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Love like ghosts (Damian)

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Julia Grant
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MessageSujet: Love like ghosts (Damian) Love like ghosts (Damian) EmptyMer 20 Mar - 15:28


" LOVE LIKE GHOSTS"
☾ ☾ ☾
∾ with @damian morello


Julia avait toujours été un oiseau de nuit, une personne qui n’aimait pas les rayons du soleil autant que les autres, préférant l’aspect mystérieux de la lune, les mythes qui l’entouraient, les histoires qu’on racontait. Elle préférait le calme et la fraîcheur d’une nuit d’hiver à une journée chaude d’été. Petite, elle avait toujours prétendu être somnambule, en grandissant elle avait vite compris qu’elle ne bernait personne, que tout le monde savait qu’elle se levait de son propre gré, qu’elle se promenait en arpentant les couloirs de la demeure familiale en appelant son père, en cherchant sa mère. Elle avait pris l’habitude de recevoir des corrections plus sévères les unes que les autres alors qu’elle se faisait prendre son paternelle qui détestait les rôdeurs et autres personnes qui ne pouvaient tenir en place. Julia avait toujours été une pile électrique, elle n’avait jamais su réellement tenir en place, sauf quand elle jouait au piano, là le monde pouvait s’arrêter qu’elle ne s’en rendrait même pas compte. La musique avait toujours eu un côté apaisant sur elle, elle avait toujours réussi à la calmer même dans ses moments de doute les plus profonds. La nuit l’apaisait aussi. Elle avait le temps de réfléchir, de se poser, de prendre les décisions importantes. C’était par une nuit semblable à celle-ci qu’elle avait décidée de partir étudier en Amérique, elle avait alors décidé de rentrer chez elle, faire sa valise et partir. C’est également par une nuit semblable à celle-ci qu’elle avait dû se faire passer pour morte. Elle avait eu peur de flancher, de ne pas y arriver. Et si Ruben n’avait pas été là, elle aurait certainement fini à la morgue. Et c’est également par une nuit semblable à celle-ci qu’elle avait revu Damian dans son lieu de travail.

La nuit était calme, douce, belle. Les nuages avaient quitté le ciel plus tôt dans la soirée, la lune semblait lui sourire, ronde, pleine, comme si elle savait qu’elle devait être à son apogée pour aider Julia à prendre des décisions, à réfléchir à tout cela. Elle semblait lui dire que tout allait bien se passer et cette pensée fit sourire la jeune femme, comme si la lune pouvait comprendre quoique ce soit à la vie des personnes qui peuplaient la terre, comme si elle pouvait en avoir quelque chose à faire. Les gens vivant sur la planète bleue se moquaient bien de savoir ce qu’il se passait chez leur voisin, chez leurs amis, comment un astre placé à des milliers de kilomètres de là pouvait, lui, s’intéresser au sort de ces personnes qui chaque soir pouvaient le contempler. Pourtant, cette idée rassurait Julia, de se savoir protéger en quelque sorte, elle avait choisi la lune pour Ange gardien, et cette pensée lui faisait du bien, la soulageait. Elle avait toujours eu l’impression de devoir affronter seule la vie et ses problèmes, depuis qu’elle s’était mise à imaginer la lune comme son alliée, les choses semblaient moins dures, plus faciles à vivre. Son ombre arpentait les rues de Los Angeles cette nuit-là, elle glissait tel un fantôme sur les pavés froides et durs et ses pas correspondent au rythme des battements de son coeur : rapides. Jamais la ville n'a paru aussi grande dans les yeux de Julia qui cherche à ne pas se laisser engloutir par la nuit. Alors elle marche plus vite, croise des visages qui ne sont que des ombres dénuées d'identités, a la poursuite de cette chimère qu'elle ne laissera pas filer entre ses doigts. Pas cette fois. Elle percute quelques badauds titubant, marmonnant des paroles qui n'ont plus aucun sens depuis le 4ème verre de whisky à en juger leur haleine. Elle se heurte aux regards éteints de certaines femmes, embrumés par les odeurs des hommes venant cueillir leur compagnie pour quelques heures. C'est quand même sordidement beau toute cette vie qui ricochent sur les murs de briques.  Il y a plus de vie dans ces rues qu'il n'y en a eu dans son coeur durant des années et ça suffit à exciter ses sens. Julia inspire et expire lentement, s'imprégnant de l'atmosphère. Devant elle, la devanture du bar s'étale sous ses yeux. La jeune femme pousse la porte et rentre. Il y a foule ce soir. Ça l'étouffe, l'empêche de prendre de grandes bouffées d'air. Elle est tellement proche de certaines ombres qu'elle peut sentir leur haleine alcoolisée titiller ses narines et saturer ses poumons d'une odeur bien tassée. Elle se recule, avec cette sensation qu'il faut pourtant qu'elle s'attache à la vie qui se propage en pandémie autour d'elle. Ça chante, ça s'agite, ça rit à gorge déployée en allant vite trop vite. Elle est là. Au milieu de la houle ivre qui s'enroule autour des poignets de la nuit en essayant de repousser un peu plus loin les tracas du jour. Ils sont vivants après tout. Terriblement vivants. Et au final, c'est aussi ce qu'elle recherche.  Parce qu'elle est comme ces ivrognes qui trainent près du bar en réclamant un peu de chaleur au fond de leur bouteille à moitié vide, ou pleine, posée devant eux en espérant que pour quelques heures le monde leur paraitra plus beau. Jusqu’à qu’elle le voit. Ses yeux le suivent du regard jusqu’à qu’elle le perd dans la foule. Elle se fraye un chemin. Évite les silhouettes engourdies par l'alcool et le vice, comme elle peut, en titubant. Elle cherche, fouille parmi les couleurs bleutées et la lumière tamisée. L'atmosphère chargée embrouille un peu son esprit, elle vacille.  Il y a des bruits de verres qui se cassent. Des bruits de chaises qui tombent.  Et puis cette odeur de cigarette froide qui s'insinue dans ses poumons et asphyxie ses idées. Où est-il ?  Elle se sent un peu comme Alice, perdue au milieu du pays des merveilles ; à la poursuite du Lapin blanc qu'elle ne rattrape jamais vraiment. Pas derrière le comptoir, là où elle était pourtant persuadée qu'il serait. Il n'est nul part. Elle se demande si elle n’a pas rêvé de lui encore une fois. Pourtant, lorsqu’enfin son visage lui apparaît, c'est comme un uppercut en pleine tête. Elle le regarde et lorsqu’il s’aperçoit enfin d’elle, elle esquisse un sourire un peu tordu et s’apprête à le rejoindre. Mais elle sent une pression se refermer sur sa hanche. Instinctivement, Julia se retourne pour jauger l'homme qui se tient devant elle. Les yeux vitreux. Les cheveux emmêlés, l'homme empeste la liqueur et l'excitation. « Tu as une sacrée bouche, je suis sûr que tu dois savoir l’utiliser autrement. »  Pouah. Un simple salut aurait très bien pu faire l’affaire.
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