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I'm back - Leah/Tim

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MessageSujet: I'm back - Leah/Tim Ven 4 Jan - 0:06


I'm back

Il prit une grande inspiration, regardant la maison de son enfance. La maison où il devinait ses parents, revoyait son père assis à son éternel fauteuil et se plaisait à imaginer les odeurs des bons petits plats de sa mère. Comme toujours dans ces moments-là, il se demandait si ces images étaient dû aux souvenirs ou imaginées, mais il préféra chasser la question et se concentrer sur la façade du bâtiment.
Il savait ce qu’on leur avait dit. A partir du moment où il avait su son nom, l’hôpital militaire avait fait des recherches et avait apporté les derniers détails de son dossier. Il savait qu’on l’avait déclaré mort et que sa famille avait été prévenue. Les médecins avaient voulu appeler aussitôt les siens afin de leur annoncer la bonne nouvelle, mais Tim lui-même avait refusé. Ce n’était pas par cruauté ou jeu de les savoir encore en deuil alors qu’il était bel et bien vivant, mais parce qu’à l’époque, l’idée de se confronter avec sa famille l’avait totalement fait paniquer. Il y avait eu trop d’espoirs – et trop d’angoisse réunis dans son cœur pour qu’il puisse réfléchir posément à ce qu’on lui demandait, alors il avait préféré fuir et éloigner l’instant de leurs retrouvailles.

Maintenant qu’il se retrouvait devant la maison, il comprenait qu’il avait pris la bonne décision : ses parents auraient accouru dès qu’ils auraient appris la nouvelle et à l’époque, il n’était pas suffisamment solide pour supporter leurs assauts avec calme. Même maintenant, alors qu’il restait debout dans la rue comme un imbécile à fixer le bâtiment, il sentait ses mains trembler et son cœur s’affoler.

Les questions les plus folles tournaient dans son esprit : et s’ils s’étaient quittés en mauvais termes ? Et s’ils avaient beaucoup changé, au point de fausser les seuls souvenirs qui lui restaient ? Peut-être lui en voudraient-ils de ce silence… Ou bien ne reconnaîtraient-ils pas leur propre fils dans celui qui se présentait alors. Lui-même avait tellement l’impression d’être un étranger dans ce décor qui aurait pourtant dû lui être familier qu’il en était déstabilisé.

Le mieux serait d’aller frapper à la porte. Evidemment. Et d’essayer de carrer les épaules au mieux pour affronter ce qui allait suivre. Tout à sa préparation mentale, l’image de sa mère revint danser dans sa mémoire défaillante. Son sourire. Sa tendresse.

Ses yeux se posèrent sur l’arbre qui était juste devant la propriété et un flash-back soudain l’ébranla : il se revit, gamin, le genou écorché, assis et appuyé contre le tronc alors que sa mère passait un coton imbibé de mercurochrome sur la plaie, arborant ce sourire incroyable qui lui donnait des ailes à l’époque.
Encore aujourd’hui, il lui en donnait, car il sentit le courage lui revenir et décidé à ne plus baisser les bras, il s’avança enfin. Franchissant les quelques mètres qui le séparaient de la porte pour enfin appuyer sur la sonnette. Il eut juste le temps de déposer son sac militaire sur le côté à ses pieds que la porte s’ouvrit, et il se redressa en carrant les épaules… Le cœur serré d’émotions brutes.

- Leah ?

Ce nom, il l’avait murmuré des centaines de fois pour être sûr de ne plus l’oublier. Et ce visage, il avait cherché lui aussi à le graver dans sa mémoire chaque soir afin d’être sûr de s’en rappeler au petit matin.
Il se rendit compte qu’il avait retenu son souffle et il expira lentement, essayant de sourire à sa petite sœur. Un sourire déformé par l’émotion qui le tenaillait et lui torpillait le cœur.

- Je suis rentré.
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MessageSujet: Re: I'm back - Leah/Tim Ven 4 Jan - 1:39

LEAM And the blood will dry underneath my nails. And the wind will rise up to fill my sails. So you can doubt and you can hate. But I know no matter what it takes I'm coming home. I'm coming home. Tell the world that I'm coming home. Let the rain wash away all the pain of yesterday. I know my kingdom awaits and they've forgiven my mistakes. I'm coming home. ››


I'M BACK


Leah soupira alors en refermant le réfrigérateur. Son père était incorrigible. Il avait à peine touché aux plats que sa fille lui avait préparés la semaine passée. Il avait sans doute dû se gaver de cochonneries devant elle-ne-savait quel tournoi de sport, entouré d’un ou deux amis de longues dates. Son père était définitivement un grand enfant lorsque la saison de son sport favori recommençait. A croire qu’elle était ici la seule adulte consciente de la maison. Elle se releva alors et vérifia qu’une fois encore cette semaine, la lessive était bien propre et repassée par la femme de ménage hebdomadaire. C'était Leah qui avait insisté pour l'engager. Elle voyait mal son père se débrouiller tout seul à la mort de sa mère. Si elle avait été présente les premières semaines, elle n’avait pu assumer ce rôle à la reprise de son travail et la tenue de sa propre maison et enfants. La femme de ménage semblait d’ailleurs faire son travail à la perfection. Son père ne s’en plaignait jamais. Leah finit alors par rejoindre son père dans le salon où ce dernier était plongé dans un journal de mots fléchés. C’était son rituel depuis la mort de sa femme. Il s’asseyait dans son fauteuil dans la véranda qui était souvent baignée dans le soleil, et passait des heures à faire des jeux pour passer le temps, les lunettes sur les yeux. Leah sourit doucement devant cette scène devenue si courante même si la présence maternelle manquant à l’appel. Le fauteuil rouge à côté de celui de son père était resté désespérément vide. Ils ne l’avaient jamais réellement évoquée. Sa mort. Pourtant, tous les deux savaient que le silence était bien plus éloquent que des mots. Alors ils ne disaient rien, évoquant dans de rares occasions quelques chauds souvenirs pour soulager leur cœur meurtri malgré les années. C’était un peu la même chose. Seule la photo d’un gamin riant aux éclats trônait parmi d’autres cadres sur le buffet du salon. C’était leur mère qui l’avait placé à l’annonce de sa mort lors d’une mission. A croire que la maison, petit à petit, s’était vidée de présences. Seuls les souvenirs devenant douloureux restaient comme des fantômes en apesanteur. Pourtant revenir dans cette maison d’enfance n’était plus une épreuve pour Leah, chaque semaine. Elle accueillait les réminiscences comme un cadeau, pouvant se souvenir de détails qui avaient fait des défunts des personnes bien réelles et aimées. C’était tout ce qui comptait finalement. La jeune femme finit par se laisser tomber sur un des coussins du canapé, passant une main sur son visage. « Papa, t’as de la nourriture pour tenir presque un siège. » commença-t-elle. Il pouvait même tenir l’hiver entier s’il continuait. Son père releva alors sa tête de son journal pour regarder sa fille, le sourire aux lèvres, bienveillant. « Tu en fais beaucoup trop, ma chérie. Je t’avais dit que je n’avais pas besoin cette semaine. » Son ton était doux, presque coupable. Il lui avait maintes et maintes fois dit, oui. C’est vrai. Mais c’était presque plus fort que Leah. Elle avait besoin de se rassurer et de savoir qu’il avait tout ce dont il avait besoin. Elle était presque devenue une maman bien malgré elle de la maison familiale, remplaçant le rôle manquant sans le dire. Elle allait répliquer quelque chose quand elle entendit quelques coups portés, presque timides, retentir contre la porte d’entrée. Elle fronça les sourcils. Son père ne lui avait pourtant pas dit qu’il attendait quelqu’un. Elle se leva alors. « Je vais voir qui c’est. » dit-elle simplement tandis que son père acquiesça, remontant ses lunettes sur son nez. La jeune femme se dirigea vers la porte. Elle ouvrit cette dernière, presque distraitement. Son regard se posa sur la personne devant elle. Son visage se décomposa. Son sourire se fana sur ses lèvres. Ces traits. Ce visage. Ce regard. Elle pourrait le reconnaître entre mille. Mieux encore, les années avaient beau avoir passé, le souvenir était resté intact, se gravant pour toujours -peut-être- dans sa mémoire. Son frère. Elle n’entendit même pas ses paroles. Son esprit était comme resté en pause. Game over. Ce n’était pas possible. Cela ne pouvait pas être lui. Il était… mort. Le mot était encore difficile à prononcer. Mais Leah avait fini par arriver à le dire, à le concevoir. Son premier réflexe fut de refermer aussi la porte, la claquant presque trop violemment. Non, ce n’était pas possible. Cela devait être son esprit qui lui jouait des tours. Ou encore une mauvaise blague. Devenait-elle folle ? C’était l’explication la plus plausible qu’elle avait. Comment son frère pouvait-il se tenir là devant elle alors que ses restes -malheureusement- étaient, quelque part, disloqués dans un pays outre-Atlantique ? C’était incompréhensible. Impensable. Irréel. Sa main resta crispée contre la poignée de la porte. Son myocarde semblait s’être totalement arrêté lui aussi. Elle devait en avoir le cœur net. Il n’était qu’une vision. Qu’un mirage tant attendu mais impossible. Probablement, la silhouette se transformera en vide quand elle ouvrira à nouveau la porte. Tim était mort. Cette phrase tourna en boucle dans son esprit. Elle prit une grande inspiration, fermant quelques secondes les yeux. Sa main tourna lentement la poignée pour à nouveau ouvrir la porte. A son grand étonnement, la personne était toujours là. Bien en vie. Son regard chercha tout de suite son visage. Comme une confirmation. « Tim ? » Elle ne put que murmurer son prénom. Ses cordes vocales tremblaient presque elles aussi. Il était bien là. Toujours aussi grand. La tête haute. Le regard droit. C’était lui. Il n’y avait pas de doute possible. Elle ouvrit à nouveau la bouche. « C’est bien toi ? » Sans qu’elle ne puisse les retenir, elle sentit quelques larmes montaient à ses yeux. Ce moment, elle l’avait tellement rêvé. Niant la vérité, elle avait longtemps espéré que son frère reviendrait avant de finalement accepter la tragédie. Doucement, sa main se tendit vers lui. Ce simple contact finit alors en accolade, Leah se jetant littéralement dans les bras de son frère, désarmé. Elle avait besoin de le toucher. De sentir la chaleur de sa peau. De se confirmer qu’il était bien vivant, devant elle. Fait de chair et d’os. Pas un fantôme. Elle releva son regard vers lui. « Comment ? » Ce fut la dernière chose qui lui vint à l’esprit. Comment Tim était-il revenu à la vie ? Comment avait-il fait pour être ici devant elle ? C’était presque incompréhensible. Surtout après trois ans. Si quelques mois seulement étaient passés, cela aurait été presque. Mais trois ans. Tellement de choses avaient changé depuis. Une éternité s’était presque écoulé depuis l’annonce de la mort de Tim. À tout moment, Leah s’attendait à se réveiller dans son lit, ayant rêvé. C’est peut-être pour ça qu’elle s’accrochait tant à son frère. Peur qu’il ne s’envole trop vite encore une fois. Une phrase lui revint alors en mémoire. T’as intérêt à revenir en vie hein. C'était la phrase qu’elle lui disait avant qu’il ne reparte pour une mission. C’était presque leur rituel. Cela le faisait sourire. Mais, cette fois-ci, c'est elle qui sourit. Presque malgré les larmes. Parce qu’il avait tenu sa promesse. Elle ne savait comment mais il était revenu. Il avait tenu sa promesse, oui.
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MessageSujet: Re: I'm back - Leah/Tim Ven 4 Jan - 18:34




Il avait l’impression désagréable d’être en équilibre précaire et il ne se rappelait pas de la dernière fois où cela lui était arrivé. Quand il l’avait demandé en mariage ? Sans doute : il avait dû être saisi de la même peur, de cette émotion trop forte pour un seul cœur et de cette angoisse – déroutante – de ne pas être accepté. C’était stupide, Leah était sa sœur et du peu de souvenirs qui lui étaient revenus, il savait d’instinct qu’elle l’aimait trop pour refermer la porte et l’oublier derrière.
N’est-ce pas ?

Et pourtant, la porte se referma. L’abandonnant sur le perron avec ce cœur qui ne voulait décidément pas s’arrêter de palpiter aussi douloureusement. Son sourire se fit confus, ses yeux s’affolèrent à essayer de se fixer sur quelque chose pendant que ses pensées s’embrouillaient. La porte était belle et bien fermée et… Non, c’était probablement une blague, une de celle qui s’avérait être un peu douloureuse, un peu cruelle : ce ne pouvait pas être autre chose parce…

Ils l’avaient déclaré mort. La vérité lui sauta au visage et tout ce que cela pouvait impliquer, quand la porte s’ouvrit de nouveau sur elle. Le regard qu’il releva sur elle devait être rempli d’un espoir si désespéré qu’il ne sut pas répondre tout de suite à ses questions. Les mots lui échappèrent, l’émotion revenant le prendre à la gorge : il n’arrivait plus qu’à lui sourire un peu bêtement, la bouche entrouverte sur des paroles qui ne viendraient jamais, perturbées par l’émotion et la confusion.
Elle n’avait pas changé. Et c’était encore plus étrange de constater cela quand il savait qu’il lui manquait la plupart de ses souvenirs, mais la constatation était fervente dans son esprit : elle n’avait pas changé d’un iota. Ses grands yeux, cette beauté qui ne ressemblait pas à celle de sa mère, cette façon de parler avec l’émotion qui faisait trembler sa voix. Il aurait voulu figer l’instant pour arriver à en graver chaque seconde, chaque détail et ne plus jamais les oublier.

Sa main se tendit vers lui mais ses yeux à lui ne quittèrent pas les siens, essayant de capter chaque pensée qui pouvait les traverser. Oui il était revenu, oui c’était lui, mais ce ‘lui’, il ne le connaissait pas vraiment. Voilà des mois qu’il essayait désespérément de reconstruire le puzzle de cette identité perdue, et quelque chose lui soufflait qu’elle seule en avait la clé : qu’il lui suffisait d’une confirmation de sa part pour qu’enfin, il s’accepte tel qu’il était.

Il tendit instinctivement les bras quand elle s’y jeta, et il la serra contre elle sans arriver à mesurer sa force : c’était sans doute trop et il devait l’écraser, mais il s’en fichait. Il n’arrivait plus à contenir la joie brute qui l’étreignait à l’idée de serrer enfin sa petite sœur dans ses bras. Cette petite sœur qui lui avait demandé des mois de travail pour se rappeler d’un prénom, de détails de son visage et de moments passés ensemble : elle s’était reconstruite progressivement dans sa mémoire, et au fur et à mesure qu’elle prenait forme, son absence lui avait paru de plus en plus insupportable. Mais ce n’était que maintenant qu’il en prenait pleinement conscience, à la serrer contre lui pour l’empêcher de lui échapper à nouveau.

Il avait les larmes dans ses yeux et essayait de retenir les siennes, restant ce grand frère solide qu’il avait toujours tenté d’être pour elle. Il n’avait pas le droit de s’effondrer, pas maintenant et pas quand elle levait ses grands yeux vers lui, pleins de questions. Il passa sa main sur sa joue avant de venir relever une mèche de cheveux qui s’y était égarée : elle semblait si petite comparée à lui, c’en était déroutant. Il ne s’était pas rappelé de ce détail-là. Combien d’autres y en avait-il donc ? D’autres détails primordiaux, d’autres souvenirs perdus qui ne reviendraient pas ?
Un léger rire lui échappa dans un souffle et il remua la tête comme pour tenter de trouver les mots, avant d’abandonner un peu lâchement :

- C’est une longue histoire…

Mais elle était là et c’était tout ce qui comptait après tout. Il n’avait pas encore envie d’étaler devant elle ses faiblesses et ses erreurs.
Il se pencha pour déposer un baiser sur son front, la serrant de plus belle contre lui alors qu’il s’imprégnait de son parfum rien qu’à elle.

- Si tu savais comme tu m’as manqué !

C’était difficile de vivre l’instant tout en tentant de graver chaque seconde dans son esprit, il en avait bien conscience mais il essayait quand même. Il essayerait encore longtemps, sans doute pour le reste de sa vie, conscient d’avoir perdu un véritable trésor en perdant sa mémoire.
Il finit cependant par la relâcher, continuant de lui sourire chaleureusement, avant de relever son regard pour aller fouiller dans l’espace resté libre derrière la porte.

- Les parents sont là ?

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MessageSujet: Re: I'm back - Leah/Tim Sam 5 Jan - 1:55

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I'M BACK


Quand allait-elle se réveiller ? La jeune femme savourait chaque seconde comme si c’était la dernière. Comme si la seconde suivante, la bulle onirique éclaterait. Tout semblait si fragile, si éphémère autour d’eux. Pourtant, blottie dans ses bras, elle sentait la chaleur de son corps. Contre son oreille, battait un cœur bien vivant. Sa peau était bien réelle. Pourtant, elle avait tellement du mal à y croire. A envisager que tout ceci était la réalité. Entendre son rire fut presque salvateur à l’écoute. Comme une réminiscence d’un passé si heureux et pourtant bien loin. Le cœur de Leah commençait seulement à repartir, gonflé comme jamais. C’est en retrouvant l’être aimé qu’on comprenait ô combien l’absence avait été insoutenable. Elle semblait comme libérée d’un poids, presque trop lourd pour ses frêles épaules. Qu’est-ce que c’était bon de le retrouver. Il est vrai que les questions se bousculaient dans sa tête. Elles ne formaient qu’un nœud impossible à démêler pour le moment. Mais peut-être que l’heure n’était pas aux réponses. Pas encore. C’est ce que sembla lui confirmer Tim. Une longue histoire. Elle s’en doutait. Ces trois années avaient dû être riches en émotion pour lui. Elles n’avaient pas dû être faciles. Elle n’osait s’imaginer ce qu’il avait pu endurer pendant cette période. Pourtant, malgré elle, des interrogations s’ajoutaient à celles déjà existantes. Pourquoi avait-il attendu si longtemps pour revenir ? Pourquoi avoir attendu trois ans ? Les questions restèrent en suspens dans son esprit. Ils auraient tout le temps de discuter par la suite. Elle ne voulait gâcher ce moment de retrouvailles par des broutilles. Parce que ça l’était. Le plus important était le retour de Tim. Ce qui allait autour n’était que futilités dont ils auraient tout le temps de parler par la suite. « D’accord. » Finit-elle par murmurer, la voix encore tremblante. Elle préférait profiter du moment. Retrouver son frère était presque un miracle. Inespéré. Combien de fois y avait-elle songé dans des moments de désespoir intense ?  Ce moment serait surement gravé à jamais dans sa mémoire. Elle en était consciente. Peut-être même que la date de ce jour y était déjà gravée au fer rouge. Elle ferma les yeux un instant quand il déposa un baiser sur son front. Toujours le frère protecteur, aimant. Tim n’avait pas changé. Elle le revoyait enfant, dans le jardin, à la défendre bec et ongles contre tout et n’importe quoi. Malgré les années, elle sentait que leur lien s’était à peine égratigné. Peut-être même s’était-il renforcé par l’absence de l’autre ? « Toi aussi, tu m’as manqué, Timy. » Elle utilisa le surnom qu’il avait toujours détesté mais qu’elle adorait prononcer. Comme un clin d’œil à leur enfance, à ce qu’ils avaient vécu. Après tout, avant, lui-même adorait la taquiner en l’appelant ‘microbe’. Un surnom d’ailleurs qu’elle avait fini par adopter presque malgré elle. Une sorte de nostalgie l’engloba. Comme si tout à coup, tout le passé revenait à elle. Elle avait l’impression de le redécouvrir. Il n’avait pas l’air d’avoir changé d’un pouce, si ce n’est ses cheveux qui étaient un peu plus long que la coupe imposée par l’armée qu’elle lui avait toujours connue. Mais il semblait à la fois différent. Un quelque chose qu’elle n’arrivait pas à définir. Sans doute les trois années qui les avaient privés de la présence de l’autre peut-être. Tim finit alors par se détacher de sa sœur. Néanmoins, elle lui tint toujours au moins le bras. Au fond d’elle, elle avait peur qu’il disparaisse à nouveau, qu’il s’envole à la Mary Poppins. C’était plus fort qu’elle. A sa nouvelle question, son cœur se serra. Les parents. Une seconde, ses yeux glissèrent dans le vague. Il était difficile d’y penser, de le formuler. Comment annoncer ce genre de choses ? Son grand retour ne pouvait être terni de la sorte. Pourtant, la réalité viendrait le frapper à son tour inéluctablement. La mort de sa mère. Leah était incapable de formuler ne serait-ce qu’un mot dans ce but. Pas encore. Pas tout de suite. Son trouble fut néanmoins furtif et passager. Elle remit une mèche derrière une oreille, son regard passant sur le sol puis sur son frère. « Je… Oui, bien sûr. Papa est dans la véranda, tu sais, en train de faire ses mots fléchés. A croire que certaines choses ne changeront jamais. » Un petit rire vint franchir ses lèvres sans doute pour détendre son propre cœur, qui était à nouveau reparti au galop. Il est vrai que déjà durant leur enfance, leur père avait toujours cette fâcheuse habitude des mots fléchés. Parfois, il embarquait toute la famille pour tenter de deviner tel ou tel mot à partir d’une obscure définition. Leah ne comptait plus ces souvenirs qui devaient bien être autour des centaines. Le sourire toujours sur ses lèvres, elle se décala un peu pour pouvoir le laisser passer, sa main se détachant du bras de son frère presque par regret. « Mais vas-y entre. Fais comme chez toi. » La référence était presque idiote. Parce que Tim était chez lui. Cette maison serait toujours leur chez eux quoi qu’il advienne. Ils avaient grandi entre ses murs et Leah était presque persuadée qu’aucun des deux n’aimeraient se séparer de cette demeure pour quelques raisons que ce soit. « Pose ton sac ici. » Elle lui désigna alors un coin du couloir où il était coutume chez les Sweeney d’y laisser tout objet ou vêtement. Elle se dirigea ensuite vers le bout du corridor qui menait vers la véranda où son père était. Ce dernier devait sans aucun doute se demander ce que trafiquait sa fille. Il était presque étrange qu’il ne se soit pas déjà levé pour aller voir ce qui se passait. C’était sans doute préférable. Leah ne savait même pas comment annoncer cela à son père sans que ce dernier n’ait une crise cardiaque. Elle-même sentait encore son cœur vaciller en y rependant. C’était étrange. Les phrases passaient dans son esprit sans qu’aucune ne semble assez apaisante pour le vieil homme à présent. D’un regard, elle pria Tim de rester à l’entrée juste quelques instants, hors de la portée de vision de leur père. Depuis trois ans qu’elle avait repris les rennes de la maison, elle avait toujours eu ce besoin de materner les autres. De les protéger de tout. Elle ne savait comment leur père pourrait réagir face à une telle nouvelle. Préparer le terrain était peut-être la meilleure chose à faire. La jeune femme pénétra alors dans la pièce encore baignée par le soleil d’après-midi. Un sourire trônait sur son visage. Mieux encore, elle avait peine à s’en défaire tant le retour de son frère était source de joie pour elle. Pourtant, ses yeux trahissaient quant à eux des traces de larmes par leur rougeur et leur légère humidité. En la voyant, le père fronça les sourcils, retirant ses lunettes de son crâne. « Qu’est-ce qu’il se passe, ma chérie ? Il y a eu quelqu’un à la porte ? » S’il savait. En silence pour le moment, elle s’assit à côté de son père, lui prenant la main. Son père dut se rendre compte de son attitude presque inhabituelle. « Tu commences à m’inquiéter, Leah. » Elle secoua doucement la tête. « Oh non papa, ne le sois pas. Bien au contraire. » commença-t-elle. Les mots lui manquaient. Comment devait-elle le lui annoncer ? Il n’y avait pas de marche à suivre dans ces cas-là. C’était inédit. D’habitude, les morts ne sortaient pas de leur tombe. Elle pressa un peu plus la main de son père dans la sienne. « Il est arrivé un miracle. » finit-elle par dire. Avec la croyance catholique de son père, c’était assez bien détaillé. Si leurs parents n’étaient pas si pratiquants que cela et ne leur avaient jamais imposé, les notions religieuses résonnaient néanmoins à son esprit. Encore une fois, les larmes montaient malgré elle aux yeux tant le bonheur était présent. Elle releva alors la tête vers l’embrasure de la porte. « Tim, tu peux venir. » Et enfin, le fils prodigue était revenu parmi les siens. Vivant, en chair et en os. Un miracle, elle avait dit oui.
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MessageSujet: Re: I'm back - Leah/Tim Sam 5 Jan - 20:25




Il ne voulait pas raconter ce qui lui était arrivé sur le perron. Pas de cette manière, pas comme s’il s’agissait d’une anecdote sans importance : même s’il y travaillait, les mots avaient encore parfois du mal à sortir. Et puis, il savait qu’il devrait s’expliquer sur ce retard, ce temps qu’il s’était octroyé pour se sentir suffisamment solide et revenir. Peut-être ne comprendraient-ils pas, sans doute lui en voudraient-ils un peu d’avoir attendu alors qu’ils portaient son deuil. Lui-même aurait eu du mal à le pardonner à Leah si elle avait joué ce jeu-là. Et en même temps, il avait eu besoin de ce temps pour se reconstruire et oser enfin avoir le courage de venir sonner à leur porte alors qu’il n’était que la moitié du Tim d’autrefois, un homme au passé et à la mémoire tronquée.

Il ne broncha pas au surnom et si Leah n’avait pas été aussi émue, sans doute aurait-elle tilté devant son manque de réaction. Mais le mot l’effleura comme s’il n’en était rien, ne réveillant aucun souvenir tangible chez Tim qui se contenta de lui sourire avec la même chaleur. Il leur faudrait du temps avant de s’apercevoir que le frère ou le fils qui leur revenait n’était pas totalement celui qu’ils avaient connu, et que ce qu’ils aimaient chez lui avait peut-être disparu pour toujours. En tout cas il la suivit sans faire d’histoire, impatient de revoir ses parents, le cœur battant encore plus fort la chamade : à défaut de se souvenir de tout, il y avait quand même quelques souvenirs qui l’avaient bercé d’espoir durant ces longs mois. Il désirait plus que tout revoir le sourire de sa mère, cette façon charmante et si chaleureuse qu’elle avait de s’adresser à vous comme si vous étiez la personne la plus importante au monde, et son doux regard qui seul savait calmer ses colères. Il voulait la serrer dans ses bras comme il avait tenu Leah, s’imprégner de son parfum à elle et redevenir l’espace d’une micro-seconde réconfortante, l’enfant qu’elle avait materné avec tant d’amour. S’accorder cet instant-là rien qu’à eux deux, se perdre dans son étreinte et admettre enfin – uniquement devant elle – à quel point il avait souffert. Et lui avouer ses blessures profondes, celles qui ne cicatrisaient pas. Il n’y aurait qu’avec elle qu’il pourrait enfin redémarrer sereinement et se reconstruire, il le savait.

Leah l’entraîna vers la véranda et machinalement, il obéit à sa demande en déposant son sac militaire dans un recoin, sans vraiment faire attention. Son regard épiait chaque détail, chaque objet ou bibelot susceptible de réveiller des souvenirs en lui. Un sourire lui échappa quand il revit la vieille horloge qu’ils avaient fait tomber un jour avec Leah et qui avait été recollée un peu de travers : ils l’avaient gardé malgré tout ce temps et… Il cligna des yeux, réalisant qu’il n’avait jamais eu ce souvenir à l’hôpital, même en cherchant bien sur son enfance. ! Et juste en voyant cette horloge, il venait de se rappeler exactement leur course-poursuite en riant aux éclats, le faux mouvement et la chute de l’horloge… Ainsi que la façon dont leur père avait recollé cela et comme ils avaient ri en la voyant aussi brinquebalante ! Il s’en souvenait comme si c’était hier !

Agréablement surpris, il laissa échapper un petit rire pour lui-même : il était en bonne voie ! Il avait bien fait de revenir ici, il n’y aurait pas de meilleur endroit pour réparer sa mémoire défaillante, il le savait désormais. Tout à sa joie, il regarda sa sœur se diriger vers la véranda et s’arrêta pour la laisser approcher de leur père, dont il devinait la silhouette assis dans son fauteuil habituel. Comment savait-il que ce fauteuil lui était habituel, ça il l’ignorait, mais il en avait la certitude, et il se sentit progressivement « chez lui ».

Il déglutit en entendant les quelques mots  qu’ils échangèrent et ne s’approcha que lorsque la jeune femme le lui autorisa : ses yeux ne quittèrent pas un seul instant la silhouette de son père qui s’était raidit quand Leah avait prononcé son prénom. Visiblement, leur père avait du mal à concevoir ce que sa fille tentait de lui expliquer, et il tourna son visage vers l’homme qui s’avançait. La curiosité qui se lisait sur son visage fit place à une émotion brute si intense que même Tim s’arrêta : il ne savait pas s’il craignait davantage pour le cœur de son père que pour le sien, qui s’affolait démesurément dans sa poitrine.
- Papa…
Les mots s’étranglèrent alors que le vieil homme se relevait en chancelant, faisant tomber au sol ses feuilles et son crayon : ses mains tremblaient et ses yeux se remplirent de larmes alors qu’il s’avançait vers son fils.
- Je rêve… C’est un rêve, c’est ça ? Tim ? C’est bien toi mon fils ?
Il s’avança jusqu’à se trouver face à lui et ses mains agrippèrent les épaules de Tim, se raccrochant au mirage qui le rendait si heureux. C’était beaucoup, trop sans doute pour lui qui avait eu presque autant de mal que sa femme à accepter qu’on lui enlève un de ses enfants, alors les sanglots s’élevèrent, symbole de toute la souffrance qu’il avait pu endurer – et du bonheur incommensurable qui résultait de ce miracle. Parce qu’il s’agissait véritablement d’un miracle.

L’homme était encore grand – pas autant que Tim mais suffisamment pour qu’une de ses mains vienne se perdre sur la nuque de son fils, pour mieux le rapprocher de lui : leurs fronts se touchèrent et la voix ténue de son père chuchota :
- Mon garçon… C’est bel et bien toi. Mon petit garçon…
Ce fut trop : Tim l’étreignit presque aussi violemment qu’il l’avait fait avec sa sœur. Il aurait voulu se montrer fort, affronter l’épreuve en homme mais face à cet homme-là, il savait qu’il n’arriverait jamais à être totalement un adulte. Les deux hommes se serrèrent avec une tendresse rendue brutale par l’émotion : le père étreignit presque autant son fils que Tim tentait de le faire, et ses sanglots se muèrent en un rire communicatif.
- J’arrive pas à y croire !

Tout entier concentré sur ces retrouvailles, Tim ne se rendit compte qu’au dernier moment que sa jambe était en train de lâcher : son père du le sentir bien avant lui car ses bras en vinrent à davantage le soutenir que l’étreindre, et son rire résonna plus fortement.
- Holà fiston, on tient le coup hein !
Tim posa sa main sur l’épaule de son père pour mieux se tenir et lui décocha un sourire, entre confusion et bonheur.
- Ca doit être l’émotion.  

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MessageSujet: Re: I'm back - Leah/Tim Dim 6 Jan - 23:12

LEAM And the blood will dry underneath my nails. And the wind will rise up to fill my sails. So you can doubt and you can hate. But I know no matter what it takes I'm coming home. I'm coming home. Tell the world that I'm coming home. Let the rain wash away all the pain of yesterday. I know my kingdom awaits and they've forgiven my mistakes. I'm coming home. ››


I'M BACK


Le fils prodigue était revenu. Doucement, l’équilibre familial revenait. Les cadres des photos familiales semblaient moins amers à présent sur le buffet de la salle à manger. La douleur s’estompait et l’absence était à présent finie. Il était revenu. C’était peine à croire. Combien avait-il de possibilité que cela puisse arriver ? Sans doute un pourcentage proche du zéro. Pourtant, il était bien là, devant eux. Encore debout. Au fond, elle avait toujours senti cet espoir qu’il revienne. C’est sans doute ça qui l’avait fait tenir ces trois ans. Sans qu’elle ne s’en aperçoive. Au contraire de sa mère qui s’était laissée aller dans le chagrin jusqu’à la mort. Son corps n’avait jamais été retrouvé. C’est ce que le militaire avait dit lors de sa visite pour annoncer la mort de Tim. Alors peut-être que… Oui, elle y avait cru. Fortement au début. Avant que doucement cela s’estompe sans jamais partir complètement. Le temps effaçait les blessures, c’est ce qu’on disait. Mais il ne fait qu’anesthésiait la douleur. Il avait paralysé l’espoir pour le faire disparaître, mais sous la surface, ce dernier battait encore à tout rompre. Alors elle avait beau s’être rendue sur la tombe de son frère des milliers de fois, pleuré encore et encore en repensant à lui. Jamais, au fond, elle n’avait pu totalement accepter. Elle s’en rendait compte à présent en le voyant. Elle y avait toujours cru. C’était ce qui l’avait fait tenir. Les larmes lui montaient naturellement. Ce n’était pas de tristesse. Bien au contraire. La joie était si intense que son cœur débordait. Il explosa totalement quand elle vit son père et son frère réunis. Une vision si tendre, si belle. Le père enlaçait le fils. Leah essuya une autre larme qui tombait sur sa joue. Des scènes familiales comme ça, ce n’était réservé qu’aux films américains. Mieux encore dans les livres. Leah se sentait extrêmement chanceuse en cet instant. Combien de militaires n’étaient pas revenus du front ? Combien d’entre eux n’étaient que poussière dans ces pays d’Europe ? Beaucoup trop sans doute. La chance ne frappait que de très rares fois. Aujourd’hui, c’était leur tour. Pourtant, en voyant la jambe de son frère fléchir, elle ne put s’empêcher de froncer les sourcils. Sentiment étrange. Mais, bien vite, oublié. A son tour, elle se leva de la table et avança alors deux chaises pour les garçons. « Tim, assis-toi. Papa, aussi. » Il ne manquerait plus que les deux ne s’écroulent sous le coup des sentiments. La jeune femme prit place à leurs côtés. Instinctivement, les deux mains de Tim furent emprisonnées l’une par la main de son père et l’autre par celle de Leah. Comme unis. Comme réunis à nouveau. Un chainon manquait pourtant à l’appel. Mais la jeune femme ne voulait pas y penser. Pas maintenant. Encore faire perdurer ce moment encore un peu. La peine et les larmes devaient attendre. Leah raffermit doucement la prise de sa main sur celle de son frère. Un sourire trônait sur son visage. « Alors, raconte-nous Tim. On veut tout savoir maintenant. » Son entrain naturel ne s’était jamais tari. Déjà dans leur enfance, Leah était celle qui bougeait dans tous les sens et emmenait les autres avec elle. Jusqu’à parfois en fatiguer son frère et son meilleur ami. Elle n’avait pas changé sur ce côté-là bien au contraire. Sa voix en était le témoin. Elle était joviale, pleine et chaude. Il est vrai que les questions restaient sans réponses commençaient doucement à la tourmenter. Elle avait besoin de réponses. Non ils avaient besoin de réponses. Pourquoi trois ans ? Comment ? Où ? Si son père se montrait plus patient qu’elle, ce n’était pas son cas. L’émotion des retrouvailles était encore présente, évidemment, mais la pression retombait et ses pensées semblaient plus claires. Son père se mit alors à rire. « Leah, doucement, tu vas nous le faire fuir. » Il la grondait gentiment. Comme avant. Le duo infernal était reformé. Combien de fois avaient-ils fait tourner leurs parents en bourrique ? Trop de fois. L’horloge dans la salle à manger en était une preuve ou encore la porte de la chambre de Leah où de nombreux dessins avaient été réalisés au feutre. Son frère avait toujours était le plus calme des deux même s’il ne restait pas en reste non plus. « Désolé. » Une petite moue boudeuse se dessina sur ses lèvres. Elle avait beau avoir trente-deux ans, Leah était parfois une vraie enfant. Sans doute que le comportement de sa dernière transparaissait en elle. Ou bien gardait-elle toujours sa part d’enfant qu’elle s’évertuait à ne pas lâcher. C’était surtout cette possibilité. Etre adulte ne voulait pas dire oublier l’enfant qu’on avait été. L’entrain, la joie, l’insouciance... Tout ça devait rester. A quoi bon sinon ? La jeune femme releva alors les yeux vers son frère, quelques peu désolée. « Mais ça fait tellement longtemps… » Trop longtemps. Le temps avait passé. Les choses avaient changé. Beaucoup de choses. Maintenant qu’elle y pensait, Tim n’avait jamais vu la dernière des Sweeney. Sa fille. Celle-ci était à peine âgée de deux et demi ans. Leah ne savait même pas encore qu’elle était enceinte quand Tim avait disparu. Il n’avait jamais pu la voir et la rencontrer. Hava n’avait jamais pu connaître cet oncle dont lui parlait si souvent Leah. Même Lach parfois y faisait référence devant sa petite sœur, en lui comptant certains souvenirs si chauds à son cœur. Mais, à présent, Hava aurait cette chance de le connaître. De ne plus avoir de lui que de vagues souvenirs de ceux qui l’avaient connu. C’était presque étrange en y pensant. Mais le plus étrange n’était pas encore cela. Non bien évidemment que non. Une autre Sweeney avait changé la donne depuis son départ. Leur mère. Cette dernière avait toujours été si protectrice, si aimante. Pourtant, elle ne s’était jamais remise de la mort de son fils. Les médecins avaient parlé d’un avc ou tout simplement d’un arrêt cardiaque. Leah n’en avait jamais été convaincue. Le cœur de sa mère s’était tout simplement noyé dans son chagrin. La tristesse pouvait tuer. La jeune femme en était finalement persuadée à présent. Sa mère n’a jamais réussi à passer outre, à pouvoir vivre avec la mort de Tim. C’était bien trop compliqué pour elle. Si la famille Sweeney a tenté de faire au mieux, la mère s’est peu à peu enfoncée dans un gouffre où elle n’en est jamais ressortie. Elle est décédée six mois après l’annonce de la mort de son fils. Une autre tragédie. Pourtant, Leah savait très bien qu’à un moment ou un autre, son frère y ferait référence. Où était-elle ? Pourquoi n’était-elle pas à la maison ? Que pourrait-elle répondre à ça ? Comment Tim pourrait-il le prendre lui qui avait toujours été proche avec elle ? Elle n’en savait rien et cela la terrorisait vraiment. Il ne fallait pas encore y penser. Il fallait vivre le moment présent. Apprécier totalement le fait que son frère était revenu. C’était ça le plus important pour le moment. Qu’il soit là. Cette question viendrait après. Les larmes n’étaient pas encore prêtes à couler à nouveau. Pas encore. Pas maintenant.


Dernière édition par Leah Sweeney le Lun 11 Fév - 22:03, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: I'm back - Leah/Tim Mer 16 Jan - 16:49




Il donna le change, un peu bêtement. Il ne comptait pas le leur cacher longtemps : de toute évidence, ils s’en rendraient rapidement compte mais durant un laps de temps, il voulait être le Tim d’avant, ce fils qui leur revenait en un seul morceau. Les blessures physiques seraient les premiers vestiges dont ils se rendraient compte, qui leur mettrait la puce à l’oreille sur l’homme qui s’était présenté à eux. Les blessures psychiques, secrètes, seraient plus difficiles à déceler mais là aussi, il comptait être franc.
Mais dans les bras de son père et couvé par le regard tendre de Leah, il avait seulement envie d’en profiter encore un peu, de rester l’enfant d’autrefois qui se contentait de peu et acceptait la vie telle qu’elle était. L’adulte qu’il était devenu ne lui parlait plus et cette métamorphose ne lui donnait pas envie de reprendre tout de suite le cours de sa vie. Et puis, il avait trop rêvé de cet instant pour laisser sa jambe s’imposer et gâcher leurs retrouvailles !

Ce fut Leah qui pourtant les obligea à s’asseoir et il s’y réfugia comme un bienheureux, acceptant ce répit bienvenu : ses mains furent aussitôt happées par sa sœur et son père, et il les serra en souriant d’émotion. Son cœur reprenait lentement son rythme normal mais le bonheur de se sentir entouré de sa famille, de retrouver une place depuis trop longtemps perdu, l’emmitouflait et berçait son âme. Il serait resté là des heures, sans rien dire, à seulement se gaver de leur vue et se rassurer lui-même sur leur réalité. Il ne manquait que leur mère pour que cela soit complet et un court instant, il se rendit compte que ni Leah ni son père ne semblait avoir eu envie de l’évoquer : ce fut très court, presque sibyllin comme impression d’avoir raté un épisode et sa sœur ne lui laissa pas le temps de s’appesantir sur cela. Au contraire, elle fonça, l’assaillant des questions cruciales, de celles qui seraient le plus difficiles à leur expliquer et l’immensité du travail à réaliser finit par chasser toute autre inquiétude de son esprit. Elle resta pourtant là, à danser dans un recoin de son âme : son absence pulsait douloureusement et il sut qu’il ne serait pas vraiment rentré chez lui tant qu’il ne la serrerait pas dans ses bras.

En attendant, les mots se bousculaient déjà et la bonne façon de les aligner pour ne pas trop les faire souffrir – ou plutôt, s’écorcher un peu plus lui-même – n’était pas évidente. Son sourire se teinta d’une gêne caractéristique, il ouvrit la bouche pour dire quelque chose et se retrouva bloqué. Un très court instant, trois fois rien, mais suffisant pour que l’œil averti de son père le remarque et que sa poigne se resserre sur sa main. Tim tourna aussitôt son regard vers lui, essayant de réfréner l’impression de chavirer mais incapable de ne pas laisser échapper quelques tressaillements d’émotions que son père capta : il savait. Il devinait. Il n’avait pas été à l’armée mais il comprenait les difficultés de son fils en cet instant. Et c’est son regard rivé dans le sien, sa main s’accrochant à la sienne sans doute trop fortement, que Tim laissa échapper les premiers mots. Comme une blessure s’ouvrant de nouveau laisse écouler quelques gouttes de sang vicié.

- J’aurai dû revenir avant, je sais, je… Mais après l’explosion….

Pourquoi tout cela semblait si dérisoire à raconter, et lui avait pourtant pris trois années de sa vie ? Une explosion ? Non, cela avait été bien pire, bien plus douloureux : le mot ne transcrivait absolument pas l’horreur et la souffrance qui découlaient d’une telle chose. Ils étaient impuissants à leur faire comprendre ce par quoi il était passé.

Mais ses yeux s’accrochèrent à ceux de son père et ce dernier acquiesça : ce seul geste aida à le libérer un peu plus, à continuer d’ouvrir la boîte de Pandore fragile et délicate de son esprit blessé.
- Ils m’ont dit que j’étais resté deux ans dans le coma : mes blessures étaient trop profondes et…. J’ai mis du temps à me réveiller. Ils…

Et puis soudain, le sac s’ouvrit, le besoin de leur expliquer, de justifier son absence, de traduire par quelques syllabes cet isolement et cette souffrance fut trop violent : les mots cavalèrent, toujours aussi impuissants à traduire ses émotions mais soudain pressés de dresser le tableau d’horreur qui était resté gravé dans son esprit. Ils furent parfois à moitié hachés, bâclés, tremblants de cette même amertume qui le prenait à la gorge. Mais son regard resta accroché à celui de son père : il n’arriva pas à le fuir ni à aller soutenir celui de sa petite sœur. Parce qu’il sentait qu’à l’instant où il romprait le contact, sa force s’en irait avec et qu’il se tairait.

- Ils n’avaient pas ma plaque Papa, ils ne savaient pas qui j’étais ! Ils m’ont dit qu’ils vous avaient appelé, qu’ils pensaient que j’étais mort mais je n’étais qu’un corps inconnu dans un hôpital. Je n’ai pas compris comment ils avaient fait pour…. Pour oublier qui j’étais !! Mais le pire, c’est que quand je me suis réveillé, moi aussi j’avais oublié Papa ! Tout ! La page blanche : pas de nom, pas d’adresse, ni de famille. Ça m’a pris des mois avant d’arriver à mes souvenir de quelque chose et…

Sa gorge se serra et il dû prendre une grande inspiration pour juguler l’émotion brûlante qui l’envahissait. Il sentait vaguement que ses yeux étaient humides mais il s’était juré qu’il ne pleurerait pas : il les avait suffisamment fait souffrir ainsi et les criminels pleuraient rarement sur leurs crimes passés.

Sa bouche s’ouvrit dans un rictus amer et cette fois-ci, il baissa les yeux alors que sa voix se calmait enfin, délaissant la violence d’avant.
- Et même maintenant, je sais à peine qui je suis… ou qui j’étais.

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