnées à ce jeu alors une personne de plus ou de moins. Liam prit la tasse entre ses mains, buvant un peu de café comme si cela allait aider à faire passer le temps plus vite. Le silence de la serveuse ne l’avait pas aidé et il ne savait même pas s’il avait une chance de l’apercevoir ou pas. Mais la réponse à sa question arriva bien vite, en même temps que Christy, une assiette de pancake –qui en d’autres circonstances aurait été parfaite–  et une gifle, inattendue mais suffisamment forte pour que sa tête suive le mouvement sur quelques centimètres. Passant une main sur sa joue, Liam ignora les regards curieux des quelques clients présents et ses yeux se posèrent sur la silhouette de la jeune femme. Dos à lui, il imaginait sans mal qu’elle allait sans aller sans dire un mot mais elle s’arrêta. Le jeune homme serra les lèvres et sa main libre se resserra autour de la tasse. Cela lui apprendrait à faire le premier pas, tiens… Pour un tel remerciement, la prochaine fois il s’abstiendrait à coup sûr. Il avait déconné, il n’avait jamais cherché à le nier mais depuis lui, au moins, avait essayé de lui reparler. De renouer le contact. Ce qu’elle n’avait jamais prit la peine de faire et pourtant c’était encore lui qui en subissait les conséquences. Il savait que Christy était rancunière mais il n’avait jamais imaginé qu’elle puisse l’être autant avec lui. Mais cette fois-ci, il ne voyait pas ce qu’il pouvait faire de plus. Si elle se contentait de partir, comme ça, alors au moins il saurait à quoi s’en tenir. Peu importe la douleur que cela représenterait, au moins il saurait. Presque aussi étonnant que sa première réaction, elle se retourna à nouveau, fit quelques pas et s’installa sur la chaise en face de lui. Dans d’autres circonstances, le jeune homme aurait probablement pu en sourire. Ils ne s’étaient pas retrouvés dans la même pièce depuis bien longtemps, encore moins l’un en face de l’autre. Il haussa un sourcil, réprimant un rire moqueur parce que ce n’était sans doute pas le moment de se lancer dans ce genre de chose. « Ouais… J’ai connu pire. Mais je peux dire la même chose pour toi, je me souvenais pas que tu avais autant de force. » Dans ses souvenirs, il n’avait jamais eu à tester sa force non plus, cela dit. C’était bien la première fois qu’elle s’emportait ainsi contre lui et peut-être qu’il l’avait mérité mais ça ne rendait pas les choses plus faciles à vivre pour autant. En fait, s’il se contentait d’écouter son égo et sa propre rancœur, il attendrait le bon moment pour se lever et la laisser là, toute seule à cette table. Liam la connaissait assez pour savoir quel effet cela aurait sur elle. Il savait exactement quelle pensée traverserait son esprit. Mais l’un comme l’autre, ils en avaient déjà sûrement assez fait. Parce que partir à son tour signifiait tirer une croix définitive sur leur amitié, sur eux et cette idée là était bien pire qu’un égo un peu malmené. Le regard de Liam s’attarda sur elle, retrouvant les mêmes petits détails qu’il avait appris à connaitre, les mêmes airs passés sur son visage alors même qu’elle ne levait pas les yeux. « Ça ne m’étonne pas d’elle, elle n’a jamais su tenir sa langue. » finit-il par répondre doucement avant d’hausser les épaules à son tour, même si elle ne pouvait pas vraiment le voir. « Tu les connais, j’ai pas pu faire trois pas sans en avoir au moins une sur le dos. C’est toujours comme ça au début et puis au bout d’une semaine ou deux ça se calme, elles reprennent un peu leurs habitudes. Même si elles font toujours en sorte que j’sois pas trop loin. Cela dit, les jumelles ont grandi trop vite. » Il eut un léger sourire à la pensée de ses deux petites sœurs. Dans le fond, il ne savait pas vraiment pourquoi il lui racontait tout ça. Sans doute parce que parler de sa famille ou de celle de Christy était plus facile. Parce que pendant encore quelques minutes, ils pouvaient faire semblant et faire comme si un fossé ne s’était pas creusé entre eux. Mais l’illusion allait bien finir par s’estomper, tôt ou tard, et le retour à la réalité n’en serait que plus dur. « Tu dois être soulagée, non ? » Il savait combien ses sœurs comptaient pour elle. Au moins autant que les siennes ne comptaient pour lui. Et il avait toujours admiré Christy et la façon qu’elle avait eu de gérer, de tenir bon face à la maladie de sa petite sœur. Elle avait été plus forte que n’importe qui. « J’irais la voir, oui. » Il l’avait vu grandir alors il lui devait au moins ça à cette petite. Maintenant que le sujet famille, autrement le sujet échappatoire s’approchait de l’épuisement, Liam avait l’impression de redevenir un enfant. Le genre d’enfant qui ne savait jamais quoi dire, de peur de faire une bêtise. Un léger silence s’installa entre eux, ce qui normalement n’arrivait jamais. Pour s’occuper, il prit une gorgée de café, constatant qu’un ou deux curieux continuaient à les regarder du coin de l’œil ; attendant sûrement le prochain débordement et une nouvelle gifle. Posant sa tasse sur la table, Liam jeta un coup d’œil à sa meilleure amie. « Tu comptes regarder la table éternellement ? » Il n’avait pas pu s’en empêcher. La patience n’avait jamais été son point fort et ne le serait jamais, de toute évidence. De toute façon ils ne pouvaient pas rester, là, comme ça à s’observer mutuellement sans jamais se regarder et laisser le silence gagner. Un soupir passa la barrière des lèvres du jeune homme. Définitivement pas de patience. « Ecoute Christy, j’suis pas venu… Tu sais que je te forcerais pas à faire quelque chose que t’as pas envie de faire. Je voulais juste te voir et je m’étais dit que parler ne serait pas une si mauvaise idée. Mais peut-être que je me suis simplement trompé et qu’il n’y a plus grand-chose à dire… Alors, si tu veux pas, il suffit de le dire. Ou de rester silencieuse et je m’en vais… » Le regard de Liam se posa sur l’assiette de pancake qu’elle avait posé sur la table juste avant de laisser parler sa colère sur lui. Il la désigna d’un geste de la main avant de rajouter : « T’auras qu’à les manger… De toute façon, c’est toujours toi qui commençais. » Pour qu’elle puisse choisir le côté qui lui plaisait le plus et ensuite Liam ne l’entendait pas ronchonner parce qu’il avait plus de morceaux de bananes qu’elle. Une chose était certaine, sa meilleure amie allait lui manquer.
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MessageSujet: Re: remember that every good friend was once a stranger. (christy) Ven 9 Juin - 10:10

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Remember that every good friend was once a stranger

(banane)
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Friendship means understanding, not agreement. It means forgiveness, not forgetting. It means the memories last, even if contact is lost.


Ce geste était-il libérateur ou accusait-il plutôt le coup d’un nouvel essor de culpabilité ? Cette vision était-elle apaisante ou engendrait-elle des l’avènement de nouveaux doutes ? Sa présence était-elle signe d’un renouveau ou avait-elle un arrière goût d’absence à affronter à nouveau ? Le tiraillement quant à cette confusion ne cessait de semer le doute dan l’esprit de la serveuse alors qu’elle n’avait jamais osé envisager un tel destin pour leur amitié. Eux, qui étaient toujours heureux de se retrouver afin de rire et de laisser de côté le monde pour quelques temps. Eux qui le reconstruisaient d’ailleurs à l’aide de blagues bien à part, de pancakes et de balades sur la plage. Eux, qui savaient se soutenir malgré la distance et qui n’avaient jamais laissé cette dernière être un prétexte pour les séparer. Jusqu’à ce jour là… Jusqu’à ce moment où il avait décidé qu’il devait en être ainsi sans même lui laisser le choix de le retenir. Une erreur qu’elle avait sans nul doute commise, un défaut qui lui manquait, tant sa témérité l’avait abandonné au détriment de cette tristesse qui avait eu raison d’elle. Tristesse ou rancœur. Les deux se confondaient pour lui laisser entrevoir un monde dans lequel sa naïveté n’était qu’une excuse de plus pour la plonger dans cette sorte de typhon sans fin. Une chute libre qui ne saurait jamais s’arrêter, du moins, pas tant qu’elle ne pourrait l’apercevoir pour une dernière fois encore. Ce goût d’inachevé l’avait saisi dans le même temps que la torpeur, dans laquelle elle s’enfermait, lui laissait appréhender un monde terne, ombragé, et désuet de toute cette joie qu’elle devait toujours renvoyer aux autres. A quoi bon le faire alors qu’elle était victime d’une peine à jamais consolé ? Plus les jours les séparaient et plus la douleur augmentait, de cette même manière que son manque ne disparaîtrait jamais. Son meilleur ami ne saurait jamais être oublié, l’idée même que cela puisse se faire un jour avait tendance à raviver les soubresauts de ses souvenirs afin de lui rappeler de l’impossibilité de l’acte. Liam était sa Banane, ce petit garçon qui lui avait tendu son stylo alors qu’on lui avait volé sa trousse, cet adolescent qui l’avait défendu une fois dans la cours de récré parce qu’on s’était moqué de son accoutrement bizarre, ce jeune homme qui l’avait soutenu lors de leurs premières beuveries, cet homme qui veillait à lui prouver que le monde n’était pas aussi difficile que ça et que même si ils étaient adultes, les soucis qu’ils vivaient n’étaient pas insurmontables. C’était lui qui, avait pu, forger sa force devant la maladie d’Isabella, devant les moqueries qu’elle avait pu entendre, devant ses rêves souvent idiots. Lui et pas un autre. Il n’y en aurait jamais un autre de toutes les manières. La difficulté de ces retrouvailles résidait dans le fait que la jeune fille ne savait plus sur quel pied danser. Devait-elle agir de manière à mettre en évidence qu’il y avait de l’espoir ? Ou au contraire devait-elle se protéger pour s’éviter une nouvelle déception à venir ? Son combat intérieur continuait, violentaient chacune de ses réponses à mesure que d’autres questions assaillaient son esprit, comme si, la solution n’était pas aussi facile que ce qu’elle aurait pu le croire. Sa vie ne ressemblait plus à rien depuis qu’il n’en faisait plus parti. Elle n’était que succession de faux semblants, d’enchaînements de révélations plus ou moins douloureuses, surtout douloureuses en fait. Puisque jamais Christy n’aurait pu croire entendre cette désignation de « dommage collatéral » de la part de sa jeune sœur. Cette expression lui avait forcément engendré de nouvelles vagues de questionnements. Si elle s’avérait être ainsi pour Anya, alors probablement qu’elle se présentait exactement sous la même forme pour son meilleur ami. Finalement, la serveuse ne voyait pas d’autre solution que celle là. Puisqu’elle n’avait pas pu le retenir, voire même, l’amener sur les prémices d’une conversation qui auraient peut être eu raison de tous ces doutes aujourd’hui. Apparemment sa défaite devait s’apparenter à cette désignation. Un dommage collatéral. Une erreur qu’on peut commettre sans état d’âme. Quelqu’un qu’on peut simplement oublier afin de mieux avancer. Les enseignements de son père prenaient une toute autre orientation, maintenant qu’elle avait pu être victime de cela. Maintenant, qu’elle était une adulte et que les responsabilités s’avéraient être toute autres que celles mettant en évidence la colère d’un parent ou d’une sœur parce qu’elle préférait passer du temps avec lui sur la plage à chercher des coquillages plutôt que rentrer pour faire ses devoirs. Tout cela donnait même l’impression de s’imprégner dans ses souvenirs tels des rêves qu’elle n’avait jamais connus. Pourtant, il s’agissait de cette réalité qu’elle espérait retrouver un jour ou du moins qu’elle espérait pouvoir apprendre à partager à nouveau avec son meilleur ami. Mais maintenant qu’elle était là, juste devant lui, capable de reconnaître sa silhouette entre mille, Christy ne savait plus ce qu’elle désirait vraiment. Son cœur tambourinaient des allures mettant en évidence des cadences arrêtées mais également plus vives. Les souvenirs se présentaient à nouveau sous ses yeux, lui permettant d’entrevoir à nouveau ce sourire satisfait devant lequel elle se confrontait à chaque fois qu’elle revenait avec son assiette dans les mains. Des échanges dans lesquels, ils façonnaient le monde à leur manière sans même se préoccuper de ce que les autres pourraient en penser. Des aventures qu’ils se plaisaient à raconter sans même les avoir vécues, juste pour permettre à l’un comme à l’autre de pouvoir rire de cette manière enjouée et sincère. Tout ceci lui manquait terriblement, tout comme sa voix tendait à lui manquer, son regard en faisait de même, sa présence toute entière lui était indispensable. Elle avait beau essayer de faire semblant, d’oser lui montrer qu’elle lui en voulait malgré tout, la culpabilité la rongeait déjà et lui ordonnait de faire demi tour pour s’installer face à lui. Un deuxième contact, qui, dévoilait bien là les intentions de renouveau ou plutôt de mise au point, nécessaire à ce qu’il adviendrait d’eux. Se confronter à son regard n’en devenait que plus difficile surtout alors qu’elle le connaissait assez pour savoir qu’il lui tiendrait rigueur de cette baffe à un moment donné ou à un autre. Mais la difficulté d’une telle confrontation résidait dans le fait qu’elle ne se sentait tout simplement pas prête de lire de la déception dans son regard. Ses yeux, qui, lui avaient déjà renvoyé cette image depuis leur dernière fois. Ce regard, qui l’avait hanté des nuits entières et qui continuait de le faire alors qu’elle ne savait plus très bien si elle devait lui en vouloir à lui ou si elle devait se rejeter l’entière faute sur elle. Jamais, ils n’avaient vécu une crise aussi douloureuse. Tant est si bien que ni lui ni elle, ne donnaient l’impression de savoir quel chemin ils devaient prendre pour essayer de s’en sortir. Puisque même s’ils agissaient ainsi, Christy se persuadait qu’ils étaient tous le deux sur ce même bateau et qu’ils voulaient simplement se sortir de ce naufrage inconstant et menaçant. La présence de Liam avait au moins le mérite de lui prouver qu’il avait fait tout ce chemin pour elle, ou plutôt pour eux, tout comme, elle était incapable à présent de se relever de sur sa chaise pour le laisser. Car cela signifierait la fin de ce tout qu’ils avaient toujours vécu et même si elle lui en voulait, la certitude de préserver leur amitié ne l’avait quitté. Le commentaire qu’il venait tout juste de laisser échapper aurait pu, dans un autre temps, être l’élément déclencheur de nouvelles complicités visant à se moquer gentiment l’un de l’autre. Mais pour l’heure, ce dernier revêtait des allures de réflexion qui montrait simplement à Christy son erreur commise. Pourtant, il restait là et même si elle percevait une pointe d’agacement dans la voix de son meilleur ami, il n’en restait pas moins qu’elle retrouvait derrière tout cela des intonations qui lui avaient manqué. Celles que lui seul pouvait endosser et qui veillait à lui rappeler de sa présence. Ne pipant mot, la serveuse se contenta de se mordre la langue pour éviter une quelconque remarque. Ce n’était pas le moment ou plutôt, le danger de le voir partir était encore trop grand pour oser laisser parler ses intentions à sa place. Alors l’échappatoire s’était avéré être la meilleure solution pour laisser de côté le geste. La famille devenait ce prétexte, qui veillait à leur prouver qu’ils pouvaient agir comme des adultes lui et elle. Des adultes qui, pourtant, ne pouvaient délaisser leurs rêves d’enfants. Le monde tel qu’ils l’avaient envisagé n’existait pas et ce même si certains détails auraient pu leur faire croire en ce meilleur qu’ils parviendraient à vivre. Un mieux où le père de Liam n’aurait jamais été enterré, où Isabella n’aurait jamais été malade, où Anastasia ne serait jamais partie pour ensuite les traiter de dommages collatéraux et où tous les deux seraient toujours ces meilleurs amis qu’ils savaient être. Malgré toutes les difficultés qui planaient autour de cette table, Christy parvint à esquisser un léger sourire devant le commentaire tenu par son meilleur ami. Sourire qui, la renvoyait vers un temps qui lui donnait des allures d’illusion et qui se perdait à mesure que la réalité la frappait à nouveau. « Tu sais Anastasia est maman alors je ne peux que te comprendre quand tu dis que les jumelles grandissent trop vite. » Son sourcil s’arqua en guise de commentaire silencieux, même si Christy était heureuse pour sa sœur, il n’en restait pas moins qu’une part d’elle culpabilisait encore de ce dessein. Le temps donnait l’air de se suspendre à mesure que ces quelques confidences témoignaient d’une complicité passée et d’autant plus renforcée par les détails qui s’en échappaient. C’était la première fois qu’on lui demandait ce qu’elle ressentait elle. Un signe qui lui prouvait encore à quel point son meilleur ami la connaissait. « Un peu oui, je me dis qu’on a évité le pire. » Son ton d’ordinaire enjoué donnait l’air de se confondre dans le silence en préparation alors qu’elle cherchait encore des prétextes pour essayer de repousser au plus loin la conversation à venir. Les craintes quant à ce qu’elle allait entendre grandissaient à mesure que les phrases se tarissaient et que les réponses n’en devenaient que plus simples et efficaces. Néanmoins, elle se rassurait à l’idée que son meilleur ami puisse aller rendre visite à sa plus jeune sœur. Cette dernière, qui, l’avait toujours apprécié à sa juste valeur elle aussi et qui avait plutôt tendance à le défendre lorsqu’il devenait un sujet de conversation entre elles. « Merci pour elle. » laissa t-elle échapper sur un ton complaisant avant de finalement s’enfermer dans ce mutisme qui ne donnait jamais l’air de la délaisser depuis. Ou plutôt, celui-là même qu’elle cachait devant tout le monde mais dont elle ne pouvait plus dissimuler devant lui. La panique donnait l’impression de les submerger ensemble, mettant en évidence un silence qu’ils ne connaissaient pas. Un laps de temps durant lequel, tous les deux donnaient l’impression de se perdre dans le temps, attendant patiemment que l’autre dise quelque chose pour se sortir de cette mauvaise situation. Liam céda le premier, victime de cette impatience qu’elle reconnut immédiatement et qui lui prouvait malgré tout qu’il tenait à elle d’une certaine façon. Instinctivement ses yeux se relevèrent pour affronter enfin les siens. Et dès lors qu’elle se confronta à cette expression, Christy n’eut d’autre choix que d’adopter la même en fronçant doucement ses sourcils. La colère la regagnait, elle la sentait déjà lui dicter des solutions quelque peu brutales, pourtant l’amitié combattait déjà et la contenait le plus fortement qu’elle pouvait le faire pour laisser le bénéfice du doute au jeune homme. La suite de son discours n’en fut que plus équivoque. Témoin de ce souvenir passé qu’ils auraient surement du adopter à cet instant précis plutôt que d’attendre chacun dans son coin. Il lui donnait toutes les bonnes raisons d’être énervé, pourtant elle pouvait aisément déceler le reste de son discours. Il ne voulait que son bien, elle aussi désirait le sien. Tous deux désiraient parler, restait à savoir si ce qu’ils avaient à se dire était une bonne ou une mauvaise chose. « Ecoute… je ne sais pas si je dois t’en vouloir ou passer au dessus. J’ai pas arrêté de retourner la situation dans tous les sens et j’ai rien trouvé comme solution. Tu sais que j’ai jamais voulu que ton bien à toi aussi et je ne te forcerai jamais à rien non plus. Je sais juste que mon meilleur ami me manque, que c’est difficile tous les jours de faire sans et que je me sens seule face à tout ça. Mais est-ce que je peux faire autrement ? » Les mots lui avaient échappé comme si elle avait attendu ce moment depuis des années, alors que la réalité était complètement différente. Christy n’avait pas pu retenir ses pensées surtout devant le désir de Liam de parler. « Si t’as la solution, je t’écoute volontiers mais en attendant je suis désolée mais je peux pas faire semblant avec toi. Avec les autres c’est une chose mais toi c’est différent. » Ses yeux se dérobèrent pour regarder en direction de l’assiette qu’il faisait glisser devant elle et le commentaire qui s’en suivit eu raison de ce calme qu’elle essayait de contenir. « Tu voulais parler, on parle. » Malgré le froideur de ses dires, Christy ne plaçait pas un mot plus haut que l’autre, même si l’envie était bien présente. Au contraire, l’amitié prenait le dessus sur tout le reste et alors qu’elle remontait son regard pour affronter celui du soldat, elle marqua un instant de pause durant lequel elle essayait de lire quelque chose, autre que l’impatience qui le guettait. « Et toi alors ? Comment tu prends tout ça ? » Elle ne savait plus très bien comment elle en était arrivée là, mais le terme dommage collatéral hantait son esprit de manière à la faire paniquer. Est-ce qu’elle entendrait pendant cette conversation aussi ? Si tel était le cas, la jeune fille n’était pas certaine de se contenir et partirait probablement de son côté. Elle en avait assez d’être cette chose, d’être ce prétexte, elle désirait être simplement une personne comme eux l’étaient pour elle. « Ne prends pas tout ça comme l’occasion de dire que je ne veux pas, s’il te plait. Parce que je ne l’ai jamais dis et c’est pas non plus mon intention. » Elle préférait que les choses soient claires entre eux, si son meilleur ami partait maintenant, il en était le seul responsable pas elle. Pas alors qu’elle lui avait avoué ouvertement qu’il lui manquait et qu’elle ne savait pas comment faire sans lui.
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remember that every good friend was once a stranger. (christy)

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