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JYANNA ※ when you love someone you let them take care of you

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MessageSujet: JYANNA ※ when you love someone you let them take care of you Lun 14 Jan - 1:19


Lyanna Fox and Joshua Leigh
EXTRAORDINARY THINGS ARE ALWAYS HIDING
IN PLACES PEOPLE NEVER THINK TO LOOK

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Les heures, les jours défilaient sans que rien ne se passe. Chaque journée, chaque nuit étaient similaires les unes aux autres. Joshua Leigh passait le plus clair de son temps ici, dans ce fauteuil inconfortable de la chambre numéro 343 de cet hôpital qui le révulsait de plus en plus. Il en connaissait les moindres recoins pour les avoir traversé en long et en large depuis une bonne semaine. Il avait goûté chacun des plats infectes de la cafétéria, vomissait le café qui n’avait rien d’un café, connaissait les infirmières avec qui il partageait de temps à autre une cigarette et un brin de conversation pour les remercier de le laisser quasiment élire domicile ici. Mais il ne restait jamais loin. Jamais loin d’elle. De celle pour qui il avait frôlé l’aliénation, de celle qui, à bien des égards lui permettait de garder la tête hors de l’eau, quand seul l’espoir de la revoir le faisait aujourd’hui tenir. Il ne rentrait chez lui qu’une petite heure, par-ci par là, lorsque Dante ou Alba étaient présents pour veiller sur elle, de peur qu’elle ne se réveille sans lui. Mais, la majeure partie de son temps, il le passait là, dans ce fauteuil, le regard rivé vers celle qu’il aimait, priant un dieu auquel il n’avait jamais cru pour la voir un jour rouvrir les yeux. Chaque jour, il venait déposer ses lèvres sur son front tantôt brûlant tantôt tempéré. Chaque jour, il replaçait quelques mèches de cheveux qui lui tombaient sur le visage, caressant sa joue avec tendresse et l’implorait de revenir. De lui revenir. Certains jours, il avait l’impression qu’elle ne se réveillerait jamais. Il détestait ces jours-ci, presque autant qu’il détestait la perspective d’une vie sans elle. Alors il parlait, de cette voix basse et rauque, espérant qu’elle pouvait l’entendre. Espérant qu’elle pouvait capter ses mots énonçant qu’il l’aimait, énonçant qu’il ne pourrait jamais vivre sans elle et qu’elle ne pouvait pas l’abandonner. Lui ne l’avait pas fait. Il s’était battu pour elle. Au sens propre comme au sens figuré. Il avait défié tout ce qui s’était dressé devant lui. Il avait combattu les vents, les tempêtes, Tyler Fox et ses hommes. Il avait tout bravé pour la retrouver, poussé par cet amour si fort, qu’il était en capacité de lui faire gravir des montagnes. Il n’avait pas dormi pendant des jours, n’avait cessé de la chercher, était devenu fou à plusieurs reprises, avait tout détruit dès lors que la colère était telle qu’il avait eu besoin de l’extérioriser, avait mis de côté tous ses principes. Mais, il l’avait retrouvé et tout lui semblait justifié pour sauver cette femme. Sa femme. S’il le savait déjà d’une certaine façon, aujourd’hui il en était persuadé. C’était elle qu’il aimait. Pas une autre. Pas Meera. C’était elle et cela avait finalement toujours été elle depuis plus de deux ans. Bien au delà de tout ce que cela pouvait signifier, bien au delà du procès et de leur passif. Il l’aimait à s’en tordre les entrailles. Il l’aimait à en donner sa propre vie. Il l’aimait. Il l’aimait et ne pouvait guère vivre sans elle. Comme chaque jour, il prend place dans le fauteuil à son chevet, déposant son paquet de cigarettes sur la petite table où trônait depuis des jours tout un tas de présents qu’avaient apporté leurs proches. Des fleurs, des chocolats, des lettres, des ballons. Cette table était inondée mais cela faisait aujourd’hui partie du décor. Il ne les regardait plus vraiment. Par habitude, il prend sa main, glisse ses doigts entre les siens avec une douceur qui ne ressemblait en rien à ce qu’on avait vu de lui ces derniers temps. Il n’y avait qu’à voir l’état de sa lèvre inférieure qui avait été fendue et qui guérissait petit à petit, il n’y avait qu’à constater les égratignures logées sur ses phalanges. La colère avait pris possession de lui et aujourd’hui, aujourd’hui qu’il pouvait enfin sentir le contact de sa peau contre la sienne, la haine avait laissé place au calme et à une certaine sérénité. Certes emprunte d’une inquiétude et d’une douleur quotidienne de la voir ainsi, les yeux clos si loin de lui tout en étant si près, mais il ne pensait plus aujourd’hui qu’à elle et c’était finalement tout ce qui comptait. Sa main, il la garde contre lui, entre son genoux et sa propre main, comme captive de son attention, de ses gestes et de son contact. Il a besoin de la sentir là, près de lui, pour ne pas oublier que chaque jour qui passe, les chances qu’elle se réveille s’amoindrissent. Dans son autre main, il tient un livre, un livre qu’il avait bientôt terminé au regard du temps qu’il passait ici. Un livre qui contait une histoire à laquelle il s’identifiait bien trop. Un livre dont le marque page était ce collier, son collier. Celui qu’elle ne quittait normalement jamais. Celui qui lui avait été arraché, celui qu’il lui avait offert et qu’il n’avait cessé de balader depuis, pour toujours avoir une parcelle d’elle avec lui. Parce qu’il savait à quel point elle appréciait ce bijou et à quel point il pouvait compter pour elle. Et comme chaque jour, à peine quelques pages parcourues, ses yeux se ferment doucement, le laissant à son tour flirter avec les bras de Morphée. Il dormait si peu, de peur de ne pas être là à son réveil, que ce fauteuil représentait son seul moyen de récupérer un peu après toute l’énergie qu’il avait pu dépenser en traversant la ville et ses contrées voisines à la recherche de sa bien aimée. Dans ses songes, il s’imaginait qu’elle lui revenait. Dans ses songes, il la revoyait sourire comme elle le faisait tant autrefois, il l’entendait rire, de ce rire enfantin et communicatif qui avait le pouvoir de lui faire tout oublier, il pouvait sentir ses mains se nouer autour de sa taille, ses doigts caresser sa nuque, ses lèvres se déposer au creux de son cou. Il pouvait sentir tout cela, élevant en lui ce manque qui le rongeait. Ce manque qu’il comblait par ses rêves les plus profonds, retrouvant les iris pétillants de celle qui faisait battre son coeur plus que quiconque. Mais parfois, ses rêves qui parvenaient à apaiser un sommeil agité et peu réparateur, s’effaçaient devant des cauchemars. De lourds et violents cauchemars qui lacéraient son coeur et ses espoirs, lui rappelant l’image de la jolie indienne sur cette chaise, ligotée, inconsciente, si faible alors que des traces de violence, de torture et d’acharnement inondaient ce corps inerte, ce corps dont la vie ne tenait qu’à un fil. Il se revoyait hurler son prénom, courir vers elle et la prendre sans ses bras, s’assurant qu’elle respirait encore, lui retirant avec précipitation les noeuds de ses poignets et chevilles, le foulard de sa bouche. Il se revoyait saisir son visage, l’implorant de lui répondre, posant son front contre le sien, vociférant qu’elle ne pouvait pas l’abandonner, qu’il était dorénavant près d’elle et qu’il ne s’éloignerait plus jamais. Criant qu’il l’aimait si fort. Il se revoyait la prendre dans ses bras, la soulever et traverser la pièce, comme si elle n’était qu’une plume dans les bras d’un puissant. Il se revoyait vivre cette torpeur. Sauf qu’à chaque fois, le visage de Tyler Fox apparaissait avant qu’il ne la dépose sur le brancard. A chaque fois il voyait son sourire apparaître, puis une arme à feu braquée sur lui, braquée sur Lyanna. Une détonation. Puis une autre. Et il se réveillait en sursaut. La douleur d’un tel cauchemar ne semblait à l’heure actuelle pas l’accaparer. Presque paisible, il vivait par procuration son histoire avec Lyanna au plus profond de ses pensées. Pourtant, il est coupé. Il est coupé lorsqu’il sent quelque chose bouger sous sa main. Lyanna. Les yeux du blond s’ouvrent immédiatement alors qu’il découvre pour la première fois depuis des jours, le regard de Lyanna. Sa Lyanna. Une joie immense, presque euphorique le traverse immédiatement alors qu’il se redresse. « Lyanna ! » Il se lève immédiatement, posant le livre sur le fauteuil pendant qu’il se rue vers elle, au dessus d’elle, ne la laissant guère respirer alors qu’elle venait tout juste de reprendre conscience après des jours d’un sommeil profond. « Mon amour, ça fait tellement du bien de te revoir. » Il dépose sa main froide contre sa joue chaude, avec tendresse, avec amour, avec dévotion, ayant bien des difficultés à camoufler cette joie immense qui venait de galvaniser un esprit et un corps à la merci de bien des maux. « Comment est-ce que tu te sens, tu veux boire quelque chose? Tu as faim ? Froid ? » Il ne la laisse pas en placer une, bien trop exalté par le simple fait de la retrouver. Il jette juste quelques regards aux alentours pour chercher de l’eau à lui offrir. Il attrape un verre dans lequel il verse un brin d’eau qu’il lui dépose sur la petite table qu’elle peut d’un geste diriger vers elle. « Bébé, si tu savais comme je suis heureux » Sa joie était sincère et quelque part touchante. Pourtant, lorsqu’il se baisse vers elle et qu’il s’apprête à venir déposer un baiser sur des lèvres qu’il connaissait à la fois si bien et pas assez, il sent un geste de recul de sa part. Il interrompt son geste et l’interroge du regard, n’ayant finalement pas conscience de tout ce qui s’était préalablement déroulé avant qu’il ne la retrouve. Il se redresse alors, conscient qu’il allait peut-être trop vite. « Quelque chose ne va pas? » Passant une main fébrile dans ses propres cheveux, il fait un pas en arrière, canalisant son entrain, sa ferveur, pour la laisser respirer.
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MessageSujet: Re: JYANNA ※ when you love someone you let them take care of you Lun 14 Jan - 18:00


Joshua Leigh and Lyanna Fox
I WANT TO BE STRONG FOR YOU RIGHT NOW
BUT THE THOUGHT OF YOU LEAVNG IS KILLING ME INSIDE

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Plongée dans ses pensées. Plongée dans des pensées qui lui paraissent soudainement idiotes. Sans plus aucun intérêt à l’heure actuelle. Elle s’était laissée surprendre quand elle n’aurait pas dû. Elle s’était laissée fragiliser. Lyanna Fox avait baissé sa garde. Quand, en réalité, elle aurait dû contenir, entretenir cette paranoïa qui l’avait tant de fois tenue éveillée dans la pénombre. Celle qui lui susurrait à l’oreille que tout était possible. Que Tyler Fox n’en avait, indéniablement, pas terminé avec elle. Là, assise sur cette chaise, bâillonnée et vulnérable. C’est ce qu’elle se dit. Qu’elle n’était qu’une imbécile dont l’esprit avait été effracté et tourmenté par un homme. Joshua Leigh. Celui qui avait réussi, contre toute attente, à percer toutes ses défenses, à engloutir cette psychose qu’elle trainait derrière elle depuis son enfance. Celle de la méfiance en l’être humain. Cette conviction viscérale selon laquelle chaque homme qui l’entoure finissait toujours par la flageller. Par lui faire mal. À l’instar de ce père, qui n’en avait jamais été un, capable de la cloisonner sous terre par simple frustration. Et pourtant, jamais, Joshua ne lui avait autant manqué que maintenant. Qu’au milieu de cet endroit lugubre et sombre dans lequel on l’avait emprisonné. Cette pièce dont elle ne distingue plus l’espace temporel qui l’entoure. Le temps devenait une notion complexe, indéfinissable aux yeux de la jeune Fox. Le jour et la nuit étaient unies. L’un et l’autre pour donner naissance aux ombres mouvantes qui se délectaient de ses hurlements. De ses larmes. De son sang qui colorait sa peau hâlée. Chaque fois que la porte s’ouvrait devant eux, son corps entier se raidissait, épris d’un soudain instinct de survie. Ses muscles devenait du plâtre. Car elle sait, que les coups tomberaient. Qu’ils tenteraient de la briser. Ils ne la voulaient pas morte non. Ça, elle le sait depuis le premier jour, celui où l’odeur acide du produit l’avait étouffé dans son appartement. Celui d’un tissu capiteux contre ses narines, de cette large main qui avait entouré son visage.  Elle avait redouté ce moment, prête à tous les compromis pour quelques secondes de répits au milieu de multiples sévices physiques et psychologiques. La faim. La soif. Un estomac vide et brulant. Une peau transpercée de part et d’autres. Et puis, l’épuisement s’était saisie d’elle. Les forces qui la quittaient peu à peu. Eveillée par quelques gifles masculines. Par la lueur aveuglante qui se dégageait de la porte métallique derrière laquelle sa liberté se trouvait. Sonnée par cet enfermement dont elle était victime depuis des jours. Des nuits. Des heures. Des minutes. Elle ne savait plus, ayant perdu toute notion du temps. Toute force la quittait lorsque les phalanges de ses bourreaux se percutaient contre sa chair. Une poupée désarticulée, incapable de lutter contre eux. Voilà ce qu’elle était devenue. Au fond, toute chose se brise, à commencer par les objets. Par ce collier qu’elle ne portait plus. Par ce vase de collection qu’elle avait brisé enfant. Toute chose se brise, y comprit son corps. Puis son âme. Et enfin son coeur. Alors elle a abandonné, cessant toute négociation. Toute supplication. Tout hurlement. Elle s’était éteinte au rythme de ses battements cardiaques faiblissants. Elle subissait, priant un dieu auquel elle n’avait jamais cru d’achever cette cruelle scène pittoresque. Qu’on l’achève, qu’une balle se loge en elle pour qu’elle puisse enfin trouver la paix. Jamais, au fond, elle n’avait songé à mourir. Jamais elle ne s’était imaginé pouvoir un jour souhaité de manière aussi viscérale s’éteindre à jamais. Et là, assise sur cette chaise, le corps meurtris de multiples coups, de multiples blessures à l’arme blanche, elle imagine sa mort. Les larmes de Dante. La peine profonde de son grand frère dont la présence avait été une nécessité pour elle. Elle songe aussi à la jouissance de Tyler. A la satisfaction d’Alice, sa mère, enfin débarrassée de cette fille indigne qui ne méritait pas de porter le nom de Fox. Vaguement, elle songe aux parents de Meera qui seraient satisfaits de sa disparition, un juste retour des choses en soit. Et puis, là, brièvement mais d’une puissance colossale son coeur se brise lorsqu’elle l’imagine lui. Joshua Leigh. Revivant inlassablement le même drame. La même perte, à quelques années de différences. Subissant à nouveau la folie du même homme. Eternel victime d’un amour meurtrie. Elle l’imagine seul. Profondément seul. Triste aussi. Alors, elle lutte, elle demande à son coeur de tenir le coup. Encore un peu. Malgré la soif qui lui donne le tournis. Malgré la faim qui lui broie l’estomac. Malgré la douleur des coups. Malgré les menaces. Les mots qui se lient aux maux. Elle aimait Joshua, plus qu’elle n’aimait la vie en elle - même. Parce qu’il lui avait appris à aimer la vie. À apprécier les moments simples où deux mains se frôlent avec pudeur. Ceux des matinées pluvieuses à se prélasser sous leur drap chaud, à se laisser border par les murmures. Elle l’aimait avec dévotion. Avec inquiétude tant elle l’aimait. Elle l’aimait comme Héra aimait Zeus. Comme Eve aimait Adam. Comme la vie aimait la mort. Comme Pygmalion avait aimé Galatée, lui - même cloisonné à jamais dans un amour impossible. À l’image de celui que partageaient Joshua et Lyanna. Si néfaste et pourtant si fort. Terriblement fort. Suffisamment fort pour qu’elle souhaite vivre encore quelques minutes. Pour qu’elle ne se laisse surprendre par les coups de feux dans un état de semi - conscience. Que les hurlements ne la poussent à garder ses pupilles lourdes et épuisées entrouvertes. Qu’elle ne songe, dans cet état de folie pur, à cet homme, cette silhouette large. Gigantesque à côté de la sienne qui s’approche d’elle avec précipitation et inquiétude. Elle n’a, d’ailleurs, aucune méfiance, parce qu’elle reconnait cette voix rauque et mélodieuse. Cette chaleur humaine qui émane de cet homme. Cette source protectrice qui l’enlace et à laquelle elle s’accroche. Nouant ses doigts ensanglanté, avec le peu de fore qui lui reste, contre son t-shirt elle s’y accroche. Comme, au fond, elle s’était toujours accroché à lui. Plus de deux ans qu’elle ne cessait de le vouloir. De l’aimer. Son Joshua. Celui dont le coeur bas contre son oreille. Celui grâce à qui, enfin, elle se laisse porter par le sommeil. Qu’elle ne ferme ses paupières sereinement. Elle pouvait dormir maintenant. Elle pouvait se laisser border par cette odeur qu’elle aimait tant. Enveloppée par ce corps de chair qu’elle désirait avec hargne. Il était là. Il le serait toujours. Lui, tenait ses promesses. C’est une scène qui ne cesse de revenir la hanter dans ses songes, celle où à genou il s’était saisi de son corps. Celle où sa voix raisonnait jusqu’à elle. La finalité était parfois différente. Tantôt elle sombrait dans un état de sommeil constant. Tantôt elle lui jurait ne de plus jamais disparaître. Parfois, elle avait la force de poser sa main contre sa joue, lui souriant. Le suppliant de vivre heureux quelque part sur cette planète. Tout se mélange. Les pensées. Les souvenirs. Les sentiments aussi. La rancune se mêle à l’amour. La douleur au plaisir. Elle ne sait plus trop. Elle se sent voguer dans un univers qui n’est pas le sien. Un endroit silencieux, paisible. Mais, paradoxalement coloré d’une solitude étrange. Dans ce rêve, elle ne se souvient plus de Joshua. Elle ne sait plus qui il est, ni la place qu’il a eu, qu’il a et qu’il aura très certainement dans sa vie. Assise, seule, elle observe l’aube. Le ciel rosie. Et puis, son visage se tourne lorsqu’un souffle se percute contre ses joues. Là. Assis à ses côtés. Joshua. Ses prunelles émeraudes plongées dans les siennes. Il lui demande de revenir encore un peu à ses côtés. De faire un bout de chemin à ses côtés. Il tend sa main. Elle s’en saisi. Nouant ses doigts dans ceux du psychologue. Elle rit en cloisonnant ses paupières dans l’obscurité. Lorsqu’elles les ouvre de nouveau, il n’y a ni cieux, ni nuage, ni soleil chaleureux. Seulement un plafond blanchâtre. Le bruit d’une machine qui surveille son coeur défaillant. Et cette main. Cette large main dans la sienne. Elle ne fait rien, tente simplement de discerner ce qui tient du rêve de ce qui est la réalité. Ses prunelles épuisées toisent cet homme, endormis. Passablement paisible. Lèvre blessée. Elle observe ces phalanges dont la peau faisait défaut. Tout cela, elle l’observe en silence pendant de longues secondes. Alors, oui. Elle était vivante. Du moins, il semblerait que le monde l’ait rappelé à lui. Du bout des doigts, elle fait pression contre la main du psychologue. Un geste qui lui demande bien trop d’énergie. Il s’éveille. Sursaute presque lorsqu’il croise son regard. Elle aimerait tant lui dire mille mots et phrases, mais rien ne sort. Rien. « Lyanna ! » Il se lève, dépose le livre qu’il devait sans doute lire. Un constat qui la rassure. Il était resté le même pendant son absence indéterminé. Il était cet amoureux de littérature, cette force paisible et rassurante. Elle aimerait sourire. Mais, ça aussi, c’est un peu trop tôt. Il la surplombe, la toise. L’englobe de sa présence. Il la terrorise d’une certaine manière car derrière lui il y a les ombres qu’il ne voit pas. Celles qui la hantent.  « Mon amour, ça fait tellement du bien de te revoir. »  Cette phrase, empreinte d’un soulagement contagieux, s’accompagne de cette main glacée qui se pose contre sa joue ronde. Ravivant derrière ses prunelles les multiples coups jadis reçu contre sa peau. La douleur qui s’y accompagne. Elle frisonne de crainte. Tout va trop vite. Il va trop vite. Si bien qu’elle se sent d’autant plus anesthésiée psychiquement. Elle tente alors de l’appeler à l’aide. « Jo… » Commence - t - elle avant qu’il ne la coupe en la toisant de ses grands yeux verdoyants et amoureux. Heureux aussi. Alors elle se demande, elle, ce dont devait avoir l’air son propre regard éteint de toute forme de lumière et de vie. La vie. Il en avait pour deux. L’amour aussi, elle se souvenait bien de ce qu’il lui avait dit par message. Il l’aimerait pour deux, il patienterait pour elle. Il ferait tout pour elle. « Comment est-ce que tu te sens, tu veux boire quelque chose? Tu as faim ? Froid ? » Elle ouvre la bouche, tente de prononcer quelques mots. Tout reste bloqué à nouveau. Tout. Et ça la brise. Ça la fracasse d’être comme cela face à lui. D’être si fragile. D’être si perturbée quand elle ne veut, en réalité, que l’aimer. Elle tente de bouger son visage en le secouant légèrement. Mais, même ça c’est encore trop difficile. Ce n’est pas tant que son corps souffre. Il ne souffre plus. Elle a l’impression que les coups s’étaient dissous, que les cicatrices avaient fait leur travaille. Non. La douleur était une douleur d’esprit. Léthargique, elle le laisse faire. L’observe du coin de l’oeil qui dépose un verre d’eau. Comme elle aimerait lui dire qu’elle l’aime. Qu’elle ne veut plus passer une seule seconde loin de lui. Qu’elle ne souhaitait plus jamais porter ce nom maudit. Celui qui la rattache à ce bourreau. L’état d’excitation de Joshua est contagieux, touchant aussi. Elle n’arrive pourtant pas à sourire. « Bébé, si tu savais comme je suis heureux » Il se retourne vers elle. L’envoute de son regard. Laisse ce corps gigantesque et réconfortant se poser au dessus du sien. Elle ne dit rien, passive. Jusqu’à ce que son souffle ne se percute contre ses lèvres. Elle les revoit. À sa place, ces hommes, ces tortionnaires dont l’haleine brulante avait valeur de sel contre une blessure. Elle recule, sans même s’en rendre compte. Sans même mesurer l’impact que ce geste de fuite pourrait avoir sur l’homme qu’elle aimait. Elle se cloisonne. Se referme dans des souvenirs qui inondent son esprit. Le blond fait de même. Le regard interrogatif. Un regard qu’elle n’ose pas affronter. « Quelque chose ne va pas? » Ses prunelles se posent en silence sur lui. Tandis qu’il glisse sa main dans ses propres cheveux. Fébrile. Fragile. Elle culpabilise. Tente de dire quelques mots, mais rien n’y fait. Elle n’y arrive pas. Et pourtant, mille questions tourmentent son esprit. Elle inspire profondément, tente de chasser les images sordides qui inondent son esprit. Elle tente de garder pied car le regard que pose Joshua sur elle la dévore. Il la brule. Elle se redresse lentement, en silence, attrapa sa main abimée dans la sienne. Calmement elle scrute ses phalanges. Elle jauge alors que cela ne date pas de très longtemps. Elle relève alors son regard sur ce visage. Détaille la véracité de son existence et des blessures qui le colorent. Comparses de quelques traits tirés qui traduisent une fatigue lacérante. Elle ne lâche pas sa main. « Joshua… » Finit - elle par lâcher d’une voix rauque. Enrouée. Epuisée, malgré les nombreuses heures de sommeils dans lesquelles son esprit l’avait plongé. « Ta main et ta lèvre. C’est à cause de moi c’est ça ? Tu as recommencé ? Comme après le procès ? Tu as recommencé ?» À se perdre lui - même. À cause d’elle. À cause de son père. Elle cherche dans son regard une réponse. Une réponse négative, mais les yeux ne mentent pas. Ceux de Joshua avaient cette particularité communicative qui l’avaient fait tomber amoureuse de lui. Dès le premier regard. Le premier souffle. Elle aimerait pourtant, en l’instant, que ces beautés émeraudes puissent mentir. « Tu devrais partir. » Souffle - t - elle du bout des lèvres d’une voix blanche. Déchirée. Déchirure cardiaque, aussi. Elle dépose sa main libre au - dessus de la sienne. Tente de couvrir des blessures qu’elle avait causé par procuration. Des blessures de chairs. Mais de coeur aussi, celle de la perte de Meera. « Vas t’en Joshua. Nous deux c’est pas bon…regardes ce que tu te fais. Regardes ce que Tyler nous fait. Il continuera, les parents de Meera ne te pardonneront jamais. Et puis, tu aimes….Mee…Tu ne survivras pas à nous deux. » Elle en était persuadée. Elle le sentait au plus profond de sa chair. De son âme. Ils seraient maudits. Ils souffriront toute leur vie. Il souffrirait avec elle. « Vas t’en. Je ne pourrai jamais plus être ta Lyanna…y’a trop de choses dans ma tête tu comprends ? » Parce qu’elle était brisée. Qu’elle le serait toujours d’une manière ou d’une autre. Et parce qu’aussi, malgré ces mots qu’elle prononce avec difficulté et déchirement. Elle cherche à le protéger. D’elle. De lui - même. Mais surtout, de Tyler Fox…l’ombre mouvante. L’une parmi tant d’autres dans cette relation.
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MessageSujet: Re: JYANNA ※ when you love someone you let them take care of you Ven 18 Jan - 18:39


Lyanna Fox and Joshua Leigh
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Jamais Joshua ne s’était imaginé un jour connaître à nouveau l’amour. Ou simplement connaître l’amour, le vrai, le véritable. Jamais il ne s’était imaginé que quelque chose de plus fort pourrait imprégner chacune des cellules de son corps avec une virulence telle qu’il lui serait impossible de s’en débarrasser, que ce qu’il avait pu vivre avec Meera lui paraîtrait presque trop lisse, sans relief, teinté d’une fadeur non négligeable. Jamais il n’avait songé vivre une telle jouissance de l’esprit à la simple idée de la voir, au moindre de leur contact, au moindre regard posé sur elle. Jamais il n’aurait pensé que son corps puisse réagir avec tant de vivacité à une autre personne. A tel point qu’il ne contrôlait plus rien. A tel point qu’il ne rêvait que de retrouver son contact, de la serrer contre lui sans jamais la laisser s’envoler à nouveau, au risque de la perdre à jamais. Il n’avait pas imaginé que cela puisse être possible. Il ne l’avait pour ainsi dire, jamais pensé une seule seconde, se condamnant à une solitude résultante d’une culpabilité qui le rongeait de l’intérieur chaque jour un peu plus. Il s’en rendait compte aujourd’hui, alors qu’il passait ses journées à la regarder endormie, à s’imaginer ce que serait leur vie lorsqu’elle se réveillerait, à s’imaginer ce qu’elle pourrait être si elle ne se réveillait jamais, à ce qu’il deviendrait sans elle. Rapidement, alors que ses doigts flirtaient le long d’un corps inerte cherchant un contact sans la moindre réceptivité, il avait compris. Compris que sans elle, il n’était rien. Compris qu’elle était devenue aussi importante que son père ou Genesis pouvaient l’être pour lui, qu’elle faisait partie de sa vie, de son existence de la même manière qu’eux et qu’elle avait capturé son coeur, sans qu’il ne puisse un jour le reprendre. Il ne serait rien sans elle. Il ne voyait même pas l’intérêt de continuer de vivre sans elle. Capturé dans les méandres d’un nouveau potentiel deuil, il s’était imaginé à plusieurs reprises devoir organiser des funérailles, devoir lui dire adieu et avaler l’une de ces boîtes de gélules qui lui permettrait d’en finir. Sombres pensées. Pensées noircies par la peine, par le chagrin, par l’idée même de la perdre à tout jamais. Elle était son oxygène. Elle était cette cocaïne sans laquelle un drogué ne pouvait survivre, elle était l’eau dont le corps humain avait besoin, elle était absolument tout. Et sans elle, il n’était rien. Il l’avait compris en la contemplant, en passant ces longues heures à caresser la peau de son bras nu, à glisser ses doigts entre les siens, à lui murmurer toutes ces choses qu’elle ne pouvait pas entendre. Il était si seul. Même lorsque Lincoln, Genesis, Dante ou toutes ces personnes qui entouraient Lyanna étaient présentes. Même lorsque les infirmières venaient lui faire la conversation tout en s’occupant du corps sans véritable vie de Lyanna. Il était seul. C’était comme s’il avait été amputé d’une partie de lui-même. Comme si son âme s’était séparée en deux, en confiant une parcelle à celle qui le maintenait bien plus en vie qu’elle ne pouvait le croire. Il était dépendant d’elle. Bien trop dépendant d’elle et finalement, il l’avait toujours été depuis le premier jour. Parfois, alors qu’il s’imaginait ne plus jamais l’entendre, ne plus jamais la voir lui sauter dessus ou la sentir contre lui, il sentait sa vue se brouiller, ses yeux s’humidifier, se sentant plus misérable que jamais. Bien sûr, par fierté et parce qu’il avait peur que quelqu’un ne le voit dans cet état, il ravalait toutes ces larmes qu’il n’avait jamais versé pour Meera. Meera. Elle était si loin dans son esprit. Elle était si loin de tout et il se rendait aujourd’hui compte qu’elle n’avait jamais été ce que Lyanna représentait pour lui aujourd’hui. Bien sûr, il l’avait aimé, à la manière d’un adolescent aimant son premier amour. On n’oublie jamais son premier amour, c’est bien connu. Il ne l’avait jamais oublié. Il s’était simplement perdu dans une confusion si grande de son esprit qu’il ignorait si son souvenir l’avait hanté parce qu’il l’aimait ou parce qu’il culpabilisait. La culpabilité. Le pire des sentiments. Celui qui baignait Joshua Leigh depuis plus de seize ans et qui ne faisait que s’accroître actuellement. Car outre la culpabilité qu’il ressentait depuis des années du simple fait de ne pas avoir réussi à sauver sa petite amie, de la culpabilité qui arrachait son coeur de sa poitrine dès lors qu’il se rendait compte qu’il ne l’avait pas véritablement aimé autant qu’il n’aimait Lyanna, aujourd’hui, une nouvelle vague s’était emparée de son être. Car tout était de sa faute, qu’il était responsable de l’enlèvement de la femme qui luttait pour survivre sous ses mains inutiles, et que ses faiblesses et tourments n’auraient pas dû outrepasser l’amour qu’il lui portait. Il aurait dû être fort pour elle comme elle était aujourd’hui forte pour lui. Il aurait dû se battre contre cette culpabilité pour elle et contre toutes ces balles qui venaient cribler son abdomen, puis sa poitrine, atteignant son coeur avec brutalité. Mais il n’avait pas sa force. Il ne l’avait jamais eu. Elle était celle qui le portait à bout de bras quand lui sombrait pour des démons intérieurs bien moins tragiques que les siens. Elle méritait mieux que ce qu’il avait à lui offrir. Il le savait, en était parfaitement conscient. Il avait même songé, un jour où tout son esprit était plongé dans le noir, à partir. A coucher quelques mots sur un papier blanc, lui livrant qu’il ne la méritait guère et qu’il ne la mériterait jamais. Qu’elle serait bien mieux sans lui et qu’elle pourrait enfin vivre la vie qu’elle méritait, sans ombre au tableau, sans personne pour la tirer vers le bas, sans faiblesses nouées à ses poignets. Il y avait songé à plusieurs reprises avant de se rétracter. Aussi égoïste cela soit-il, il ne pouvait pas vivre sans elle. Alors il était prêt à tout. Il était prêt à se racheter, à faire tous les efforts pour elle, à prendre tous les risques pour elle, à donner sa vie pour elle. Pour elle et son honneur. Pour éteindre les flammes qui l’encerclaient, pour combattre ses démons, il était prêt à tout. Il était prêt à tuer Tyler. Il était prêt à prendre sa vie et à mettre un terme définitif à tout ce qu’elle avait subi par sa faute. Peu importe les conséquences. Peu importe qu’il finisse sa vie en prison, rêvant du songe de celle qu’il aurait aimé être sa femme. Peu importe qu’il finisse assassiné par vengeance des proches de Tyler si cela pouvait la sauver elle. Car si lui était incapable de vivre sans elle, il savait qu’elle était assez forte pour vivre sans lui. Elle l’avait toujours été, forte. Elle était la femme la plus forte qu’il lui ait été donné de rencontrer. On ne cessait de le lui dire lorsque certains jours, il perdait espoir. Les infirmières, les médecins, Vitaly, tous… Tous lui rappelaient sa force et ô combien elle luttait pour survivre. Alors il retrouvait l’espoir, il passait ses jours et ses nuits là, serrant sa main contre la sienne avec une force paradoxalement fragile, espérant qu’elle reviendrait, que ses luttes ne seraient pas vaines et qu’elle pourrait à nouveau vivre la vie qu’elle rêvait de vivre. Epuisé par toutes ces heures passées à espérer, il avait fini par s’endormir. Dans cette position qui devenait coutume. Dans cette position qui reflétait à la perfection son état d’esprit. Lui se raccrochant à la main de celle qu’il aimait, les yeux clos par la fatigue qui s’accumulait de jour en jour, n’ayant plus dormi dans un véritable lit depuis des jours, tentant vainement de redevenir celui qu’il était, cet homme passionné de littérature, cet homme simple et solitaire, cette âme qui tentait de vivre sans véritable but. Pourtant aujourd’hui, les choses avaient changé et son but se matérialisait par ce marque page qui partageait son oeuvre en deux. Le collier de Lyanna. Celui qu’il lui avait offert et qui quelque part, symbolisait leur amour. Il revient à lui que lorsqu’il sent cette pression qu’il avait espéré sentir à de si nombreuses reprises. Celle d’une Lyanna conscience, d’une Lyanna vivante et capable. Si d’ordinaire, le sortir du sommeil était un travail de longue haleine, le simple fait de croiser son regard l’éveille, fait battre son coeur à vivre allure et le sort d’une léthargie passagère. Un sourire inonde un visage exalté. Il oublie tout. Il oublie ses pensées négatives et sombres. Il oublie ces jours de solitude et d’inquiétude, tout ce qu’il a fait pour en arriver, tout ce qu’il a demandé pour la récupérer. Il ne voit qu’elle. Qu’elle et son regard de feu, bien qu’épris par la fatigue. Il est heureux. Si heureux de la voir. Tellement qu’il l’encercle, l’inonde de son excitation alors qu’elle ne demandait probablement que calme et sérénité. Il n’était plus vraiment lui-même, cette force tranquille et tempérée. Parce qu’il l’avait retrouvé. Elle et personne d’autre. Et finalement, c’était tout ce qui comptait pour lui. Debout devant elle, la surplombant sur son lit d’hôpital, il va à son contact. Un contact peut-être un peu trop précipité, oubliant ce qui les avait séparé avant même que son père ne décide de lui faire subir l’un des pires châtiments. Il ne se rend pas compte qu’il va trop vite, que ses gestes sont trop précipités, trop avenants, trop brutaux quelque part… La main sur sa joue, il sent pourtant que ses traits se crispent. « Jo… » Il remarque que son regard n’est pas celui d’autrefois. Il met cela sur le compte de la faiblesse, de ses premières secondes de conscience, de retour parmi les vivants. Il est si heureux qu’il occulte tout. Même ces indices qui auraient dû le faire reculer pour lui laisser le temps et l’espace nécessaires. Il s’était tant inquiété pour elle. Il avait tant souffert sans elle, pour elle, tentant vainement de prendre cette douleur qui inondait le corps de l’indienne. Alors il continue. Il ne reçoit son appel à l’aide et n’est guère frappé par son regard éteint. Il ne cherche qu’à bien faire, galvanisé par de bonnes intentions. Il ne cherche qu’à savoir comment elle se sent, si elle a besoin de quoi que se soit qu’il est prêt à lui offrir immédiatement. Mais il ne reçoit la moindre réponse, bien trop faible pour formuler quoi que se soit. Il essaie de la rassurer, comprenant que malgré toute l’hyper-activité qu’il avait connu chez Lyanna Fox, elle ne pouvait en une fraction de seconde retrouver toute sa verve d’antan. Il en était conscient, parfaitement conscient mais ce geste de recule qu’elle fait, lorsqu’il tente de venir capturer des lèvres qui n’avaient été qu’un lieu de frustration pendant de nombreuses semaines, il sait que quelque chose ne va pas. Il se rend compte qu’il en fait trop. Qu’il est trop rapide, précipité, trop emprunt d’excitation du simple fait de la revoir. Alors il fait ce qu’il aurait dû faire depuis le début, reculer. Prendre de la distance et attendre qu’elle soit prête. Il devait cesser de ne penser qu’à lui et penser au bien être de la jeune femme avant le sien. Il lui demande quand même. Ce qu’il se passe, ce qui ne va pas quand en vérité, cela aurait dû n’être qu’évidence pour lui. Il avait occulté, mis de côté tout ce qu’il s’était passé avant qu’elle ne soit enlevée. C’était là son erreur. Plus encore, il avait cru, dans un espoir vain que le simple fait de respirer à nouveau, que le revoir ferait un bref instant, effacer ce qu’elle avait pu vivre. Derechef, il s’en veut. Il se sent idiot. Un parfait idiot qui ne cessait de faire des erreurs de débutant. Car finalement, c’était ce qu’il était. Un débutant de l’amour, un débutant des relations sérieuses et des sentiments qui le dévoraient. Il ne parvenait à se canaliser. Il se perd pourtant dans son regard, gouverné par de multiples sensations contradictoires, reflétant ici toute sa détresse et son manque de savoir faire. Ils se regardent, s’observent comme deux inconnus alors que leur mains sont toujours nouées l’une à l’autre, comme s’il était impossible de les séparer. « Joshua… » Sa voix fragilisée par la fatigue lui transperce le coeur. Il ne la lâche pas du regard, attendant qu’elle lui dise ce à quoi il s’attendait. Qu’elle le remette dans le droit chemin et qu’elle lui rappelle à quel point il n’avait fait qu’accumuler les erreurs. « Ta main et ta lèvre. C’est à cause de moi c’est ça ? Tu as recommencé ? Comme après le procès ? Tu as recommencé ?» Elle n’est pas idiote, il le sait. Elle le connait bien mieux que n’importe qui. Elle sait lire en lui, comme dans un livre ouvert, aussi effrayant que cela puisse paraître. Devant le fait accompli, il détourne son regard du sien. Car il sait qu’elle va y voir ce qu’elle ne souhaite y trouver. Il reprend sa main, laissant les doigts de la jeune femme retomber sur le lit. Il fait même un pas en arrière, marquant une distance douloureuse. Il ne pouvait pas lui dire ce qu’elle voulait entendre. Il ne pouvait lui énoncer qu’il n’avait pas recommencé quand la vérité était tout autre. Il s’était laissé emporter, comme il le faisait dès lors que quelque chose le touchait assez pour le mettre à terre et lui ôter toute notion de raison. Ces éléments étaient rares mais Lyanna en faisait partie. Il reste alors silencieux un instant, refusant tout contact avec ses iris. Il avait recommencé. Il avait laissé la bête qui sommeillait en lui frapper cet homme, encore et encore, n’étant plus capable de s’arrêter, n’espérant que lui retirer la vie qu’il ne méritait pas, qu’il avait volé à sa fille. Pourtant, la situation n’était pas la même que la dernière fois. Elle était pire. Parce que cette fois, il avait agit en parfaite possession de ses moyens. Cette fois, il savait ce qu’il faisait et n’était en rien gouverné par des démons d’un passé révolu qui resurgissaient parfois face aux yeux sauvages des parents de Meera Shirazi. « Je n’ai pas bu. » Il ne sait pas vraiment pourquoi il tient à préciser cela. Pourquoi, quelque part, il s’auto-incrimine. Peut-être parce qu’il lui avait fait la promesse de contrôler l’alcool qu’il pouvait consommer. Peut-être. « Tu devrais partir. » Cette voix, déchirante, soufflée tel un murmure, lui lacère de nouveau un coeur bien trop à la merci de cette jeune femme. Il ferme un instant les yeux et respire doucement, comme pour encaisser ce à quoi il aurait dû se préparer. Mais c’était typiquement Joshua. Il ne se préparait jamais. Il ne les rouvre que lorsqu’il sent le contact de sa main sur la sienne, sans pour autant être capable de la regarder. Ni même de bouger. « Vas t’en Joshua. Nous deux c’est pas bon…regarde ce que tu te fais. Regardes ce que Tyler nous fait. Il continuera, les parents de Meera ne te pardonneront jamais. Et puis, tu aimes….Mee…Tu ne survivras pas à nous deux. » Il déteste ce qu’il entend. Il déteste cette façon qu’elle a de le repousser alors qu’il ne rêvait que de la retrouver. Elle et personne d’autre. Quand bien même elle annonçait certaines vérités, aussi cruelles soient-elles. Elle avait raison sur une chose, Tyler, les parents de Meera, continueraient à leur mettre des bâtons dans les roues. C’était la seule chose sur laquelle elle avait raison. « Je t’aime toi Lyanna. » Après de longues secondes de silence, il prend enfin la parole. Il la regarde enfin, capturant ses prunelles sans pour autant faire le moindre pas vers elle. Malheureusement elle ne semble pas l’écouter, comme gouvernée par ses propres démons. « Vas t’en. Je ne pourrai jamais plus être ta Lyanna…y’a trop de choses dans ma tête tu comprends ? » Ses mots le blessent. Le lassèrent de toute part mais il encaisse. Il encaisse sans rien dire, restant parfaitement stoïque sur deux jambes qui ne demandaient qu’à s’effondrer. « Je ne partirais pas. » De cette voix rauque et autoritaire, il énonce ces mots en capturant son regard. Il plisse les lèvres, montrant cette faille de fragilité qu’il camouflait pourtant à la perfection si l’on ne connaissait guère les manies qu’il avait dès lors que la confiance le quittait. « Tu sais un jour, tu m’as dit de ne jamais partir. Pas même si tu me le demandais. Tu m’as dit que je devais m’accrocher à toi si tu comptais vraiment pour moi, si je t’aimais vraiment. » Il s’accroche à ses iris couleur noisette, à cette femme qui finalement l’avait rendu plus vivant que n’importe qui, qu’il aimait. Beaucoup trop. Ceci même s’il savait qu’un beau jour, cela courrait à sa perte. Se remémorant des mots qu’elle avait prononcé, il cherche à lui faire entendre raison, à lui faire comprendre que quoi qu’elle dise, il l’aimait. Elle et pas une autre et qu’il serait plus encore, toujours présent, toujours là, à ses côtés, jusqu’à la fin. « Tu comptes plus que n’importe qui Lyanna. » C’était effrayant. Effrayant à quel point il s’était accroché à elle, à quel point il s’était mis à genoux devant elle, lui prêtant allégeance, lui jurant amour jusqu’à ce que mort s’en suive. Effrayant à quel point il était dépendant de leur histoire, d’elle. Pourtant il continue. Il continue à se livrer à elle dans une sincérité déconcertante. « Tout ce que j’ai fait pour te retrouver, tout ce que j’ai ressenti en apprenant ta disparition, en voyant ces photos de toi sur cette chaise le visage ensanglanté, c’était réel et si c’était à refaire, je le referais. De la même façon, si c’est la condition pour te retrouver en vie. » Cette fois, il baisse le regard, ramenant ses mains vers lui, vers un corps robuste et pourtant si fragile. Il ne la regarde plus. Il n’en est plus capable. « Oui je ne survivrais pas Lyanna. Mais uniquement si tu n’es plus là. S’il n’y a plus de nous. » Cruelle et criante vérité, il était fou d’elle. Fou de Lyanna Fox et seulement de Lyanna Fox.
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MessageSujet: Re: JYANNA ※ when you love someone you let them take care of you Hier à 0:11


Joshua Leigh and Lyanna Fox
I WANT TO BE STRONG FOR YOU RIGHT NOW
BUT THE THOUGHT OF YOU LEAVNG IS KILLING ME INSIDE

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L’amour a toujours été pour Lyanna un concept abstrait. À l’image même de ces tableaux d’artistes peintre dont elle n’arrivait pas à en saisir la beauté virulente qui s’en dégageait. Elle n’avait jamais réellement saisi toutes les subtilités de l’amour. Encore moins la possible force qui pouvait s’en dégager. Et, dans la tragique finalité des choses, encore moins la douleur avec laquelle l’amour pouvait transcender l’âme humaine. Toutes ces choses sur l’amour, ces poèmes tragiques, ces tragédies grecs, ces chansons langoureuses que les artistes créés pour nourrir l’âme humaine. Tout cela, elle l’avait vu, entendu et plus ou moins vécu à travers le regard des autres. De ses proches, de son entourage, de gens normaux et d’autres anormaux. Elle avait toujours, plus ou moins, abordé l’amour avec un certain pragmatisme. Se croyant, avec véhémence, protégée et à l’abris de ce dernier. Parce qu’elle était Lyanna Fox et que Lyanna Fox ne possédait de coeur que pour les âmes humaines qui n’existaient plus. Que pour ces victimes à qui elle voulait rendre hommage par le biais de son travail. Elle n’avait de place en son coeur pour aucun homme. Ô, douces pensées naïves qui furent balayées d’un souffle virulent par la simple présence de Joshua Leigh dans son champ de vision. C’était arrivé comme ça. Sans même crier gare. Un regard verdoyant, transperçant. Percutant. Des prunelles troublées qui se plongent dans les siennes. Une large main chaude qui enlace la sienne avec fermeté et assurance. Froideur aussi. C’était ce qui avait suffit pour que l’amour s’immisce en elle. Ne l’imprègne aussi vigoureusement et rapidement qu’un virus se propageant sur une population humaine. Détruisant toutes les convictions, les croyances et les certitudes d’une femme qui s’était condamnée, par culpabilité, à une vie solitaire et profondément triste. De cette même manière que Joshua, lui même, l’avait fait pour d’autres raisons. Des raisons compréhensibles. Au nom d’un amour de jeunesse disparu. D’une âme qu’il tentait de garder parmi les vivants en condamnant la sienne. Elle l’avait vu. Elle l’avait lu dans ses iris lorsqu’elle avait appris toute l’horrible vérité sur ce lien qui les unissait. Sur ce fil rouge et invisible qui reliait leur coeur respectif. Nouant et condamnant deux êtres à une tragique destiné. Et pourtant, incapable d’abandonner. Incapable de couper ce lien si fragile et paradoxalement si puissant qui les unissait à présent. D’autant plus à ce jour. Encore plus en ce jour. Ce jour où derrière eux s’était écrit une histoire. La leur. Colorées de mots d’amours. De tendresse. De sourires en coins. De lèvres qui se frôlent. De corps qui se cherchent. S’enlacent. Parce qu’un simple contact suffisait à faire imploser le monde néfaste qui les entourait. Et tout deux se plongeaient, alors, dans un état de naïveté précoce. Sans doute la même que celle de l’enfant, convaincu qu’un jour il deviendrait un super héros. Que cette petite fille qui rêve du prince charmant en brossant ses longs cheveux. Que cette mère qui se convainc que ses bambins partiraient après elle dans l’au - delà. C’était de cette naïveté là qu’ils se nourrissaient l’un et l’autre. De petites choses futiles pour les autres, qui avaient pourtant une si grande importance aux yeux de la jeune indienne. Des petites choses quotidiennes qu’elle découvrait, qu’elle apprivoisait à l’aide de Joshua. De moments en familles faits de toute simplicité où elle finissait par s’endormir dans le creux de ses bras. Bercée par la mélodie du bois crépitant de la cheminé qui s’accordait parfaitement avec les battements cardiaques du blond aux iris incendiaires. Elle était tombée amoureuse de lui comme ça. De cette façon là. L’amour qu’elle lui portait, qu’elle lui porte et qu’elle continuerait de lui porter, était un amour simple. Parce qu’il était si facile d’aimer l’être Joshua Leigh tout entier. C’était aussi évident que de respirer et d’inspirer l’air. C’était une question de survie. Tout simplement. Quand les coups s’abattent sur elle. Quand elle entend son propre coeur hurler de douleur. Qu’elle peut sentir les forces s’amenuiser en elle. Sa seule manière de lutter contre son impuissance c’est lui. Sa force c’est lui. Ce sont ces milliers d’images, de souvenirs, d’odeurs, de reviviscences qui inondent son esprit. Ces matins où elle loge son visage à l’intérieur de son cou. Nouant ses jambes autour des siennes. Ces nuits où elle l’observe dormir paisiblement, nouant ses doigts autour de courtes mèches blondes humides. Cette nuque dont ses ongles ne cessent de venir caresser. Cette voix rauque et forte. Ces nombreux éclats de rires si mélodieux. L’entendre rire lui permet de garder pied avec la réalité. Parce qu’enfermée dans cet endroit c’est son seul souhait. Parce que lorsque son esprit s’enferme lui - même dans un univers qui n’est pas le sien ce sont ses éclats de rire qu’elle entends en fond sonore. Joshua était sa vie. Elle l’aimait. Plus que ça. Il était devenu son coeur. Son organe vital et sans lui elle se fane. Elle se meurt. Elle s’inonde de blessures dont elle ne se relèverait pas. Jamais. C’est sans doute l’appel à l’aide. L’appel du coeur et le désespoir profond de l’homme qu’elle aime qui la ramène doucement dans le monde des vivants. Doucement, certes, mais non pas sans douleur. Inondée par toute l’excitation, tout ce bonheur qui la brule de part et d’autre. Parce qu’en réalité, malgré le désir hardant que la jeune femme éprouve pour lui, tout se mêle. Tout se mélange. Le passé. Le présent et l’état de somnolence dans lequel son cerveau l’avait plongé pour lui permettre de cicatriser. Son regard éteint, sombre, dénote avec celui lumineux, bien que visiblement à bout de souffle, de Joshua. Et pourtant, en elle, à l’intérieur de son corps, elle souhaite lui rendre tout ce qu’il lui offre au centuple. Et, puis, la seconde d’après les phalanges blessées du blond apparaissent sous ses prunelles. La forçant à être celle qui, encore une fois, garde les pieds sur terre. Celle qui se veut protectrice, celle qui veut faire bouclier quand en réalité elle est déjà explosé à terre. Impuissante et farouchement fragilisée par les événements de ces derniers jours. Pourtant, sa main qui devrait lâcher celle du blond, reste figée à l’intérieur de la sienne. Cette scène lui rappelle cette première fois à l’aéroport de Washington, ce début de tout quand elle l’avait laissé faire. Quand avec tendresse il s’était saisi de sa main, la gardant enfermée, prisonnière de la sienne. Elle avait su, à cet instant, qu’elle devrait protéger cet homme de tous les danger. Qu’au fond, si Lyanna Fox avait vu le jour c’était pour rencontrer et protéger Joshua Leigh. C’était une certitude, encore plus aujourd’hui. D’autant plus aujourd’hui quand elle découvre ce dont il était capable de se faire pour elle. En son nom. Parce qu’elle n’était pas idiote. Et surtout, parce qu’elle était capable de s’écorchée vive si sur cette chaise froide, enfermé dans les tréfonds du mal de l’humanité, ça avait été lui. Elle le sait. Elle se serait détruire et aurait tout détruit sur son passage si cela avait été lui. Elle énonce des questions qui sonnent plus comme des certitudes lorsqu’enfin sa voix résonne dans cette petite chambre. Il s’échappe. S’assombrit. Perd de toute sa lueur. Sa main se détache de la sienne, laissant un vide se créer en elle. Une vulnérabilité qui se niche au fond de son coeur. Elle le recherche du regard. Il se défile. Il s’enfuit. Détourne ses si belles prunelles des siennes. Et elle s’en veut, de gâcher tout cela. D’être celle qui devait jouer le principe de réalité pour deux. Elle s’attriste, se brise de l’intérieur. Noyée dans ce silence qu’il laisse entre eux, pendant de longues minutes. « Je n’ai pas bu. » C’est idiot. Mais, c’est un peu comme recevoir une lance en plein coeur. Cette drastique vérité. Parce que c’était pire. C’était tragiquement pire. Une boule nerveuse se loge au fond de sa gorge et l’indienne dépose sa main contre son coeur soudainement atrocement douleur. Savoir qu’il s’était fait mal. Pour elle. En son nom. En étant lucide, ça la lacère. Ça la découpe en morceau. Et finalement, c’est bien plus douloureux car elle sait à présent qu’elle détruit l’homme qu’elle souhaite protéger férocement. « C’est pire…c’est pire pour toi. C’est tellement pire. Parce que je crois qu’on se rend fou l’un et l’autre. Parce qu’on se fait tellement de mal. Parce que je veux te protéger et je te brise. » Sa voix tremble. D’émotion. Une brisure parmi tant d’autres tandis qu’elle ne peut arrêter son flux de parole. Tout se désorganise en elle. Et la vétusté de cette chambre ne fait qu’étirer cette tension en elle à son paroxysme. Elle lui demande alors de partir. De s’éloigner d’elle. De l’abandonner en soi. Une chose qu’ils auraient dû faire dès le début. Et elle sait qu’elle le blesse. Que derrière cette large carrure stoïque il se disloque. Parce qu’il ferme ses yeux. Qu’il contient sa respiration. Tandis qu’elle s’échauffe. Que cette fois ci tout s’enflamme en elle et qu’elle n’arrive plus à tenir pour deux. Qu’elle n’en a plus la force. Et, paradoxalement à cette demande, elle va chercher sa main. Une main qu’elle enlace. Une main qu’elle se refuse pourtant de lâcher et de laisser partir. Elle se dit, qu’il s’agit là d’un geste de tendresse. Un dernier geste. En réalité, ce n’est pas le cas. Cette main qu’elle se refuse d’abandonner n’est que le reliquat de toute son addiction pour cet homme. Elle recherche à nouveau ses prunelles. À présent agenouillée sur le bord de son lit. Il est cette lueur qu’elle n’arrive plus à atteindre sans se bruler les ails. Sans que la chaleur ne l’irradie aussi abruptement qu’une bombe atomique. Elle lui énonces des cruelles vérités. Elle tente de se justifier de ce rejet. Ne lâchant, pour autant pas sa main, cherchant à rencontrer une dernière fois les prunelles dans lesquelles elle se noyait chaque jour. Il ne pouvait l’aimer. Il ne pourrait  l’aimer sans en souffrir. Les parents de Meera. Tyler. Le monde entier. Elle ne pourrait avoir la force de tous les combattre. Pas après tant de souffrance. Pas quand ils avaient enfin réussi à la briser. À l’éclater en morceau de verres pilés. « Je t’aime toi Lyanna. » Sa voix brise le silence qu’il avait laissé s’installer entre eux. Cette voix rocailleuse qui coule sur elle, qui lui explose au visage en même temps que ce regard qui l’affronte de nouveau. Il dit ces mots avec tellement de certitude. Tellement de dureté qu’elle est sidérée pendant quelques secondes. Qu’il lui coupe le souffle. Il a tant de pouvoir si elle. Tant de pouvoir sur elle qu’elle secoue son visage. Comme si ce simple geste pourrait lui venir en aide. « Ne fais pas ça s’il te plait…tu m’as appelé Meera… » Cette fois - ci, c’est elle qui détourne le regard. Elle qui n’ose affronter ces prunelles qu’elle a longtemps cherché. Parce qu’elle sait qu’il comprendra que ce n’est qu’une excuse. Qu’au fond cette histoire, même si elle restait l’ombre mouvante dans leur couple, était d’une bien piètre importance en l’instant. Car la plus grande crainte de Lyanna c’était elle - même. Elle et son incapacité à le protéger à présent. Le protéger d’elle-même. De leur amour. De son père. De ce souvenir d’elle-même qu’il continuerait de chercher quand elle sait qu’une part d’elle est restée dans cette pièce lugubre à laquelle il l’avait arraché. Elle sent sa carcasse s’approcher d’elle. Faire un pas. Cette fois ci, il ne l’étouffe pas. Cette fois ci, tandis que ses mots hurlent le contraire, elle a besoin de lui. Elle énonce simplement qu’elle n’était plus elle. Qu’elle ne le serait, sans doute plus jamais et au fond qu’il se devait de partir. Qu’il la fuit. Qu’il réussisse sa vie loins d’elle. Sans doute avec une autre femme. Certainement avec une autre. Alors pourquoi ? Pourquoi sa main enlace un peu plus celle du psychologue quand elle prononce ces mots ? « Je ne partirais pas. » Elle relève son visage. Affronte à nouveau ce regard perçant. Cette force et cette determination qui à nouveau la transcendent. Ses doigts enlacent un peu plus ceux du psychologue. Tandis qu’elle laisse son corps parler pour elle et qu’elle se redresse avec un peu plus de force. S’asseyant à présent au bord de son lit. Elle plonge ses prunelles dans les siennes et murmure tout en posant sa main libre contre le torse du psychologue. « Tu devrais Joshua. Pourquoi tu ne veux jamais écouter ce que je te dis ? Pourquoi tu ne veux pas voir que je vais te faire du mal ? »  Elle l’observe plisser ses lèvres. Elle sait, elle a conscience qu’elle lui fait du mal. Parce que tout lui revient elle - même au visage. Parce qu’elle souffre au même titre qu’elle le fait souffrir. « Tu sais un jour, tu m’as dit de ne jamais partir. Pas même si tu me le demandais. Tu m’as dit que je devais m’accrocher à toi si tu comptais vraiment pour moi, si je t’aimais vraiment. »  Elle l’écoute attentivement, une main dans la sienne, l’autre contre son coeur. Elle peut sentir les pulsations cardiaques du psychologues battre contre sa paume. Traverser le tissu de son vêtement pour venir se loger dans le creux de sa main. Rien n’est plus réel qu’un coeur qui bat. Dans la finalité, rien n’est plus véritable qu’un coeur qui s’accélère au rythme des mots prononcés par le possesseur de ce dernier. Rien n’est plus sincère en l’instant que ces prunelles verdoyantes qu’elle aime tant. Elle esquisse un fébrile sourire, sans même s’en rendre compte. Parce qu’il se souvenait de sa requête. Parce que finalement tout l’avait, jusqu’alors, poussé à croire Joshua Leigh. Parce qu’il avait toujours été sincère avec elle, cet écorché vif. Cette âme difforme. « Tu te souviens de ça ? Vraiment ? Je veux dire…je t’ai abandonné moi, ce soir là après le procès. Je n’ai pas tenu ma promesse… » Et, elle s’en veut. D’une certaine manière, elle s’en veut de ne pas avoir été assez forte pour éviter toute cette situation. Pour ne pas avoir su comprendre qu’il était trop brisé pour affronter ce procès. « Tu comptes plus que n’importe qui Lyanna. » Pas une seule seconde elle ne quitte son regard. Déconcertée par toute la sincérité, la cruelle vérité qui l’inonde de part et d’autre. Ses doigts se referment contre le tissu du t-shirt qu’il porte. Lui, comptait plus que sa vie à elle. « Ne dis pas ça, ne fais pas ça s’il te plaît. Ne me dis pas que je compte plus que n’importe qui car je serais définitivement incapable de te relâcher après. Parce que je vais te faire du mal car je ne suis plus moi…et que tu te fais du mal pour moi… je veux juste te protéger. » Et c’était sans doute ça le problème. C’était sans doute cette manière viscérale et atypique avec laquelle l’un et l’autre souhaitait préserver l’être aimé de tous les malheurs qui les entourait qui causaient leur perte. Elle ne peut se résoudre à le laisser l’aimer. Pas quand elle n’arrive plus à le protéger. Pas quand elle lui était à présent inutile. Pas quand elle ne savait plus réellement si elle aurait, à l’avenir, la force de lui rendre cet amour avec lequel il l’inonde. Pourtant il ne s’arrête pas, il reste là, face à elle  « Tout ce que j’ai fait pour te retrouver, tout ce que j’ai ressenti en apprenant ta disparition, en voyant ces photos de toi sur cette chaise le visage ensanglanté, c’était réel et si c’était à refaire, je le referais. De la même façon, si c’est la condition pour te retrouver en vie. »  Lyanna tente d’assimiler ses mots. Elle tente d’encaisser la beauté de la chose. De garder la tête froide. Hors de l’eau. De tenir bon face à lui. Il suffisait de le rejeter n’est ce pas ? Il suffisait juste de gagner cette bataille pour qu’il puisse être heureux. Pour qu’il ne se blesse plus jamais ni la peau, ni le coeur. Il ôte sa main de la sienne. La tranche en deux par ce geste. Elle ressent un vide. Un énorme vide tandis qu’automatiquement sa main jusqu’alors posé contre son torse retombe sur ses genoux. Les larmes lui montent. Elle sent un déchirement dual s’éprendre d’elle. Comment le libérer quand elle ne peut survivre à une simple main qui s’ôte de la sienne ? « Tu n’as pas le droit de faire des idioties en mon nom. Tu n’as pas le droit de risquer ta vie en mon nom.  Tu n’as pas le droit de mourir pour ma vie…» Elle le murmure d’une voix fêlée. Dans un souffle fébrile tandis qu’elle baisse le regard. Qu’elle observe ses jambes nues suspendu dans le vide. Assise au bord de son lit. Elle laisse le silence les englober.  Un monde sans Lyanna pourrait survivre. Un monde sans Joshua, non. « Oui je ne survivrais pas Lyanna. Mais uniquement si tu n’es plus là. S’il n’y a plus de nous. » Elle n’ose pas le regarder. Elle n’ose pas parce qu’elle craque doucement. Qu’elle comprend en réalité qu’ils étaient tous les deux égoïstes. Condamnés à un amour qui les dépassait. Elle laisse son corps rejoindre la terre ferme. Ses pieds nues caressent le sol froid tandis qu’elle tient maladroitement debout. Prenant appuie sur le lit. Elle tente de remettre en place son esprit. De reconstruire les morceaux déchirés de son âme. Elle n’ose pourtant pas relever ses prunelles vers lui. « J’ai mal Joshua…j’ai peur que tu ne retrouves pas la Lyanna dont tu es tombé amoureux. Parce qu’une part de moi est restée là bas. » Cette fois - ci, elle relève son regard. Un regard brumeux. Un regard qui lutte contre les larmes. Un regard de détresse. Celui là même qu’elle avait lorsqu’elle avait appris que les photographies qu’ils avaient prises d’elle étaient destinés à torturer psychiquement l’homme qu’elle aimait. Elle s’approche de lui. Dépose les paumes de ses mains contre torse. Observe ce tissu recouvrant une peau qu’elle aimait embrasser. « J’ai peur parce que je ne sais pas si je pourrais te protéger de ton instabilité. Parce que je ne pourrais même plus te rendre tes mots d’amour. Je ne peux plus te protéger Joshua et si je peux pas faire ça en quoi je te serais utile ? » Elle relève son visage. Affronte son regard. S’y plonge pour mieux s’y noyer. Pour mieux se fragiliser. Pour mieux l’aimer du regard à défaut de pouvoir l’aimer par les mots. Ses doigts se referment avec force et possession contre ce tissu qui le couvre. Elle s’étonne elle - même de cette manière paradoxale qu’elle a de prononcer ces mots quand son corps ne souhaite juste que de l’enfermer. « Et pourtant…Je veux juste que t’arrêtes pas de m’aimer malgré tout…je veux que tu recolles les morceaux de moi que j’ai perdu. M’abandonne pas…me laisse plus jamais dans le noir là bas s’il te plaît…me ment plus. Ne me caches plus de choses, n’essaye plus d’être fort pour rien. Si t’es faible sois faible avec moi…j’men fiche. » Sur la pointe des pieds elle surélève son corps, s’accrochant encore plus fermement à lui. Laissant son souffle saccadée entrecouper ce silence. Elle frôle ses lèvres du bout des siennes. Comme hypnotisée par ces dernières. Joshua était tout. Il était son monde. C’était incroyablement étrange que de se sentir à la merci d’un homme pourtant si brisé. «  Je veux juste que tu m’aimes moi…moi et pas Meera. Je veux juste que tu me pardonnes de plus pouvoir te porter sur mes épaules…que tu comprennes que je peux te dire de partir et de revenir vers moi dans la minute parce que je sais plus qui je suis…je veux que tu m’enivres de petits bouts de toi.» Elle le murmure. Mots percutant les lèvres de l’homme tandis que ses prunelles se plongent dans les siennes. Et qu’enfin, elle ne dépose ses lèvres contre les siennes. Ses paupières se ferment. Se cloisonnent dans un univers. Ses muscles se détendent brusquement. Ses mains relâchent enfin le tissu de son t-shirt pour venir emprisonner son cou. Minuscule petite Lyanna tentant de capturer le géant de pierre qui venait de voler son coeur.
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MessageSujet: Re: JYANNA ※ when you love someone you let them take care of you

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JYANNA ※ when you love someone you let them take care of you

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