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(leash) hey, I was doing just fine before I met you, I drink too much and that's an issue but I'm okay

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MessageSujet: (leash) hey, I was doing just fine before I met you, I drink too much and that's an issue but I'm okay Ven 21 Sep - 18:42


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Deux semaines étaient passées depuis ce fameux jour où j'avais croisé la route de Leah alors que je me rendais au cimetière pour voir mon père -endroit que je n'ai finalement pas pu aller de ce fait-. Deux putains de longues semaines où je n'avais fait que de penser à elle depuis. Alors que son visage tournait inlassablement dans mon esprit. Chaque paroles, chaque mots prononcés se bousculait, se répétait  sans cesse dans ma tête. Le destin avait décidé de jouer avec moi, ce putain de destin de merde n'aurait pas pu, au contraire, tout fait pour éviter que je la croise n'importe où dans Los Angeles. Cette ville si grande, si peuplée. Si je pouvais lui cracher à la gueule à ce foutu destin, je le ferais avec grand plaisir. Il devait bien se fendre la poire à me voir aussi mal en point. A me voir comme un pauvre con au garage réparer sa putain de bagnole, qui était finalement la cause de toute cette merde. J'avais longtemps pensé à y mettre le feu voire même à faire en sorte qu'elle ne puisse plus fonctionner mais je n'y étais pas parvenu, bien au contraire j'avais passé le plus clair de mon temps à faire les réparations dessus. Bien que je lui avais annoncé que c'était sa courroie d'alternateur qui était partie ainsi que sa batterie qui était à plat, j'avais fait bien plus que cela. Evidemment j'avais remplacé ceux qui avait été la cause de la panne mais j'avais également changé ses pneus, fait sa vidange. J'avais remis de nouvelles plaquettes de frein et j'avais vérifié que tout allait correctement. De plus il y avait bien un fuite d'huile que j'avais également arrangé. Quand je voyais l'état de sa voiture je me demandais comment son petit-ami pouvait lui laisser conduire ce genre de véhicule, c'était irresponsable. Il aurait pu  se rendre dans un garage pour contrôler que tout allait correctement surtout sachant  que des enfants voyageaient dedans. Cela ne prenait qu'une demie-journée, et encore quelques heures. Et c'était la moindre des choses de conduire en sécurité. Même le plus con des hommes le savait. Cela ne faisait que quelques heures que j'avais terminé, je me trouvais au garage d'un de mes amis, il m'avait laissé faire les réparations dessus et m'avait aidé pour d'autres. Il avait d'ailleurs été surpris que je daigne le faire moi-même, j'avais stipulé que c'était la voiture de ma mère, omettant qu'en réalité elle appartenait à cette fille, cette femme qui était restée dans mon esprit depuis le premier jour où j'avais croisé son regard. Malgré tout ce qu'il s'était passé depuis son départ, Leah avait toujours eu une place dans ma vie, là, au fin fond de mon esprit, tapis dans l'ombre, il m'était arrivé plusieurs fois de faire ressortir les souvenirs, de penser à elle dans les moments les plus sombres, les plus difficiles. Puis je refermais cette boîte de Pandore et ne l'ouvrait quand de rares occasions. Lorsque j'en ressentais le besoin même si j'essayais d'éviter au mieux de le faire régulièrement. J'avais pourtant encore cette rancœur depuis que je l'avais croisé parmi la faune et la flore. Des mots avaient été dit, des mots tranchants, des mots lacérants, des mots blessants. Je n'étais même pas sûr que cela ait changé quoi que ce soit, en réalité. Peut-être que cela nous avait fait du bien, sur le moment, mais c'était tout. Les regrets étaient toujours présents. Il n'y avait pas eu de pardon ni d'excuses en tout genre. Juste des reproches. Des putains de reproches qui n'ont servis strictement à rien si ce n'était qu'à nous enfoncer davantage. Parce qu'il y avait encore et toujours des non dits entre nous. C'était incroyable comme les choses pouvaient se transformer avec le temps. Comme les gens pouvaient changer aussi. Je m'étais toujours imaginé un futur à ses côtés, je ne savais pas de quoi demain aurait été fait mais je savais qu'elle aurait été présente. Pourtant des événements avaient fait en sorte de changer la donne. De modifier totalement ce à quoi j'aspirais. Cette perte avait tout détruit sur mon passage, autant dans ma vie familiale que dans ma vie privée. Je m'étais totalement concentré dessus en oubliant complètement les gens qui m'entouraient. J'avais sans aucun doute mes tords dans toute cette foutue histoire, mais Leah avait les siennes. Si les rôles avaient été inversés, si c'était elle qui avait perdu un membre de sa famille, si c'était elle qui avait déraillé, je serais resté. Putain je serais resté. Parce que j'étais fou amoureux d'elle et je ne concevais pas de ne plus être à ses côtés. Elle m'avait littéralement abandonné alors que j'avais eu le plus besoin d'elle. J'avais agis comme un putain de connard avec elle, je le savais, mais je l'avais aussi fait avec ma sœur, avec ma mère et pourtant elles étaient restées toutes les deux. Elles. Mais j'étais trop brisé et trop plein de haine et la seule bonne décision que j'avais choisis avait été l'armée. La discipline, l'autorité, la performance, le combat, le terrain m'avait endurci. J'avais trouvé de nouveau une raison d'exister. Et presque malgré moi, j'allais mieux. J'avais toujours la boule au ventre quand je me m'étais à penser à lui, à elle, mais c'était moins douloureux. Plus acceptable. Je respirais mieux dorénavant. Je n'irai pas m'excuser pour le comportement que j'avais eu envers elle il y a deux semaines. Je n'étais d'ailleurs même pas obligé de me rendre moi-même chez elle pour lui déposer sa voiture. Je ne savais même pas pourquoi j'avais pris la décision de le faire, je regretterai même d'avoir fait des recherches pour obtenir son numéro de téléphone et de lui avoir envoyer un message pour la prévenir que j'avais récupéré sa voiture au garage. Demi mensonge, par la même occasion. J'avais prévenu mon pote, il était censé me suivre jusque chez elle pour pouvoir me récupérer étant donné que je conduisais sa voiture. « T'es prêt? On peut partir? » Je lui montrai les clefs de voiture dans ma main, lui signalant qu'on devait y aller. Il hocha d'un signe de tête. Je monta dans l'habitacle, mis le moteur en route, alluma la radio, enclencha la marche-arrière et fit demi-tour pour me retrouver sur le bitume. Il n'y avait qu'une quinzaine de minutes d'ici à chez elle, j'étais déjà dégoûté rien que de penser à sa baraque toute neuve et qui puait le fric. De m'imaginer qu'elle vivait dedans avec son mec à deux balles et ses deux enfants. Qu'elle respirait le bonheur à l'intérieur. Cela me donnait presque la nausée. J'ouvris la fenêtre, laissant le vent s'engouffrait dans la voiture, puis je monta le son de la radio. J'arrivais doucement sur Airport Area, là où se trouvaient plusieurs résidences. Je ralentissais légèrement, cherchant de part et d'autre le numéro 1609, que je finis par trouver après plusieurs minutes. Je pris l'initiative de me garer face à son garage, là elle mettait certainement sa voiture avant d'éteindre le moteur et de descendre. Je fis signe à Adam de m'attendre un peu plus loin, lui faisant comprendre que je n'en avais pas pour longtemps. Je regardai alors autour de moi, puis je posai mon regard sur sa maison avant de me tourner vers des cris d'enfants non loin de là, vers le garage déjà ouvert. Je voyais alors Hava, courir et hurlant puis rigoler, tout en même temps. Elle s'arrêtait nette lorsqu'elle me remarqua, m'accordant un sourire timide. « MAAAAAMAAAAAAN » Elle s'était mis à crier tellement fort et de sa voix tellement aigue que j'en saignerai presque des oreilles. Je fronçai les sourcils en la regardant, elle qui me souriait pourtant toujours. Je remarquai alors une autre personne, plutôt grande, qui s'approchait de Hava pour venir l'attraper et lui faire ainsi des chatouilles. La petite fille se remis alors à crier tout en riant. Je fronçai les sourcils, me doutant alors qu'il s'agissait du fils de Leah, le plus grand. Lorsqu'il se releva et posa son regard sur moi je fus pris de court. Je fronçais les sourcils, le dévisageant durant plusieurs longues minutes. Putain, c'était quoi ce bordel ? Je n'eus pas le temps de me poser plus de questions, parce que je vis arriver Leah, toute sourire, toute joyeuse sans même se rendre compte de ma présence. « Lachlan, je t'ai déjà dis de laisser ta sœur tranquille. » Et là, c'était  comme un putain de coup de poing en pleine gueule. Puissance mille. Je la fixait, les sourcils froncés, la mine déconcerté et pleine de question, elle, qui s'était rendue compte que j'étais là, présent, en chair et en os juste sous ses yeux, le visage déconfit. Et moi, glacé comme du marbre.


Dernière édition par Bash Jacobson le Lun 24 Sep - 11:27, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: (leash) hey, I was doing just fine before I met you, I drink too much and that's an issue but I'm okay Sam 22 Sep - 19:08

LEASH You look as the good as the day I met you. I forget just why I left you, I was insane. Stay and play that Blink-182 song that we beat to death in Tuscon, okay. I know it breaks your heart moved to the city in a broke down car. And four years, no call. Now you're looking pretty in a hotel bar and I can't stop. No I can't stop. So baby pull me closer in the backseat of your Rover ››


HEY, I WAS DOING JUST FINE BEFORE I MET YOU,
I DRINK TOO MUCH AND THAT'S AN ISSUE BUT I'M OKAY


Elle y avait pensé toute la journée. Voire même tous les jours depuis deux semaines. Mais aujourd’hui était différent. Chaque seconde son cœur battait un peu plus. Chaque bruit la faisait presque sursauter. Et si c’était lui ? Et si tout à coup il apparaissait devant elle. Elle ne saurait comment réagir. Ignorée. Courtoise. Sans doute. Tout semblait si confus dans sa tête. Depuis leur dernière conversion à vrai dire. Ils n’y étaient pas allés de main morte. Fallait bien l’avouer. Chacun avait poussé l’autre dans ses retranchements. Chacun avait tout fait pour blesser quitte à s’égratigner aussi au passage. Cela avait été violent. C’était un fait. Elle ne pensait ne jamais le revoir. Clore enfin cette parenthèse de sa vie ouverte depuis bien trop longtemps. Mais rien. Toujours ce lien invisible qui les rapprochait parfois plus que de raison. Ce message, elle ne s’y était pas attendue. Elle avait mis une bonne dizaine de minutes avant de daigner trouver une bonne phrase, à ne pas dire des bêtises qu’elle pourrait regretter. Son ton avait été courtois, presque trop neutre. Elle l’avait suivi dans son jeu. Celui de l’ignorance presque. Sans doute qu’aucun des deux ne reviendrait sur la dernière conversation. Encore des non-dits qui enterraient un peu plus leur cœur à chacun. Comme la fameuse nuit où il était venu chez elle. Où elle l’avait consolé en silence. Ils n’en avaient jamais reparlé. Elle n’est même pas sûr qu’il en ait des souvenirs pour tout avouer. C’était sans doute mieux. Ne pas en parler, était un peu oublier. C’est tout ce qu’il fallait. Oublier. Mais c’était presque impossible en ce jour. Elle comptait presque les heures. L’horloge semblait presque la narguer de son piédestal. Pourtant, il était clair qu’elle n’avait pas pourtant le temps nécessaire dans sa journée à des bêtises comme ça. Même s’il était samedi, elle se devait de tenir la maison, les enfants tout en rédigeant alors son nouveau dossier pour son affaire en cours. Une vraie super woman. Parfois, elle comprend comment sa mère avait pu être épuisée par ces journées doubles. Si encore son copain était là. Ce dernier, médecin, faisait des gardes à n’en plus pouvoir ces temps-ci. Si celles de nuit étaient désagréables, Leah n’était pas si contente de celles de jour quand jamais il n’était à la maison ou presque. Sans doute le revers de la médaille. Elle soupira un instant, tapotant alors contre le papier la pointe de son stylo. Décidemment, cela ne voulait pas aujourd’hui. De temps en temps son regard se levait pour observer par la fenêtre ses deux enfants qui jouaient dans la petite allée devant, leurs rires parvenant jusqu’aux oreilles de Leah. Tout était contre elle à vrai dire aujourd’hui. Rien ne lui disait de travailler. Peut-être que demain serait un autre jour. Elle referma alors d’un coup sec son dossier et retira alors le stylo qu’elle avait coincé dans ses cheveux pour les tenir en un parfait chignon. Chose qu’elle faisait toujours lorsqu’elle travaillait. Ces derniers dégringolèrent le long de sa nuque en une cascade blonde. Elle passa une main sur son visage. La journée semblait passer d’une lenteur. Peut-être devait-elle arrêter de toujours trop penser. Peut-être qu’elle devait enfin laisser ses pensées noires sur le pas de la porte. Cela lui ferait tellement du bien. Son regard tomba sur ses enfants qui à présent s’étaient dirigés vers le garage ouvert. Généralement cela s’en suivait une partie de basket grâce au panier accroché au mur. Ou plutôt Lachlan portait sa petite sœur pour que cette dernière puisse mettre en riant un panier. Ah les enfants. Quelle innocence. Quel baume au cœur dans un sens. Même si son fils commençait à devenir adulte, Leah n’arrivait pas à se faire à cette idée. Hier encore, elle le voyait gambader, tel un petit Bambi flageolant, découvrant alors la vie. Que le temps passe vite. Beaucoup trop vite sur ces choses-là. Elle soupira un instant, fermant les yeux. Quelques minutes de répit ne seraient peut-être pas du luxe. C’était rare qu’elle ne fasse « rien ». Leah était toujours en action ici et là. C’était plus fort qu’elle, elle ne pouvait s’empêcher de faire quelque chose. Mais juste cinq minutes de répit n’étaient sans aucun doute pas du luxe de temps en temps. Pourtant à peine avait-elle pu avoir de telles pensées qu’une petite voix cristalline vint à ses oreilles. « MAAAAAMAAAAAAN » Hava. Evidemment. Pour une petite de trois ans, elle en avait de la voix. Leah se leva alors de sa chaise et se dirigea alors directement vers le garage. Qu’avaient-ils encore inventés ces deux-là ? Les enfants pouvaient être très imaginatifs. Pire encore, faire les quatre cent coups était parfois une seconde nature. Oui, il est vrai que certaines fois, Leah en devenait presque chèvre. Que voulez-vous. C’était ça être une maman. Elle arriva assez rapidement vers la petite allée centrale menant dehors. Son pas était léger. Presque joyeux. Ses enfants lui faisaient oublier tout le reste. Toutes les choses insignifiantes qui parfois pouvaient la tourmenter. C’était presque leurs pouvoirs magiques. « Lachlan, je t'ai déjà dit de laisser ta sœur tranquille. » dit-elle alors en posant le premier pas au dehors. Sa voix était calme, teintée de rire presque. Pourtant, son air si guilleret du jour fut vite éteint. Il était là. Il était venu finalement. Vu l’heure qui tournait, Leah avait fini par se dire qu’il s’était dégonflé. Heure fatale. Il était bien là. Bash était là. Elle ne l’avait pas vu. Elle aurait peut-être dû. Parce qu’elle la voit. Son expression. Ces sentiments qui passent sur son visage. L’incompréhension. La surprise surtout. Elle a parlé beaucoup trop vite. Lachlan. Il n’aurait quand même pas… Non. Elle se le refusait. Jamais elle n’aurait pensé que ce jour arriverait. Pour elle, elle aurait gardé l’identité du père de son fils presque jusqu’à sa tombe. C’était impossible qu’il l’apprenne. Pire encore, c’était elle qui avait fait la gaffe. Comme si par un coup du hasard, encore lui, elle avait lâché ce truc qui l’étranglait depuis des années. Peut-être un trop plein inconscient. Peut-être un j’en-ai-marre à peine conscient. Mais c’était sorti. Pourtant, elle le refusait catégoriquement. Elle ne s’était pas battue pendant des années rien qu’avec les membres de sa famille pour que Bash ne soit pas au courant. Après tout, elle avait bien ses raisons. Bash n’était pas le genre à être père. Il n’était pas le genre à avoir des enfants. Pas dans l’état où il était quand elle l’avait quittée il y a quinze ans. Instable. Au bord du gouffre. Cela n’avait presque pas changé aujourd’hui. Sans doute y était-elle néanmoins la responsable cette fois-ci qui sait ? Mais non. Pour elle, ce n’était pas possible. Pas maintenant. Pas comme ça. Jamais en fait. Leah tenta néanmoins de garder son expression neutre sur son visage. Un peu trop compliqué parfois. « Lachlan emmène plutôt ta petite sœur dans la maison pour jouer. » finit-elle par dire. L’intéressé sembla hésiter un instant. Pourtant Leah hoca doucement la tête comme pour l’encourager. Il finit alors par s’exécuter en prenant Hava dans ses bras et l’emmener alors loin de la prochaine conversation qui allait suivre. Après tout si sa fille n’était pas réellement en âge de comprendre, elle savait que son fils bien au contraire, n’aurait pas mis long feu à faire le lien. Et ça aussi elle le refusait. Leah décida de jouer la carte de l’indifférence, ou mieux encore de celle qui n’a rien remarqué ou presque. Parce qu’au final, elle a su se reprendre. Se faire un visage. Ou presque. Quelques secondes de silence se firent alors. Avant qu’elle n’ouvre à nouveau la bouche. « Je ne pensais pas que tu viendrais. » C’était vrai. Il aurait pu tout annuler. Ou bien tout repousser. Encore une fois. Pour éviter une autre confrontation. Ou une autre dispute. « Finalement du moins. » Ca l’aurait arrangé aussi à vrai dire qu’il ne le fasse pas. Mais non. Elle glissa alors ses mains dans les poches de son jean. Cela lui évitera de tordre ses propres doigts comme à chaque fois qu’elle était gênée. Surtout qu’elle savait ô combien Bash connaissait tout ça. Il semblait l’avoir prouvé la dernière fois. « Bon. Je suppose que je dois quelque chose à ton copain. T’as ramené la facture ou bien ? » Jouer la carte d’un autre sujet, c’est pas mal aussi. Détourner le topic initial. Cela lui donnait peut être une chance. Même si elle savait que de toute façon, Bash était bien trop buté pour ça. Encore pire qu’elle, et il en fallait déjà beaucoup. Mais, elle tenait bon. Elle l’a fait pendant quinze ans, ce n’est pas maintenant qu’elle allait abandonner. Elle n’était pas encore prête. Elle savait que cela allait mal se terminer. Comment cela pourrait-il autrement hein ? Mais qu’importe. Leah n’était pas de ce genre à se laisser abattre. Les épreuves cela la connaissait. Il n’avait qu’à lui rendre les clefs de sa voiture. Que peut être elle lui tende un chèque ou elle ne savait quoi. Et il repartirait pour ne plus jamais revenir dans sa vie. C’est comme ça qu’elle avait vu le truc. Sauf qu’à présent l’avenir venait de se flouter. Pire encore, elle sentait les prémices d’une conversation dont elle n’aurait jamais voulu. Elle finit par croiser les bras sur sa poitrine. Presque défensive. Elle attendait le retour de bâton. Le revers de la médaille qui faisait si mal.
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MessageSujet: Re: (leash) hey, I was doing just fine before I met you, I drink too much and that's an issue but I'm okay Lun 24 Sep - 23:11


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Étais-ce le destin qui nous jouait des tours ou bien tout simplement le karma qui reprenait son droit? Putain dans les deux cas, c'était tout bonnement une grosse merde. Je n'arrivais pas à mettre définitivement un trait sur cette histoire détruite du passé. Depuis le jour où j'avais débarqué chez ses parents, tambourinant comme un homme des cavernes sur le porte tout en criant son prénom jusqu'au moment où son frère m'avait appris la nouvelle de son départ précipitée à New-York, j'avais tenté de l'oublier. De littéralement l'effacer de ma mémoire, de ma tête, de la rayer de ma vie. En vain. Malgré les efforts inconsidérables pour y parvenir. Elle errait toujours dans mon esprit, comme un fantôme qui ne voulait pas s'évaporer dans le temps. Comme si une partie d'elle s'accrochait à moi ou moi qui s'accrochait à elle. Inévitablement. Cela avait été encore pire lorsque j'avais croisé son regard à nouveau, devant cet arbre, éloigné du reste du monde, dans ce lieu que je connaissais par cœur puisque je m'y rendais tous les jours et que sa maman venait à son tour de rejoindre, de faire son entrée. Lorsqu'elle s'était approchée de moi. Lorsqu'elle m'avait adressé la parole alors qu'à cet instant précis je n'avais rêvé que de pouvoir poser mes lèvres sur les siennes ou ne serait-ce que de lui toucher la peau alors qu'au contraire de tout ces scénarios, j'avais été acerbe et malhonnête. Juste pour me protéger. Juste parce qu'elle devait croire que je ressentais toujours une rancœur envers elle, ce sentiment si tenace, si puissant, si destructible qui nous faisait commettre parfois nombres d'erreur. Je voulais juste lui faire croire que je ne l'aimais plus mais surtout qu'elle m'était totalement indifférente et que j'étais passé à autre chose. Bien que tout cela soit totalement faux. Mais elle n'était pas censé le savoir, surtout l'apprendre. Plus j'étais hautain et condescendent avec elle et plus elle le serait à son tour et moins mes sentiments à son égard se feront voir. Il fallait impérativement qu'elle ne sache pas tout ce que j'éprouvais pour elle, encore à ce jour. Parce que, amoureux, je l'étais décidément toujours. Même le plus idiot des Hommes le serait. Je n'avais jamais cessé de l'aimer depuis toutes ces années. Mais sa fuite, son abandon et sa lâcheté étaient encore bien trop présentes au fond de mon esprit pour que je puisse pardonner tout cela. Me montrer méprisant et outrageux me permettait de ne pas lui montrer tous les autres côtés. Et ce serait sans doute un jeu sans fin. Aucun de nous deux ne laissera tomber. J'avais bien trop de fierté en moi, comme elle en avait également. C'était pour toutes ces raisons-là que lorsque nous étions adolescents, nos disputes s'éternisaient dans le temps, elles étaient fortes et violentes mais quand l'amour reprenait le dessus et montrer le bout de son nez, cela nous amenaient à des retrouvailles exceptionnelles et des excuses en tout genre. Des je t'aime à tue-tête et des journées enroulés l'un autour de l'autre. C'était un amour explosif. Une bombe à retardement. Qui avait finalement fini par nous péter à la gueule. Un peu trop rapidement à mon goût. Un peu trop vivement et intensément aussi. Mais que l'on n'aurait pu arrêter. La goupille avait été retiré. Pas de machines en arrière. Juste des bouts de nos deux cœurs éparpillés sur le sol, impossible à recollés. Nous étions des âmes bien trop brisées et bien trop détruites. Peut-être l'étions-nous encore à l'heure d'aujourd'hui. Peut-être bien que oui, le destin aimait jouer avec nous. Comme il avait toujours aimé le faire, même quinze années auparavant. Peut-être qu'il aimait seulement voir deux cœurs éclatés en lambeaux se réunir à nouveau. Mais je restais toujours dans l'optique que c'était un destin merdique. Je n'avais pas besoin de toute cette mélasse dans ma vie. J'étais assez torturé et meurtri pour venir en rajouter une couche avec elle. Ce petit bout de femme tant aimée. Tant désirée. Tant détestée. Mais voilà que depuis deux semaines, je ne parvenais pas à ne pas penser à elle. Son visage tourné inlassablement dans ma tête. Je n'avais souhaité gardé que les bons moments avant que tout finisse par dégénèrer. La revoyant se triturer les doigts de gêne, éviter mon regard ou remarquant la façon dont elle se mordillait sa lèvre. Le reste, les cris, les gestes, les reproches se terraient dans un coin de ma tête, tentant vainement de se faire une place parmi les nombreux autres oublis. Même si c'était difficile. Dés l'instant où mes yeux étaient clos, Leah m'apparaissait. Comme un songe. Un mirage. C'était tellement soudain que je me réveillais en sueur la nuit et incapable de retrouver le sommeil. Mes nuits étaient déjà courtes, mais depuis ce temps-là, elles étaient devenues blanches. Et puisqu'il m'était impossible de dormir à nouveau, je me rendais dans le garage de Adam, là où je n'avais cessé de bricoler sur sa voiture et ceux durant cette quinzaine de jours. J'avais fait en sorte d'être le seul à la réparer. Je lui omettrais le fait que tout avait été fait par mes soins, ne voulant surtout pas qu'elle soit au courant de la vérité. je lui stipulerai que toutes les réparations avaient été faites par Adam, celui dont le métier était mécanicien, de base. Je ne savais toujours pas pourquoi j'avais pris la décision de lui déposer moi-même sa voiture, surtout après ce qu'il s'était passé dernièrement avec elle. Mais après l'avoir contacté aux travers d'un ou deux messages, je me retrouvais devant chez elle, véhicule garée devant le garage grand ouvert et Adam, m'attendant plusieurs maisons plus loin. Je ne savais absolument pas à quoi m'attendre en arrivant là-bas. L'apercevoir heureuse de me voir? Bien sûr que non. L'apercevoir accompagnée de son cher et tendre? Encore moins, plutôt vomir mes tripes. Ou bien apercevoir sa fille, courant et criant alors qu'un garçon l'a pourchassé. Hava, s'était mise à crier après Leah, quand ce dernier releva son regard pour le poser dans le mien. Ce fut comme un électrochoc. Un coup en plein cœur. Avec des questions pleins la tête. Davantage lorsque je l'entendis, elle, l'appelait lui par ce prénom que je n'avais plus entendu depuis des années. Que je n'espérais plus entendre du tout. Je ne voyais ce prénom inscrit que sur une pierre tombale à présent. Je lâcha une sorte de rire étranglé sans jamais quitter Leah du regard. Un regard plein d'incompréhension. Plein de doute. Elle répéta alors son prénom, l'incitant à rentrer dans leur maison en emportant sa sœur. Je vis Lachlan regardait sa mère et lui parler par un simple regard silencieux s'il pouvait vraiment la laisser seule avec un inconnu. Avec moi. Ce à quoi elle ne répondit qu'un discret signe de tête que j'avais pourtant aperçu. Je le vis s'éloigner, en se retournant une dernière fois pour m'observer. Je laissa mon regard plusieurs secondes à l'endroit où ils avaient disparu avant de le reporter vers elle. Elle me surpris plus que de raison quand elle se mis à agir comme s'il n'y avait rien d'étrange à tout ce qu'il venait de se passer. Je fronçai les sourcils, mes pieds étaient ancrés sur le sol, j'étais tétanisé, incapable de bouger quand elle ouvrit la bouche pour expliquer qu'elle n'aurait pas cru que je serais venu. Je resta silencieux un long moment, ne cessant jamais de quitter son regard. Un regard qu'elle ne m'accordait pas. Elle le fuyait. Elle le posait partout autour d'elle hormis sur moi.  « Je suis là. » Étaient les seuls mots qui voulurent bien sortir de ma bouche. Ma voix étaient sans ton. Neutre. Indomptable. Je secouai vivement la tête, essayant de reprendre contenance. Avec énormément de difficulté. Petit à petit je parvenais à bouger les pieds. Qui m'amenèrent doucement vers elle. Le visage se crispant, les sourcils toujours froncés. La bouche pincée. Elle agissait réellement comme si de rien était. Comme si elle n'avait pas appelé son fils, devant moi, comme mon père. Pourquoi? Quel intérêt? Quel but? Merde c'était quoi cette histoire de fou encore? Elle croyait réellement que j'allais en rester là? Je pencha la tête sur le côté en soupirant doucement, glissant une main au travers de mes cheveux déjà bien emmêlés à cause du vent. « Tiens. » Je n'arrivais qu'à parler par simple monosyllabes. Lui tendant par la même occasion la facture, pliée dans la poche arrière de mon jean, tout en lui rendant ses clef de voiture. J'attendais quelques instants pour voir si elle allait se mettre à parler de ce qui s'était déroulé. Mais elle n'en fit rien. Pas un mot. Pas une parole. Un silence total. Je regardai autour de moi, un sourire idiot sur les lèvres, un sourire qui reflétait mon exaspération. Je commençais à péter de nouveau un plomb dans ma tête. À croire qu'elle ne parvenait qu'à me faire sortir de mes gonds. Quand quelque chose n'allait pas dans mon sens cela ne me plaisait pas et lorsque quelque chose ne me plaisait pas je faisais en sorte d'arranger la chose. Ici, je finirais par avoir les réponses à mes questions. J'étais prêt à tout. Dans le sang et dans les larmes. « T'as pas quelque chose à me dire? » J'avais ce ton méprisant qui était revenu. Ce ton acerbe que j'employais souvent avec elle. Parce que l'aigreur était toujours plus forte que le reste. « Lachlan hm? Tu te fous de ma gueule ? » Je riais, amusé, pour de faux bien sûr. Elle avait tout intérêt à m'expliquer si elle ne voulait pas que je pète un scandale dans son si beau quartier. « Putain Leah t'as deux secondes pour... Putain de merde !!! » Je n'avais aucune retenue. Dans ma tête tout se mettait à tourner. Je revoyais Lachlan m'observer. Je voyais ses yeux, couleurs bleus. Son visage fort et enjôleur. Ses traits... similaires... aux miens. Ce n'était pas possible. je délirais complètement. « Dis-moi que je rêve, t'as pas fait ça??? » J'étais tout proche d'elle, à seulement quelques centimètres. Je ne cessai de la regarder droit dans les yeux, attendant comme un impatient qu'elle daigne me répondre.
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MessageSujet: Re: (leash) hey, I was doing just fine before I met you, I drink too much and that's an issue but I'm okay Mer 26 Sep - 1:11

LEASH You look as the good as the day I met you. I forget just why I left you, I was insane. Stay and play that Blink-182 song that we beat to death in Tuscon, okay. I know it breaks your heart moved to the city in a broke down car. And four years, no call. Now you're looking pretty in a hotel bar and I can't stop. No I can't stop. So baby pull me closer in the backseat of your Rover ››


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I DRINK TOO MUCH AND THAT'S AN ISSUE BUT I'M OKAY


Mai 2003
« Tu me manques, Tim. Tout est si différent ici. » L’adolescente soupira un instant. Tout semblait si étrange depuis ces derniers mois. Son arrivée à New York. Sa nouvelle vie. Les changements qui accompagnaient le tout. Sa famille lui manquait vraiment. C’était sans doute la première fois qu’elle quittait complètement cette dernière aussi longtemps. Surtout son frère, celui-là même avec qui elle avait fait les quatre cent coups et qu’elle adorait. Mais oui, tout était différent aujourd’hui. Si calme. Si loin. Trop. « Alors, reviens. » Ce n’était pas une supplique. Une demande un peu trop forcée. Mais simplement une phrase automatique. Celle qui vient directement du cœur. Elle ferma un instant les yeux, le combiné encore à l’oreille. Que pouvait-elle répondre à ça hein ? C’était tellement compliqué dans sa tête. Ou bien trop clair en fait. Les raisons étaient bien trop claires et trop encombrantes. « Tu sais très bien que je ne peux pas. Ma vie est ici maintenant, à New-York. J’avais besoin de partir, tu le sais et en soi, à part la famille, rien ne me retenait à L.A. » Non rien. Pas concrètement du moins. Non. Elle ne devait pas y penser. Ne pas ouvrir le tiroir qu’elle avait bloqué des semaines auparavant. Celui qui la hantait des mois. Celui qui, quoi qu’elle fasse, ne la quitte jamais. Damn it. Lui. Même penser son prénom lui donnait des frissons presque incontrôlables. Non, il ne fallait pas y penser pour enfin guérir. Pour se détacher et vivre. Enfin. « C’est ce que tu veux croire, Leah. » Bien sûr que son frère savait. Bien sûr que son frère avait passé des semaines à tenter de la raisonner même s’il acceptait son choix, ne comprenant pas pourquoi. Après tout, c’était son meilleur ami. Mais elle était sa sœur. Sa petite sœur. Jamais il n’avait voulu se mêler de leurs affaires. Il l’avait toujours dit. Mais cette fois-ci il n’hésita pas. Il tenta au moins une fois. Peut-être pour la faire réagir. Peut-être pour qu’elle prenne conscience de sa décision. « Arrête… » Finit-elle par dire alors. C’est tout ce qu’elle avait en stock. Elle n’avait pas envie d’entendre ce qu’il avait à dire. Elle n’avait pas envie de savoir. Tout ça, était du passé à présent. Elle devait avancer, ne plus pensait à ce qu’elle avait laissé derrière elle. Tout simplement. C’était plus facile à dire qu’à faire. « Ecoute, si tu ne veux pas revenir, c’est ton droit. Tante May est ravie de t’accueillir. Mais appelle-le au moins. Il devient fou sans toi. Littéralement. » Ce n’était pas le genre d’informations dont elle avait besoin aussi. Bien au contraire. Parce qu’elle aussi, elle a failli devenir folle comme il dit. Elle avait passé des semaines à essayer. A tenter de le ramener vers elle. De lui faire comprendre qu’il n’avait pas tout perdu. Qu’elle était là, qu’elle l’aurait soutenu. Mais à chaque fois, elle ne s’était heurtée qu’à un mur. Et ça faisait si mal. Elle avait fini par jeter l’éponge. C’était peut-être lâche. Totalement égoïste aussi. Mais elle n’avait pas eu le choix. Ce n’était plus une vie. A s’enfoncer dans sa propre tourmente, il en avait oublié le reste : les proches qui étaient là pour lui. Tout avait explosé autour de lui et elle n’avait pas été forte pour rassembler les morceaux pour lui. Elle avait essayé, certes. Mais cela avait été une tâche bien trop ardue pour ses frêles épaules. Alors elle avait fini par abandonner le navire et ne plus jamais revenir. Changer de vie et laisser tout ça derrière elle. Pour vivre enfin. Pour ne plus être ce fantôme qu’il ne voyait même plus. Elle pensait que ça aurait pu l’aider. Peut-être dans un espoir désespéré. Mais apparemment ce n’était pas le cas. Mais le temps apaise tout. C’est ce qu’on dit toujours. Leah baissa à nouveau les yeux sur ses genoux, ceux-ci étant légèrement relevés sur son lit. Une de ses mains se met à jouer avec un bout de drap tandis qu’elle s’agrippe un peu plus au téléphone. « Je… Je ne peux pas, Tim. Tout mais pas ça. » Dit-elle alors dans un souffle. « Parle-lui au moins. Il faut que tu lui dises. » Sa voix était calme, elle ne ressentit aucun empressement dedans. Mais cela lui suffit quand même à ce que son cœur se serre. Sa main se crispa sur le drap vert. « N-Non. Pas maintenant, pas comme ça. » Elle secoua alors la tête plus vigoureusement même si son frère ne pouvait la voir. Mais il pouvait le sentir à sa voix. Elle en était presque paniquée. Comment pourrait-elle lui dire ? Comment pourrait-elle lui parler après tout ce qu’il s’était passé ? Ou plutôt après tout ce qu’elle avait fait ? C’était impensable. Elle ne se voyait pas le faire. Pire encore, selon elle, c’était une mauvaise idée. Si elle n’était pas prête à affronter tout cela, elle savait qu’il l’était encore moins. Elle, elle n’avait pas le choix. Au moins, elle ne voulait lui imposer ça. Surtout pas maintenant. Ce n’était pas le bon moment. Oh que non. Un long silence suivit ses paroles. Cherchait-il ses mots pour la convaincre ? Peut-être. Pourtant les paroles qui suivirent la surprirent presque. « Comme tu veux, petite sœur. Mais n’attends pas trop. Tu pourrais le regretter. » Elle ne répondit pas. Parce qu’elle savait qu’au fond, il avait sans doute raison. Mais à quoi bon ? Elle n’y arrivait tout simplement pas. C’était bien plus fort qu’elle. Un autre silence se fit. « Bon allez, je dois y aller. On se voit dans quelques mois d’accord. J’essayerais de faire un détour par la grosse pomme durant ma perm’. Qu’est-ce que je ne ferais pas pour toi hein, Leah. Allez, prends soin de toi, microbe. » L’utilisation de son surnom la fit sourire presque malgré elle. Tim avait toujours eu cette facilité à lui rendre le sourire presque malgré elle. Après tout, la connaissait-il presque par cœur. « T’as intérêt à revenir en vie hein. » C’était leur rituel à chaque appel presque. Après tout, vu le métier de militaire de son frère, Leah était morte de peur pour lui à chaque instant presque, comme toute la famille à vrai dire. Mais dans un sens, c’est vrai qu’elle l’admirait. Servir son pays, sauver des vies. Elle l’admirait pour ça, oh que oui. Mais le risque du métier était si grand. A chaque instant tout pouvait changer et ça la terrorisait presque. En retour, son frère éclata de rire avant d’enfin raccrocher. Il était tard il faut dire. Avec les quatre heures de décalage horaire, c’était presque sûr. Elle balança alors son téléphone portable un peu plus loin sur son lit, s’allongeant alors. Leah soupira un instant avant de passer une main sur son visage. Il ne manquait plus que ça. Les paroles de son frère résonnaient encore en elle. Il faut que tu lui dises. […] Tu pourrais le regretter. Peut-être. Sans doute. Dans le fond, il avait raison. Dans le fond, son frère était la voix de la sagesse. Aussi surprenant que cela puisse paraître. Mais comment pourrait-elle lui annoncer ? Comment pourrait-elle gérer ce genre de situation ? C’était impossible. Si elle-même n’arrivait pas à tout contrôler, qu’en serait-il de lui. Il était incapable de s’occuper de lui-même. Alors d’un bébé… C’était une autre histoire qu’elle n’avait pas envie de lui imposer. Quelle serait sa réaction hein ? Elle n’osait y penser. Instinctivement, elle posa alors sa main sur la bosse arrondie de son ventre. Elle ne pouvait plus le cacher à présent. A présent, c’était presque ce qui la définissait. Elle ne voyait que trop bien les regards qu’on lui jetait dans la rue ou encore lorsqu’elle se rendait en cours. Des jugements, des accusations. Surtout à cause de son âge. Dix-sept ans et demi, ce n’est pas énorme. Surtout quand on est enceinte. Elle soupira avant de se redresser un tant soit peu sur ses coudes. Son regard se posa alors sur son portable qu’elle avait balancé un peu plus loin sur son lit. Elle ferma les yeux un instant. Juste quelques secondes à peine. Shit. D’un geste un peu précipité et surtout plus impulsif qu’autre chose, elle se pencha comme elle put pour attraper son téléphone portable. Elle prit une grande inspiration. Très bien. C’était maintenant ou jamais. Avant qu’elle ne perde cette adrénaline. Avant qu’elle ne perde tous ses moyens. Presque fébrilement elle composa ce numéro qu’elle connaissait absolument par cœur. Malgré les mois écoulés, c’est comme s’ils s’étaient gravés à jamais dans sa mémoire. Au contraire d’elle. Après tout, si elle avait changé de vie en s’installant à New York, elle avait changé aussi de numéro. Pour totalement effacer. Pour totalement oublier. Mais ça semblait si compliqué. Rien que cette série de chiffres refusait de quitter son esprit. Comment pourrait-elle lutter contre ce si grand fantôme hein ? Impossible. Son cœur s’arrêta un peu plus à chaque nouvelle sonnerie qu’elle entendait. Dans un sens, elle espérait qu’il ne réponde pas, qu’il ne se trouve pas là ou mieux encore qu’il ait perdu son portable elle ne savait où. Peut-être avait-il fini par le balancer dans l’eau avec les maigres affaires qu’elle avait laissé chez lui par exemple. Tout était possible avec Bash. Surtout vu l’état où elle l’avait laissé. Epuisé, désespéré et irrécupérable -malheureusement-. Comme pour se tranquilliser, elle caressait doucement son ventre tentant de calmer les mouvements du bébé, sentant peut-être sa propre anxiété, et évidemment, son propre cœur par la même occasion. Pourtant, est-ce de la chance ou le malheur qui s’acharnait, mais au bout de la quatrième -Leah avait compté- sonnerie, il finit par décrocher. « Allô ? » Sa voix. Elle aurait pu la reconnaître entre tous. Cela avait beau faire des mois qu’elle ne l’avait pas entendue.  Elle n’avait pas changé. Si rauque, si pleine. Si lui en fait. Tout simplement. Elle ouvrit alors la bouche pour parler. « … » Mais aucun son ne put franchir ses lèvres. Ses cordes vocales étaient comme paralysées. C’était impossible pour elle. Pourquoi s’était-elle mise à faire ça ? A cause de son frère. Immédiatement, elle regrettait son geste. Seules quelques larmes réussirent à monter jusqu’à ses yeux. Bah tiens, il ne manquait plus que ça. Elle se sentait terriblement pathétique comme ça : assise sur son lit en indienne, au téléphone sans pouvoir prononcer un mot mais les yeux inondés. Un tableau terriblement pathétique oui. Seule sa main se crispa alors légèrement sur son ventre. Non, elle ne pouvait pas faire ça. C’était trop pour elle. Quelques secondes de silence furent supplémentaires avant qu’elle n’entende au bout du fil un « Allô ? C’est une blague ou bien ? » Il s’agaçait. Elle le sentait dans sa voix. C’est pour ça qu’elle raccrocha immédiatement. Elle ne pouvait en entendre plus. Lui raccrocher au nez était la seule chose qu’elle pouvait faire. Son téléphone traversa alors la pièce tandis qu’elle s’enfonçait un peu plus dans ses draps, totalement épuisée. Leah laissait à présent les larmes couler à flot. A quoi bon les retenir. Trop c’était trop. Tout ça n’était qu’une terrible mauvaise idée. Rien que le son de sa voix avait fait tout remonter. Tout ce que Leah s’était évertuée à enfuir des mois plus tôt refaisait surface comme une gifle en pleine figure. Et son cœur… Oh cela faisait longtemps qu’elle n’en avait plus. Envolé, piétiné et meurtri jusqu’à la moelle. Elle ne pouvait en tirer quelque chose si ce n’est de la souffrance et des larmes. Au fond, tout ce qu’elle voulait était totalement impossible. Qu’est-ce qu’il lui manquait bordel. C’était plus fort qu’elle. Malgré tout, elle n’arrivait pas à passer outre, à avancer. C’était trop compliqué. Trop dur. Insurmontable.

Présent
Elle avait vraiment essayé. Essayé de lui en parler. De faire enfin éclater la vérité en plein jour. Mais ça avait été si dur qu’elle n’en avait trouvé la force d’aller jusqu’au bout. Tout était de sa faute au final. C’était elle qui était partie, c’était elle qui lui avait caché sa paternité. Il avait tous les droits d’être en colère contre elle. Oh que oui. Finalement, c’était bien elle la méchante de l’histoire. Celle qui brise des cœurs, quitte à briser le sien avec. Elle n’avait plus d’excuses finalement. Elle s’était cachée derrière des raisons bancales, des subterfuges qui tenaient à peine debout. Tout semblait si insignifiant. Tout semblait si clair mais si confus à la fois. A présent, elle payait les conséquences de ses actes. Même quinze ans après, ça faisait un mal de chien. Après tout, Bash n’était pas du tout en reste. Oh que non. Bien au contraire. Rien que son expression en disait long sur ses pensées les plus profondes. Il ne comprenait. Il était surpris voire choqué. Leah, elle ne disait rien. Elle préférait ignorer ce qui allait suivre. Peut être pour les conserver quelques minutes de plus. Pour perpétrer quelques minutes de plus cette image enfin apaisée d’eux. A peine. Peut-être n’avait-elle toujours pas cette force. Cette puissance qui allait la faire survivre à tout ce qui allait suivre. Ou peut-être ne voulait-elle pas la puiser quoi qu’il arrive. Les mots allaient partir. Les expressions allaient s’envoler. Et eux, ils allaient encore s’enfoncer. Elle était fatiguée de tout ça. Pourquoi chacun ne vit-il pas sa vie de son côté. Pourquoi fallait-il ramener toujours les mêmes problèmes sur le tapis. Cela en devenait usant. Il faut dire aussi que quinze ans de secret, ça épuise. Ça détruit totalement les dernières forces. Alors au final, c’est peut-être son salut à Leah. C’est peut-être ce qui la sauvera un peu. A peine. Parce qu’un fois la grenade dégoupillée, elle allait totalement tout ravager. Eux avec. Elle ne voulait pas imposer ça à son fils. Elle n’avait jamais voulu ça. Si au départ, elle refusait pour l’instabilité de Bash. A présent, elle refusait pour la stabilité de leur fils. Tout n’était que subtilité. Mais ça n’enlevait rien. Elle était la fautive. Le regard de Bash en disait assez sur ce sujet. Parce qu’il ne rentra pas dans son petit jeu. Ou presque. Parce qu’il lui tendit ses clefs et la fameuse facture. Juste quelques mots balancés à peine. Quelques syllabes qu’il eut du mal à articuler pour elle. Pire encore fut les quelques secondes plus tard. Son visage changea à nouveau. Il tanguait entre le rire et la folie. Entre la rage et le fou rire. Leah ne connaissait ça que trop bien. Il avait fait la même la dernière fois qu’ils s’étaient croisés. Pire encore, cela remontait à quinze ans la vraie dernière fois où elle l’avait vu sur son visage, lors du décès de son père. Il faisait toujours ça quand la situation lui échappait et qu’il perdait tout contrôle sur tout. C’était totalement ça là. Leah ne pouvait décemment pas lui annoncer sa paternité. C’était exclu voire même complétement fou. Tout simplement parce qu’il allait devenir complètement fou. Son cœur s’accéléra un peu plus en entendant la suite. Quelle idiote. Le prénom disait tout de lui-même. Elle aurait dû être plus intelligente. Elle savait qu’il venait. Elle savait qu’il pouvait venir n’importe quand. Mais non. Pendant un moment de liesse, elle avait oublié. Elle n’était qu’une mère avec ses deux enfants qui se chamaillent. Une mère normale en somme. Et putain que ça faisait du bien. De ne pas penser à lui pendant quelques minutes. De ne pas être hantée par son fantôme à chaque instant. Mais elle paye le prix à présent. Son mensonge par omission éclatait au grand jour sans qu’elle ne pense pouvoir réparer quoi que ce soit après l’explosion. Elle aussi perdait le contrôle. La situation basculait dans l’irréel, dans la probabilité qu’elle avait toujours refusée finalement. Et ça lui faisait tellement peur. « Je ne… » Commença-t-elle alors. Seulement Bash était bien trop dans son idée pour l’écouter. Il était totalement enragé. Le sauvage chien fou était de retour. Quoi qu’elle fasse ou dise, il ne l’écouterait pas. Elle le laissa alors parler, l’accusait et pire encore se rapprochait d’elle. Son cœur s’arrêta un instant. Encore cette proximité. Encore ce presque contact jamais établi pour finir. Mais elle n’en fit guère rien. C’était le cadet de ses soucis. Si la rage consumait totalement l’âme de Bash, le feu commençait peu à peu à la grignoter elle aussi. Petit à petit, son visage rougit de colère. Elle avait beau être petite, elle aussi savait donner de la voix quand elle le souhaitait. Elle n’allait pas se laisser faire. Pas encore cette fois-ci. Si elle avait tenu quinze ans, elle n’était pas en reste de force. Ou presque. « Que je n’ai pas fait quoi hein ? Dis-moi Bash ! Que je n’ai pas fait quoi ? » Elle en avait marre des accusations. Elle en avait marre des reproches. Pourtant, cette fois-ci, elle était la seule fautive dans l’histoire. La seule qui valait le coup d’être blâmée. Après tout, Bash n’était que la victime dans l’histoire. C’était elle qui l’avait privé de sa paternité. C’était elle qui avait tout fait voler en éclat. Il n’allait pas lui pardonner en un claquement de doigt. Elle avait beau avoir été cette adolescente de dix-sept ans complètement perdue et détruite il y a quinze ans, elle n’avait aucune excuse à présent. Elle avait eu toutes ces années pour lui avouer. Mais devant la dureté de la tâche, peut-être avait-elle attendu qu’il le découvre lui-même. Au fond elle savait qu’un jour ou l’autre il l’aurait découvert. Elle ne pouvait pas passer indéfiniment à travers les mailles du filet. Bien au contraire. « Que veux-tu que je te dise ? » Répéta-t-elle, le ton tout aussi accusateur. Elle se fichait pas mal que les voisins courent à leur fenêtre pour écouter leur conversation. C’était le cadet de ses soucis. Si Leah était une femme parfaite des beaux quartiers, elle avait toujours ce feu des quartiers moyens où elle avait grandi. Qu’ils parlent, qu’ils fassent passer les rumeurs, elle s’en fichait pas mal. Tout ce qui lui importait à vrai dire était ses deux enfants et son petit ami, qui heureusement travailler à cette heure-ci. Le raffut du quartier n’était que secondaire à vrai dire à ce moment-là. « Tu veux que je te dise que si j’ai appelé mon fils comme ton père, c’est parce que t’es son père c’est ça ? » La colère fait parfois dire des choses insensées. Ou mieux encore, fait ressortir la vérité. C’est ce qui était en train de se passer. Sans qu’elle ne puisse contrôler cette rage ardente, Leah commençait à perdre patience et pire encore à lâcher ses mots. Il voulait des réponses ? Très bien. Finalement, peut-être que le temps était venu. Peut-être qu’il fallait qu’elle le lâche le morceau qu’elle refusait de laisser. D’enfin être libre pour une fois. Totalement. De toute façon, elle n’avait plus le temps de penser réellement. Les mots venaient plus rapidement que ses propres pensées. Tout allait si vite. Peut-être trop. « Tu veux que je te dise que t’as un fils qui a à présent seize ans ? » La dernière bombe était lâchée. Les mots étaient des coups acérés. Tant pour elle que pour lui. Elle attendait à présent le retour de flamme. Celui si ardent qui ravage tout sur son passage. Pourtant, jamais elle n’affirma. Jamais elle ne dit : C’est ton fils. Tu es son père. Jamais. Que des questions qu’elle laissait en suspens. Sans doute pour voir déjà comment il allait réagir à cette information. Comment allait-il le prendre ? Sans doute très mal vu déjà ses questions accusatrices et pleines de rage. Mais elle n’était pas en reste la petite Leah. Elle savait très bien l’affronter. Elle l’avait prouvé quinze jours plus tôt. S’il savait hurler, elle en était capable aussi. C’est toujours ce qui les avait caractérisés de toute façon. Même lorsqu’ils étaient ensemble. Trop de passion, ça finissait toujours en trop de disputes. Des disputes où chacun restait sur ses positions jusqu’à ce que l’amour l’emporte sur l’oreiller. Leur famille en avait été témoin. Leurs altercations étaient souvent violentes. Les cris résonnaient dans la maison et il était rare qu’un des deux ne claque pas la porte à la figure de l’autre. Mais ils marchaient comme ça, cela avait toujours été leur mode de fonctionnement. Aujourd’hui ne serait donc pas exceptionnel dans un sens. Même si jamais les retrouvailles ne seraient comme avant. Passionnelles. Non. « C’est vraiment ça que tu veux savoir, Bash hein ? » Sa voix se brisa sur les quelques mots. Parce qu’elle en avait marre de tout ça. Parce que c’était la goutte d’eau qui faisait déborder le vase. Pourtant, elle tenait bon. Elle en avait du caractère c’était bien connu. Mais trop c’était trop. Même pour une personne comme elle. Tout le monde avait son point de rupture un jour ou l’autre. Leah semblait l’avoir atteint avec Bash. Mais elle ne se laissait pas démonter. Elle n’allait pas lui donner ce plaisir-là. Oh que non. Ça serait trop simple de la détruire ensuite pour lui avoir balancer et cacher ça durant cinq ans. C’est dans ces moments-là que son frère, Tim, lui manquait le plus. Lui, il aurait su quoi faire. Il aurait su calmer le jeu entre eux voire même poser les choses calmement sans que l’un des deux ne partent en sucette totale comme c’était le cas à présent. Finalement, Tim avait raison. A présent, elle regrettait de ne pas avoir crever cet abcès plus tôt. Elle regrettait d’avoir été égoïste. Mais que pouvait-elle faire hein ? elle avait toujours pensé au bien être de son fils avant tout. Elle avait toujours jugé que cela n’aurait été bon pour personne. Mais peut-être s’était-elle trompée à présent. Peut-être qu’elle aurait dû… Avec des si, elle pouvait refaire le monde. Ce qui était fait était fait. Mais il est vrai que la personne de son frère n’aurait pas été de trop pour arbitrer les deux fous qu’ils étaient devenus. Encore une fois.
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MessageSujet: Re: (leash) hey, I was doing just fine before I met you, I drink too much and that's an issue but I'm okay Sam 29 Sep - 17:30


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{ Hey, I was doing just fine before I met you, I drink too much and that's an issue but I'm okay }
crédit/ psychotic bitch ✰ w/leah sweeney

C'était le calme plat dans ma vie depuis bons nombres d'années déjà. Rien de bien extraordinaire ne s'était déroulé. C'était une routine habituelle depuis ma retraite anticipée des forces spéciales, depuis mes nombreuses heures de thérapie à la suite du stress post-traumatique presque courant des soldats du front. J'avais repris un travail que j'affectionnais tout particulièrement, où j'avais rapidement fait ma place et qui me prenait le plus clair de mon temps. J'étais bien dans mes baskets, bien dans ma tête et bien dans mon corps. Il me manquait sans doute quelque chose. Peut-être quelqu'un. Mais j'étais bien trop fier pour l'admettre. Ne serait-ce que dans ma tête. C'était en totale contradiction avec le moi d'avant. Celui d'après son départ. Celui où j'étais devenu une épave. Je m'étais plongé dans une abîme, un gouffre tellement profond qu'il m'arrivait régulièrement de ne plus savoir quel était mon propre prénom. Je devenais littéralement dingue sans elle, sans lui aussi. Ce putain de père qui m'avait gâché la moitié  de ma vie et qu'il continuait de gâcher même après sa mort.  Je passais mes soirées à me noyer dans l'alcool et la drogue, et à baiser toutes les personnes dont les attribues étaient féminines. Les jetant comme de vulgaires déchets, sans même me dégoûter. Pourtant j'avais su remonté la pente grâce à Tim. Comble de l'ironie lorsque l'on savait qu'il s'agissait de son propre frère. Le fait que nous nous ayons engagés tout deux dans l'Armée m'avait permis de, non pas passer à autre chose, mais de l'oublier. De mettre son visage, son sourire, son regard de côté. Le côté dépravé étaient donc révolu depuis longtemps. J'avais tirer un trait sur elle. Je me persuadais que c'était le cas, j'avais besoin de penser ainsi. Malgré tout je me permettais de recouvrir à de vieux souvenirs lorsqu'il m'arrivait de me retrouver dans un endroit où nous avions été tous les deux. Et des endroits, il y en avait tellement. Mais généralement j'évitais de fréquenter les mêmes lieux. Surtout cette colline, en dehors de Los Angeles, où je l'emmenais souvent après les cours et où nous restions plusieurs heures d'affilées dans les bras l'un de l'autre. Après le décès de Tim, j'avais réussi à me relever sans sombrer. Peut-être parce que j'étais plus mature, plus raisonnable aussi. Devenir soldat et surtout sniper m'avait entièrement rendu différent. Je m'étais endurci. Refermant mes émotions, mes sentiments à l'intérieur de moi. Comme une huître avec sa perle. Peu de gens me reconnaissait lorsque je rentrais de permission. Ma mère et ma sœur étaient toutes deux bluffées du changement. Et moi j'étais fier d'être devenu celui que j'étais aujourd'hui. En plus de m'avoir rendu plus fort psychologiquement parlant, voire même physiquement aussi, l'armée m'avait rendu plus sage. Moins sauvage. J'avais ce côté taciturne et solitaire que j'avais besoin et je m'étais forgé une carapace solide. Rien ne m'atteignait réellement dorénavant. Je n'étais pas le genre de type à montrer mes faiblesses, bien au contraire. Pourtant. Pourtant tout était tellement différent aujourd'hui. C'était sans aucun doute la goutte d'eau qui fit déborder le vase. Si j'avais été en colère envers elle après son départ précipitée quinze ans en arrière, cette nouvelle aujourd'hui me rendait bien pire encore. Tout ce pour quoi je m'étais battu, tout ce que j'avais construit depuis elle s'était vu brisé en un millier de morceaux là, juste devant moi. Et juste sous ses yeux. Elle m'avait brisé une nouvelle fois. Quand ce n'était pas sa lâcheté, c'était son mensonge. Je me retrouvai à ses côtés, après le départ de ses deux enfants. Mes yeux ne quittaient pas son visage. Un visage devenu livide puis impassible. Putain, j'étais partagé. Partagé entre le fait d'avoir pris la bonne décision de lui avoir ramener moi-même sa voiture et le fait d'avoir fait la connerie, au contraire, de lui avoir déposer. Dans le premier cas, j'avais ainsi pu découvrir la mascarade monstre qu'elle me cachait et le second j'aurai pu ne jamais savoir la vérité. J'étais perdu. Totalement. Je n'étais pas dupe putain. J'avais compris avant même qu'elle ne me le fasse comprendre. Parce que Leah était trop lâche pour aller jusqu'au fond de sa pensée. Ou alors ne parviendrait-elle pas à le dire clairement. J'allais explosé. Je me devais de me calmer. Impérativement. Sinon j'allais détruire tout sur mon passage. Je regardai alors vers le ciel en riant d'une façon étrange. Agrippant mes cheveux et lui tournant le dos. Je n'aurai jamais levé la main sur elle. Mais là, à cet instant précis. A ce moment précis. J'avais besoin de cogner sur quelque chose. Mes poings se refermèrent bien malgré moi dans mes cheveux. Je respirai à plusieurs reprises avant de baisser de nouveau le regard. Nous n'étions qu'à quelques centimètres l'un de l'autre. Il lui suffisait d'un seul pas pour que l'on se touche, elle et moi. Pourtant elle n'en fit rien. Elle n'avait plus les mots, dans un premier temps. Ne terminant pas sa phrase. Je secouai la tête, le regard brûlant de haine. De dégoût. De peine aussi. D'incompréhension surtout. Un blanc s'était de nouveau installait entre nous. Comme à notre habitude. C'était le calme avant la tempête. Une bombe avant l'explosion. Je pouvais voir le visage et l'attitude de Leah changeait. Elle rentrait elle aussi dans une sorte de folie passagère. Ça allait éclater, comme un tremblement de terre. Puis les mots sortirent de sa bouche. Des mots qu'elle crachait presque.  Je voyais une Leah différente. Une Leah que je ne connaissais pas. Celle d'une mère. Je lui riais alors au nez, un rire mauvais. « Que tu n'as pas fait quoi???? Te foutre de ma putain de gueule depuis toutes ses années, par exemple. » répliquai-je méchamment, presque en sifflant entre mes dents. Des piques, encore et toujours, des reproches. C'était sans aucun doute devenu notre rituel, notre routine. Dés que l'on se voyait, on ne pouvait s'empêcher de se faire du mal. Comme si l'on avait besoin de cela pour exister. Pour exister tous les deux, ensemble. Comme si c'était ce mal qui nous rapprochait le plus. Qui nous reliait. Le ton grimpait crescendo. Il était certain qu'elle comme moi se fichions pas mal d'interpeller un quelconque voisin. Nous étions dans une bulle increvable, enfermés tous les deux à l'intérieur. J'étais persuadé que nous n'en ressortirions pas indemne. Qu'une plaie béante restera ouverte. Seule une tierce personne parviendra sûrement à briser l'enveloppe qui nous entourait. Je ne savais pas qui, je ne savais pas quand et je m'en fichais pas mal. J'avais besoin de réponses à mes questions. J'avais besoin de la vérité. Mais j'avais également besoin de la présence de Tim en ce moment. Je savais qu'il aurait su quoi faire, qu'il aurait eu les mots pour nous calmer. Pour nous canaliser. Il avait toujours eu ce rôle là, dans notre relation, celui de l'arbitre. Ici, il me manquait cruellement parce que je ne savais comment cela allait se terminer. Et j'avouais que j'appréhendai grandement. « La vérité. Je sais que ce n'est pas ton fort, mais force toi un peu. » je sifflai ces mots, sans jamais quitter son regard. Qu'elle tentait pourtant de fuir constamment. Mais cela voulait tout dire. Elle avait toujours eu cette manie de fuir le regard des autres quand elle omettait la vérité. Quand elle disait un mensonge. Je savais maintenant pourquoi elle avait pris la décision de s'en allait aussi loin de Los Angeles. Pourquoi elle avait décidé d'aller vivre à New-York. Parce que si elle avait été encore présente ici à l'époque elle n'aurait pas réussi à me cacher ce qu'elle cachait. Elle s'était barrée parce qu'elle avait eu peur que je découvre la vérité. Pourtant les mots qui suivirent me mirent de glace. Un frisson s'élança dans toute mon échine. Elle n'avait pas clairement dit ce que je pensais. Elle tournait autour du pot. Comme si elle n'arrivait pas à admettre que le moment qu'elle avait certainement redouté était arrivé. Et le reste suivit rapidement. Fils. Seize ans. Dans ma tête je fis rapidement le calcul. Nous nous étions séparés quand j'avais dix huit ans. Elle en avait dix sept à cette époque-là. Tout correspondait parfaitement. Tout se qui se trouvait autour de moi s'était mis à tanguer. Je voyais trouble, mes pieds flanchés et ma respiration se fit plus rapide et plus forte aussi. L'information était bien ancrée dans ma tête. Putain. Putain de bordel de merde. Tout était brouillé. Je riais, nerveusement. Passant mes mains sur mon visage à plusieurs reprises, tentant par la même occasion de reprendre contenance de ma personne. Je n'en revenais pas. J'en croyais pas mes oreilles. Merde. Comment avait-elle pu me cacher quelque chose d'aussi gros. D'aussi important? Pourquoi? C'était quoi le but de tout ça? Elle venait de gâcher seize longues années de ma vie. De sa vie, à ce gamin. Elle m'avait privé de ce rôle là. Un rôle que je ne connaissais pas et que je n'aurai jamais conçu surtout. Mais elle n'avait pas eu le droit. Elle l'avait aussi privé, lui. Merde comment pouvait-elle se regarder dans un miroir à l'heure d'aujourd'hui? Elle qui avait été adopté... Elle qui ne connaissait pas ses parents biologiques. Elle avait agit comme eux. Je n'entendais plus rien autour de moi. J'étais comme sourd. Et mes yeux, n'en parlons pas. J'étais devenu aveugle. Et ma bouche alors? Muet. Comme une tombe. J'hallucinais. J'allais bientôt me réveiller et m'apercevoir que tout ceci n'était qu'un mauvais cauchemar. Que Leah n'avait pas osé faire ça. Pourtant je l'entendis. Sa voix. Une voix qui s'était quelque peu fissurée. Et mon nom, dans sa bouche. Je secouai vivement la tête. Tentant de chasser toutes mes pensées. Tentant de vider ma tête. Je fis plusieurs pas en arrière, m'éloigner le plus possible d'elle. Le visage froncé, la bouche entrouverte. Les yeux rivés sur sa personne. Cette personne que j'avais tant aimé. Cette personne qui avait porté alors, mon enfant. « Pourquoi? » Ma voix était neutre, sans ton. Sans agressivité. Sans émotion. J'étais comme paralysé. Ma seule question était de savoir ce qui l'avait poussé à m'exclure de sa vie, à lui. Je baissai alors le regard, regardant partout autour de moi, sauf sur elle. Je ne parvenais plus à poser mes yeux sur elle. C'était trop difficile. C'était presque si elle ne me dégoûtait pas. « Alors j'ai un fils... De seize ans qui plus est. Un fils dont tu m'as privé. » Je secouai une nouvelle fois la tête en glissant à nouveau une main sur mon visage. « Putain tu te rends compte de l'énormité de la chose ??? » Ma voix s'était vue monter d'un octave. « Merde t'avais pas le droit de te comporter comme une putain d'égoïste!!! » répliquai-je plus durement. La colère reprenait doucement le dessus sur l'étonnement, sur la surprise et sur tout le reste. Je ne savais d'ailleurs même plus comment agir avec elle. M'énerver n'arrangerait en rien la chose et ne rien dire, non plus. J'étais mitigé. J'étais piégé. Je relevai alors le visage vers la fenêtre de l'étage. Lachlan se trouvait juste là, les yeux fixés sur moi. Un regard presque méchant. Presque comme un avertissement de sa part. Je lâchai un soupir avant de baisser le regard sans pour autant le poser sur elle. « T'es complètement barré comme meuf. Si tu tenais tant à me cacher son existence, pourquoi l'avoir appelé comme mon père? Pourquoi avoir déménagé à Los Angeles? Pourquoi m'avoir autorisé à venir jusqu'ici? C'est ce que tu attendais c'est ça?? » je parlai fort, durement. J'étais remonté à bloc. L'adrénaline fluctuait dans mon sang. La colère la faisait vivre. « T'attendais que je le découvre de cette façon là parce que t'as jamais eu les couilles de me le dire droit dans les yeux. Parce que t'es une putain de lâche. Comme tu l'as toujours été. »  J'étais mauvais. J'étais méchant. J'étais blessé. Brisé. Surtout.
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MessageSujet: Re: (leash) hey, I was doing just fine before I met you, I drink too much and that's an issue but I'm okay Lun 8 Oct - 23:22

LEASH You look as the good as the day I met you. I forget just why I left you, I was insane. Stay and play that Blink-182 song that we beat to death in Tuscon, okay. I know it breaks your heart moved to the city in a broke down car. And four years, no call. Now you're looking pretty in a hotel bar and I can't stop. No I can't stop. So baby pull me closer in the backseat of your Rover ››


HEY, I WAS DOING JUST FINE BEFORE I MET YOU,
I DRINK TOO MUCH AND THAT'S AN ISSUE BUT I'M OKAY


Quinze dans de mensonges, ça détruisait. Quinze ans de mensonges, c’était comme une grenade dégoupillée. On sait qu’elle finit toujours par exploser. Mais reste à déterminer quand exactement. Elle avait tellement espéré. Elle y avait tellement cru. Elle pensait que jamais son secret ne serait découvert. Sans doute, ça la tranquillisait. Sans doute, grâce à ça, elle ne pensait pas au pire. Parce que ça n’arriverait jamais. Parce que ce n’était pas possible. Ça ne pouvait pas s’imploser comme ça. C’était impensable. Pourtant c’était bien ce qui était en train de se passer. Leurs vies explosaient en de millions de morceaux. Si la dernière fois, les fissures apparaissaient seulement, à présent, elles étaient complètement brisées. Leah avait beau se pencher, ses mains n’arrivaient plus à tout remettre ensemble, à recoller les morceaux. Tout était brisé. Rien ne serait comme avant à présent. Tout ça à cause d’elle. Elle sait qu’elle a eu tort. Elle le voit à présent dans ses yeux. Elle regrette. Mais quinze ans, c’est trop tard pour revenir en arrière. Même un an, n’aurait pas suffi. Ces années qu’elle lui avait volé à cause de son mensonge, ne seront jamais rattrapé. On a beau se berner, se bercer d’illusions, jamais on ne rattrape le temps perdu. Jamais on ne devient ce qu’on aurait de l’être. C’est perdu à jamais dans les limbes des possibilités ratées. Faut juste s’y faire. Leah avait réussi à se mettre ça dans la tête. Eloignée de Los Angeles, c’était beaucoup plus simple. A présent devant lui, c’était beaucoup plus compliqué. Elle avait du mal à faire contenance. A ne pas faillir à soi-même. Parce que ça a beau faire du bien de sortir tout ce qu’on a sur le cœur, ça vide complètement. Ça déchire le cœur un peu plus dans ses blessures. Ça retourne encore et encore le couteau dans la plaie pour l’extraire, enfin certes, mais d’une telle violence. Presque insoutenable. Leah en avait presque le souffle coupé. Sans compter sur les paroles de Bash qui l’enfonçait un peu plus dans le gouffre. Il piquait là où ça fait mal, là où elle ne pouvait le contredire. Parce que c’était elle qui avait tort dans l’histoire. Elle ne le savait que trop bien. Elle ne faisait qu’encaisser avec peine. Le visage pourtant rouge de colère. La résignation était encore un terme qu’elle avait du mal à acquérir, à concevoir. Avoir passé quinze ans les armes hautes, elle avait du mal à les baisser à présent. Voire même à les déposer. Elle finit par soupirer d’exaspération un instant. Le seul moment où Bash sembla lui donner un peu de répit. Et encore. Les mots étaient si forts. Te foutre de ma putain de gueule. Charmant. Vraiment. Il voulait la vérité ? Est-elle prête à la lui donner ? Elle en doutait encore. « Tu ne comprends pas. » C’est tout ce qu’elle avait à lui dire. Il l’accusait sans savoir. Sans réellement prendre conscience de ce qu’elle avait traversé, elle. Parce qu’il avait beau toujours l’accuser, elle l’avait bien fait pour une raison. Une bonne raison. Le bien-être de son fils. Non. De leur fils. Même un simple pronom semblait si étrange à concevoir. Il ne s’arrête pas à sa phrase. Ça serait bien trop facile. Non. Les accusations tombent encore. Pire encore cette question. La question qu’ils redoutaient tant tous les deux. Tant lui pour sa réponse, tant elle pour la question en elle-même. Que peut-elle répondre à ce genre de chose ? Pourquoi ? Et pourquoi pas ? Elle n’avait pas la force de tout déballer. Elle n’avait pas la force de se battre encore une fois avec lui. Pourtant le ring ne la laissait pas passer. Elle était enfermée pour un petit moment encore. Le temps des questions mais surtout des réponses. Elle se tut alors, simplement le rouge aux joues. A quoi servait-il de se justifier ? Pourtant étrangement après la question fatidique, le climat sembla se détendre un peu. Presque par miracle. Il fit quelques remarques. Sur sa paternité surprise. Sur son rôle dans l’histoire. Celui de la méchante de l’histoire. De celle qui prive sans rien dire. De celle qui brise consciemment. S’il savait. Les paroles finissent par fuser. Encore. Il la traite d’égoïste. Sa peau s’hérisse alors. Comment ose-t-il l’accuser ? C’est bien beau d’avoir le beau rôle, faut voir au travers. Tous les « méchants » pensent faire le bien à leur manière. C’est connu. Leah pensait le faire. Protéger son fils surtout. Par exemple. Elle soupira à nouveau. Presque lasse. La colère semble encore présente mais ses mots sont plus remplis de fatigue à présent. Il la fatigue. Cette conversation la fatigue. Pourquoi la page ne se tourne-t-elle pas d’elle-même ? Pourquoi le livre se borne aux mêmes chapitres depuis quinze ans ? C’était usant en vérité. « Parce que tu crois que j’ai eu le choix ? T’as pas le droit de me dire ça. » Si sa voix était lasse, ses yeux pourtant ne trompaient pas. Les éclairs qu’ils lançaient étaient bien présents eux. Tout semblait si simple dans sa bouche. Comme une équation à une inconnue. Mais c’était tellement plus que ça. Leah, elle n’avait jamais rêvé d’une vie comme ça. Elle n’avait jamais rêvé d’élever son fils seule ou encore de se retrouver totalement seule à assumer tout ça. Cela avait fait tellement pour ses pauvres épaules. Heureusement qu’elle avait été notamment épaulée par sa tante. Mais non, elle n’avait jamais voulu ça. Alors qu’il l’accuse d’avoir été égoïste, de n’avoir pensé qu’à elle, c’était faux. Si vraiment elle n’avait pensé qu’à elle, elle serait probablement revenue en courant vers lui. Mais la situation avec changé, les données de l’équation avaient évolué et elle ne pouvait pas se permettre de penser qu’à elle-même. Bien au contraire. Mais ses propres paroles ne semblaient à peine faire écho chez Bash. Il était dans sa colère, dans son idée et elle, elle s’éclipsait. Encore. Comme lorsqu’elle était partie. Elle n’existait plus. Seuls ses tourments prenaient place dans la tête du jeune homme, la sortant elle. Comme une situation de déjà-vu qui fait mal. Et c’était reparti. La rancœur, les années qui s’accumulent beaucoup trop dans leurs cœurs les écrasant. Oh comme elle aimerait tout effacer. Revenir en arrière une bonne fois pour toutes. Réparer les erreurs ? Peut-être pas. Mais simplement oublier ce moment, oublier cette conversation. Peut-être qu’elle n’aurait jamais dû partir de New-York finalement. Peut-être qu’elle aurait dû rester à l’abri, là-bas. Pour éviter tout ça. Mais au final, aurait-elle réellement pu échapper à tout ça ? C’était à croire que ça les poursuivait. Que même si elle se serait réfugiée au pôle Nord, ils auraient été capables de se retrouver. A cause de ce fichu destin. A cause de ce fil d’Ariane qui les retenait l’un à l’autre. Ils avaient beau tirer chacun de leur côté, jamais le fil ne s’est cassé. Il était bien trop résistant, bien trop accroché. A croire que la colère, les regrets et la rancœur l’avaient cimenté. Et même avec l’explosion du secret, il semblait encore intact. Presque invraisemblable. Parce qu’il allait Bash. Il n’y allait pas par le dos de la cuillère. Leah en était bousculée, c’était clair. Heureusement qu’elle tournait le dos à la maison et qu’elle ne voyait pas le regard incendiaire de son fils. Il n’aurait manqué plus que ça. Après tout, ils ne faisaient pas dans la dentelle et il n’était pas compliqué de voir la dispute qui se déroulait entre eux. Son visage trahissait ses émotions : colère, fatigue. Tristesse ? Un peu oui. Elle n’aurait sans doute pas supporté que son fils vienne s’ajouter à tout ça. Elle avait passé des années à le mettre à l’écart de tout ça, à le protéger comme font la plupart des mères. L’introduire comme ça dans ce gros bordel était tout ce qu’elle avait évité jusque maintenant. Elle n’allait pas faillir à sa mission maintenant. Oh que non. « Je n’ai jamais voulu tout ça. Du secret, des mensonges. De cette vie à côté. Jamais tu ne m’entends ? Mais ça c’est fait comme ça. C’est tout. Parce que je n’avais pas le choix. » Pas le choix de s’éloigner, pas le choix de se retrouver toute seule, pas le choix d’assumer sa grossesse seule. Non, elle n’avait eu aucun choix. Quoi qu’il puisse dire. Si elle était partie de son plein gré, elle avait été poussée par des conséquences extérieures. Notamment lui. « Tu peux me traiter d’égoïste autant que tu le souhaites. Mais tu l’as été autant que moi. » Oh que oui. Parce qu’au fond, c’était aussi sa faute à lui. S’il ne s’était pas renfermé sur lui-même il y a quinze ans. S’il ne l’avait pas écarté de lui-même de sa vie, rien ne serait arrivé. Parce que oui il avait été égoïste. Leah avait tenté d’être là, de le soutenir. Elle s’était heurtée à un mur. A un homme qui préférait ne penser qu’à ses propres malheurs encore et encore au lieu de s’en sortir. Elle n’était alors pas la seule à avoir été égoïste dans cette histoire. « Tu ne comprends pas. Tu ne peux pas comprendre. » Répéta-t-elle en appuyant bien sur ses mots. Il semblait buter sur ses propres mots sans prendre en compte ce qu’elle disait. Parce que non, il ne pouvait pas comprendre parce qu’il ne savait pas tout. Est-ce l’heure de la révélation ? Celle où définitivement les cœurs explosent en lambeaux. Cela semblait l’être oui. Mais étaient-ils réellement prêts tous les deux ? Ils s’y étaient préparés pendant quinze ans, mais même ça, ça ne semble pas assez. Leah prend une inspiration. Passe une main presque tremblante sur son visage avant de continuer. « J’étais une gamine à l’époque. J’étais une ado complètement paumée. J’étais terrorisée tu peux comprendre ça ? » La peur ne la quittait presque plus. Depuis le jour où elle était partie, elle s’était installée. Peur d’être à nouveau seule, peur de revivre tout ça, peur pour ses enfants. Peur de tout en fait. « Alors quoi ? Tu voulais que je te le dise, et pis quoi ? On aurait formé cette magnifique et belle famille qu’on voit partout dans les publicités, c’est ça ? » L’ironie s’immisce dans sa voix. Parce que ça en devient ridicule. Parce que ça devient une possibilité qui ne se réalisera jamais. Surtout pas vu l’attitude où Bash se trouvait quand elle l’avait quitté. Totalement en vrac. Instable. Les publicités parfaites ne faisaient pas mention de tourments, de noirceur. Parce que c’était tout ce qu’il était devenu. Il n’était pas sain pour un enfant. C’était un fait que tout le monde pensait à l’époque. C’est peut-être pour ça au final qu’ils n’ont rien dit quand Leah leur a demandé de ne rien dire au père. Sans doute parce qu’ils savaient que ça allait faire plus de mal que de bien non ? « La vie, ça ne se passe pas comme ça, Bash. Bien au contraire. » Les mots tombaient comme un couperet. Le silence se fit. C’est vrai la vie ne ressemblait pas à ce qui se trouvait sur papier glacé. Sinon, le malheur ne serait même pas une notion qu’on concevrait. Non seul le bonheur transparaîtrait. Mais la vie, ce n’est pas ça. Ça fait mal, ça fait saigner, ça fait pleurer. C’est presque ce qui nous rendait vivant par rapport à ces personnages de carton. Mais Bash ne semblait pas le voir. Bash semblait bien trop buté dans son idée. Encore. Le silence dura quelques secondes. Secondes où laquelle elle finit par enfin croiser son regard. Par enfin affronter ce qu’elle avait toujours fui depuis dix minutes. La vérité. Celle qu’elle fuyait en fait depuis quinze ans. Mais peut-être qu’il était temps. Peut-être qu’enfin, elle devait lâcher le morceau. Pour enfin arrêter ce feu incandescent dans sa poitrine. Ou cette boule dans la gorge. Il était temps. Cette pensée traversa son esprit. C’était la première fois qu’elle était aussi claire. Aussi nette. Son frère le lui avait répété des millions de fois, l’avait poussé des centaines de fois. Mais elle en avait été convaincue qu’à moitié. Sans doute cette peur qui trônait encore. A présent, c’était différent. C’était bien la première fois tiens. « Ecoute. Je ne savais pas que j’étais… tombée enceinte quand je suis partie. » Ainsi, ce n’était pas la raison de son départ. C’était ce qu’elle voulait lui faire comprendre. Qu’elle n’était pas partie parce qu’elle ne voulait pas qu’il soit père. Bien au contraire. Elle était déjà partie et elle ne s’était tout simplement pas vu revenir. Parce que c’était bien trop difficile après ce qu’elle avait fait. D’avoir fait exploser sa vie. Elle n’avait pas le droit de le refaire à nouveau. Surtout pas dans l’état où il était. Ce n’était si sain pour lui, ni pour le bébé. C’est tout. Cela aurait été sans doute différent si elle l’avait appris à Los Angeles. Elle le pensait réellement. Peut-être qu’ils l’auraient été finalement ce tableau de papier glacé. Qui sait ? « Je suis peut-être lâche comme tu dis. Que je n’ai pas eu les ‘couilles’ comme tu dis aussi. Mais je n’arrivais pas à décrocher ce putain de téléphone d’accord ? Parce que c’était trop dur à dire. Parce que j’avais que dix-sept ans et je voyais ma vie exploser. J’avais peur de ta réaction. Ou pire encore de ta non-réaction. Je savais que ça exploserait encore plus la tienne. Plus qu’elle ne l’était déjà. » A cause de son départ. A cause de la mort de son père. Un bébé aurait été de trop dans tout ça. Un bébé n’aurait rien arrangé. Ou presque. « Je voulais pas t’imposer ça. J’avais perdu ce droit en partant. Je le sais. J’étais si jeune. Nous étions si jeunes. Tu ne pouvais pas m’apporter ce dont j’avais besoin. Toi-même tu savais plus ou t’en étais. J’avais besoin d’un cadre, du réconfort. Pour moi et surtout pour ce bébé. Et on sait tous deux que t’aurais été incapable de me donner tout ça. » Après tout, avant qu’elle ne parte, n’était-elle pas devenue ce fantôme ? Cette personne qu’il connaissait pourtant par cœur passait à travers son regard. Cela lui avait fait terriblement mal. Et mettre un bébé dans tout ça n’aurait pas été une très bonne idée. « Pas à ce moment-ci en tout cas. » Elle soupira alors, prenant une petite pause dans son monologue. Enfin il l’écoutait. Enfin, il avait quelques maigres réponses à ses nombreuses questions. Peut-être qu’une très légère récompense face à toutes ces années de silence, mais s’en était au moins une déjà. « Mais oui, je lui ai donné le prénom de ton père. Parce que je pensais que c’était la moindre des choses. Parce que je pensais que c’était logique pour moi. » Oui ça avait été d’une logique pour elle. Pour que son fils porte en lui ses origines, là d’où il venait. Cela avait été primordial selon elle. Surtout qu’ils en avaient parlé une fois. Oh c’était surtout en rigolant. Ils étaient si jeunes qu’ils ne pensaient pas voir cela se réaliser si vite. Mais elle avait senti chez lui ce besoin d’avoir un prénom qui voulait dire quelque chose. Comme le sien propre. « Parce que je pensais que ça aurait pu être important pour toi. » Oui, c’était ça qui avait été le plus déterminant. S’il n’avait pas été là physiquement, il ne l’avait jamais quittée en pensée à cette époque. Lorsqu’elle voyait son fils faire ses premiers pas, c’est à lui qu’elle pensait à ce qu’il aurait pu dire ce jour-là. Alors, oui, ça avait été logique pour elle que son fils ait cette partie de lui dont elle lui avait privé délibérément. Pour son bien. Enfin à présent, ça semblait bien plus flou. Bien plus compliqué. Damn it.
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MessageSujet: Re: (leash) hey, I was doing just fine before I met you, I drink too much and that's an issue but I'm okay Mer 17 Oct - 23:16


≈ ≈ ≈
{ Hey, I was doing just fine before I met you, I drink too much and that's an issue but I'm okay }
crédit/ psychotic bitch ✰ w/leah sweeney

Je ne savais pas ce qui était le plus difficile à encaisser dans toute cette folie. Le fait qu'elle m'ait menti durant quinze longues années ou bien celui d'apprendre que j'avais un fils. Un fils avec elle. Cette fille dont j'avais été fou amoureux et pour qui j'avais été prêt à tout, j'aurai même été prêt à tuer s'il l'avait fallu. Pour dire vrai, c'était les deux choses à la fois. Merde c'était totalement impensable voire irréel. Presque utopique. J'étais en train de me persuader que tout ceci n'était qu'une simple mascarade, que mon cerveau me jouait des tours de nouveau, comme savait-il si bien le faire depuis qu'elle était de nouveau entrée dans ma vie. Ce n'était qu'une simple illusion, voilà tout. Ce n'était pas possible que Leah m'ait caché ce genre de vérité, ce n'était pas elle, ce n'était pas celle que j'avais aimé quinze ans en arrière, elle n'aurait jamais osé agir ainsi. Oh non, elle qui avait été adopté, elle qui n'avait connu ni ses parents biologiques ni aucun autres membres de sa vraie famille, elle n'aurait pas privé son enfant d'un père et d'un père de son enfant, merde non ! Je tentais, par tous les moyens, de lui trouver des excuses, de ne pas croire qu'elle ait pu faire une chose pareille, une chose aussi indigne d'elle, aussi affreuse. Mais à bien y réfléchir surtout en observant l'expression de son visage, celui là même que je connaissais par cœur, que je  pouvais dessiner les yeux fermés si je le voulais, je pouvais constater que je n'étais pas en train de rêver. Tout ceci se déroulait bel et bien. Tout ceci était véridique. Là sous mes yeux tombaient quinze années de mensonges, quinze longues putains d'années où à l'autre bout du pays avait vécu l'enfant de Leah, mon enfant. Le nôtre. Je ne savais même pas comment je parvenais encore à tenir debout, comment j'arrivais à me tenir droit et inflexible face à elle. Peut-être étais-ce mes années à l'armée qui m'aidait à rester de marbre face à cette nouvelle, qui m'aidait à garder la face alors qu'au plus profond de mon être j'étais détruit. Décimé. En lambeaux. Littéralement parlant. Et le plus compliqué dans cette affaire c'était de poser mon regard dans celui de Leah et d'y découvrir tout ce qu'elle me cachait. Je pouvais de nouveau lire en elle comme dans un livre ouvert. Ce que je n'avais plus réussi à faire toutes les autres fois où nous nous étions croisés. C'était comme si toutes les vannes s'étaient ouvertes. Et comme à mon habitude, je ne parvenais pas à canaliser mon tempérament lorsque je me trouvais face à elle. Mon mauvais côté ressortait indéfectiblement en sa compagnie, comme si j'étais une autre personne ou alors étais-ce moi, dans son intégralité. Sans artifices. Sans faussetés. Dans tous les cas, le ton montait rapidement. Je lui demandai clairement d'arrêter de se foutre de ma gueule. Et sa réponse n'arrangea pas ma tension. Stipulant que je ne comprenais pas. Pour sûr bordel de merde. Je ne comprenais fichtrement rien. Je ne comprenais pas les raisons qui l'avaient poussé à mentir tout ce temps. Tout ceci me fatiguait. A croire qu'ils nous étaient impossible d'entretenir des discussions presque normales et civilisées, que nous étions le feu et la glace et que rien ne pourrait changer la donne. Nous étions fait ainsi. Depuis toujours et sûrement à jamais. Puis ma voix baissa d'un octave  pourtant sans émotion particulière lorsque je lui posa cette simple question qui amenait tellement de possibilités de réponses avant de continuer à déblatérer sur ma soudaine paternité et de m'énerver à nouveau. L'insultant d'égoïste. Leah rétorqua presque mollement, comme si elle n'en avait que faire et cela me hérissait davantage le poil. « T'avais le choix de m'en parler dés lors que t'as appris que t'étais enceinte Leah ! » Je parlais fort et mes pas me guidèrent presque jusqu'à elle, comme si c'était l'instinct qui me guidait. Je secouai nerveusement la tête, glissant mes doigts au travers de mes cheveux, regardant partout autour de moi, volant plusieurs regards vers elle. « Toutes les fois où je t'ai appelé, tous les messages que je t'ai laissé sur ta messagerie... T'avais le choix merde ! » Je ne comptais plus le nombre d'appels que je lui avais passé, tous ces messages où j'étais bouleversé, où j'étais abattu jusqu'à arriver à saturation sur sa boîte et où un jour le numéro n'était plus attribué. Je partais dans un délire complet, déclarant alors qu'elle l'avait fait exprès, qu'elle n'avait jamais eu le courage de me le dire de vive voix et qu'elle n'avait rien trouvé de mieux à faire que de me le faire apprendre de cette façon aussi sordide qu'abject. Pendant tout ce temps où j'étais ailleurs, dans cette tirade morbide, Leah resta silencieuse, m'observant en attendant que je daigne me taire. Puis j'entendis à nouveau le son de sa voix, répétant qu'elle n'avait pas eu le choix, que c'était comme ça et qu'elle n'avait jamais souhaité que tout ceci arrive, que je pouvais continuer à la traiter d'égoïste mais que je l'avais été tout autant. Je secouai du tac-o-tac de la tête, fronçant le front en guise de réponse. « Ouais j'ai été égoïste, j'le cache pas, j'ai fais des erreurs aussi et j'le cache pas non plus. » Je ne cessai de la regarder, droit dans les yeux en lui parlant, j'étais toujours aussi remonté, mais étrangement ma voix était plus basse, moins forte et mon ton moins acerbe et plus apte à la discussion. « Perdre mon père m'a rendu dingue. Je ne t'ai pas seulement fait souffrir, j'ai également fait souffrir Joy et ma mère, t'étais pas toute seule dans l'histoire. Contrairement à toi, elles ne sont jamais parties. Contrairement à toi elles ne m'ont pas lâchés. Alors ouais j'étais égoïste mais comparé à toi, Leah, c'était tellement minime. » Un rictus s'afficha sur mon visage, un rictus de dégoût. Puis elle répéta une seconde fois, une troisième fois à quel point je ne comprenais pas. A quel point je ne pouvais pas comprendre. Et cela m'énervait encore plus. Parce qu'elle ne continuait pas. Parce qu'elle restait bloquée sur ses mots, parce qu'elle me regardait mais sans me voir. « Je t'en prie, éclaire donc ma lanterne. » Répliquai-je mesquinement en haussant les épaules. Nous n'étions qu'à quelques centimètres l'un de l'autre, je pouvais presque sentir son pouls battre sous sa peau et sentir sa chaleur qui émanait de son corps. Elle releva son regard vers moi et commença, pour ce que je prenais, comme un début d'explication. Qu'elle n'était qu'une gamine à l'époque, une simple adolescente et qu'elle était terrifiée avant de répondre sarcastiquement. Je lâcha un souffle, mi-figue, mi-raisin sans jamais cesser de la quitter du regard, comme si le fait de la regarder droit dans les yeux m'aiderait à en apprendre davantage. « Pourquoi pas après tout? J'peux même pas te répondre parce que tu ne nous as même pas laissé le choix que de vivre chacun de notre côté. Donc ton air sarcastique tu peux remballer. » Crachai-je entre mes dents. « C'est toi qui en décidé ainsi, c'est toi qui a pris la décision de me priver de cette vie. Tu ne m'as même pas laissé l'occasion d'être un père. Que tu ne voulais plus de moi, à force je l'aurai accepté, mais que tu me prive de connaître l'existence de... de Lachlan j'en reviens pas. » Dire le prénom de mon père m'était difficile, cela me donnait presque la chair de poule. Je ne réalisais pas qu'elle l'avait appelé de la même façon, je ne connaissais pas les raisons qui l'avait poussé à le faire mais je ne parvenais pas à m'y faire. Je fis plusieurs pas en arrière, histoire de m'éloigner d'elle. De cette Leah que je ne connaissais pas. De ce mensonge gros comme le monde. J'avais besoin de prendre du recul. J'avais besoin de reprendre mes esprits. De respirer un nouvelle air. De me changer les idées. Je ne savais plus ni quoi faire ni même où aller. En réalité je voulais seulement ne plus la voir. La regarder me faisait trop de mal. Cela me brisait le cœur. Littéralement. J'avais le cœur en miette et les morceaux étaient à ses pieds. Je m'éloignais davantage d'elle encore quand elle m'annonça qu'elle ne savait pas qu'elle était tombée enceinte avant de partir, peut-être pour me faire comprendre que ce n'était pas ici la raison de son départ. Mais là n'était pas la question. Le mal était là malgré tout. Elle était partie. Enceinte ou pas. Elle aurait pu changer la donne, mais elle n'en a rien fait. « Je crois qu'entendre ça est encore pire tu vois. » Je secouai la tête exaspéré. Presque mortifié. « T'as même pas eu l'envie de revenir vers moi en apprenant que tu portais notre enfant. Pour te dire à quel point tu ne m'aimais déjà plus. » Je lui tournai le dos. Parce que je n'avais même plus la force ni le courage de la regarder. Parce que cela me faisait trop de mal de le faire. Parce que lorsque je le faisais je ne voyais que du mauvais et je ne voulais pas m'imaginer Leah du mauvais côté. Je voulais oublier toutes ces histoires, l'oublier elle et tout ce qui se rapportait de près ou de loin à elle. Oublier qu'elle existait. Que je l'avais aimé. J'allais pour m'éloigner vers la voiture de mon pote quand elle se mis à parler. Je m'arrêta alors, regardant droit devant moi mais l'écoutant pourtant attentivement. Je resta un long moment silencieux. Partagé entre l'envie de lui répondre et celle de me barrer sans même un regard pour elle. De lui faire comprendre ainsi à quel point c'était fini. Définitivement. Même si entre nous tout était terminé depuis le jour où elle était partie. Ou alors peut-être que cela ne s'était jamais arrêté. Mon dieu j'avais tellement espéré que l'on finirait par se retrouver un jour ou l'autre. Que mon destin n'était pas assez merdique. Quand je l'avais croisé au cimetière je rentrais du front une semaine auparavant, c'était tout récent et j'avais été mal en point. Joy m'avait grandement aidé à m'en tirer et les séances de thérapie également. Je me souvenais aussi très bien du soir où j'avais débarqué chez elle, elle pensait que j'étais soûl, peut-être que je l'avais été mais pas autant qu'elle le pensait. J'étais conscient de tout. De ses moindres faits et gestes à mon encontre. De sa voix douce et mélodieuse, de ses doigts dans mes cheveux, de son sourire sur ses lèvres. De son baiser sur mon front. Merde. Je devais l'oublier. Je devais partir. J'en avais besoin. C'était vital si je ne voulais pas sombrer. Pourtant... Pourtant je me retournais vers elle. « Tu parles comme si tu avais été dans ma tête, à cette époque là. Bien sûr nous étions jeunes, bien sûr j'étais quelqu'un d'autre aussi, mais tu n'avais pas à décider pour moi. C'est ça que tu ne comprends pas. Je ne peux pas te dire quelle aurait été ma réaction à ce moment-là, Leah, parce que je n'étais pas moi-même. Peut-être que j'aurai pété un plomb ou alors tout l'inverse. J'en sais rien. » Je me taisais, reprenant un second souffle, évitant même son regard parce que je ne parvenais même pas à le soutenir ne serait-ce que quelques secondes avant d'enchaîner. « J'avais été prêt à tout pour toi. Putain, j'aurai tout fait pour toi Leah. J'ai remué ciel et terre pour savoir où tu étais partie et pas même tes parents ou Tim n'en ont dit mots parce que tu leur avait fait promettre de ne pas le faire. TU m'as empêché de te retrouver. Je devenais fou sans toi et je remercierai jamais assez ton frère pour m'avoir sorti la tête de l'eau. J'ai fini par comprendre que tu ne reviendrais pas. J'ai finis par abandonner l'idée que tu n'étais plus à moi et ça m'a rendu malade mais regarde-moi maintenant. Je suis là devant toi et je suis débout. Peut-être pas en entier, mais je suis là. J'ai survécu sans toi alors que je n'aurai jamais cru ça possible. » Je ne m'étais jamais autant dévoilé. Pas même face à Adora, face à ma sœur ou même ma mère. Personne ne connaissait tout ceci, tout ce qui se tramait dans ma tête. J'avais enfermé tout ça dans une boîte fermée à double-tour et je m'étais promis de ne jamais l'ouvrir mais à croire qu'être avec elle délier les langues. Je ne cherchais ni compassion ni rien d'autre en lui déclarant tout ceci. Juste à lui faire comprendre qu'elle avait compté à mes yeux, peut-être même qu'elle comptait encore aujourd'hui. Je n'en savais rien. J'étais perdu, pour la première fois de ma vie, face à quelqu'un, j'étais démuni et sans armes. « T'avais raison, ça aurait été important pour moi. » Je parlais du prénom. Celui de mon père. De ce point de vue là nous avions peut-être été liés lorsqu'elle a donné naissance à Lachlan. Comme si intérieurement parlant j'avais été présent dans son esprit pour le choix du prénom. Je levais mon regard une nouvelle fois vers la fenêtre du haut. Il était toujours là, à nous surveiller, à surveiller que je ne faisais aucun mal à sa mère quand j'entendis le bruit d'un moteur et de pneus crisant sur le sol pour voir apparaître un véhicule se garait juste derrière la voiture qui nous avait amené à toute cette histoire. Il ne manquait plus que cela. Le petit-ami de Leah en personne. Qui descendait de la voiture en s'approchant de nous. Il me regardait de la tête aux pieds, un regard qui me disait clairement de ne pas m'approcher. Je lui lança ce regard noir. D'un air hautain et je ne le salua pas. Bien sûr.
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MessageSujet: Re: (leash) hey, I was doing just fine before I met you, I drink too much and that's an issue but I'm okay Lun 24 Déc - 4:25

LEASH You look as the good as the day I met you. I forget just why I left you, I was insane. Stay and play that Blink-182 song that we beat to death in Tuscon, okay. I know it breaks your heart moved to the city in a broke down car. And four years, no call. Now you're looking pretty in a hotel bar and I can't stop. No I can't stop. So baby pull me closer in the backseat of your Rover ››


HEY, I WAS DOING JUST FINE BEFORE I MET YOU,
I DRINK TOO MUCH AND THAT'S AN ISSUE BUT I'M OKAY


Voilà à quoi ils en étaient à réduit. A se renvoyer les fautes comme des enfants. Les cris résonnaient sans doute dans tout le quartier. Peut-être même que les paroles pointues arrivaient à franchir les baies double vitrée de la maison de Leah. Pourvu que non. Elle ne voulait pas mêler son fils à tout ça. Ou devrait-elle dire leur fils. Le pronom était presque étrange à prononcer. Comme un ovni. Voilà à quoi ils étaient réduits. En chiens de faïence, prêts à se sauter à la gorge à n’importe quelle occasion. Et ils en avaient des occasions. Chaque mot était une lance jetée en plein cœur. Tout devenait presque trop fébrile autour d’eux. Cela résonnait presque jusque dans les membres de Leah jusqu’à son cœur. Presque insupportable. Jamais ils ne pourraient trouver un terrain d’entente, jamais ils ne pourraient revenir à leur ignorance commune. Cette discussion changerait tout. Leur vie, leur conception et peut-être même leurs âmes. C’était une bombe lancée sur un champ de mines. Les explosions étaient multiples, presque incontrôlables. Leah détestait ça. Elle avait toujours eu un contrôle sur sa vie. A n’importe quel moment. Le seul qui n’avait fait que la basculer dans ses retranchements était Bash. Encore et toujours lui. C’était lui qui était entré dans sa vie comme un boulet de canon. Elle n’avait jamais rien demandé, elle n’était qu’une enfant à l’époque. Encore aujourd’hui, c’est lui qui débarquait dans sa vie pour tout remettre en question. Elle avait passé des années à se reconstruire, à tenter de donner à sa famille un environnement stable et aimant. Jusqu’à ce qu’il réapparaisse. A croire que le destin les avait liés de malédiction. Il n’y avait pas d’autres mots pour décrire ça. La jeune femme balança frénétiquement sa tête de gauche à droite. Non, il ne comprenait pas. Elle avait beau tenter de lui expliquer, il campait sur ses positions. Il lui rejetait toute la faute. C’était elle la méchante de l’histoire, la briseuse de cœur. Il n’avait été que sa pauvre victime. Pourtant, son sang ne fit qu’un tour quand elle entendit le dernier mot qu’il prononça dans son monologue. Egoïste. Il n’avait pas osé. Ses yeux lancèrent automatiquement des éclairs. Il parlait de choses qu’il n’avait pas vécu, qu’il ne pouvait pas comprendre. Comment osait-il ? « Parce que j’ai été égoïste ? Vraiment ? Je n’ai pensé qu’à son bonheur pendant seize ans de ma vie ! J’ai tout mis en l’air pour lui, Bash. Il était ma priorité et il le sera toujours. C’est mon fils, mon devoir était de le protéger. Je devais lui donner un environnement stable et réconfortant. Pas un champ de mine où il aurait été malheureux toute sa vie ! » Ce qu’il ne comprenait pas, c’est qu’elle s’était oubliée dans l’histoire. Qu’elle avait mis de côté sa vie pour combler celle de leur fils. Quoi qu’il advenait, il avait toujours été sa priorité. Si elle avait fait ces choix-là, c’était avant tout pour Lachlan. Si cela n’avait tenu qu’à elle, elle serait probablement retournée à Los Angeles, les mois qui suivirent son départ. Mais ça, il semblait hermétique à toute explication. Il était buté dans ses idées et n’entendait que les battements de son propre cœur à ses tempes. N’entendait-il pas les morceaux de celui de Leah s’entrechoquaient dans sa poitrine ? Bien sûr que non. « Je n’ai fait que penser à lui. Il n’avait pas à souffert comme j’avais fait souffert. Si ta mère et ta mère sont restées, tant mieux pour toi et pour elles. Mais je n’en pouvais plus, Bash. J’étais à bout, tu peux comprendre ça ? » continua-t-elle dans un souffle. Elle en avait marre qu’il l’accuse toujours d’être partie. De ne pas avoir su le porter comme les autres membres de sa famille. Ne comprenait-il pas qu’il avait été beaucoup trop lourd pour elle ? elle n’était qu’une adolescente à l’époque. Une jeune fille qui aurait du vivre des histoires d’amour aventureuses plutôt que d’un petit ami qui ne cessait de la repousser, voire même qui ne la voyait plus. Elle avait tant donné sans qu’il n’en prenne conscience. C’était rageant pour elle. Vraiment. La colère montait tandis que les cœurs se déchiraient. Ils en avaient même plus conscience à ce stade. Ils s’envoyaient simplement leur amertume au visage sans réellement prendre compte de leurs propres sentiments. Ils auraient vu ô combien, ils étaient tous deux au bord de l’implosion. Leah plissa légèrement les yeux en l’écoutant. La proximité était le cadet de ses soucis. Elle pouvait presque sentir son souffle sur ses propres lèvres. Il avait beau être deux fois plus imposant qu’elle, elle ne se laissait pas faire pour autant. Son tempérament était bien trop fort. Mais surtout les paroles, bien que blessantes, étaient tout autant révélatrices. « Tu ne peux même pas prononcer son prénom. » remarqua-t-elle alors. Il avait buté sur le prénom de leur fils. Le prénom de son père disparu donc. Elle n’était pas dupe. S’il n’arrivait même pas à prononcer le nom de son père après plus de seize ans, comment pouvait-il prétendre que tout se serait arrangé s’il avait appris sa grossesse ? « Tu ne peux même pas le prononcer et tu oses me donner des leçons ? C’est pathétique. » Les mots étaient durs. Choisis avec soin. S’il avait choisi de lui faire mal, Leah était assez bonne joueuse dans ce domaine. Il n’y avait aucun souci là-dessus. Il lui en fallait plus pour déposer les armes et le genou à terre. Elle secoua alors la tête, ses cheveux fouettant à peine l’air. « Je n’ai jamais dit que je ne t’aimais plus à l’époque. » révéla-t-elle alors. il se trompait. S’il croyait que son départ était dû au fait de la disparition de ses sentiments, qu’il se rassure. Bien malgré elle, son myocarde battait toujours autant pour cet imbécile. Pourtant, elle s’était acharnée à le faire faire ou au moins à anesthésier le tout. Mais rien n’y faisait. Son cœur n’en faisait qu’à sa tête. « C’était même tout le contraire. » finit-elle alors par dire presque dans un murmure. La voix était retombée. Comme un secret qu’elle ne s’était plus dit depuis bien longtemps. Son regard se détourna alors de lui. C’était bien trop dur à supporter. Combien de fois faudra-t-il que le destin s’acharne sur eux ? combien de fois faudra-t-il qu’ils se déchirent jusqu’à la moelle pour enfin pouvoir vivre leur vie chacun de leur côté ? Est-ce réellement trop demandé ? Il fallait croire. Cela la tuait probablement de l’admettre mais dans un sens il n’avait pas tort. Avec des si, elle aurait pu refaire le monde. Elle avait pris le parti de croire que Bash n’aurait été qu’une épave et elle n’aurait probablement pas eu la force de s’occuper de lui et d’un enfant. C’était un parti pris, une vision de l’avenir possible. Mais qu’en aurait été-t-il si elle avait pris l’autre parti ? Celui si idyllique -qu’elle avait pensé illusoire- où l’annonce de sa grossesse, de l’arrivée de leur fils aurait pu être l’électrochoc qu’attendait le jeune homme pour sortir de sa torpeur ? Elle n’en savait rien. Strictement rien. Elle n’avait joué à la voyante qu’une fois. Avait-elle tiré les bonnes cartes ? Elle refusait de croire que ce n’était pas le cas. Pourtant, elle finissait par comprendre son point de vue. Ce qu’elle lui avait fait manquer. Mais est-ce que tout cela avait-il valu qu’elle risque le bien être de leur fils ? Elle en doutait fortement il semblerait. Un sourire cynique se dessina sur ses lèvres alors qu’il blatérait encore et encore sur les mille et une vies qu’ils auraient pu avoir si elle n’était pas partie. Certes. Mais c’était plus fort qu’elle. Il la prenait de haut, croyait savoir mieux qu’elle ce qu’il aurait fallu à leur fils alors qu’il ne le connaissait même pas -enfin si en vérité c’était un peu sa faute. Elle releva alors son regard vers le sien. Il ne s’accrocha pas. Il la fuyait à présent. Sans doute dégouté par son attitude, par ses choix qu’elle avait faits il y a quinze ans. Soit. « Tu prétends avoir survécu à mon départ. Tu prétends être devenu fou sans moi mais que t’as finalement réussi. Que t’es toujours debout. Mais c’est à peine si t’es la moitié de l’homme que t’aurais dû être Bash. Tu te caches derrière une pseudo-carapace de dure à cuire à trois sous. » commença-t-elle alors, la voix portée. « T’es toujours ce gars détruit, ce mec instable que j’ai quitté il y a seize ans. Qu’est-ce que tu foutais dans mon salon la dernière fois hein ? A à peine tenir sur tes jambes, et s’écroulant dans mon canapé hein ? Ose-me dire dans les yeux que tu as survécu comme tu dis. Ose-me dire que tout ça, ce n’était rien et que t’as fini par surmonter. Vas-y je t’écoute. » Son regard se faisait dur, sa voix tranchante. Elle en avait assez de lui donner des excuses, de simplement se justifier. Alors, elle avait osé. Elle lui reparlait de la dernière fois. De cette fameuse fois où un soir peu de temps qu’elle s’était installée à Los Angeles, après la mort de sa mère, il était venu chez elle. Complètement bourré, à se tenir à tous les murs mais surtout à elle. Il était redevenu cet enfant. Ce gamin perdu et en manque. Mais en manque de quoi ? même encore maintenant, elle s’interdisait de répondre à cette question. Alors, elle avait voulu oublier tout ça. Lui donner une seconde chance, dans laquelle ils pourraient être simplement des connaissances qui se disent deux mots et s’en vont. Mais c’était plus fort qu’elle à présent. Il l’attaquait, elle répliquait. Comme deux fauves en pleine lutte à mort. Mais qui serait celui qui mettrait le dernier coup fatal ? Cela restait encore un mystère. Elle soupira presque tremblante de toutes ces émotions négatives qui la traversaient. La douleur était palpable. Mais le ressentiment était encore plus fort. Ses joues portaient les marques de sa colère. Ses poings bien que ridicules face à ceux du jeune homme se contractaient bien malgré elle, ses ongles s’enfonçant dans sa peau à chaque fois qu’elle était hors d’elle. Tout semblait être fait pour qu’ils se disputent à nouveau. Qu’est-ce que ça serait à présent la suite hein ? Qu’arriverait-il à présent qu’il savait pour leur fils ? Elle n’osait pas encore y penser. Comment le pourrait-elle ? C’était une donnée qu’elle n’avait jamais imaginée une seconde. C’était impossible selon elle. Bash ne pouvait devenir le père de Lach, ne devait jamais l’apprendre. Mais à présent. Tout allait changer. Et celui faisait peur. Comment est-ce que cela allait se passer ? Comment est-ce que tout le monde allait réagir ? Elle était persuadée que jamais Bash ne voudrait lâcher l’affaire. Même si elle le suppliait, même si elle lui demandait au nom de la stabilité et du bonheur de Lachlan. Peine perdue. Néanmoins, un certain baume au cœur vint s’appliquer à son âme quand elle finit par l’entendre. Sur le choix du prénom. Cela n’avait pas été simple à l’époque. Des millions de prénoms s’étaient ouverts à elle sans qu’elle ne sache vers lequel aller. Pourtant, quand la sage-femme lui demanda le prénom de son fils, c’est presque instinctivement et surtout naturellement qu’elle avait donné le prénom de son père. Parce qu’au final, c’était logique. Après tout, Bash n’avait jamais quitté ses pensées une seule seconde à cette époque. Elle pensait à lui à chaque petit coup qu’elle ressentait dans son ventre. Elle pensait à lui quand Lachlan dit son premier mot ou fit son premier pas. Tout avait été rattaché à lui qu’elle le veuille ou non d’ailleurs. Il ne l’avait jamais quitté complètement. Elle acquiesça alors de la tête. Elle voulut dire quelques mots. Pas grand-chose. Mais c’est à ce moment-là qu’elle entendit les pneus crissant sur le sol et la voiture de son compagnon apparaître au coin de la rue pour venir se garer alors dans leur allée. Les mots moururent d’eux-mêmes dans sa bouche. Elle tentait de se faire un visage. Elle ne voulait pas qu’en plus il s’en mêle. Après tout, son hypothèse était la bonne quand les deux garçons se lancèrent des regards peu amènes. Manquait plus que cela. Néanmoins, Leah avait toujours eu l’intelligence de ne rien révélé à son petit ami l’histoire tant compliquée que viscérale qui la liait à Bash. Si elle lui avait évoqué les quelques épisodes sur le père biologique, elle ne s’était jamais trop étendue, ne donnant alors jamais de nom. Un mince sourire trôna alors sur ses lèvres. Il l’apaisait toujours. Sa présence était salvatrice pour Leah. Après tout, il avait si bien su panser ses plaies à leur rencontre. Il avait les bras protecteurs et réconfortants qu’elle avait toujours eu besoin au fond. Il la rejoignit alors assez vite, passant un bras autour de sa taille. Il se pencha pour l’embrasser. Leah se crispa légèrement mais répondit à ce bonsoir improvisé. Montrait-il réellement son territoire par cette action ? Ridicule. La jeune femme se racla alors la gorge. « Sam, voici Bash. Bash, Sam. » Au moins faire semblant. Au moins désamorcer une bombe qu’elle n’était pas encore prête à affronter, n’étant pas encore remise de la dernière. Elle tourna alors son regard vers son petit ami, son bras toujours entourant sa taille. Ce dernier semblait sceptique. Peut-être avait-il remarqué les joues rouges de Leah ou encore la mâchoire contractée de Bash. « Tu sais, je t’en avais parlé. Une connaissance, le meilleur ami de Tim. » Oui, c’était ainsi qu’elle l’avait défini auprès de son petit ami. Ni plus ni moins que détaché de tout lien avec elle. Elle n’était pas prête pour tout ça. Elle se détestait presque de mettre Tim, son frère décédé dans l’équation. Elle ne pouvait faire autrement. Elle était obligée pour que tout soupçon soit écarté. Ledit Sam salua d’un signe de tête l’autre homme. Elle pria presque du regard Bash d’accéder à une certaine amabilité. D’un regard, elle tenta de lui faire comprendre qu’elle n’avait vraiment pas envie que Sam apprenne toutes leurs mésaventures, réanimant alors cette connexion sans parole entre eux morte il y a seize ans. Après tout, comment aurait-elle pu lui raconter le soir où il était venue la voir complètement perdue et saoul ? Mais avait-elle droit à cette faveur ? Avait-elle droit à ce traitement de faveur après tout ce qu’elle lui avait fait ? Bash pouvait en un claquement de doigts faire totalement exploser la vie de Leah. Il tenait alors l’allumette dans sa main. La question finale était s’il tenait un tant soit peu à elle pour ne pas allumer la mèche ? Ben voyons tiens.
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MessageSujet: Re: (leash) hey, I was doing just fine before I met you, I drink too much and that's an issue but I'm okay Sam 5 Jan - 22:22


≈ ≈ ≈
{ Hey, I was doing just fine before I met you, I drink too much and that's an issue but I'm okay }
crédit/ psychotic bitch ✰ w/leah sweeney

J'étais mitigé. Et perturbé. Déstabilisé. Et en colère aussi. Tellement furieux. Je tentais tant bien que mal de contenir cette rage qui bouillonnait en moi afin d'éviter de blesser involontairement parlant celle qui se trouvait en face de moi, mais je devais l'avouer, c'était plutôt difficile. Bien que je ne lui ferais jamais aucun mal physiquement, il était fort probable que je lui en fasse d'une toute autre manière, malheureusement. Alors, mis à part traîner dans un long mutisme tout en l'observant, je serrais et desserrais les poings continuellement. C'était soit j'agissais ainsi, soit je pétais tout sur mon passage et ce n'était absolument pas ce que je souhaitais. Mais il fallait croire qu'en la présence de Leah, je ne parvienne pas à me maîtriser convenablement. Elle avait ce don inexplicable de faire ressortir le plus mauvais en moi. Mais elle était aussi très forte pour que le bon resurgir également. Elle était tout mon contraire. Lorsque j'étais le feu, elle était la flamme. Lorsque j'étais le vent, elle était la rafale. Et pourtant jusqu'à ce jour, cela nous avait toujours convenu. Cela nous avait toujours rapproché. Toujours attiré. Dorénavant, un fossé s'était installé entre nous. Un fossé tellement immense, tellement gros qu'il était impossible de le combler, de quelque manière que ce soit. Il y avait trop de choses, de mauvaises choses entre nous, des mensonges, des non-dits, des rancunes d'autan. A croire que l'on a toujours été maudits, Leah et moi. Le destin n'était pas pour que l'on se retrouve sans provoquer de drames quelconques. Non il voulait que l'on ait des ecchymoses invisibles et profondes. En plein cœur. L'endroit parfait pour s'insinuer. J'étais bien, ici, chez moi. Tout seul. Jusqu'à ce qu'elle débarque de nouveau dans ma vie. Involontairement. Je savais bien qu'elle n'était pas rentrée pour moi, mais pour être auprès de son père. Mais depuis qu'elle avait pliait bagage de New-York jusqu'à Los Angeles et depuis le jour où j'avais revu son visage, je n'avais plus réussi à ne plus penser à elle. J'étais parvenu à la mettre de côté, à avoir d'autres relations, qui bien que plaisant, n'avaient jamais abouti à quelque chose. Et voilà qu'un nouveau drame s'urgisait. Et pas des moindres. Sans aucun doute le plus douloureux. Encore plus que son départ et notre rupture. Et le ton monta crescendo et les reproches fusaient à nouveau. Notre rituel dés lors que l'on se mettait à discuter tous les deux. Il y avait moi qui l'insultait d'égoïste, et elle qui rétorquait qu'elle n'avait pensé qu'à lui. Durant les seize années de sa vie. Qu'il avait été sa priorité et qu'il le serait toujours. Qu'elle avait eu le devoir de lui apporter un environnement stable et réconfortant. Insinuant par la même occasion que je n'étais ni l'un ni l'autre. Et putain de merde, ça me faisait horreur de constater qu'elle avait raison. Ce que je n'admettrai pas. « C'est vrai que de vivre sans connaître l'identité de son père ni connaître ses origines et les raisons pour laquelle tu l'as élevé seul était la meilleure chose à faire. » Je secouai la tête avant de glisser mes doigts dans mes cheveux, je ne cessais de serrer mes poings à longueur de temps, j'étais partagé entre l'envie de me barrer d'ici pour souffler un peu, pour remettre mes idées en place, pour oublier toute cette merde en boîte mais également l'envie de continuer à m'énerver parce que cela me faisait pourtant un bien fou. « J'hallucine que tu es agis exactement comme tes parents. » Je savais que cela ne lui plairait pas. Je savais où tapais pour faire mal. Le sujet de ses parents biologiques était un sujet que l'on pourrait qualifier de tabou. Il était défendu de le mettre sur la table, cela avait toujours été ainsi. « T'as privé un fils de son père. Tout ça parce que tu as jugé que je n'étais pas apte à l'élever aussi. Tout ça parce que j'ai eu le malheur de perdre mon père. » Je me mis à rire. Un rire jaune. Un rire rauque. Moqueur. Parce que putain tout ça était totalement ridicule. Totalement absurde. Je nageais en plein délire. Que quelqu'un me pince afin que je puisse me réveiller. Mais non, tout ceci était bien réel. Malheureusement. Et c'était sans m'en rendre compte que je mettais rapprocher d'elle. Nous étions face à face, d'une proximité très réduite. Mais cela nous importait peu. Nous étions trop accaparé par les reproches que l'on ne s'en rendait même pas compte. C'était à celui qui blesserait plus l'autre. Celui qui balancerait le plus de blâme à la figure. C'était une bataille verbale. Encore plus lorsque je butais sur le prénom de Lachlan. Le prénom de mon fils. De mon père. Ce qu'elle me fit remarquer. Je penchais la tête sur le côté, plongeant mon regard dans le sien. Un regard sombre, ténébreux. Même si je connaissais les mots, les gestes et les sujets qui pouvait la heurter, elle connaissait aussi mes faiblesses. Nous nous connaissions par cœur. Après toutes ses années, rien n'avait changé. Pourtant tout était différent. Alors je ne répondis pas. Je me contentais simplement de la regarder. Intensément. Peut-être pour la déstabiliser aussi. Parce que je me souvenais à l'époque, qu'il était facile de le faire rien qu'en l'observant. Puis elle m'annonça de but en blanc qu'elle avait été au courant de sa grossesse bien après son départ. Et c'était sûrement pire que d'apprendre qu'elle l'avait appris avant. Parce que cela voulait dire qu'elle n'avait même pas souhaité revenir vers moi après cette nouvelle. Ce que je lui avouais. Continuant sur le fait qu'elle ne m'aimait déjà plus, à ce moment-là. Je rompu le contact visuel avec elle. M'éloignant alors de plusieurs pas. « Alors quand toi, tu aimes, tu t'en vas ? Et tu ne reviens jamais ? Wow, chapeau Leah. Belle définition de l'amour. » Je riais à nouveau, un rire léger cette fois. Amusé. Vaincu. Je pivotai sur moi-même. Lui tournant ainsi le dos. Je regardai le ciel, comme si j'attendais que quelqu'un, quelque part là-haut me vienne en aide. Me dise quoi faire. Comment agir. Que dire. Qu'il me fasse un signe quelconque pour me sortir de cette impasse. Intérieurement parlant j'étais détruit. Je l'avais toujours été certes, mais j'avais recollé certains morceaux à mesure du temps. Elle venait de tout détruire. Parce que je réalisais que nous aurions pu être heureux ensemble si elle n'était pas partie. Si elle n'était pas partie à cause de moi. Je devais arrêter de tout remettre sur son dos, mais elle devait en faire autant. Nous étions tous les deux dans le même lot, avec nos propres erreurs. Peut-être étions-nous trop jeune pour comprendre ce qu'était vraiment la vie. Peut-être que l'on ne s'aimait pas aussi fort qu'on le croyait ? Il y avait tas de questions sans réponses, des questions qui n'en auront sans doute jamais et qui resterons mystère à jamais. Alors je me retournai vers elle pour lui dire ce que j'avais eu besoin qu'elle sache. Pourtant, c'était comme si tout ce que j'avais dis était entré dans une oreille pour en ressortir aussitôt de l'autre. Comme si elle ne m'avait aucunement écouté. Et c'était certainement le cas. Apparemment je me cachais derrière une façade, une carapace de dure à cuire. Un sourire amusé s'affichait sur mon visage en entendant ses mots. Puis elle me reparla de ce moment presque oublié dans son salon, un soir de débauche, insinuant ainsi que j'étais toujours le même type qu'elle avait quitté jadis. Elle me défiait. Littéralement. Elle m'incitait à lui dire quelque chose droit dans les yeux. Un long silence s'installa. Il dura de longues et interminables minutes. Des minutes qui me paraissait une éternité où nos regards ne se quittaient pas. Regard auquel je me noyais alors soudainement, remontant des années en arrière, où nous étions jeunes et amoureux. Où j'avais été prêt à tout pour elle et son bonheur, quitte à détruire une amitié de plusieurs années pour pouvoir être auprès d'elle. Je réalisais soudainement qu'elle était autant ma force que ma faiblesse. Encore à l'heure d'aujourd'hui. Elle restera sans aucun doute la seule femme que j'aimerai aussi fort. Tellement brutal. « Tu veux réellement savoir pourquoi j'ai débarqué chez toi, dans un état pareil ? On sait très bien tous les deux les raisons qui m'ont poussé à le faire. » Je ne cessai de la regarder et mes paroles étaient devenus des murmures. « Et cela n'avait rien à voir avec mon père. Crois-moi. » Si j'étais arrivé chez elle, ivre, c'était parce que j'avais recroisé son regard, parce qu'elle m'avait adressé la parole. Parce qu'elle m'avait souhaité d'être heureux. Et parce que j'avais été si acerbe avec elle. Si je mettais bourré la gueule ce soir là c'était pour toutes ses raisons-là, parce que j'avais réalisé qu'après tout ce temps passé loin d'elle, je l'avais toujours dans la peau. Elle était toujours ancrée profondément en moi. La soirée avait bien commencé, j'étais avec des collègues, dans un bar en train de jouer au billard, les bières se sont enchaînés, l'alcool coulait à flot et son image me restait en tête. J'avais besoin de l'oublier. D'oublier ses traits. Alors je n'avais cessé de boire, encore et encore, histoire de l'effacer de mon esprit. Et sans savoir comment, je m'étais retrouvé devant sa porte. Sur son canapé. Sur ses genoux. Endormi. Quand je m'étais réveillé le lendemain, elle dormait contre moi, m'enlaçant de ses petits bras, les cheveux en bataille. Cela m'avait littéralement foutu un coup au cœur. Que je suis parti aussi discrètement que possible avant de la couvrir d'une petite couverture polaire et de lui déposer un baiser sur le front. Un contact qui m'avait donné littéralement la chair de poule. Que je ne m'en remettais toujours pas à l'heure d'aujourd'hui. Elle ne connaissait pas cette histoire là. Ce qu'elle retenait c'était l'homme ivre. Pas l'homme qui avait pris soin d'elle par la suite. Mes pensées fut chassé par un bruit de moteur. Je n'étais pas con au point de ne pas savoir que c'était le petit-ami de Leah qui venait de se garer dans l'allée. Et une montée en pression s'insinua en moi. J'horripilai la manière qu'il avait de la toucher. Qu'elle avait de lui sourire. Comme s'il était celui dont elle avait le plus besoin. Et mes poings se serrèrent encore plus lorsqu'il l'embrassa sous mes yeux. Putain je ne savais pas ce qui me retenait de me jeter sur lui, mais une envie folle de tuer arriva précipitamment en moi. Elle nous présenta. Comme si j'en avais quelque chose à foutre de son mec, putain. Je ne répondis rien. Me contentant de le fixer. Il l'a regardé sans comprendre. Et moi je comprenais alors qu'elle ne lui avait sans doute jamais parlé de moi. De qui j'étais, ni que j'étais ainsi le père de son fils. Elle me présenta comme une connaissance, le meilleur ami de son frère. Sans plus. Il me salua d'un signe de tête. Montrant ainsi qu'il n'était pas enchanté de me connaître et montrant également que Leah était à elle. Toutes les cartes étaient entre mes mains. Si je voulais jouer au salaud jusqu'au bout, j'avouerai tout à ce dit Sam, toute la vérité et je briserai sa petite vie trop parfaite. Leah me suppliait presque du regard. De ne rien raconter. De ne rien dire. Et putain j'en mourais d'envie. Je voulais lui faire du mal autant qu'elle m'en avait fait en me cacher la vérité sur mon fils. J'avais envie de la faire souffrir, de briser sa vie. Alors j'ouvris la bouche. « En réalité, je suis un peu plus qu'une simple connaissance. » Je ne regardais plus Leah, mais Sam. Droit dans les yeux. D'une façon presque assassine. Pour lui montrer qu'il n'avait pas affaire à n'importe qui. Puis je regardais Leah et je ne quittai plus son regard du mien. « Mais disons que c'est du passé tout ça, n'est-ce pas? L'argent, pour la voiture, tu peux directement l'envoyer par chèque à l'adresse qui figure sur la facture. » Je n'allais rien dire. Parce que je l'aimais. Parce que j'étais toujours amoureux d'elle. Parce que je ne voulais pas en faire mon ennemie. Parce qu'elle était plus importante encore que la rancune que je ressentais à l'intérieur de moi. Même si tout ceci n'était aucunement réciproque. « Joy serait ravie de te revoir. Ma mère également. » Alors je jouais la carte de l'ami, alors que nous n'étions plus rien l'un pour l'autre. Juste parce que c'était elle. Juste pour ne pas la briser.
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MessageSujet: Re: (leash) hey, I was doing just fine before I met you, I drink too much and that's an issue but I'm okay Ven 11 Jan - 2:07

LEASH You look as the good as the day I met you. I forget just why I left you, I was insane. Stay and play that Blink-182 song that we beat to death in Tuscon, okay. I know it breaks your heart moved to the city in a broke down car. And four years, no call. Now you're looking pretty in a hotel bar and I can't stop. No I can't stop. So baby pull me closer in the backseat of your Rover ››


HEY, I WAS DOING JUST FINE BEFORE I MET YOU,
I DRINK TOO MUCH AND THAT'S AN ISSUE BUT I'M OKAY


La gifle partit bien plus vite qu’elle ne l’aurait voulue. L’avait-elle vraiment voulu ? Peut-être pas. Mais son sang n’avait fait qu’un tour en l’entendant. Ses paroles l’avaient heurté au plus profond de son cœur. Il savait taper où ça faisait mal, il n’y avait aucun doute là-dessus. Il savait ô combien ce sujet pouvait être tabou pour elle. Presque interdit. Mais il avait osé. Il avait ouvert la bouche pour la blesser plus que de raison. Voilà à quoi ils en étaient réduits. A mettre l’autre plus bas que terre. L’achever aurait été peut-être plus simple. La torturer en remuant le couteau était bien lâche de sa part. Pire encore, c’était cruel. Ses mots n’étaient pas mâchés et ils avaient le gour de l’amertume. Son rire jaune avait été la cerise sur le gâteau. Elle ne le supportait pas d’avantage. Cette désinvolture et cette ironie. Insupportables. Leur joute verbale devenait ridicule. Leah en comprenait à peine le sens. Pourquoi ? Au final, à force d’avoir usé des choses pour se blesser, elle en avait oublié leur argument premier. Leur fils. C’était lui le cœur du problème. Au fond, elle savait que Bash n’était pas dans son tort. Priver un fils de son père n’était pas forcément une solution. Mais aurait-elle du lui laisser sa chance en sachant qu’il y avait un pourcentage que cela rate ? C’était ça qui l’avait décidé au final. Elle ne pouvait pas se permettre que cela rate. Son fils n’était pas une poupée sans émotion que l’on pouvait balader comme on le souhaitait. Bien au contraire. Ce petit être devait avoir le meilleur au premier tour. La seconde chance n’était pas permise. Pas quand il s’agissait de son fils. Leur fils. Mais Bash ne comprenait pas. Le pourrait-il un jour ? C’était pour le moment impensable. Il était d’une telle rage. Rancune. S’il était possible d’en rajouter plus qu’il n’en éprouvait déjà rien qu’à son retour à Los Angeles. L’attaquer était sa seule défense. Lui reprochant tout et n’importe quoi. Evoquant même ses géniteurs. Alors c’était parti tout seul. Bien plus fort qu’elle. S’il était enragé, elle était dégoûtée. Déçue qu’il puisse utiliser ce genre d’arguments. Elle secoue la tête. Son visage se tord sous la déception. Elle commence à lever les mains et à ouvrir la bouche. Abandonne-t-elle ? Peut-être bien. Mais les mots lui manquent et les bras retombent le long de son corps. La chaleur dans sa main est encore présente. Le bruit contre sa joue résonne encore dans ses oreilles. Elle préfère alors se retourner pour partir. Il vaut mieux. Parce que si lui finit par sortir des armes scandaleuses, elle n’est pas prête à faire de même. Cette guerre n’était plus la sienne. Pourtant, elle n’arrive pas à faire quelques pas de plus. Baissant la tête quelques secondes. Avant de finalement se retourner vers lui. Sa voix est plus posée. Mais si le calme semble avoir entériné la tempête, la guerre n’était pas finie. La dernière bataille n’a pas encore eu lieu. « Comment oses-tu ?! » Les mots étaient simples. Le dégout transparaissait néanmoins. Il avait osé. Alors qu’il savait. Il avait ô combien cette histoire l’avait toujours touchée. O combien ce sujet avait toujours été tabou pour elle. Mais il avait osé. « Tu n’as aucun droit de parler d’eux, je t’interdis de me comparer à eux. » Elle n’arrivait même pas à le dire. Ils n’étaient que ‘eux’. Le mot parent la révoltait. Elle ne les avait jamais considérés comme tel. Et ce depuis son arrivée chez les Sweeney. Ses parents étaient ceux qui l’avaient élevée, qui l’avaient aimée. Pas une bande de lâches qui ont préféré fuir et l’abandonner. Si elle n’en parlait, ce n’était pas pour autant qu’elle n’en gardait pas une blessure. Cette adoption avait été une bénédiction pour elle. Les Sweeney étaient sa famille et rien ne pourrait remplacer ça. Elle remerciait presque ses géniteurs de l’avoir mise sur le chemin de ces gens-là. Mais elle ne leur pardonnerait jamais de l’avoir laissée. Leah était contradictoire, certes. La contradiction d’un enfant qu’on abandonne. On repousse tant on aime. Et Bash savait tout cela. Ils en avaient déjà parlé ensemble. De rares fois. Elle lui avait confié ce qu’elle pensait de tout ça avant de clore définitivement le sujet. Parce que pour elle, il était définitivement clos. Jamais, elle ne voudrait en reparler. Pourquoi faire ? Les gens qui l’avaient laissée dans cet hôpital, à peine âgée de quelques heures, ne valaient même pas son attention. Ce serait leur donner trop d’importance. Mais il avait osé remettre ça sur le tapis. Remuer le couteau dans la plaie finalement. « Je ne suis pas comme eux. Je n’ai agi que son intérêt. Il a toujours été ma priorité, pour son bien-être. Alors si pour cela, je devais l’éloigner de son père, je devais le faire. Quoi qu’il se passe. » C’était un fait. Elle n’avait fait ça que pour son fils. Elle avait beau se justifier sur ce fait, il semblait buter. Il ne comprenait pas ou ne voulait tout simplement pas comprendre. Peut-être comprenait-elle à présent ses torts ? Sans doute. Mais dans l’histoire, ils étaient deux. Deux à avoir fait des erreurs. Mais ils n’étaient pas deux à les reconnaître. Ça c’était le moins qu’on puisse dire. « Et arrête de toujours te poser en victime, Bash. Pour une fois dans ta vie, assume tes actes. T’as perdu ton père, c’est un fait. Mais t’avais pas le droit de foutre tout autour de toi en l’air. T’as pas été le seul à souffrir dans l’affaire. Crois-moi. » Son cœur en était encore brisé de cette période de solitude. A ses côtés. Parce que la mort de son père avait été dévastatrice chez lui. Il n’était plus que ce fantôme, s’enfonçant dans un trou noir béant. Leah avait essayé tellement fort. Elle était restée là des semaines, à tenter de le bouger, à essayer qu’il réagisse. Mais rien. À force, elle était devenu le même fantôme que lui. Elle ne l’avait pas supporté. D’autant plus que le voir dans un tel état avait été une telle souffrance. Voir l’être aimé au plus bas était une torture pour l’autre. Surtout quand on se sent impuissant. Leah avait essayé. Mais Bash n’avait rien vu, trop focalisé sur son propre chagrin. Il n’avait pas vu qu’autour de lui, Leah s’était écroulée à son tour. C’était pour ça qu’elle était partie. Pour se retrouver et redevenir celle qu’elle était, loin de l’ombre à peine voilée qu’elle était devenue à ses côtés. Elle prit quelques secondes pour s’arrêter. Simplement savourer le silence entre eux. A présent, le calme était presque revenu. La tempête était passée. Leah soupira. Elle releva le regard vers lui. Elle bascule légèrement la tête vers l’arrière, réfléchissant à ses propres mots. « Ecoute. » Elle soupire un instant, remet une mèche de cheveux derrière ses oreilles. Comme à chaque fois qu’elle devait prendre son courage à deux mains. Elle tente de capter un regard qui semble la fuir. « Je sais que peut-être je n’aurais pas dû faire ça d’accord ? Que j’ai peut-être pris la mauvaise décision. Tout aurait pu être différent. J’en suis consciente. Mais avec des si, on peut refaire un monde Bash. Un enfant mérite qu’on soit à lui pleinement, qu’on l’aime sans tâche d’ombres. A l’époque, tu avais beaucoup trop de noirceur autour de toi. La possibilité que cela ne marche pas était bien trop grande. Je ne pouvais pas prendre le risque. Pour notre fils. » Les derniers mots étaient presque trop difficiles à prononcer. Cela le rendait réel, vivant. Notre fils. Jamais elle n’aurait pensé pouvoir le dire un jour. Oh, elle y avait pensé de nombreuses fois autrefois. Quand elle était enceinte ou lors des premières années de vie de Lachlan. Mais jamais, elle ne l’avait formulé à voix haute. Encore moins devant lui. Cela changeait toute la donne. C’était étrange. Irréel. Mais c’était la réalité. Leah ne pouvait nier ou se mentir encore une fois. Elle devait accepter le fait que la réalité éclatait tout autour d’elle. Rien ne sert de tenter de goupiller à nouveau une grenade quand elle a déjà explosé. Il faut faire avec et réparer ce qu’on peut. C’est ce qu’elle tente de faire. Parce que maintenant qu’il savait, elle devait faire avec. Elle n’avait pas le choix. Le retour en arrière était impensable. Bash serait bien là pour le lui rappeler. Mais qu’adviendra-t-il ? C’est une question à laquelle elle ne saurait répondre. L’avenir semblait bien flou à présent. Voudrait-il le connaitre ? Le rencontrer peut-être ? Cela mettait déjà la boule au ventre à Leah. Elle n’était pas prête à l’annoncer à son fils. Si elle ne lui avait jamais rien caché de sa relation avec son père biologique, elle était inquiète de sa réaction. Et s’il lui en voulait pour quelques raisons qu’elles soient ? C’était fort probable. Après tout, cela faisait à présent deux ans que son père était quelque part dans la même ville que lui. Peut-être l’avait-il déjà croisé au détour d’une rue, d’un rayon de magasin ? A vrai dire, il était fort de dire que l’avenir lui faisait peur à présent. Mais c’était presque ça. L’incertitude la mettait toujours mal à l’aise, elle qui avait toujours adoré le contrôle. Après tout la guerre n’était pas finie. Pire encore, elle battait son plein. Si Leah tentait de comprendre à présent, c’était plus fort qu’elle. Il l’avait blessée. En parlant de ses géniteurs. C’était plus fort qu’elle. Si elle avait déjà mis un genou à terre, elle se relevait à présent la tête haute. Il ne comprenait donc rien. Il était tellement buté. Une chose qui n’avait pas changée tiens. Alors, la joute verbale continuait. Mais elle n’avait plus envie de crier. Comment pouvait-il comprendre qu’un départ ne pouvait pas forcément signifier la fin ? Parce qu’au fond, rien n’a jamais été fini entre eux. Elle s’en rendait compte. Un simple point-virgule avait été ajouté. A présent, ils continuaient la phrase. Peut-être dans une autre direction que celle prévue au départ, mais ils la continuaient. Son cœur en était une preuve tangible. Il n’avait jamais cessé de battre pour lui. Jamais. Un premier amour était parfois bien difficile à oublier. Surtout quand il lui a donné le plus beau cadeau qui soit : leur fils. Alors oui, son myocarde n’en faisait qu’à sa tête. Il battait à tout rompre quand son regard se posait sur elle. Il se figeait quand il s’approchait un peu trop d’elle. Et mourrait quand il avait le malheur de la frôler. Elle n’y pouvait rien. Son organe était bien trop têtu. Et peut-être qu’elle le voulait aussi au fond ? Ne pas oublier. Perpétuer ces sensations malgré une autre vie. Parce que s’en était une d’autre vie. Ils auraient pu avoir la leur, ensemble. Mais, elle s’en était construite une autre loin de lui, loin des complications. Peut-être qu’elle avait fini par choisir la facilité. Ne pas l’affronter, vivre paisiblement dans les bras d’un autre qui la rassurait. Peut-être. Mais c’était ainsi. Et sans doute qu’elle referait les mêmes choix si on lui proposait à nouveau. Elle aimait sa vie. Elle aimait son petit ami et sa famille. Loin de ce bazar. Mais cet imbécile avait toujours eu la force de lui faire douter de tout. De lui faire hésiter rien qu’un seconde. Elle s’en détestait pour ça. Parce qu’elle n’en avait plus le droit. Cela faisait des années qu’elle n’en avait plus le droit. Elle avait fait ses choix, en était heureuse. Elle devait les assumer jusqu’au bout. Mais parler du passé était si compliqué et dur à la fois. Cela faisait ressortir des sentiments qu’elle avait verrouillés depuis longtemps. Et ça faisait un mal de chien. Surtout quand il l’accusait d’une définition erronée de l’amour. Parce qu’elle l’avait aimé. Oh que oui. Même à des millions de kilomètres, elle l’avait aimé. Comme un fou, comme un soldat, comme une star de cinéma comme dirait la chanson. Mais ça, il ne semblait pas le comprendre. « T’es mal placé pour parler de ça. » Elle croise alors les bras sous sa poitrine. Sa voix est calme, posée. « Parce que toi quand tu aimes, tu brises. » Les morceaux de son cœur le sont encore. Bash ne s’en rendait pas compte mais il n’avait pas été le seul à avoir souffert dans l’histoire. Il semblait l’oublier. C’était peut-être des mots forts. Trop forts. Avant la mort de son père, leur couple avait été presque un rêve éveillé pour Leah. Bash avait été le petit ami dont toutes les filles pouvaient rêver. Mais ça, elle ne l’avouerait probablement pas. Lui donner raison était bien au-dessus de ses forces. Pas après ce qu’il avait osé lui dire. « A croire que t’as jamais su aimé, sans détruire quelque chose autour de toi. » Son malheur, il ne se le devait qu’à lui-même. C’était lui qui avait tout détruit, de ses propres mains. Il avait été l’artisan, l’architecte. Elle n’en avait été que le témoin principal de l’affaire. Rien de plus. Après tout, son frère lui avait toujours dit qu’il n’avait pas retrouvé quelqu’un après elle. Sans doute parce qu’au final, il n’arrivait plus à aimer comme avant. Peut-être à cause de son départ ? Elle en doutait. Il y avait surement une part de vérité là-dedans, mais Bash était surtout un homme cassé par la mort. Tellement abimé que l’amour glissait à travers les fissures, ne le gardant jamais pour lui. Les souvenirs affluaient. Tant douloureux qu’heureux. Un melting-pot de sensations douces-amères se juxtaposait étrangement. Comme celui où il était venu chez elle à une heure tardive, complètement saoul. Ils n’en avaient pas reparlé. Dans un sens, elle l’avait oublié. Parce que cela n’avait été qu’une erreur de parcours. Un épisode dont chacun voulait se débarrasser. Et elle aurait mieux fait de se taire. Les réponses aux questions de Bash restèrent presque en suspens dans son crâne. Non, elle ne voulait pas les évoquer. Elle ne voulait pas faire éclater ce qu’elle redoutait depuis des mois, depuis cette fameuse nuit. Réactiver ce souvenir n’était pas sa meilleure idée. Les mots lui manquaient et le silence à ces questions était, d’après elle, sa meilleure réponse. « … » Elle ne pouvait rien dire. Parce qu’il avait raison. Et elle détestait ça. Si elle les avait soupçonnées dans son crâne, l’entendre ne serait-ce que les dire implicitement la rendaient mal à l’aise. Ce n’est pas comme ça que cela devrait se passer. Elle n’en était que la seule fautive au fond. Son départ. Leur rupture jamais prononcée à voix haute. Ou encore son retour. C’était sans doute ça qui avait fait le plus mal paradoxalement. Son retour. Alors, elle ne dit rien, préférant laisser planer le doute et les réponses. Seuls leurs regards se comprenaient. Les mots étaient parfois de trop entre eux. Comme avant. De toute façon, il n’était pas l’heure à ce genre de souvenirs, à ce genre de révélation. Loin de là. Surtout quand les deux entendirent les pneus crissant sur le goudron et enfin le moteur qui s’éteint de la voiture du petit ami de Leah, Sam. Leah ne pensait pas qu’il était si tard à présent. La dispute avec Bash avait surement dû lui faire perdre la notion du temps. Mais un léger sourire s’installa sur ses lèvres à la vue de son petit ami. Il était là. Tout irait mieux à présent. C’était le sentiment qu’il lui donner à chaque secondes. Il la rassurait, la protégeait. Il l’aimait tout simplement. Pourtant, malgré elle, une gêne s’installa en elle quand il l’embrassa devant Bash. Un malaise qu’elle n’expliquait pas. Sans doute la rencontre choc de son passé avec son présent presque futur. Peut-être. Elle sentit néanmoins la tension entre les deux hommes. Comme deux mâles prédateurs, chacun voulant défendre sa proie. A savoir Leah. C’était d’un ridicule. Elle en aurait presque rit dans d’autres circonstances. Mais, à cet instant, il serait presque resté coincé dans sa gorge. Parce que c’était Bash qui avait les cartes en main à présent. Il pouvait à tout instant faire exploser sa ‘petite vie parfaite’ comme il lui avait déjà dit. Sans doute par pure vengeance, par pure haine. Il pouvait en être capable. Son cœur s’était un instant arrêté de battre. Irait-il jusque-là ? La détesterait-il assez pour la détruire complètement ? Elle n’en savait rien et cela la rendait presque folle. Seul le bras de Sam autour de sa taille semblait réel dans le flou qui l’entourait. Elle se mordit la lèvre inférieure en attendant le verdict de son propre jugement. Le couperet ne sembla pas tomber. Son cœur finit par exploser de soulagement. Si Bash par ses insinuations à peine subtiles voulait l’atteindre, c’était raté. Elle l’en remerciait presque d’avoir opté pour la clémence. « Je… Oui. Je trainais souvent dans vos pattes à Tim et à toi, quand nous étions petits. C’est vrai. » Finit-elle par conclure avec un léger sourire qui même à elle semblait bancal. L’allusion au passé lui fit mal. Elle ne pouvait se le cacher. Comme un dossier que Bash refermait violemment à son visage. Avoir passé des dizaines de minute à se faire mal avec leur histoire ancienne pour finalement oublier, c’était dur. Un léger trouble apparut dans ses yeux à cet instant. A peine perceptible mais bien réel. Elle se reprit. Le bras de Sam la ramenait à la réalité. « Tout ça semble loin en effet. » Sa voix était presque voilée, prise par les souvenirs qui affluaient presque malgré elle. La mort de Tim en était déjà une preuve tangible. Voilà trois ans qu’il était parti. Une éternité pour une famille en deuil. « Je… Oui, bien sûr. » Elle répondait presque machinalement. Elle ne savait même plus où elle l’avait foutue cette foutue facture. Surement dans l’une de ses poches de son jean. Ou peut-être ne lui avait-il pas donné. Elle ne savait même plus à vrai dire. Tout avait été chamboulé dans sa tête. Surtout que la dernière phrase de Bash l’attaqua en plein cœur. Sa sœur, sa mère. Cela semblait des siècles qu’elle ait entendu parler d’elles. La dernière fois qu’elles s’étaient vues remontait à tant de temps. Juste avant son départ à vrai dire. Peut-être lui en voulaient-elles, elles aussi. Elles seraient dans leur bon droit. Quelle mère accepterait l’ex de son fils qui lui aurait brisé le cœur un peu plus ? Personne. Etant à présent elle aussi maman, elle comprendrait très bien cette réaction. C’était à peine exagéré. Que pouvait-elle répondre à cela elle ? Qu’elle viendrait ? Ce serait surement hypocrite et faux. Elle savait très bien que Bash jouait. Que devant Sam, ses paroles n’étaient qu’anodines. Pourtant, elles arrivaient encore à l’atteindre en plein cœur malgré elle. « J’y penserais. » Ce n’était pas un mensonge. Parfois, elle y pensait oui. Mais y penser ne voulait pas dire le faire. Leah ne sentait mieux à ne pas lui mentir même si ce n’était que pour faire illusion à Sam. Maintenant que le secret autour de Lachlan était éclaté, elle se sentait mal de lui mentir, même par omission ou par obligation. « On ne va pas te retenir plus longtemps, t’as surement mieux à faire. Et merci pour la voiture. J’enverrais la facture donc. » Partir. Ne plus se revoir surement. Son propre cœur se contracta malgré elle. Sam était resté silencieux durant leur échange, mais elle était sûre que dès que la porte d’entrée se refermerait, les questions fuseraient et elle n’était sans doute pas prête pour ça. Heureusement, il ne semblait pas soupçonner ce qu’elle avait toujours de tenter de garder pour elle. C’est-à-dire les liens qui pouvaient la lier à Bash. C’était déjà pas mal pour commencer. « Au revoir, monsieur Bash. » Juste quelques mots avant qu’il ne se tourne vers la jeune femme, le regard doux. « Rentrons, chérie. » Il entoura ses épaules de son bras. Protecteur ou possessif ? Leah avait presque un doute. Mais elle ne dit rien. Sam n’était pas le genre de gars qui défiait ou poussait les autres dans leurs retranchements. Non, à vrai dire, il était presque tout le contraire de Bash. A commencer par les lunettes qu’il portait sur le nez. Il n’avait certes rien à lui envier de sa carrure mais il est vrai, qu’il n’en ressortait pas la même prestance. Le même aura. Leah s’en apercevait à présent. « Allons-y. » répondit-elle simplement. Elle n’adressa qu’un simple geste de la main à Bash. Les mots ne sortant pas de sa bouche. Ils commencèrent alors tous deux à se diriger vers leur maison, laissant Bash rejoindre sa voiture. Sam la tenait toujours par les épaules. « Les enfants sont déjà rentrés ? Hava et Lachlan ont bien profité de leur sortie au parc cette après-midi ? » Des phrases que Bash dut entendre presque dans un murmure. Des phrases que Leah entendit à peine qu’elle dut se concentrer pour en capter le sens. Et voilà que le quotidien recommençait. Loin de tout ce bazar. Loin de Bash. Mais cela avait définitivement changé. Quelque chose avait changé. Leah le sentait. Et l’avenir semblait bien moins incertain. Voire carrément terrorisant.
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MessageSujet: Re: (leash) hey, I was doing just fine before I met you, I drink too much and that's an issue but I'm okay Ven 11 Jan - 13:07


≈ ≈ ≈
{ Hey, I was doing just fine before I met you, I drink too much and that's an issue but I'm okay }
crédit/ psychotic bitch ✰ w/leah sweeney

Je m'étais attendu à ce genre de réaction, à ce genre de geste incontrôlé. C'était mérité, je dirais. Je l'avais promptement cherché. C'était une attitude logique, normale. Ce n'était pas la première fois qu'elle m'administrait une gifle au coin de la joue, l'endroit parfait pour que l'on sente bien la douleur. La dernière fois remontait à des années lumières, quand nous étions encore ensemble et lorsque l'on se disputait. En revanche je ne m'étais pas attendu à cette force insoupçonnée de sa part. Elle n'y était pas allée de main morte, ça c'était certain. Le coup était parti tellement vite que je n'avais même pas eu le temps de comprendre vraiment ce qu'il se passait. En l'occurrence, j'avais raison, j'avais tapé là où ça faisait le plus mal et elle me le rendait bien. Le sujet de ses parents biologiques avait toujours été tabou, elle m'en avait conté quelques lignes avant de se refermer sur elle-même pour clôturer définitivement le sujet. Elle n'avait jamais aimé en parler, et dés lors qu'il m'arrivait d'en discuter de nouveau, elle s'éloignait de moi, remontée comme personne. C'était comme le serment inviolable dans ce film de sorcier, elle m'avait presque incité à ne plus jamais remettre ça sur le tapis. Alors j'avais respecté sa décision et je n'en avais plus jamais parlé. Dorénavant, c'était encore différent. J'avais brisé ce serment inviolable. Parce que je voulais lui faire du mal autant qu'elle m'en avait fait. Parce que je voulais lui faire comprendre à quel point sa trahison, parce que oui cela en était une, était malsaine, fétide. Je voulais lui montrer aussi qu'il ne fallait pas jouer aux plus forts avec moi, que je répliquais toujours, même si cela blessait les gens. Même si cela n'était pas une chose correcte. J'étais une personne susceptible, j'avais ce besoin constant de rendre coup pour coup. J'avais cette fierté monstre et ce côté impulsif que je ne parvenais pas toujours à maîtriser malheureusement. Comme aujourd'hui, comme à cet instant. Je regardais Leah droit dans les yeux, une main posée sur ma joue endolorie. Elle était comme déconfite voire presque déçue de mon comportement. Tellement qu'elle n'arrivait même plus à émettre une quelconque parole. Elle était comme résignée. Alors je la vois se retourner. Je la vois me tourner le dos une seconde fois et inconsciemment je me maudis de l'intérieur de lui avoir fait du mal. C'était pourtant ce que je cherchais. Mais cela n'eut pas l'effet escompté. Je ne me sentais toujours pas bien. J'avais toujours la poitrine douloureuse. Et étrangement je revivais son départ. Pourtant, elle se retourna de nouveau vers moi pour laisser exploser sa peine d'un ton calme mais sinistre. Me demandant comment j'avais osé. Que je n'avais aucun droit de la comparer à eux. Je l'observais. Attentivement. Elle n'avait pourtant pas tellement changé, même si elle se donnait une image d'une femme capable de se contrôler, je réussissais toujours à lire en elle comme je lirais un simple ouvrage. Je n'étais pas dupe, sa voix l'avait trahi. Elle était blessée. A cause de moi. Toujours à cause de moi. C'était à croire que je n'étais bon qu'à cela avec elle. Lui faire du mal. Involontairement ou volontairement parlant. Peut-être qu'elle avait eu raison de partir loin de moi à cette époque. J'aurai continué à la faire souffrir. Je ne pipai mot mais je ne cessai jamais de la regarder. Je savais que j'avais remué le couteau dans la plaie, une plaie qu'elle avait certainement pansé depuis le temps, et comme un sombre idiot je l'avais ouverte de nouveau. Putain de merde. Qu'est-ce que je foutais encore ici, à me lamenter sur mon sort, à lui parler pour lui dire des mots tranchants au lieu de partir et de ne plus jamais la revoir ? Bien que je n'étais pas ce que je souhaitai. Bordel, j'aimerai retombé tous les jours sur elle, si je le pouvais. Même si c'était encore pour se disputer, pourvu que je la croise. Mais pour le bien de tout le monde, nous nous devions de ne plus nous voir. Je soupirai fortement, quand elle ouvrit de nouveau la bouche pour m'expliquer qu'elle avait agit dans le propre intérêt de Lachlan. Qu'il avait été sa priorité et que si cela avait été de l'éloigner de moi, elle l'aurait fait. Et c'était ce qu'elle avait fait. Je laissai une certaine distance entre nous. Parce que lorsqu'elle se trouvait près de moi, j'éprouvais tout un tas d'émotions que je n'étais pas censé éprouver. Et je n'étais pas sûr de moi et de mes intentions aussi. « Je suis... » Je fronçai les sourcil avant de m'arrêtait net. J'avais été prêt à m'excuser. Je mourais d'envie de m'excuser. Mais cette putain de fierté me l'empêchait. Alors à la place, j'agissais comme j'avais toujours agis. Comme un connard égoïste. « Que veux-tu que je te dise d'autre ? T'es juste trop bornée pour admettre que t'es exactement comme eux. » Je me haïssais tellement. Si je pouvais brûler en Enfer, j'irai volontiers. Je glissai une main dans mes cheveux, ce signe qui appelait à dire que j'étais énervé, stressé, gêné. Un geste que je faisais constamment sans même m'en rendre compte désormais. Selon elle je devais arrêter de me poser en victime. Que je devais assumer mes actes. Qu'avoir perdu mon père n'était pas tellement une excuse pour tout foutre en l'air autour de moi et ainsi que je n'avais pas été le seul à souffrir. Et merde, tout ceci j'en étais bien conscient. J'avais tout détruit sur mon passage à sa mort et chaque jour qui faisait je m'en mordais les doigts. D'avoir brisé une famille, cette mère et cette sœur qui ne parvenaient plus à me parler, cette fille, cet amour, qui ne parvenait plus à me comprendre et ces mais, cet ami, qui ne parvenait plus à me calmer. Je n'avais été plus que l'ombre de moi-même. J'avais perdu mon repère, mon modèle quant bien même nos relations n'étaient pas extraordinaires. J'étais devenu l'homme de la maison alors que je n'étais encore qu'un putain de gamin. Je n'avais pas voulu de ce rôle là. Je n'étais pas prêt à prendre ce genre de responsabilités. « J'ai tourné la page de sa mort. Tu vois, j'arrive à en parler maintenant sans partir en vrille. Je n'étais qu'un gamin. Un gamin qui avait perdu son père. Un gamin impulsif, incapable de maîtriser, de gérer ou de comprendre ses émotions. » Des émotions que j'arrivais désormais à maîtriser, à gérer et à comprendre surtout. Je regardai Leah dans le blanc des yeux. « Je suis désolé de ne pas avoir été un petit-ami parfait et à la hauteur de tes attentes. De ne pas avoir été capable de vivre un deuil en toute sérénité ou encore de ne pas t'avoir offert un monde meilleur. Désolé d'être un pauvre type brisé, Leah. » Ce n'était pas des excuses à proprement parlé. Ce n'était pas non plus une résignation. C'était un constat. Un bilan. La vie était faite de choix. Certains que l'on regrettaient, d'autres qui nous rendaient fiers. Avoir brisé ce couple que l'on formait, cette fille qui se tenait face à moi faisait parti de mes plus grands regrets. Si je pouvais remonter le temps et revenir en arrière pour tout modifier, je le ferais. Dix fois. Vingt fois. Malheureusement, la vie était également éphémère et inchangeable dans le temps. Tout ce qui s'était passé, ne pouvait être effacé. Tout ce qui avait été dit, ne pouvait être supprimé. Il fallait accepter ce que l'on ne pouvait changer. Et continuer d'avancer. Malgré les embûches, malgré les drames, malgré les dangers que la vie nous réservait parfois. J'avais accepté qu'elle ne fasse plus partie de ma vie. Qu'elle ne soit plus à moi et que nous ne formerions rien d'autre désormais que des parents pour un enfant. J'étais résous à ne plus être rien à ses yeux que le père de son enfant, celui là même qui l'avait détruite, quinze ans en arrière. Un silence de mort s'était inexorablement installé entre nous. Un silence de plusieurs longues minutes. Des minutes que je pris pour lever mon regard vers la fenêtre et pour constater une nouvelle fois que Lachlan. Que mon fils était toujours présent. A nous regarder. Le visage fermé. Je baissai de nouveau le regard quand Leah combla le silence de ses mots. Mots qui me heurtèrent plus que de raisons. Surtout les derniers. Elle reconnaissait ses fautes, je comprenais sans comprendre. « La possibilité que ça fonctionne était pourtant là aussi, tu n'as juste pas souhaité que je fasse parti de ta vie, de votre vie. » Buté. J'étais buté. Je le savais. Je n'y pouvais rien. « Franchement, Leah, laisse tomber ! On ne peut pas changer ce qui a déjà été fait, alors. Tout roule désormais pour toi. Et c'est la même chose pour moi. » Je lâchai prise, parce que j'en avais marre. Marre de me justifier sur le pourquoi j'étais énervé de son mensonge, de sa trahison et marre de l'entendre trouver des excuses à chaque phrase que je prononçais. Nous étions dans un cul-de-sac, nous tournions en rond en nous lançant des reproches et en tentant de faire porter le chapeau à l'un comme à l'autre. C'était un jeu sans fin. Un jour auquel je ne voulais plus jouer. Le mal était déjà fait, de toute évidence. J'avais un fils depuis toutes ces années, un fils dont je venais d'apprendre l'existence. Un fils, qui plus est, avec la femme dont j'ai été fou amoureux. Je n'en revenais toujours pas. C'était une histoire complètement folle. J'étais père. Je n'avais pas le rôle de papa, j'avais juste l'appelation. Pourtant j'avais un fils. Moi qui n'aurait jamais cru ça possible. Moi qui n'espérait même pas en avoir un jour dans ma vie, me voilà en avoir un. Je me demandais comment cela pouvait être possible tout en sachant qu'à l'époque où nous sortions ensemble nous nous protégions toujours. En principe. Je n'avais pas souvenir de ne pas avoir porter de préservatif, même par mégarde. Je ressassais dans mes plus lointoins souvenirs pour tenter de savoir comment cela pouvait être possible. Ce qui était d'autant plus difficile puisqu'en ce temps-là, il n'était pas rare que nous ne le faisions pas. Bien au contraire. Puis je me souvins. D'une manière aussi soudaine qu'une rafale de vent. Il y avait bien une fois. C'était après un concert, Leah était fan d'un groupe, que je n'appréciai pas tellement mais auquel j'avais participé rien que pour voir dans ses yeux ses petites étoiles scintillaient. C'était en plein mois d'avril, je m'en souvenais comme si c'était hier désormais, tout me revenait dans la tête. Elle portait ce pantalon en simili cuir qui lui faisait des fesses à couper le souffle, et ce petit débardeur blanc. Elle m'avait rendu fou ce soir-là, alors je n'avais pas pu attendre et nous l'avions fait, dans la voiture, sur le parking même. C'était tellement soudain que j'avais omis d'en utliser un. Nous nous en étions rendu compte plusieurs jours après, mais elle prenait la pilule, alors il n'y avait pas morts d'hommes. Je revins au présent après que Leah ait de nouveau parlé, alors je secouai la tête en riant, elle avait réponse à tout. C'était incroyable. Il fallait toujours qu'elle ait le dernier mot. Cela non plus n'avait pas changé. Elle avait toujours aimé avoir le dernier mot. Même lorsqu'elle avait tord. Ses mots étaient crus, pourtant. Elle voulait faire mal. Elle savait faire mal aussi. Je tiquai à ses mots. Je brisais tout ce que je touchais. C'était ce qu'elle voulait dire. « A croire que c'est ça mon problème ouais, j'suis incapable d'aimer une personne sans la briser. T'as raison Leah, tu as résous mon problème. » Je secouai la tête, moqueur, un brin je m'en foutiste aussi. Puis je redevins sérieux. Parce qu'elle s'était mise à évoquer le soir où j'étais arrivé ivre mort sur le perron de sa maison. De cette même maison qui se trouvait face à moi aujourd'hui. Parce qu'elle croyait que si j'étais venue chez elle, cette nuit-là, c'était parce que je n'arrivais toujours pas à faire le deuil de ce père disparu. Parce que j'avais encore ce mal qui me rongeait les os. Alors en tout honnêteté et sans réellement mettre des mots sur les vraies raisons qui m'avaient poussés à débarquer chez elle, je lui avouais, que si j'étais venu ce n'était aucunement en rapport avec la mort de mon père. Et je sus, dés que nos regards se sont croisés, qu'elle avait compris. Elle ne répondait rien. Parce qu'elle n'avait rien à répondre à ce genre de révélations. J'étais venu pour elle. Parce que cela avait été trop dur de ne pas ne pas venir la voir chaque jours. Parce qu'elle me manquait tellement que j'en avais du mal à respirer. Parce que je l'aimais tellement que ça me brisait le cœur. Nous ne faisions alors que de nous regarder. Et dans ses regards échangés nous lisions tout ce que nous ne pourrions jamais nous dire. A haute voix. Ce petit jeu se coupa net à l'arrivée d'une voiture. De ce putain de connard qui l'enlaça et l'embrassa juste sous mon nez. De ces putains de pauvres présentations de connaissances. Et de ce regard implorant de ne rien dévoiler. Leah était mal à l'aise, parc qu'elle savait que toutes les cartes étaient entre mes mains. Pourtant je ne dirais rien. Elle tentait de plaisanter pour cacher les apparences face à son connard de mec, pour ne pas montrer à quel point elle ne faisait pas que de traîner dans nos pattes, mais aussi dans mon lit. Je répliquai que tout ceci était du passé, ce qu'elle affirma presque aussitôt. Puis je lui déclara qu'il suffisait qu'elle envoie le chèque l'adresse se trouvant sur la facture, avant de terminer sur le fait que Joy et ma mère seraient ravies de la revoir. Et c'était vrai. Ma mère, douce et aimante, était ce genre de personne à pardonner toutes les fautes du monde entier. Et de ce côté-là de notre histoire à Leah et moi, elle ne tenait pas avec moi. Elle comprenait totalement la décision de partir de Leah. Et elle m'en avait voulu pendant des années d'avoir gâché cette histoire et d'avoir fait du mal à cette fille qu'elle affectionnait tout particulièrement. Leah parlait pour eux deux, m'incitant par ses mots à me retirer. Je ne voulais pas. Je n'aimais pas la voir à son bras. La voir avec lui. Je mourais d'envie de l'encastrer dans le mur pour lui faire faire retirer ses mains de cette femme. Mais elle n'était plus ma propriété. Elle n'était plus rien. Ce Sam me salua. Ce à quoi je ne répondis pas. Je ne cessai de regarder Leah dans les yeux, ne la quittant pas. Me foutant royalement que cet idiot soit à nos côtés. Puis elle me fit un signe de tête et se retourna pour se rendre chez elle. Je fis plusieurs pas en arrière en direction du véhicule qui m'avait alors suivis, quand j'entendis ses mots murmurer dans la bouche de Sam. Des mots qui me percèrent le cœur. Encore. Je me retourna pour grimper dans la voiture, regardant mon pote au volant. « C'était chaud, là dehors, mec, putain c'était qui cette nana ? » Je le regardais avant de reporter mon regard sur la maison. Ils avaient disparu. « Démarre. » C'était peut-être un ami, mais ce n'était en rien quelqu'un à qui je me confiera là-dessus.



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(leash) hey, I was doing just fine before I met you, I drink too much and that's an issue but I'm okay

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