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ezreem › i never told you

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❉ i choose my own destiny
Reem Henstridge
i choose my own destiny

all these memories seem so old


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just the way you are
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i swear we were infinite
MessageSujet: ezreem › i never told you Jeu 7 Fév - 22:35


Ezra Paulson and Reem Henstridge
AFTER ALL THESE YEARS, I STILL FEEL
EVERYTHING WHEN YOU ARE NEAR

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Tout ce qui lui restait d’eux se trouvait entre ses mains, entre ses mains frêles et pourtant si fortes. Des mains qui, d’apparence, illustraient une jeune femme de sa génération, une jeune américaine tout ce qu’il y a de plus normale, avec quelques bijoux et des ongles parfaitement manucurés. Pourtant, ces mains, aussi féminines puissent-elles être, avaient également tenu des armes, brandit ces objets si lourds vers l’ennemi. Ces mains avaient vécu la guerre, au sens propre comme au sens figuré. Ces mains qui renfermaient aujourd’hui le dernier souvenir qu’il lui restait de sa vie d’antan. Alors bien sûr, elle n’échangerait pour rien au monde sa vie actuelle pour retrouver celle dans laquelle elle avait grandi, celle où elle ignorait si elle serait encore en vie le soir venu, celle où elle était obligée de piller pour manger, celle où elle se battait, élevait ses frères et soeurs, les portant à bout de bras, celle où elle devait faire plaisir à un époux violent, écoeurant et meurtrier, celle où son quotidien n’était que le reflet de ce conflit, sanguinaire et dévastateur. Une photographie. Une photographie abimée par ces périples qui l’avaient finalement mené ici, à Los Angeles où elle s’était retrouvée seule, totalement seule. Où elle avait dû se reconstruire petit à petit et où elle avait dû se créer une nouvelle vie, une nouvelle identité, loin de ce qu’elle était autrefois et loin des siens. Il n’en restait aucun. Plus aucune personne présente sur cette photo, outre elle, n’était encore en vie aujourd’hui. Sa mère, sa grand-mère, ses frères et soeurs. Tous. Ils avaient tous été tués. Ils avaient tous été victimes de cette guerre qui rythmait ses terres natales syriennes depuis des années. Chacun de ces visages à la fois souriant et marqués par la vie lui manquaient. Tous étaient présents dans son coeur quand elle n’avait eu d’autres choix que d’avancer, que de continuer sans eux, les laissant rejoindre les cieux où elle ne pouvait plus les atteindre, plus leur parler, plus les serrer dans ses bras. C’était douloureux. Certains jours plus que d’autres. Parce qu’elle ne pouvait parler de son passé à personne, parce qu’elle camouflait toute sa fragilité derrière un sourire enjôleur et des éclats de rire non dissimulés. Elle était un rayon de soleil pour beaucoup, quand la vérité était qu’elle était bien moins forte qu’elle en avait l’air. Elle ferme un instant les yeux, serrant cette photographie entre ses mains, caressant le visage de son petit frère, seul petit être à sourire alors qu’à côté de lui, des bombes décimaient quotidiennement son village et plus encore son pays. Ilyès. Il lui manquait tant. Rouvrant les yeux, elle soupire alors qu’elle sent les larmes brouiller sa vue. Elle tire sur sa cigarette une longue bouffée qui se veut régénératrice alors qu’elle n’aimait au fond, pas tellement cela. Laissant la fumée s’échapper d’entre ses lèvres poudrées, elle s’imagine ce qu’aurait été sa vie si elle n’avait pas quitté la Syrie. Peut-être serait-elle morte. Peut-être serait-elle encore à la merci de ce terroriste qui avait usé et abusé de ses courbes, de ce corps frêle qui aujourd’hui n’était que débris. Des marques de son passé couvrait un corps pourtant parfait, bien qu’un brin trop mince, habitué à ne guère manger à sa faim. Un corps qui tentait paradoxalement de survivre en s’offrant à des hommes dont la douceur calmait ses maux, même si cela camouflait bien des traumatismes. Une larme perle le long de sa joue. Elle se laisse aller alors qu’elle est persuadée que personne ne peut la voir, là, assise seule sur ce petit muret qui longeait la devanture de Ashmore Industries, cette société qui lui avait, sans le savoir, permis de s’en sortir. Laissant ses jambes nues se balancer au dessus du sol elle se perd dans cette contemplation qui la brise bien plus qu’elle ne l’aurait cru. Elle est si concentrée sur ce cliché, sur cette vie à laquelle elle avait échappé, sur les souvenirs d’une famille qui lui manquait affreusement, qu’elle n’entend pas. Elle ne prend pas garde à ces pas qui s’avancent vers elle, ni même à cette ombre qui vient lui camoufler le peu de soleil qui restait en cette fin de journée éreintante. C’est cette odeur familière, ce parfum qui l’avait à tant de reprises enivré qui la sort de sa rêverie passagère. Elle lève le regard et le vois. Lui. Ezra Paulson. Elle sursaute et range immédiatement la photographie, craintive d’être percée à jour. « Oh vous … tu es encore là ? » Elle ne le vouvoie plus. Pas même au travail. Et ce depuis qu’il l’avait invité à boire un verre pour achever cette soirée fort sympathique en fiasco total. Quelque part, elle lui en veut. Elle lui en veut parce qu’elle n’a pas l’habitude d’être rejetée, elle lui en veut parce que son coeur avait manqué un battement lorsque ses lèvres étaient venues s’écraser maladroitement contre sa joue et elle lui en veut pour ne pas comprendre qu’il n’était qu’un sombre idiot. Alors l’ambiance ces derniers jours était certes cordiale, mais teintée d’une certaine électricité. Elle sèche rapidement ses joues, baissant la tête pour ne pas être vue alors qu’il était difficilement possible de se cacher d’un homme qui lui faisait face. « Désolé. » Elle ne sait pas vraiment pourquoi elle s’excuse. Peut-être parce qu’elle avait l’impression d’être prise la main dans le sac, comme ce qu’elle avait souvent redouté alors qu’elle volait de temps à autre des choses toutes plus inutiles que les autres dans les bureaux de ses collègues, à commencer par celui de son patron. Elle ne le regarde pas. Un brin honteuse. Elle est captivée par ses chaussures flambant neuves qui donnent à son corps une allure remarquable. Puis elle se rend compte qu’elle laisse depuis de longues minutes maintenant sa cigarette se consumer d’elle-même. Elle lève le mégot avant de se rendre compte qu’il ne restait plus rien. Elle soupire et la jette par terre avant de sortir son paquet de sa petite veste cintrée. « Tu veux une cigarette ? » Elle lui tend le paquet ouvert, en guise d’offrande ou simplement de contournement pour éviter le sujet qui allait probablement pas tarder à venir si elle continuait à le contourner avec autant de force. « Je ne fume pas mais quand le moral n’est pas là, ça aide, n’est-ce pas ? » Elle hausse les épaules avec une certaine nonchalance, tentant de retrouver ce caractère solaire qu’elle maîtrisait d’ordinaire à la perfection alors qu’aujourd’hui, tout lui semblait à la fois difficile et insurmontable. Bien sûr, elle s’était relevée de situations bien plus difficiles, mais aujourd’hui, la tristesse semble s’être emparée d’un corps qui ne demandait qu’à être réconforté.
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ezreem › i never told you

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