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Clare Wellington
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MessageSujet: you look happier. (millington) you look happier. (millington) EmptyVen 29 Mar - 22:57

MILLINGTON Graver l'écorce jusqu'à saigner. Clouer les portes, s'emprisonner. Vivre des songes à trop veiller. Prier des ombres et tant marcher. J'ai beau me dire qu'il faut du temps. J'ai beau l'écrire si noir sur blanc. Quoi que je fasse, où que je sois. Rien ne t'efface. Je pense à toi. Passent les jours, vides sillons. Dans la raison, mais sans amour, passe ma chance. Tournent les vents. Reste l'absence. Obstinément. J'ai beau me dire que c'est comme ça. Que sans vieillir, on n'oublie pas. Quoi que je fasse. Où que je sois. Rien ne t'efface, je pense à toi. Et quoi que j'apprenne, je ne sais pas, pourquoi je saigne et pas toi ? Y'a pas de haine. Y'a pas de roi. ni dieu, ni chaîne qu'on ne combat. Mais que faut-il. Quelle puissance ? Quelle arme brise l'indifférence ? Oh, c'est pas juste. C'est mal écrit. Comme une injure. Plus qu'un mépris. Quoi que je fasse, où que je sois. Rien ne t'efface. Je pense à toi. Et quoi que j'apprenne, je ne sais pas pourquoi je saigne. Et pas toi.  ››


YOU LOOK HAPPIER


Elle allait surement défaillir. Son cœur battait à peine dans sa poitrine. Ses mains se crispaient sur le dossier de feuilles qu’elle tenait collée contre sa poitrine. Elle n’esquissa pas un sourire, ni aucune autre expression. La surprise avait pris le pas sur toutes les autres. Le sort se jouait surement d’eux. Ou plutôt d’elle. Qu’avait-elle fait dans son ancienne vie pour qu’une entité – quelle qu’elle soit – s’en prenne autant à elle. Elle aurait mieux fait de rester bien au chaud dans son lit ce matin, à plutôt regarder une bonne comédie romantique. Cette journée était bien trop difficile à supporter. Rien n’était regroupé pour que cela se passe bien. Rien que sa tenue était ridicule. Trop grande sur les manches qui tombaient sur ses poignets. Trop serrée à sa taille pourtant fine. Elle avait l’impression de ne pouvoir faire un pas sans que quelque chose glisse – son chemisier ou sa jupe. Une torture. Quelle idée avait-elle eu d’accepter ? La précipitation peut-être. Non. L’ambition. Cela faisait des mois – voire années – qu’elle attendait une occasion comme celle-ci. Sa première interview aurait dû être comme un rêve éveillé. Un moment où certes elle aurait été intimidée mais où le songe prenait véritablement forme. Elle ne se souvenait que trop bien des lettres de cœur qui attendaient encore sur son bureau dans son petit box. Elle devrait prendre cette opportunité et rejeter le reste. Mais c’était tellement dur. Surtout avec lui. Lui. Toujours lui. Et ce depuis maintenant six ans. Six longues années à être entré dans sa vie pour ne plus jamais en ressortir. Son cerveau n’était pas assez fort contre son cœur. Elle n’avait jamais pu l’oublier. Ses traits. Ses manières. Sa peau contre la sienne. Ses lèvres contre les siennes. Chaque détail était dans son esprit plus clair que jamais. Elle avait beau se remplir la tête d’autres choses, comme son travail, sa famille ou ses amis. Ses pensées revenaient toujours vers lui. Mais ne restait que l’absence. Obstinément. Ce manque qui créait le vide dans sa poitrine à l’en faire mal. Alors, elle ne bouge pas Clare quand elle le voit s’avancer dans la pièce. Ses mouvements se bloquent presque d’eux-mêmes et sa cage thoracique devient presque douloureuse. Elle ne dit rien. Les mots s’envolent. Son regard ne peut que se faire fixe sur lui. Il n’a pas changé. Ses iris passent sur l’arête de sa mâchoire puis vers les lignes de sa bouche. Enfin, elle relève son regard vers lui, vers ses yeux. Leurs regards se croisent. Elle sait qu’il l’a reconnue. Trois ans n’est pas assez pour que le passé soit totalement oublié. Il semble autant muet qu’elle. Quelques secondes s’étaient écoulées depuis son entrée. Pourtant, c’était comme si le temps s’était arrêté pour toujours. Une éternité. Pourtant en l’observant, quelque chose clochait. Son attitude. Elle ne la reconnaissait pas. Il était sérieux. Son visage fermé transpirait le calme et la sévérité. Il ne bougeait pas. Cela ne lui ressemblait pas. Durant les trois années où ils étaient encore ensemble, il n’avait jamais eu cette attitude si sérieuse. Il ne l’était jamais à vrai dire, sauf une fois. La dernière fois qu’ils se sont vus. Quand il l’a demandé en mariage. Elle tente de chasser cette image. Comme son attitude. Parce qu’elle aurait voulu le secouer. Juste un petit peu. Pour voir une réaction, quelque chose qu’elle connaissait. Mais elle osait à peine bouger un doigt. Et pis, elle aurait voulu passer sa main dans ses cheveux, ébouriffer ses mèches qui semblaient parfaitement coiffées. Ou encore froisser cette chemise bien trop immaculée. Elle était presque capable d’envoyer un peu d’encre de son stylo plume dessus. Tout était trop parfait. Trop lisse. Sans doute les maquilleurs ou les coiffeurs qui trainaient pour tous les invités du magazine. Ou peut-être était-ce l’effet du mannequin avec qui il vivait. Elles étaient après tout connues pour se réveiller aussi belle que les fleurs dès le réveil. Son mannequin avait peut-être veillé au grain juste avant qu’il se ne rende au journal. Elle avait presque honte devant lui. Lui qui semblait si brillant et lisse – ne se ressemblant presque plus à vrai dire, ou du moins au souvenir qu’elle avait de lui. Elle, c’était tout le contraire. Elle faisait bien pitoyable dans la tenue qui n’était même pas à elle. Clare faisait bien trop débraillée face à lui. Elle en avait presque honte, oui. Parce qu’elle aurait voulu que pour la première fois depuis trois ans, elle aurait voulu lui montrer qu’elle s’en était remise. Qu’elle allait bien. Mais avec sa tenue débraillée – heureusement le paquet de feuilles cachait son chemisier emprunté un peu trop transparent et si elle ne bougeait pas trop, sa jupe paraissait presque normale –, elle faisait bien pitoyable. Elle était tout son contraire. Alors qu’il réussissait professionnellement, elle piétinait depuis des années. Alors qu’il semblait avoir refait sa vie, elle coulait encore depuis trois ans. Contrairement à lui, elle ne s’était pas remise. Et sa tenue le reflétait bien malgré elle. Clare baissa alors le regard vers le sol, seul endroit où elle ne sentait pas la gêne enserrer son cœur. Si elle avait pu, elle se serait surement cachée dans un trou de souris. Malheureusement pour elle, elle n’avait aucune issue. Surtout quand l’assistant du rédacteur en chef – celui-là même qui l’avait presque obligée à assumer cette interview – prit la parole. « Monsieur Miller, excusez-nous, mais la journaliste qui devait vous interviewer a eu un empêchement. Mais, mademoiselle Wellington sera enchantée de pouvoir remplir cette tâche n’est-ce pas ? » Son ton était doux et presque câlin envers le jeune homme. Pourtant, si la caresse fut douce, les ongles ont fini par griffer quand il évoqua Clare. Ce n’était pas anodin. Elle avait très bien compris le message. Si elle faisait quoi que ce soit qui compromettait cette interview, elle pourrait dire adieu à son travail. Le magazine n’était pas connu dans le milieu pour faire part des états d’âme. Il fallait qu’il soit efficace et ses employés aussi. Une place était vite remplaçable et celui de la jeune femme était plus que bancal aujourd’hui. Elle avait intérêt à ce que tout se déroule bien. Elle hocha alors la tête, un sourire crispé sur le visage. L’assistant du rédacteur en chef finit par quitter la pièce quelques secondes plus tard. Néanmoins le regard qu’il lui lança à travers la porte vitrée de la salle de réunion, ne pouvait qu’appuyer un peu plus ses dernières paroles. Génial. Cette interview allait décider de toute sa carrière. Soit c’était un carton plein. Soit c’était la porte. Elle avait plutôt intérêt à ne pas se planter. Ce qui allait surement arriver quand elle voyait qui était en face d’elle. C’était déjà un exploit qu’elle n’ait pas déjà pris ses jambes à son cou. Si ses membres semblaient toujours en proie au fébrilement, elle réussit tant bien que mal à se rasseoir sur la chaise qu’elle occupait à la table alors qu’elle l’attendait. « Tr-très bien, commençons tout de suite alors. Vous devez surement avoir un emploi du temps chargé. » Sa voix n’était pas la plus rassurée. Son regard ne se posait pas sur lui. Elle l’évitait. Prendre la carte de l’ignorance semblait pour elle la meilleure solution. Après tout, plus vite commencer, plus vite fini. Elle ne comptait pas rester ici des heures. Son cœur ne le supporterait pas de toute façon. C’était déjà bien trop comme ça. Elle se pencha vers le côté de sa chaise pour sortir de son sac un petit appareil qu’elle posa sur la table. Un magnétophone. C’était sans doute vieux jeu, voire même associé à une antiquité. Mais Clare aimait ce vintage. Elle avait toujours aimé ça. Ses tenues d’ordinaire reflétaient bien cet aspect. Tous les autres journalistes s’évertuaient à prendre leur Iphone ou smartphone. Elle n’était pas de ceux-là. Bien au contraire. « Je vais enregistrer notre interview. J’espère que ça ne vous dérangera pas. » Elle n’attendit que quelques secondes sa réponse. Elle voulait faire vite. Ses mains tremblèrent presque en appuyant sur le bouton du petit appareil noir. Elle posa alors ses feuilles devant elle. C’était toutes les notes et questions que Lucy, l’autre journaliste qui aurait dû assumer cette interview, avait noté pour l’entretien. Les questions n’étaient pas étonnantes. Le magazine était réservée à la gente féminine. Elle savait ô combien les lectrices attendaient avec impatience de lire quel genre de filles conviendrait au sportif, s’il était en couple ou encore ce qu’il mangeait le matin. Ridicule. Pourtant, elle devrait s’y plier. Cela lui faisait presque froid dans le dos alors qu’elle commençait en vérifiant que l’enregistrement se déroulait bien. « Bonjour, Monsieur Miller. Je suis ravie de vous rencontrer enfin après avoir entendu tant de choses à votre sujet. » Mais elle tentait de faire bonne figure. Toujours. En dedans, son cœur manquait d’exploser. « Le monde entier ne parle que de vous et de votre très prometteuse carrière depuis quelques mois. Pouvez-vous dire aux lectrices de notre magazine ce que cette soudaine notoriété provoque chez vous ? » La journaliste attaquait déjà sur le front. Clare n’osait lire les prochaines questions qui porteraient forcément sur sa vie privée et la mettrait plus que malheureuse. Elle imaginait très bien cette dernière à vouloir si, par exemple, il profitait de son succès auprès des femmes grâce à sa gloire. C’était logique que le magazine ait pris cet angle-là pour attaquer l’interview. Lucy était bien un pur produit du magazine. Andrei était le sportif en vue du moment. Tout lui réussissait et il n’y avait pas une semaine sans qu’un article ne soit écrit sur sa vie privée. C’était la rançon de la gloire comme disait certains. Et il en avait de la gloire. Tout ce qu’il avait toujours voulu au fond. Ils en avaient parlé il y a quelques années. De cette future carrière. Clare l’avait toujours rassurée dessus. Il allait réussir. Et elle avait eu raison. Mais elle ne fit aucun commentaire là-dessus. Comme elle n’évoqua pas quelques détails que Lucy avait noté dans la marge à propos de sa vie d’avant son succès. Elle la connaissait déjà par cœur. Et bien plus en détails que tout ce qu’on pouvait voir marqué sur internet dans les biographies d’amateurs. Non, elle n’évoqua pas tout ça. Pour ne pas faire rejaillir le passé. Jouer la carte de l’inconnu, de l’indifférence. C’est ce qui faisait le moins de mal.
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MessageSujet: Re: you look happier. (millington) you look happier. (millington) EmptyVen 5 Avr - 23:58


≈ ≈ ≈
{ you look happier }
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Je devais être un train de rêver ou alors j'étais dans un mauvais trip, je voyais des choses qui n'étaient pas censées être présentes. J'hallucinais complet, cela ne pouvait en être autrement. Ce n'était pas possible qu'elle puisse se trouver en face de moi, à seulement quelques centimètres de ma personne. En chair et en os. C'était encore mon putain d'esprit qui me jouait des tours. Il aimait bien agir comme ça, ce con. Me faire croire que Clare était là devant ma personne alors qu'elle n'était qu'une image floutée au loin, qu'un mirage, une chimère presque une tromperie de mon cerveau. Il aimait bien se faire du mal, parce que cela faisait mal effectivement de m'imaginer qu'elle puisse être vraiment là. Parce qu'elle était ma plus grosse faiblesse même trois ans après. Mon plus grand secret. Celui que j'avais réussi à conserver au vu et au su de tout le monde et de la presse surtout. Ils étaient au courant de tout ce qu'il se passait dans ma vie, dés que je sortais le petit doigt de chez moi, ils le savaient, aux aguets, appareils photos en main. Je ne pouvais pas faire un pas sans être tranquille une seule putain de minute, ils étaient déjà presque tous à l'affût. A la recherche du moindre scandale à étaler au grand jour. Ils avaient cherché dans mon passé, des histoires croustillantes à déballer, pour tenter de cerner le personnage derrière le casque. Ils avaient découvert mes déboires et mes démêlés avec la police ainsi que la justice. Mais j'avais toujours été fier de moi de constater qu'ils n'étaient pas parvenu à remonter jusqu'à elle. Je n'avais jamais eu honte d'elle, bien au contraire. En agissant de la sorte, en parvenant pour le moment à cacher mon histoire avec elle, c’était surtout et avant tout pour la conserver. Pour la protéger. Malgré le mal qu'elle m'avait fait en refusant, je n'avais de cesse que l'envie de la préserver loin des médias et des médisances des journalistes. Mais le comble de l'ironie, à l'heure actuelle, c'était qu'elle était elle-même ce pour quoi je la protéger. Une journaliste. Elle se trouvait réellement en face de moi. Assise sur cette chaise et devant cette table à la place qu'elle avait toujours souhaité avoir. J'ironisai dans ma tête et je pétais un plomb en même temps. J'étais en pleine contradiction en ce moment. C'était une mauvaise farce? Une caméra cachée de leur part? Ils avaient enfin découvert le pot-aux-roses concernant ma relation avec elle et ils avaient souhaités me piéger? Je ne quittai pas Clare du regard, bien qu'elle tentait par tous les moyens d'éviter tout contact visuel avec moi, même si elle ne se gênait pas pour me reluquer ailleurs. Je restai bloqué à l'entrée, comme tétanisé. Je ne réalisais pas encore tellement qu'elle était bien là. Vêtue de cette jupe trop seyante et de cette chemise presque transparente et dix fois trop grande pour son gabarit. Je m'étais arrêté net dés que je l'avais reconnu tant et si bien que le gars qui m'accompagnait me heurta presque de plein fouet. Il se confondit en excuse s'en s'apercevoir une seule seconde qu'un étrange malaise s'était crée dans la pièce que l'on occupait tous les trois. C'était comme si le temps s'était figé. Je pouvais entendre le tic tac de l'horloge accrochée sur le mur teintait de façon incessante. Je pouvais même entendre battre mon cœur dans mes tempes. Trois longues années. Trois longues années où je n'avais posé mon regard sur elle. Et pourtant elle n'avait pas changé. Elle était restée fidèle à elle-même. Je pris une grande et profonde inspiration, plutôt discrète, revêtant mon air froid, sérieux. Je repris doucement mes esprits, tentant d'apaiser les bruissements de mon palpitant. Il ne fallait pas qu'elle remarque que j'étais bouleversé de la revoir. Il ne fallait pas qu'elle se rende compte à quel point j'étais chamboulé aussi. Parce que j'étais également courroucé, presque enragé. Il fallait qu'elle croit que j'étais différent de ce qu'elle avait jadis connu. Qu'elle voit que j'étais passé à autre chose, que je n'étais plus le même depuis que nous nous étions séparés. Depuis qu'elle s'était refusée à moi. Il fallait qu'elle sache que j'avais continué ma vie, sans elle. Loin d'elle. Clare regardait le sol, presque gênée quand l'assistant du rédacteur en chef ouvrit la bouche pour m'expliquer les raisons qui faisaient que c'était une autre personne qui ferait l'interview. C'était peu dire qu'il ne connaissait pas la jeune femme, parce qu'elle était tout sauf enchantée, comme il le prétendait, de remplir cette tâche. Le plus drôle dans toute cette histoire de merde c'était que c'était l'opportunité à Clare de faire ses preuves. De montrer qu'elle était capable d'être une vraie journaliste. Malheureusement il a fallu que cela tombe sur moi. Je ne posai même pas mon regard sur l'assistant lorsque je lâchai sèchement. « La prochaine fois, essayez de prévenir avant de me faire perdre mon temps. » Je soupirai en fronçant les sourcils, gardant mon regard posé sur elle. Le type finit par quitter la pièce sans répondre, se rendant peut-être compte que je n'étais pas d'humeur cocasse. J'esquissai un sourire amusé quand elle se mis à bégayer avant d'émettre que nous allions commencer, que j'avais certainement un emploi du temps chargé. Sa voix était faible, mal assurée et son regard restait vague et distant presque transparent. Elle ne posait pas vraiment son regard sur moi, m'évitant. Nous nous installions l'un en face de l'autre, mettant une certaine distance entre nous. Je reculai davantage ma chaise, étendant ainsi mes longues jambes et me mettant à l'aise. Je n'en avais que faire de la posture que j'adoptai, je n'avais de compte à rendre à personne. Elle sortit une sorte de magnétophone de son sac en m'expliquant qu'elle nous enregistrerait. Je fronçai les sourcils avant de finalement hausser les épaules lorsqu'elle demanda si cela ne me dérangeait pas. C'était du Clare tout craché. Préférant les vielles choses démodés à la nouvelle technologie. Cela me faisait rappeler l'époque où elle préférait écouter de la musique sur un tourne-disque avec des vinyles plutôt que sur la radio. Je ne pipai mot. Je n'avais pas envie d'ouvrir la bouche pour répondre à des futilités. J'étais là pour simplement répondre aux questions qu'elle me poserait, rien de plus. Plus vite l'on commencerait et plus vite je me casserai de cet immeuble. Et surtout je m'éloignerai d'elle. Elle tremblota en activant le magnétophone et posa ses feuilles à plat sur la table. Je posai mes mains sur cette même table, tapotant de mes doigts en attendant qu'elle daigne commencer. Je voulais la déstabiliser, la mettre mal à l'aise. Et lui montrer par la même occasion mon impatience. Elle commença alors comme si nous nous rencontrions pour la première fois, baratinant ci et là avant de débuter vraiment l'interview, stipulant que le monde entier ne parlait que de moi et de ma carrière prometteuse depuis quelques temps et ce que cela provoquait chez moi, de cette notoriété grandissante. Je levai les yeux au ciel, typique des magazines féminins, ce genre de questions. Je glissai une main aux travers de mes cheveux presque trop parfait, imbibés de gel et de laque pour les maintenir en place. J'haussai une nouvelle fois les épaules, presque avec nonchalance. « Pour être honnête, pas grand-chose. Au fil des mois c'est devenu une habitude, ça fait parti de moi. Je savais en signant que cela ferait parti du contrat. On ne peut pas resté un parfait inconnu en jouant en tant que professionnel. » Je tentais de faire abstraction du fait que ce soit Clare qui me posait les questions, tentant de m'imaginer qu'il s'agissait de quelqu’un d’autre. D’une femme complètement différente d’elle. Même si cela était étrange de lui parler, d'agir, de me comporter comme si nous étions de parfaits inconnus. Alors que dans le passé, elle avait été une partie de ma vie. Sans aucun doute la meilleure partie. Je m'appuyai négligemment contre le dossier de la chaise en attendant sa réponse ou son autre question.
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MessageSujet: Re: you look happier. (millington) you look happier. (millington) EmptySam 13 Avr - 20:57

MILLINGTON Graver l'écorce jusqu'à saigner. Clouer les portes, s'emprisonner. Vivre des songes à trop veiller. Prier des ombres et tant marcher. J'ai beau me dire qu'il faut du temps. J'ai beau l'écrire si noir sur blanc. Quoi que je fasse, où que je sois. Rien ne t'efface. Je pense à toi. Passent les jours, vides sillons. Dans la raison, mais sans amour, passe ma chance. Tournent les vents. Reste l'absence. Obstinément. J'ai beau me dire que c'est comme ça. Que sans vieillir, on n'oublie pas. Quoi que je fasse. Où que je sois. Rien ne t'efface, je pense à toi. Et quoi que j'apprenne, je ne sais pas, pourquoi je saigne et pas toi ? Y'a pas de haine. Y'a pas de roi. ni dieu, ni chaîne qu'on ne combat. Mais que faut-il. Quelle puissance ? Quelle arme brise l'indifférence ? Oh, c'est pas juste. C'est mal écrit. Comme une injure. Plus qu'un mépris. Quoi que je fasse, où que je sois. Rien ne t'efface. Je pense à toi. Et quoi que j'apprenne, je ne sais pas pourquoi je saigne. Et pas toi.  ››


YOU LOOK HAPPIER


En fait, ce qui la frappa le plus est le ton qu’il employa dès qu’il ouvrit la bouche. Presque trop cruel. Si ses mots allaient vers l’assistant du rédacteur en chef, Clare savait pertinemment qu’ils étaient dirigés contre elle. Son regard ne se posa d’ailleurs pas sur l’autre homme. Elle avait beau avoir les yeux collés au sol – seul endroit où elle pouvait à peu près respirer –, elle sentait ses iris sur elle. Sensation désagréable. La prochaine fois, essayez de prévenir avant de me faire perdre mon temps. Il était loin d’être heureux de la voir. Qui le serait à sa place hein ? Clare prit cette phrase vraiment pour elle. Comme une accusation déguisée presque vieille de trois ans. Refoulée, elle sentait presque le papier jauni. Lui reprochait-il tout ce qu’ils avaient vécu pour simplement finir comme ça ? C’était fort possible. Elle se rappelait chaque mot qu’ils s’étaient dit lors de leur rupture – à vrai dire, difficile pour elle de les oublier. Et ce genre de reproches avait été presque le leitmotiv de leur conversation houleuse. Ainsi, son cœur en les entendant remua douloureusement dans sa poitrine. Pire encore, la bouche de Clare devint bien trop pâteuse. Impossible pour elle de dire quoi que ce soit. De toute façon, elle n’en avait clairement pas le courage. Pourtant, elle savait qu’elle devrait l’affronter, qu’elle devrait bouger ses lèvres pour quelque chose en sorte. Si elle avait le malheur de quitter cette pièce sans un bout de papier griffonné qui en valait la peine, elle ne donnait pas cher de sa peau. Il fallait qu’elle se reprenne. Qu’elle aille au bout de tout ça – quitte à y laisser sa peau. Garder les yeux sur le sol l’aidait un peu à se concentrer et surtout à tenter d’anticiper la suite. Clare n’a jamais fait partie de ces femmes fortes qui rebondissent toujours sur leurs pieds. Elle n’a pas ce tempérament de feu. Elle serait plutôt du genre à s’écraser ou à trembler comme une feuille. Pauvre d’elle. Ces années auraient dû l’endurcir, auraient dû lui faire prendre en confiance. Mais cela avait été tout l’inverse. La cadence du magazine bien que plus que soutenue n’avait fait que renforcer sa timidité face aux figures de proue qu’incarnaient les célèbres journalistes du journal. Ces derniers n’étaient pas connus dans le milieu pour être tendre avec les nouvelles recrues. Elle ne se rappelait que trop bien des demandes parfois irréalisables lors de son premier stage. Ils étaient sans pitié et avaient profité de sa candeur – et innocence –. Clare n’est pas du genre à répliquer ou à dire quand ça va mal. Elle encaisse en silence même si ses mains se mettent à trembler. Ses grands frères la racontent souvent comme une pauvre petite fourmi ouvrière, destinée à mourir d’épuisement à cause de travaux bien trop lourds pour ses frêles épaules. Ils ont sans doute raison. C’est ainsi qu’elle le ressentit alors que tous deux prenaient place à la table réservée aux réunions et aux interviews importantes. Une distance raisonnable les séparait et la rassurait presque. Elle ne supporterait pas de se retrouver trop proche de lui. Son cœur le vivait déjà à peine. Clare ne lui adressait à peine la parole. Il fallait qu’elle fasse vite. Elle voulait que tout soit au plus vite fini. Si sa carrière n’était pas en jeu, elle aurait surement déjà détalé. Elle avait trop travaillé ces dernières années pour plaquer tout pour une histoire idiote. C’est sans doute ce que dirait son rédacteur en chef s’il apprenait la réticence de la jeune femme envers Andreï. Il ne comprendrait pas. Comme tout le monde d’ailleurs. Ils étaient les seuls au courant de leur tragédie – hormis Hillarie qui avait fini par elle aussi enterrer le sujet dès qu’elle voyait la tête de sa meilleure amie se décomposer à l’évocation seule de son prénom. Même les autres journaux, pourtant réputés pour leurs mesquineries et leurs fourberies, aucun n’avait pu débucher quoi que ce soit sur eux. Et c’était tant mieux. Clare n’avait pas envie de se voir étaler dans les magazines ou de devoir répondre à des paparazzis dans la rue. Leur histoire ne leur appartenait qu’à eux. Ils n’avaient pas à l’étaler et à en informer qui veut. De toute façon, même s’ils savaient, ils ne comprendraient surement pas. Les tragédies n’étaient appréhendables que par ceux qui les vivaient. C’était bien connu. Elle soupira presque en y pensant. Elle préféra se concentrer sur son dictaphone ou encore les paroles qu’elle devait prononcer. C’était presque trop dur. Elle n’avait jamais été la meilleure non plus pour mentir. Elle avait toujours cette rougeur qui apparaissait sur ses joues ou encore son nez se retroussait. Alors non, elle n’était pas ravie de le rencontrer. Elle aurait préféré le fuir à jamais, ne jamais l’affronter à nouveau. Rien que son visage lui évoquait bien trop de souvenirs – bons ou mauvais d’ailleurs. De toute façon, même les bons avaient fini par trouver un goût amer à cause de la douleur de l’absence. Mais elle devait se reprendre. Etre une professionnelle. Après tout, c’est tout ce qu’attendait d’elle le magazine. Oublier ses états d’âme, ignorer ses battements incontrôlables dans sa poitrine. Plus facile à dire qu’à faire. Clare avait toujours été bien trop émotive. Elle ne sait qu’agir à travers son cœur. Sa plus grande faiblesse selon ses grands frères. Elle fait comme elle peut. Ce n’est pas tellement grand-chose. Elle se raccroche alors au stylo qu’elle tient dans la main pour noter les quelques réponses du sportif. Mauvaise idée. C’était celui-là même qu’il lui avait offert des années durant quand elle avait réussi son concours d’entrée à l’école de journalisme. Elle n’avait jamais pu s’en séparer. Il était le symbole d’un rêve, d’une idée de carrière dont elle avait toujours rêvée. Elle y était d’abord attachée pour l’onirisme qu’il suscitait et non pour la personne qui lui avait offert – enfin peut-être un peu quand même. Mais, il est vrai qu’à présent, cela semblait ridicule. Ce n’était qu’un stylo après tout. Rien de plus. Ce n’était pas lui qui allait décider de sa réussite ou non. Mais seulement elle et elle seule. Elle aurait dû le balancer avec les autres affaires qu’il lui avait offertes dans un carton – celui-là même qu’elle garde en bas de son armoire. Ses doigts se resserrent un peu plus sur le petit objet alors qu’elle écoute sa réponse. Cela ne l’étonne pas tellement si ce n’est cette nonchalance qui commence à la déranger plus que de raison. Elle n’aurait jamais pensé connaître cet Andreï. Celui-là même que ses copains lui avaient conté. On lui avait toujours dit qu’à ses côtés, il s’était adouci – ou du moins, s’était-il un peu assagi. Ce n’est qu’à présent qu’elle en comprenait le sens. L’ancien Andrei avait fini par reprendre ses droits quand elle était partie. Comme si dans un sens, elle n’avait jamais existé. Comme si elle n’avait jamais traversé sa vie. C’était sans doute ce qu’il souhaitait : qu’ils ne se soient jamais rencontrés. Son cœur se serra à cette simple pensée. Tout était de sa faute. Elle le savait. Au fond, il jouait la même carte qu’elle. L’ignorance, l’indifférence. Comme si rien n’était arrivé. Ils avaient beau joué le même jeu, ça faisait un mal de chien. Elle tapota alors un peu une de ses feuilles de son stylo, comme pour chasser ses propres pensées. Elle devait se concentrer sur l’interview. Rien d’autre. Elle se concentra alors sur l’écriture de sa collègue journaliste, Lucy, ayant noté quelques questions en plus dans la marge. « Vous vous êtes donc toujours attendu à devenir ce si envié et connu joueur en signant chez les Rams de Los Angeles ? » C’est ce qu’il avait sous-entendu. Apparemment, il s’attendait à cette notoriété en passant professionnel. Pourtant, tous les professionnels n’étaient pas des stars. Bien au contraire. Beaucoup se trouvaient dans l’ombre. Il y avait beaucoup d’appelés mais peu d’élus à la notoriété. Andreï l’avait toujours su. Elle ne se rappelait que trop bien des journées entières où il s’était rongé les ongles à attendre d’être sélectionné et surtout d’être repéré alors qu’il venait tout juste de se professionnaliser dans une petite, certes, mais prometteuse équipe. A cette époque, il était très bien conscient que les risques étaient toujours présents même en étant passé professionnel. Ce qu’elle lui rappela par d’autres mots. « Certains professionnels ne trouvent, malheureusement, pas toujours la lumière. » C’était mot pour mot ce qu’il lui avait dit une fois alors qu’ils étaient tous les deux allongés sur leur canapé. Elle n’avait pas pu s’en empêcher. Cela lui avait presque échappé. Une malheureuse parole qu’elle regretta dès la première seconde où la dernière syllabe franchissait ses lèvres. Ils n’avaient pas besoin de ça. Décidemment, cette entrevue aura surement sa peau. C’est pour cela qu’il fallait qu’elle enchaîne vite pour que vite ça se termine – enfin. Mieux encore, qu’elle le noie de questions pour qu’il évite de trop penser à ce qu’elle venait de dire – pour ne pas parler de choses qu’aucun des deux n’osaient dire. Pourtant, malheureusement pour elle, les questions suivantes étaient loin d’évoquer un sujet plaisant. Elle s’en était doutée. Elle ne pouvait échapper à ce genre de questions. Ou alors, aurait-elle dû être embauchée dans un magazine sportif. Au moins, elle aurait pu parler de ses exploits sportifs plutôt qu’amoureux. En effet, c’est tout ce qui intéressait, au fond, le magazine féminin où elle travaillait. Andreï et les femmes. Bah bien sûr. Il ne manquait plus que ça. Elle avait beau tenter de trouver des échappatoires, elle n’y arrivait clairement pas. Elle était coincée. Sinon, elle n’aurait surement pas assez de matière pour faire un article, et son rédacteur en chef aurait un malin plaisir à la renvoyer – peut-être qu’au fond, ça serait plus simple comme ça. Non, il fallait qu’elle se reprenne – encore. Qu’elle l’affronte. De toute façon, ce n’est pas quelques questions en plus qui la blesseraient. Son cœur avait déjà trop pleuré sur les quelques photos qu’elle avait vu dans les magazines. Clare ne releva néanmoins pas le visage vers lui quand enfin elle ouvrit la bouche pour une seconde question. « Toute cette notoriété doit surtout changer vos rapports aux autres. En particulier avec les femmes n’est-ce pas ? » Sa voix n’était pas tellement assurée. Même parfois un peu gauche. Mais au moins, elle ne tremblait pas. Il ne manquerait plus que ça. S’il fallait qu’ils évoquent ce sujet, il valait mieux qu’elle ne se liquéfie pas. Elle voulait lui montrer que ces trois années avaient aussi tout changé pour elle. Qu’elle n’était plus la petite fille qu’il avait connue – faible et désespérément amoureuse. S’il avait l’air d’être passé à autre chose, il fallait qu’elle en fasse de même. Ses yeux parcoururent encore une fois les notes de Lucy. Elle savait exactement à quoi les notes en plus dans la marge faisaient référence. La fameuse histoire qui traînait depuis quelques temps dans les journaux qu’Andreï n’avait jamais lui-même validé ou démontré. Il fallait qu’elle l’évoque à son tour. Peut-être même que l’article qu’elle devrait écrire ne tournerait qu’autour de ça. Elle ne savait comment l’aborder. Les mots lui manquaient. Il fallait qu’elle se jette à l’eau. Mais un tel sujet, avec leur antécédent, semblait presque insurmontable. Mais elle finit par ajouter. « De nombreux journaux vous prêtent différentes liaisons notamment avec une certaine jeune femme qui aurait un enfant et qui partagerait même avec vous une maison. Que pouvez-vous nous en dire ? » Dans un sens, peut-être qu’elle-même voulait savoir. Peut-être qu’elle avait besoin de savoir. Au moins, cela la fixerait. Son cœur pourrait peut-être passer à autre chose. L’oublier. Elle avait beau faire semblant ou se mentir, elle ne l’avait jamais oublié. Son cœur bat aussi vite qu’il y a six ans quand il a posé les yeux sur elle pour la première fois. S’il lui avouait qu’il était en couple – et qui sait le père de cet enfant – elle pourrait enfin tourner la page. Ou du moins se faire une raison. Cela fera mal mais au moins, elle serait fixée. C’était peut-être ça qui manquait pour tourner la page. Peut-être. « D’autant que l’on vous prête une relation depuis presque un an à présent avec le mannequin new-yorkais Bethany Graham. » ajoute-t-elle alors. Ce fameux mannequin parfait. Le genre de fille à se pavaner sur chaque tapis rouge avec la parfaite robe et coiffure. Le genre de filles détestables donc. Clare n’était pas tellement étonnée de voir les photos étaler dans les magazines. Quel homme pourrait résister à ce genre de femmes ? Bethany, en plus, contrairement à beaucoup de ses collègues de travail, semblait s’être affublée d’un cerveau. Cela faisait un an, d’après les articles qu’elle avait lu, qu’ils étaient soit disant ensemble. Elle n’avait pas été aussi bête qu’elle à l’avoir laissé partir.
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