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Because even the smallest of words can be the ones to hurt you, or save you. ▲Gilson

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MessageSujet: Because even the smallest of words can be the ones to hurt you, or save you. ▲Gilson Mar 30 Oct - 20:37

Some old wounds never truly heal, and bleed again at the slightest word.

( parisRonald Reagan Medical Center — with niels jonsson )

“Pain is a pesky part of being human, I've learned it feels like a stab wound to the heart, something I wish we could all do without, in our lives here. Pain is a sudden hurt that can't be escaped. But then I have also learned that because of pain, I can feel the beauty, tenderness, and freedom of healing. Pain feels like a fast stab wound to the heart. But then healing feels like the wind against your face when you are spreading your wings and flying through the air! We may not have wings growing out of our backs, but healing is the closest thing that will give us that wind against our faces.” ❊

CODAGE BY PSYCHOTIC BITCH

Elle l’a entendu, ce discour sur la lumière au bout du tunnel, lorsqu’un patient ouvre finalement les yeux après avoir frôlé la mort. Elle a entendu des choses sur le coma, des gens lui disant qu’ils avaient été conscient de tout, comme à l’extérieur de leur corps, observant la scène qui se déroule devant eux, comme un spectateur invisible. Ils regardaient leurs corps abîmés, écoutaient les paroles de leurs proches, sans pouvoir calmer la peine qui déformait les visages de ces êtres aimés, sans pouvoir réagir à la sensation de leur main dans la sienne. Elle a entendu des gens dire qu’ils étaient ailleurs, avec ces gens qui ne font plus partie de cette vie, qui ont fait leur temps, qui ont disparu d’une façon ou d’une autre. Ils ont pu discuter avec un parent décédé, avec une grand-mère importante à leurs yeux, avec un enfant arraché trop tôt. Cela lui a toujours semblé utopique. Après tout, un coma n’est pas vraiment un passage entre la mort et la vie. Médicalement parlant, il s’agit surtout d’un état végétatif ou le corps ne réagit pas aux stimuli extérieur, une absence de réaction des deux lobes cérébraux. Surtout dans le cas de ces patients qui se réveillent pour parler de leurs expériences, après tout, ils ne furent pas si profondément dans le coma qu’on puisse parler de mort cérébrale. Elle n’a jamais cru à ces propos, croyant qu’il s’agit là d’une façon de vivre les heures, les jours ou les semaines envolés, une façon pour le cerveau de se préserver des trous noirs d’une façon ou d’une autre. Elle se contente généralement de sourire à ses patients, parlant des mystères de la vie et de toutes ces choses inexplicables encore aujourd’hui. Tout en sachant qu’il est difficile de savoir ce qui se passe vraiment avant de la vivre soi-même. Ce qui n’a jamais été le cas d’Iris. Avant aujourd’hui. Aujourd’hui, elle sait ce qu’est le coma, ayant eu l’expérience. Cependant, elle ne l’a pas vécu comme une expérience magique où elle a pu parler à sa soeur ou à une personne qui lui manque. Au contraire, ce fut un noir opaque, des heures de sa vie qui se sont envolés et qu’elle ne retrouvera jamais. Rien d’autre qu’un sommeil brumeux et sans rêves qui l’a laissé encore plus épuisée qu’avant. Peut-être parce qu’on lui a fait passer tellement d’examens médicaux depuis qu’elle a ouvert les yeux qu’elle n’a même pas eu le temps de comprendre pourquoi elle est là, dans cette chambre, reliée à des machines bruyantes qui ne font qu'aggraver sa migraine. La neurochirurgienne mentirait si elle disait qu’elle va bien. Elle a l’impression d’avoir passée sous les roues d’un camion. Anna lui a parlé, à son réveil, lui disant d’un ton presque accusateur qu’elle avait eu un accident. Iris s’est stupidement endormie au volant de sa voiture qui a fini dans un arbre. Elle est resté muette, en écoutant son amie et l’amant de celle-ci lui parler des blessures, du diagnostic. Côtes et clavicule fracturées, quelques brûlures et ecchymoses, des blessures typiquement associées à une ceinture de sécurité. Rien de bien grave. Rien de bien confortable, mais elle sait que dans quelques temps, ça ne sera plus qu’un mauvais souvenir et rien d’autre. C’est souvent le cas, avec ce genre de blessure. Elle n’a pas réellement compris l’inquiétude d’Aidan et d’Anna, après tout, c’était des blessures quelconques, non ? Du moins, c’est ce qu’elle croyait jusqu’à ce qu’on discute de son traumatisme crânien, du fait que l’accident s’est produit près de vingt-quatre heures plus tôt et qu’elle ne fut pas consciente une seule minute depuis. Traumatisme crânien, coma. Même dans l’état brumeux où elle se trouve, Iris comprend que ça ne sera pas une partie de plaisir, dans les prochaines semaines, voir mois. Elle l’a compris en sentant la nausée revenir chaque fois qu’elle bougeait un peu trop rapidement, voyant sa vision s’assombrir chaque fois qu’elle tourne la tête, sous la pulsation de la douleur qui vibre dans sa boîte crânienne. Aidan n’a aucunement eu besoin d’énumérer les possibles symptômes, elle les connaît sur le bout des doigts, du moins, en général, puisque maintenant, sa capacité de concentration lui joue des tours qu’elle ne trouve pas particulièrement amusant. Pour le moment, elle est là, allongée dans ce lit d’hôpital, dans une petite chambre trop bruyante à son goût. Elle peut deviner les ridules au coin de ses paupières, trahissant une douleur qui pulse à chaque battement de coeur, à chaque respiration, à chaque fois que le moniteur cardiaque émet son bip caractéristique. Elle ouvre les yeux, non sans difficulté, en entendant la porte de la chambre s’ouvrir et se refermée. La silhouette de Niels se dessine dans son champ de vision, créant une sensation de battement d’ailes de papillons dans son estomac, une sensation qui ne fait que rendre un peu moins supportable la douleur. Elle grimace un sourire en croisant ses prunelles, lui permettant de réaliser que sa lèvre inférieure est fendue, sans doute dû au choc entre sa tête et le volant du véhicule. «Quand es-tu revenu de DC? » chuchote-t-elle, bien qu’elle a l’impression de hurler à ses oreilles. Elle le laisse approcher du lit, bien consciente de l’inquiétude sur son visage, de la lueur de colère qui se dispute avec cette inquiétude dans ses prunelles trop bleues. Iris se doute qu’elle va avoir le droit aux mêmes reproches que lui a fait Anna un peu plus tôt, les mêmes reproches que lui feront Liv et Myles dans quelques heures. Pour être honnête, elle les mérite. Combien de fois lui ont-ils dit qu’elle allait finir par faire une bêtise si elle ne faisait pas plus attention à elle ? « Tu n’es pas revenu à cause de... » Sa voix meurt sur ses lèvres alors qu’elle tâche, non sans difficulté, de se redresser contre les oreillers pour retrouver une position assise. Mouvement qu’elle regrette aussitôt que la pièce se met à valser devant ses yeux. À cause d’elle, de l’accident, parce qu’elle a mal évaluée sa fatigue, la distance entre l’hôpital et la maison. Parce qu’elle s’est endormie et que sa voiture a poursuivi sa course contre un arbre. Elle se souvient qu’ils avaient planifiés une discussion sur leur relation, à son retour de Washington, une discussion qui sera sans doute reporté après ça. Elle note la petite ride entre ses sourcils, indication de son inquiétude pour elle, une inquiétude qui lui fait rater un battement de coeur. «Ce n’est pas grand chose, tu sais. Tu devrais voir l’arbre. » Tentative ridicule de plaisanterie qui tombe à plat. Qui n’est là que parce qu’elle est mal à l’aise dans la situation actuelle. Parce qu’elle sait ce qui va suivre.
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MessageSujet: Re: Because even the smallest of words can be the ones to hurt you, or save you. ▲Gilson Mar 6 Nov - 21:55

Some old wounds never truly heal, and bleed again at the slightest word.

( parisRonald Reagan Medical Center — with iris gilmore )

“Pain is a pesky part of being human, I've learned it feels like a stab wound to the heart, something I wish we could all do without, in our lives here. Pain is a sudden hurt that can't be escaped. But then I have also learned that because of pain, I can feel the beauty, tenderness, and freedom of healing. Pain feels like a fast stab wound to the heart. But then healing feels like the wind against your face when you are spreading your wings and flying through the air! We may not have wings growing out of our backs, but healing is the closest thing that will give us that wind against our faces.” ❊

CODAGE BY PSYCHOTIC BITCH

L’univers était cruel et répétait inlassablement cette cruauté, appuyant encore et encore sur des plaies douloureuses, torturant des cœurs pour les mener jusqu’à la mort. L’univers était cruel et aimait reproduire certains moments comme un vieux disque rayé repassant en boucle la même mélodie agaçante. Niels Jönsson aurait dû s’en douter, rester sur ses gardes, comme il le faisait constamment sur le terrain. Il n’aurait pas dû baisser ses armes, se sentir protégé dans une bulle à l’abri des balles et des dangers. Il n’aurait pas dû croire naïvement que le temps des averses était terminé, que les tsunamis allaient disparaître et que peut-être il pourrait goûter de nouveau à un semblant de bonheur après tant de mois d’asphyxie. Il n’avait pas réfléchi, il avait cru que les choses allaient changer, que le semblant de stabilité autour de lui allait perdurer, que rien ne viendrait déstabiliser ses fondations. Il le pensait parce qu’il en avait besoin, il avait besoin de penser que le soleil pouvait revenir au dessus de sa tête. Il le voulait, lassé de voir son muscle cardiaque à l’agonie, lassé de se perdre dans une longue agonie. Il avait réussi à calmer ses songes obscurs, à combattre certains de ses cauchemars. Mais il n’avait pas été assez vigilant et il aurait dû le savoir. Se douter qu’aucun espoir était permis, que tout allait disparaître dans un nuage de fumées, comme un village détruit par la détonation d’une bombe en pleine zone de guerre. Les téléphones étaient là pour le ramener à la réalité, pour le transporter dans un passé, pas si lointain, mais douloureux, pour mélanger l’ancien et l’actuel. La même sonnerie qui l’avait sorti de sa torpeur mais surtout les mêmes mots prononcés avec malaise de l’autre bout du combiné. La même annonce qui le ramenait deux années plus tôt, qui ranimaient les sensations endormies et la douleur profondément logée dans ses entrailles. Tout le corps mis en état d’alerte, traversé par des décharges électriques insupportables, il resta immobile longtemps, abasourdi par un sifflement strident dans ses tympans, par l’écho de son cœur pris de violentes arythmies. Et soudainement, tout se flouta dans sa tête, son esprit disparut entre deux réalités, il perdit la notion du temps, la vision du présent et du passé, il se dispersa entre deux mondes. Dans deux univers distincts, revivant des scènes absurdes dans sa tête, il se trouvait en plein milieu du désert, les tympans malmenés par le bruit des bombes autour de lui, la peau brûlée par le soleil. Il entendait les pleurs des enfants et la détresse des uns. Et l’instant d’après c’était sa propre détresse qui apparaissait face à lui. Son chagrin abyssal qui revenait le hanter quand on lui avait apporté une nouvelle semblable pour une autre femme. C’était une lame chauffée à blanc qu’on avait planté dans sa cage thoracique, brisant son organe vital dans un fracas abominable. A présent, tout recommençait, tandis qu’il avait essayé durement de recoller chaque morceau éparpillé sur le sol, on l’obligeait à revivre ce traumatisme, à se jeter dans l’eau glacée pour torturer ses muscles maltraités. Et si jusqu’alors il avait réussi à chasser les démons, à ne pas se laisser emporter dans les profondeurs, dans le monde des morts, cette fois, il se perdit, ailleurs dans une autre galaxie, il se noya complètement. Ne comprenant plus tout ce qui pouvait se dérouler autour de lui, il revint sur terre uniquement dès que ses pieds franchirent le seuil de l’hôpital, des heures après avoir quitté Washington, ne réalisant pas comment il était arrivé ici, ce qui s’était passé entre temps. Il naviguait dans d’autres eaux océaniques, meurtri par cette douleur qui irradiait ses vaisseaux, qui s’infiltrait dans chaque centimètre de sa chair. Il s’arrêta face à Aidan et à Liv, il leur parla, il écouta leurs mots, peut-être même qu’il parla à son tour, il n’en savait rien, ne contrôlant plus réellement ses gestes ou ses muscles. Non il ne le pouvait pas, parce qu’il se repassait en boucle sa même arrivée dans ses couloirs quand il s’était mis à courir furieusement pour retrouver Katie, arrivant trop tardivement pour dire au revoir à sa bien aimée. La même angoisse viscérale l’habitait et rien d’autre ne semblait compter. Il avait peur à tel point que sa respiration était coupée, qu’il n’arrivait pas à se calmer. Même la main rassurante d’Aidan posée sur son épaule n’était pas suffisante pour canaliser ses émotions, pour rendre silencieux son chagrin, pour effacer les souvenirs imprimés dans sa boîte crânienne. « Elle est réveillée tu peux aller la voir  » , il occulta tout le reste, simplement focalisé sur ça, il suivit le chemin indiqué jusqu’à la chambre où Iris se trouvait et quand il pénétra à l’intérieur, ses battements cardiaques s’emportèrent à outrance, prêts à faire quitter son palpitant de son emplacement initial. Il s’approcha, la voyant allongée sur son lit, et il remarqua le sourire qu’elle tentait d’esquisser sur son visage aux traits marqués. Il s’avança doucement, à la fois soulagé qu’elle soit en vie, à la fois chancelant par ce trop pleins d’émotions qui combattaient dans sa tête. A une distance raisonnable, il déposa un baiser sur son front, le plus délicatement possible. «Quand es-tu revenu de DC? », lui-même il ne s’en souvenait pas totalement, il ne savait plus de quand datait son retour, il avait tout oublié depuis le coup de téléphone. Mais de quand datait-il ? D’hier ? D’aujourd’hui ? Il ne savait pas. Tout était enfoui derrière un profond brouillard dans sa boîte crânienne. Aucun mot n’arrivait à sortir de sa bouche, tous bloqués par cette boule d’angoisse qui s’était formée et qui ne s’en allait pas. Tout était confus dans cette pièce aux murs blancs incroyablement effrayants. Un nouveau bruit assourdissant envahit ses tympans et l’espace de quelques secondes, il fut emporté dans un état second à cause du vertige dans sa tête. « Tu n’es pas revenu à cause de... » , la voix d’Iris le ramena auprès des vivants et il se raccrocha à ça, il ancra ses prunelles dans les iris bleutés de la jeune femme pour effacer le reste, pour ne pas voir un spectacle d’horreur défiler devant ses yeux. « Ils m’ont appelé j’étais encore à DC… Et évidemment que je suis revenu. Je pouvais pas rester là-bas. Pas alors que toi t’étais là. », c’était impossible, parce que les sentiments qu’il ressentait à l’encontre de la reine des glaces étaient trop forts pour qu’il accepte de rester à des milliers de kilomètres d’elle. Pas quand il savait qu’elle avait été victime d’un accident. Pas quand elle était en danger ; Pas quand quelque chose n’allait pas. «Ce n’est pas grand chose, tu sais. Tu devrais voir l’arbre. », il notait son envie de dédramatiser, son besoin de le détendre, d’atténuer l’incendie se propageant dans ses nerfs. Toutefois cela ne fonctionnait pas. Il n’était pas prêt, pas pour le moment. C’était trop tôt et son inquiétude était trop grande. A cet instant tout ce qu’il pouvait éprouver était mélangé dans sa tête et il ne trouvait aucune issue de secours pour s’échapper. « Iris arrête…. Ca aurait pu être pire t’en es consciente ? », la fin aurait pu être plus funeste, la tragédie aurait pu survenir face à lui de nouveau, comme le destin avait choisi de lui retirer Katie autrefois. Heureusement, le destin avait été plus clément cette fois, toutefois le chaos demeurait encore présent, les orages stagnaient au dessus de sa tête, prêts à ce que la foudre frappe une nouvelle fois. « Je t’interdis de recommencer…. », il ne serait pas capable d’y survivre, de surmonter cet obstacle si l’insurmontable réapparaissait pour semer l’horreur dans son monde. Et d’un geste doux, il attrapa la main de la jeune femme pour la serrer dans la sienne, cherchant à se raccrocher à cette réalité. A cette présence chaude et vivante.

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MessageSujet: Re: Because even the smallest of words can be the ones to hurt you, or save you. ▲Gilson Lun 26 Nov - 7:23

Some old wounds never truly heal, and bleed again at the slightest word.

( parisRonald Reagan Medical Center — with niels jonsson )

“Pain is a pesky part of being human, I've learned it feels like a stab wound to the heart, something I wish we could all do without, in our lives here. Pain is a sudden hurt that can't be escaped. But then I have also learned that because of pain, I can feel the beauty, tenderness, and freedom of healing. Pain feels like a fast stab wound to the heart. But then healing feels like the wind against your face when you are spreading your wings and flying through the air! We may not have wings growing out of our backs, but healing is the closest thing that will give us that wind against our faces.” ❊

CODAGE BY PSYCHOTIC BITCH

Ça fait partie des centaines de choses que l’on vous dit à l’école de médecine; la fatigue est votre pire ennemie. Cela vous fait faire des erreurs médicales, vous rend irritable avec certains patients. Mais la fatigue fait partie du quotidien des médecins, comme les sangs, la douleur, les cris, toutes ces choses qui donnent froid dans le dos aux gens normaux. Iris vit avec la fatigue depuis tellement longtemps qu’elle oublie souvent qu’elle est là, rampant dans les coins sombres de sa vision, se manifestant sous l’aspect d’une douleur vive qui lui vrille les tempes, sous l’aspect d’une irritabilité qui ne lui ressemble pas, aussi, un manque de patience envers les gens qu’elle aime. Le plus souvent, ça se manifeste sous la forme de crise de panique, soudaines et nombreuses, comme si la fatigue rendait sa personne plus fragile à ce genre de manifestations. Il lui arrive souvent de l’oublier, de la mettre de côté, se contentant de quelques heures de sommeil avant de finalement reprendre le travail comme si tout allait pour le mieux, sans vraiment prendre le temps de se reposer réellement. Elle est pourtant consciente des effets négatifs du manque de sommeil chez les gens. Elle est neurochirurgienne, elle voit les effets négatifs de bien des choses sur le cerveau humain; le manque de jugement, l’alcoolisme, le manque de prudence… Il pourrait être ironique pour beaucoup qu’elle se retrouve dans cette chambre d’hôpital, avec la tête tellement douloureuse que cela lui donne la nausée. C’était pourtant prévisible. Pas nécessairement dans le sens où on l’entend, mais il était évident qu’à un certain point, son rythme de vie allait la rattraper. C’est ce que ses proches ne cessent de lui dire, chaque fois qu’ils notent les cernes violacés sous ses yeux, chaque fois que sa peau semble plus blanche qu’elle ne l’est en général, chaque fois qu’elle s’agace des petits riens. Fermant ses paupières, elle se dit que c’est une drôle de plaisanterie, ce n’est pas comme si elle a déjà commenté un accident de la route dû à un conducteur s’endormant au volant de sa voiture. Notant que c’est stupide d’avoir prit la route dans cet état, pourtant, elle avait fait la même chose un peu plus tôt. Non par stupidité, mais parce qu’elle avait sous-estimé sa propre fatigue. Après tout, elle ne s’était pas sentie plus épuisée qu’à l’habitude, elle n’avait pas ressentit le besoin de prendre un taxi ou de dormir dans l’une des pièces à cet effet à l’hôpital. Elle s’était lamentablement trompée lorsqu’elle s’est finalement réveillée dans un lit d’hôpital, un peu plus d’une journée plus tard, après s’être enfoncée dans un coma qui a sans dû en effrayé plus d’un. Elle est bien placée pour savoir que dans ce genre de cas, plus le coma est long, plus le patient à des chances d’avoir des séquelles graves, voir de ne jamais se réveiller. C’est sans doute ce que Aidan et Anna ont dit à Liv, cela explique sans doute la raison pour laquelle cette dernière savait avec une précision d’horloger depuis combien de temps elle était inconsciente. Vingt-huit heures et quatorze minutes, enfin, environs, depuis son arrivée aux urgences, probablement un peu plus, puisqu’il n’y avait aucune façon de s’assurer à quel heure exactement sa voiture a percuté ce stupide arbre. Pour le moment, Iris s’en soucie bien peu. Après tout, elle est éveillée, consciente. Non au sommet de sa forme, mais elle se considère tout de même chanceuse, selon les circonstances. Bien entendu, elle réalise que ses proches sont terrorisés, qu’ils n’ont pas dormie depuis, qu’ils se font un sang d’encre pour elle, mais pourtant cela ne semble pas vraiment faire un chemin jusqu’à ses pensées floues, jusqu’à ce que la silhouette de Niels se dessine dans la pièce. Elle semble avoir du mal à avoir des pensées cohérentes, à être capable de réfléchir correctement par elle-même, chaque mots se percutant dans son crâne sans faire de sens. Des réflections qui s’effacent et se taisent quand les lèvres du l’ancien militaire se posent sur son front, avec une délicatesse excessive. Le frisson qui remonte sa colonne vertébrale ne fait que lui faire un peu plus mal, réveillant ses côtes brisées, ravivant la douleur dans son crâne. Iris lève les yeux vers lui, masquant sa douleur sous un masque de calme alors qu’elle observe les traits tirés de l’homme près d’elle, la lueur inquiète dans ses prunelles alors qu’il semble incapable de répondre à la question qu’elle lui pose. Elle tend une main vers lui, prenant la sienne, cette paume brûlante contre sa peau froide. « Ils m’ont appelé j’étais encore à DC… Et évidemment que je suis revenu. Je pouvais pas rester là-bas. Pas alors que toi t’étais là. » Elle observe ses traits avec attention. Malgré le brouillard dans lequel elle flotte, elle comprend à quoi il pense, où il est en ce moment. Dans ce même hôpital, des années plus tôt, toujours dans son uniforme militaire. Elle sent soudainement la culpabilité l’envelopper, comme une couverture glacial dont elle ne peut se débarrasser. Iris observe leurs mains jointes un moment, résistant à l’envie de se mordiller une lèvre déjà abîmée avant de tâcher de détendre l’atmosphère, de dédramatiser une situation qui est, en effet, dramatique. « Iris arrête…. Ca aurait pu être pire t’en es consciente ? » Elle l’est. Enfin, autant qu’elle peut l’être, puisqu’elle a toujours l’impression de se battre pour rester consciente de ce qui l’entour, chaque minute l’épuisant un peu plus que la précédente. Iris se laisse retomber contre les oreillers, sans pour autant retirer sa main de la sienne. « Je t’interdis de recommencer…. » Lentement, elle tire sa main vers elle, dans un geste calculé, comme chaque mouvement qu’elle fait depuis qu’elle a ouvert les yeux. «Viens là. » Elle s’agite un peu, lui faisant une place dans l’étroit lit, non sans difficulté et elle attend qu’il prend place près d’elle, silencieuse, immobile. Épuisée alors que ça ne fait que quelques minutes qu’elle est éveillée. Les prochains jours risquent d’être d’un plaisir inimaginable. « Je vais bien, Niels. Je suis vivante. Et ça peut t’étonner, mais je n’avais pas prévu tout ça. » Son corps s’ajuste au sien alors que sa joue vient se poser contre son épaule, la chaleur du frère de sa meilleur ami étant d’une réconfort qu’elle ne peut s’expliquer, bien que cela doit bien avoir du sens considérant ce qu’elle peut ressentir pour lui. Des sentiments qui semblent amplifier en ce moment précis, sans aucune raison apparente. « Si ça peut te rassurer, je te promets de faire de mon mieux pour ne pas me retrouver dans un accident une seconde fois. » Son ton est plus un murmure qu’une assertion, tâchant de le rassurer du mieux qu’elle le peut dans la situation actuelle, sans vraiment savoir quoi faire ou dire pour chasser la panique dans les yeux de Niels.

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MessageSujet: Re: Because even the smallest of words can be the ones to hurt you, or save you. ▲Gilson Sam 1 Déc - 13:27

Some old wounds never truly heal, and bleed again at the slightest word.

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La peur était paralysante, elle était vorace, trouvant chaque parcelle libre de son organisme pour venir se répandre dangereusement en lui. Elle l’atteignait furieusement par vague, parce qu’il était apeuré par cette image funeste dessinée dans son esprit. Cette image qu’il avait malheureusement connu et qui désormais restait sa plus grande crainte. De ces peurs enfantines transformées progressivement en terreur mortelle. Il ne voulait pas revivre un tsunami aussi grand. Il ne voulait pas risquer de perdre celle qui animait les battements de son cœur, pourtant mort de douleur. Longtemps à l’agonie, l’hypothèse subite de la voir s’en aller dans un vent de poussière frappait de manière irrationnelle sa boîte crânienne et il se noyait sous ses pensées confuses. Dans cet océan où il était un marin à la dérive, un corps désarticulé perdu dans des eaux menaçantes. Tandis que normalement, il savait garder le contrôle. Il savait comment faire le vide dans sa boîte crânienne, comment se focaliser sur un objectif précis en occultant le reste du monde autour de lui. Il savait se contenter de songes cohérents. Il savait parce qu’on lui avait appris, parce qu’il avait été entraîné pour le faire. Toutefois ces dernières heures, il coulait, englouti petit à petit et il avait perdu la direction du nord. Il avait perdu toute forme de cohérence dans sa tête. Il n’y arrivait pas. Il n’y arrivait plus. Les murailles construites autour de lui s’étaient écroulées et il était entraîné dans le cœur de la tempête, sans pouvoir tenter de prendre la fuite, de se protéger, revivant uniquement en boucle les moments les plus atroces de son existence. Son palpitant en émois prêt à exploser dans sa poitrine criait toute cette douleur logée en lui depuis deux années. Le film se répétait encore et encore pour le marteler des émotions les plus violentes qu’il avait pu connaître jusqu’alors. Pris pour cible sur le territoire ennemi, il sentait les balles rencontrer sa peau et l’effet des tirs sur ses muscles endoloris. Mais personne ne pouvait venir le soigner, ou tenter de panser ses plaies. Il était seul au milieu des soldats armés, seul dans ce désert asphyxiant, face à des ennemis surpuissants. Il était seul dans ce monde, combattant ses propres pensées. Luttant contre un adversaire qu’il ne connaissait que trop bien. Luttant contre lui-même. Contre tout ce qu’il avait réussi à cacher dans ce coin reclus de sa tête qui paraissait ressortir subitement. L’illusion disparaissait et ce masque de stabilité qu’il avait enfilé pour faire semblant, pour ne pas inquiéter tout ceux autour de lui s’effritait lentement pour laisser apparaître cette vérité criante. Cette vérité qu’il ne voulait guère reconnaître. Les mains prises de spasmes désagréables, il fixa le visage de porcelaine de la brune pour se rattacher au monde réel, pour oublier le cri des balles assaillant sa boîte crânienne. Il se concentra sur elle, sur le battement plus calme de son palpitant maintenant qu’elle avait les yeux ouverts. Maintenant qu’il savait qu’elle était sauvée, qu’elle n’avait pas été entraînée vers le monde des morts. Mais quelque part, l’angoisse formant une boule dans ses entrailles ne s’atténua pas. Il continuait d’être dicté par cette sensation gênante, par ce fardeau abattu au dessus de sa tête. Il était submergé, les prunelles remplies de cette peur criante qui ne lui permettait plus de respirer convenablement. Il avait cru la perdre, la voir disparaître comme Katie deux années plus tôt et ce songe ne désirait pas le quitter, il était planté en lui, dans sa chair et rien ne l’effaçait. Il était marqué de manière indélébile au plus profond de lui-même. Comme pour lui rappeler à quel point l’existence pouvait basculer malheureusement. Et c’était tout ce qu’il ne désirait pas voir se produire. Pas après la mort de sa fiancée. Cet ouragan qui l’avait brisé et qui avait laissé des dommages permanents dans son âme, des blessures mortelles près de son organe vital. Plus jamais, il ne souhaitait connaître cela. Encore moins quand il s’agissait d’Iris. Car elle animait son corps fantomatique, qu’elle ramenait de la chaleur dans ses vaisseaux sanguins gelés, comme elle venait de le faire en attrapant sa main. Ce contact entre eux le réchauffa et il parvint à esquisser un minuscule sourire fatigué sur ses lèvres. «Viens là. » , il percevait dans ses iris qu’elle ressentait cette montagne d’émotions qui le happait. Elle comprenait ce qu’il vivait, parce qu’elle le connaissait si bien qu’il ne pouvait rien lui cacher. Alors doucement, il s’échoua près d’elle, fermant ses paupières pour savourer l’odeur délicate de la chevelure ébène de la jeune femme. Il en avait besoin pour apaiser ses pensées agitées, pour anesthésier l’intensité des coups donnés à son épiderme. Elle lui faisait du bien, sans même l’imaginer. « Je vais bien, Niels. Je suis vivante. Et ça peut t’étonner, mais je n’avais pas prévu tout ça. », heureusement elle l’était et les mots lui manquaient pour manifester son soulagement. Parce qu’il savait que le pire aurait pu se produire, que l’inimaginable aurait pu survenir pour lui retirer la seule femme capable de lui faire éprouver ce qu’il pensait disparu à jamais. Ce qu’il imaginait comme lui étant désormais interdit. Et impossible. Calmement, dans une caresse délicate, ses doigts se perdirent dans les mèches peintes à la couleur des ailes des corbeaux et il tourna le visage dans sa direction, à la recherche de l’océan noyé dans ses yeux. « Encore heureux que tu ne l’avais pas prémédité Iris. Ca aurait été une très mauvaise idée de ta part. Et une mauvaise manière de m’inciter à rentrer à Los Angeles en plus. », car même sans cet événement tragique, il attendait le moment où enfin ses pieds pourraient se poser sur le sol californien. Où enfin il pourrait contempler chaque centimètre de sa peau, tel un peintre devant une nouvelle toile. « Si ça peut te rassurer, je te promets de faire de mon mieux pour ne pas me retrouver dans un accident une seconde fois. », autant qu’elle le pouvait, elle luttait pour le sortir de sa spirale infernale, pour le sauver des dents acérées des prédateurs marins affamés. Toutefois, elle ne le pouvait pas entièrement. Elle appliquait un léger baume, elle lui offrait de l’oxygène pour retarder l’asphyxie, mais il sentait au fond de lui que quelque chose d’autre se produisait. Il comprenait dans toutes les sensations inconnues qui germaient en lui que la bataille n’en était qu’à son commencement. Au point de départ. Il laissa ses lèvres se poser sur son front pour y déposer un baiser tendre avant de la regarder. « Tu ne vas pas faire de ton mieux. Si je dois t’interdire de conduire pour éviter un nouvel accident, je le ferai…. », sa poitrine se serra, envahi par un nouveau flux de pensées tragiques. Et il baissa le regard un instant pour le masquer, laissant le silence s’installer plusieurs secondes dans cette pièce aux couleurs lugubres. « J’aurais pas pu te perdre Iris…. Pas toi. », souffla-t-il subitement, avouant qu’une vie sans elle auprès de lui, lui était impensable. Il ne pouvait pas l’imaginer. Ni devoir vivre dans un univers aussi obscur. Parce qu’il savait en posant son regard sur elle, en sentant son corps contre le sien, qu’il avait besoin d’elle.


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Because even the smallest of words can be the ones to hurt you, or save you. ▲Gilson

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