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There goes my mind racing and you are the reason• Jalen

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MessageSujet: There goes my mind racing and you are the reason• Jalen Mar 28 Aoû - 6:25

I have to take one thing for granted, that I will love you until the last breath leaves my body.

( Echo Park Residence — with jalen foley )

do you think there’s a right time for two souls who got it wrong the first time ? because life gets heavy when you least expect it, sometimes it’s better that way. and if it’s true, do you reunite as if nothing happened ? no blurred lines with pure honesty. and do you see the signs that i see ? does the one who loved less at the time ever have a moment where they finally see what they had ? or is it all hope about “someday”, because it makes a better story for the paper and maybe to people. it’s painfully ironic that we pay no mind to the ones who want us, because we are chasing someone else. he always said, he could tell my soul belonged to someone else because he could see the ghost of you in my eyes … i can’t even talk about you to anybody because i don’t want any more people to know how wonderful you are.  ❊

CODAGE BY PSYCHOTIC BITCH

Le soleil descend sur la Cité des Anges, teintant les murs de son appartement d’une teinte rougeoyante et orangée qui lui rappel les étés de son enfance, quand la vie semblait à la fois plus dure et plus douce. Contrairement à la jeunesse dorée de Los Angeles, elle n’avait pas eu la vie facile, une enfance digne d’un conte de fée. Bien que, lorsqu’elle y pense, ils sont rares, les contes de fées où la princesse a eu une vie facile. Raiponce a passé dix-huit années dans une tour avec une mère manipulatrice et maniaque, Cendrillon fut une esclave, La belle-mère de Blanche-Neige a essayé de la tuer. Cette idée la ferait presque rire si elle prenait le temps de réfléchir un peu plus en profondeur à cette ressemblance frappante entre elle et la princesse à la peau blanche comme neige. Parce que au final, elles se ressemblent peut-être plus que Iara peut le penser. Elle aussi fut au prise avec une femme ignoble comme belle-mère - future belle-mère- qui a quand même attenté à sa vie et à celle de l’enfant à naître. Mais ce soir, la psychologue n’a pas envie de revivre ces événements pour la énième fois. Elle préfère se caler plus confortablement encore dans le sofa sur lequel elle a prit place après avoir mit son fils au lit. Épuisé par sa journée au parc avec Sinaï, l’enfant s’est presque endormie en mangeant son repas du soir, pleurant d’épuisement pour des raisons idiotes et sans logique, négociant sur des choses qui ne se négocie pas. Elle se souvient encore avec exaspération de la crise de trente minutes causé par la couleur des brocolis. Parce que Jaheim voulait des légumes roses et pas des légumes verts. Comme si elle a le pouvoir de changer la couleur d’un légume pour faire plaisir à un enfant de dix-huit mois. Elle sait, mieux que personne, que ces crises de larmes incontrôlées viennent avec le fatigue, avec une journée en plein air à courir partout avec cette femme qu’il adore et à manger un peu trop de sucre. Non qu’elle s’en plain. Ces moments où son fils est entre les mains de Sinaï sont les rares moments dans sa vie où elle peut souffler un peu et prendre du temps pour elle. Certes, elle adore Jaheim. Elle aime son fils au point qu’elle n'hésitera pas une seconde à donner sa vie pour lui, mais par moment, avoir un peu de temps seule ne fait pas de mal non plus. Jamais on ne lui avait dit à quel point c'est difficile d’être mère monoparentale. Non qu’elle croyait s’aventurer dans quelques choses de simple et de facile, mais jamais elle n’aurait cru que ça serait à la fois si éprouvant d’élever un enfant seule. Elle comprend un peu mieux le sourire forcé des infirmières à l’hôpital quand elles avaient compris que le papa ne serait pas là. Pourtant, encore aujourd’hui, un an et demi après la naissance de son fils, Jalen lui manque cruellement. D’une façon qu’elle ne peut pas s’expliquer exactement. C’est comme si on l’a amputé d’une partie d’elle-même. En lui tournant le dos, elle avait dit adieu à une partie de son organe vital qu’elle a laissé près de lui, même s’il semble l’ignorer, vu le nombre de femmes qui semble passer entre ses bras depuis peu. Non que la jeune femme prend un malin plaisir à regarder les magazines qui font étalage de ses nombreuses conquêtes, de sa vie mouvementé et jetset, mais il est difficile de passer outre. Partout, elle voit ces photographies sur papier glacé qu’elle ne veut pas voir. Celle de cet homme aux yeux d’un bleu épatant qui sourit à pleine dents à de jeunes femmes en robes de soirées somptueuses. Des photos comme elle en a des centaines rangées quelque part dans un placard. Des images de moment immortalisé entre lui et elle. Pour bien des raisons, elle n’a pas pu s’en départir. Peut-être parce qu’elle n’a pas voulu effacé son existence auprès du bambin qui a le droit de savoir qui est son père malgré tout. Parce que Jalen n’a rien fait de mal, dans cette histoire, si ce n’est être né dans une des pires famille de l’Amérique du Nord. On ne va pas se faire fausses idées là-dessus. Avec le temps, elle en a vu, des horreurs commis au nom d’un racisme inexpliqué, au nom de principes dépassés, mais elle n’a jamais rien vu du calibre des Foley, ça, c’est certain. Pourtant, elle en est là, à parfois songé ce que serait sa vie si, pour une fois, Jalen s’était dressé entre ses parents et elle. S’il avait dit un mot quand il était encore temps, avant que ses parents ne songent même à faire un geste aussi monstrueux que d'orchestrer un accident pour se débarrasser de la fille noire qui devait, obligatoirement, être un jouet au yeux du riche gamin de la haute société.  Avec un soupir, Iara chasse ces idées noires de son esprit, essayant de se concentrer sur le roman qu’elle a entre les mains, un livre qui devait la distraire et non la faire plonger dans une mélancolie sans nom. Il s’agit d’un échec total, du moins c’est ce que sa propre mère dirait en riant si elle la voyait. Elle ne serait pas la seule. Elle n’ose même pas s’imaginer la réaction de sa meilleure amie si elle a la voyait ainsi, sous un plaid, un verre de vin et un bouquin entre les mains, un vendredi soir. Comme si, soudainement, elle avait trente ans de plus. Il s’agit probablement là du quotidien d’une mère qui est, trop souvent, dépassée par les événements et qui essaie d’être à la hauteur des attentes et des exigences beaucoup trop élevées qu’elle s’est mise elle-même. Elle essaie tout juste de reprendre sa lecture quand on sonne à sa porte, de façon insistante, avec une sorte de désespoir. Elle s’extirpe de sous son plaid, déposant verre de vin et livre sur la table basse du salon pour finalement aller répondre, certaine qu’il s’agit de son amie qui a oublié quelque chose chez elle. « Combien de fois devrais-je te dire que tu es autorisée à te servir de cette clé, Sinaï ?» lance-t-elle à travers de la porte et ouvrant le verrou. Ce n’est pas la jeune avocate qui est devant elle. Ce n’est pas elle du tout. Iara sans son coeur chuter dans sa poitrine, battre si fort que ça bourdonne dans ses oreilles. « Ja...Jalen?»  Ses prunelles se perdent un instant dans les siennes, notant à quel point les yeux de son ancien fiancé peuvent être électrique, à quel point ils pétillent lorsqu’ils se plongent dans les siens. Son instinct est de refermer en partie la porte pour qu’il ne perçoive pas les jouets et les effets de bébé qui traînent çà et là chez elle. «Qu’est-ce que tu fiches ici?» la question est abrupte, franchissant ses lèvres avant même que son cerveau ne se remette à fonctionner normalement. Elle est surprise, déboussolée et ce serait mentir de dire que le voir là ne lui fait pas mal.  
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Jalen Foley
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MessageSujet: Re: There goes my mind racing and you are the reason• Jalen Dim 2 Sep - 22:47


Iara Djokoto and Jalen Foley
I REALIZED I WAS THINKING OF YOU, AND I BEGAN TO
WONDER HOW LONG YOU'D BEEN ON MY MIND. THEN IT
OCCURED TO ME : SINCE I MET YOU, YOU'VE NEVER LEFT

---------------✭---------------

Dans un noir quasiment absolu, seulement illuminé par une petite lampe de chevet qui donne une atmosphère à la fois chaleureuse et cosy à cette si grande pièce spacieuse et décorée avec goût, Jalen porte à ses lèvres un verre de vin, griffonnant quelques mots sur son bloc notes. Ses yeux se perdent alors dans le reflet de son visage, au travers de cette vitre donnant sur le jardin démesuré qui était également sien depuis plusieurs années. Il l’observe un instant, ne découvrant qu’un homme fatigué, bercé par des pensées tantôt joviales, tantôt inspirées et tantôt terriblement déprimées. Cela avait toujours été ainsi avec Jalen, passant d’une humeur à l’autre en quelques instants. Lunatique à souhait, l’homme passait d’excessivité en excessivité. Il riait, était heureux à ne pus pouvoir s’arrêter de sourire, transporté par un bonheur exaltant, puis il sombrait dans une profonde dépression, accentué par les notes sinistres de la musique qui lui venaient aux oreilles, par des pensées obscures et par un esprit artistique bien trop dévastateur. Vivant pour son art, chaque parcelles de son corps, de son cœur et de son esprit, vivaient pour cela. Et chaque moment de sa vie était gouverné par ce spleen qui envahissait les plus grands créateurs, juste à l’image d’un spleen baudelairien. Bercé par les fleurs du mal, Jalen en allait de ses moments suspendus dans le temps où tout allait mal et où il sentait la vie lui échapper. C’était dans ces moments qu’il créait les plus grands chefs d’œuvres, il le savait, mais le fait est qu’il les détestait tous profondément. Le cœur vide mais l’esprit chargé d’idées, il continue ce projet fou auquel il ne cesse de penser. Couchant quelques mots sur un papier blanchâtre, il laisse son inspiration le guider et le ramener des années en arrière. De ces jours où il se perdait dans la contemplation de cette femme, qui lui avait fait vivre les plus beaux moments de sa vie comme les plus terribles. Tout lui manquait. De son parfum enivrant à son regard envoutant, de ses frêles mains venant trouver le contact de chacune des parcelles de sa peau nue, ses longs cheveux caressant son visage, ses lèvres si addictives et ses mots ayant la capacité de renverser une humeur maussade en un bonheur inexplicable. A ses côtés, il était heureux, comme il ne l’avait jamais été. Tel un novice, il avait découvert dans ses bras, l’amour, le véritable amour, le grand amour. Celui qui vous transcende et vous embarque dans une aventure aussi dévastatrice que dévorante. Elle s’était emparée de son cœur, lui permettant de ressentir toutes ces sensations qu’il ne pensait possible que dans les films. Avec elle, il avait vécu ce genre d’histoire d’amour qu’il pouvait conter dans ses longs métrages. A la fois vivifiante et terriblement tragique. Les films dramatiques étaient son credo. Il était ce genre d’hommes qui avait la capacité de conter l’histoire de deux êtres singuliers se retrouvant unis puis séparés en une fraction de seconde. Il était celui qui mettait en place des œuvres à la The Notebook ou Titanic. Pourtant, ces dernières années, l’inspiration semblait l’avoir quitté. Enfin, il n’avait cessé de griffonner des esquisses d’idées ici et là sans jamais ne vouloir concrétiser quoi que se soit. Pas un film était sorti en un an et demi et son public commençait davantage à s’intéresser à ses déboires amoureux qu’à son prochain long métrage, qui n’avait guère encore été annoncé. Alors oui, la tristesse nourrissait son inspiration, mais aujourd’hui sa source la plus grande s’était envolée et il n’était plus capable de quoi que se soit. Pourtant, quelque chose semblait avoir été débloqué ces derniers jours. Et s’il savait parfaitement ce qui avait provoqué ce regain d’inspiration, son reflet dans la vitre en face de lui en demandait davantage. Fermant les yeux, il s’imprègne de ses souvenirs d’antan. De ces moments où le bonheur a été tel qu’il s’était senti voler, de ces moments où les cris retentissaient dans cette demeure devenue si silencieuse depuis, de ces larmes perlant sur les joues couleur ébène de sa muse parce qu’il n’était plus celui qu’elle aimait, parce qu’il se laissait manger par la force de ses parents et n’élevait la voix contre eux, malgré tout le mal qu’il pouvait en penser. Incapable de se dresser frontalement devant ceux qui lui avaient tout donné, tout offert et qui l’aimaient profondément, il avait laissé des situations insupportables pour la jeune femme s’installer et n’avait jamais pris sa défense. Par crainte de décevoir ses parents, par peur du conflit et par habitude. Parce que ça avait toujours été ainsi, Jalen ne se soulevait pas contre ses parents, aussi cruels et terribles soient-ils. Il encaissait et faisait sa vie de son côté, remettant à plus tard les règlements de compte qui ne venaient finalement jamais. Pourtant, il savait que cette inspiration retrouvée, cette idée grandiose et exaltante allait être le plus gros affront qu’il n’ait jamais fait à ses géniteurs mais il ne pouvait plus s’arrêter. Pas maintenant qu’il avait tant avancé, pas maintenant que son script prenait forme et qu’il avait retrouvé l’intérêt de la réalisation. Tel un enfant, il était excité par ce projet et ne pensait qu’à cela. Mais bien sûr, il avait besoin de plus. Il avait besoin davantage de sa présence pour pouvoir conter ce drame aux saveurs d’amour interdit. Son regard se pose alors sur l’écran de son ordinateur portable, posé à sa droite. Ses doigts glissent jusqu’à afficher ces illustrations d’un autre temps. Ces clichés qu’il avait fait d’elle, de ce sourire si sincère, de ce bonheur si captivant. Elle lui manquait. Pourtant, c’est un mince sourire qui se dessine sur ses lèvres alors que d’un coup d’un seul il referme son ordinateur et se lève brusquement. Tout à coup pris d’un affolement certain, il attrape sa veste de cuir et ses clés, abandonnant ses notes et son verre de vin pour prendre sa moto, parcourant la ville jusqu’à s’arrêter devant cette porte qu’il ne connaissait que trop bien. Pour l’avoir traversé à de nombreuses reprises, pour avoir passé un temps fou devant, espérant qu’elle lui ouvre enfin, pour l’avoir observé de longues heures, en criant pathétiquement qu’il l’aimait et qu’il la voulait dans sa vie, aujourd’hui et pour l’éternité. Abandonnant sa moto et son casque, il se retrouve là, frappé par des souvenirs de moments qu’il aimerait oublier mais qui font pourtant partis de lui. Il frappe, alors qu’il remet de l’ordre dans ses cheveux et tire sur ses vêtements. « Combien de fois devrais-je te dire que tu es autorisée à te servir de cette clé, Sinaï ? » Entendre sa voix, même à travers le bois, même si elle ne lui était finalement pas adressé, même si elle allait probablement changer dès lors qu’elle capterait son regard, lui fait un bien fou. Cela faisait près de deux années qu’il ne l’avait plus entendu et il avait l’impression de vivre un rêve éveillé où celle qu’il aimait et avait toujours aimé faisait de nouveau irruption dans sa vie. Après tout, elle lui avait répondu. Il avait obtenu son intérêt, de nouveau et tout espoir était revenu. La porte s’ouvre et il découvre ses traits fins et réguliers, son regard de biche, sa beauté renversante et l’entièreté d’un corps qu’il rêvait de toucher à nouveau. Il affiche un mince sourire, comme émerveillé par le spectacle qui s’offrait à lui. Pourquoi la trouvait-il encore plus belle qu’autrefois ? Il l’ignorait. Mais ses yeux brillaient et traduisaient de toute évidence tout l’amour qu’il avait pour elle. Un amour qui n’avait pas faibli. Ceci même si en face, ce n’est que surprise et stupeur qui gagne la jeune femme. « Ja...Jalen ? » Son regard se perd immédiatement dans le sien, alors qu’il ne peut s’empêcher de sourire. Elle était là, devant lui, lui adressant ce regard, cet intérêt qu’il n’avait plus eu depuis si longtemps. Il acquiesce simplement, luttant contre cette envie qu’il avait de capturer ses lèvres comme autrefois. « Qu’est-ce que tu fiches ici ? » Ce moment suspendu dans le temps ne dure guère, recevant l’effet d’une gifle en plein visage alors que le ton de la demoiselle change. « Tu m’as répondu… » Il tourne sa main, montrant son téléphone, comme pour lui faire comprendre qu’elle était celle qui avait motivé cette visite tardive, par sa seule réponse. Une réponse qui était loin d’être amicale mais qui était la seule qu’il avait reçue en deux années. Deux très longues années où il commençait doucement à perdre espoir. Espoir qui était revenu tel un étalon au galop à l’instant même où le nom de la jeune femme était apparu sur l’écran de son cellulaire. « Tu me manques Iara et je … » Enonçant ces mots qu’il avait rêvé de lui dire depuis la seconde où elle avait disparu de sa vie sans crier gare, il fait un pas vers elle, cherchant à réduire cette proximité qui les séparait. Il s’interrompt alors dans sa phrase, la voyant refermer doucement la porte pour qu’il ne puisse voir ce qui se trouvait à l’intérieur et probablement pour lui faire comprendre qu’elle ne l’invitait en aucune façon à pénétrer dans son appartement. « Tu n’es pas seule ? » Il fronce les sourcils, l’interrogeant du regard, alors que son cœur se presse à mesure que son imagination fait naître des images qu’il ne voudrait voir…
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MessageSujet: Re: There goes my mind racing and you are the reason• Jalen Lun 1 Oct - 22:31

I have to take one thing for granted, that I will love you until the last breath leaves my body.

( Echo Park Residence — with jalen foley )

do you think there’s a right time for two souls who got it wrong the first time ? because life gets heavy when you least expect it, sometimes it’s better that way. and if it’s true, do you reunite as if nothing happened ? no blurred lines with pure honesty. and do you see the signs that i see ? does the one who loved less at the time ever have a moment where they finally see what they had ? or is it all hope about “someday”, because it makes a better story for the paper and maybe to people. it’s painfully ironic that we pay no mind to the ones who want us, because we are chasing someone else. he always said, he could tell my soul belonged to someone else because he could see the ghost of you in my eyes … i can’t even talk about you to anybody because i don’t want any more people to know how wonderful you are.  ❊

CODAGE BY PSYCHOTIC BITCH

Pendant un moment, elle a cru que l’amour était quelque chose de doux, de beau et de lumineux. Elle a naïvement cru que les choses peuvent être belles et pures, sans taches et sans ombres. Elle a cru que le soleil peut briller de mille feux sans jamais brûler et que la neige peut être immaculée sans jamais mordre. Elle y a cru. Stupidement et naïvement, comme ces petites filles qui croient aux fées. Elle y a touché du bout de doigts, à ce bonheur inaltéré, à cet amour sans frontière et chatoyant. Elle se souvient encore des paroles de sa mère sur le sujet, cette pointe d’inquiétude dans les yeux maternels de voir sa fille être amoureuse à ce point d’un homme qui a le pouvoir de lui faire mal. Parce qu’il a toujours s’agit de ça. Jalen Foley est de ces hommes de pouvoir. Un homme qui tenait, entre ses mains calleuses, le coeur beaucoup trop fragile d’une enfant qui apprend à aimer pour la première fois. Iara ignore exactement ce qui s’est mal passé entre eux, tout en sachant pertinemment ce qui n’allait pas. La triste vérité est qu’elle n’a jamais été la bonne personne pour lui. Elle n’a jamais fait le poids contre les attentes de sa famille, de son monde, de sa classe sociale. Elle n’a jamais fait le poids contre ces stéréotypes, contre ces préjugés infondés, contre ses insultes venimeux qui s'incrustent dans sa chair alors qu’elle faisait mine de ne pas entendre, de ne pas s’en soucier.  Depuis le début, il avait été le chasseur et elle, la petite bête qu’il a apprivoisée. Elle se souvient des paroles de son père, après l’accident, quand il l’a croyait endormie, droguée par des médicaments qui servaient à la plonger dans un sommeil comateux. Cet homme fort au dos brisés par les épreuves de la vie ne faisait que prononcé une vérité qu’elle n’a jamais voulu voir, trop aveugler par l’amour. Parce que l’amour rend aveugle. C’est ce qu’on dit. L’amour rend aveugle, idiot, naïf. Il donne un faux sentiments de sécurité et une dose massive d’insécurité, aussi. Jamais Iara ne s’est sentit aussi en sécurité, protégée du monde extérieur que dans les bras de cet homme, que près de lui. Jamais elle n’a autant douté d’elle-même que près de lui non plus, se demandant continuellement s’il l’aimait vraiment, si elle était assez bien pour lui. Plus que tout, se demandant si la famille Foley n’avait pas raison à son sujet. Encore une fois, comme chaque fois qu’elle ose y penser, elle ressent cette douleur cuisante au fond de sa poitrine, une lame chauffée à blanc qui s’enfonce dans son muscle cardiaque pour le lacéré encore une fois, ouvrant des plaies qui ne se sont jamais complètement refermées. Remonter la pente après l’accident ne fut pas facile, loin de là. Non seulement à cause des blessures physiques, mais aussi parce que son coeur et son esprit s’étaient brisés au point qu’elle ignore si elle peut un jour les réparer. Elle est psychologue, elle sait à quel point certaines blessures restent pour toujours dans l’esprit de quelqu’un, elle sait que certaines choses ne s’oublient jamais, même si on essaie de les enfermés dans un petit coin obscure de sa tête. Elles finissent toujours par revenir vous hanter quand vous vous y attendez le moins. Les fantômes d’un champ de bataille reviennent à l’épicerie, dans la rue, dans des rêves, les traumatismes de l’enfance se retrouvent dans les gestes, les manies, les tics. Elle est beaucoup trop lucide pour croire qu’elle peut oublier la souffrance qui a suivi l’accident, la peur de voir ces gens aux visages pâles revenir finir le travail. Surtout qu’elle n’est plus seule. Elle a ce petite rayon de soleil dans sa vie, cette petite vie innocente qu’elle se doit de protéger, même si ça veut dire de le protéger d’une partie de lui-même et que ça lui brise le coeur, quelque part. Aucun petit garçon ne mérite de grandir sans père. Jaheim connaît son père, il connaît son visage, sa voix, il sait ce qu’il fait dans la vie. Il lui arrive de pointé une affiche du doigt en passant devant un cinéma et de s’exclamer dans son langage de petit garçon, demandant si c’est le film de son papa. Ça lui brise le coeur, plus qu’elle ne peut l’avouer, plus qu’elle le démontre. Et maintenant, l’homme qui hante ses pensées et ses rêves depuis près de deux ans se trouve devant elle, devant la porte de son appartement, à la regarder dans les yeux, la surplombant de toute sa hauteur. Iara ne sait pas exactement ce qu’elle ressent. Un tourbillon d’émotions qui lui couple le souffle, qui lui donne l’impression d’avoir les jambes molles, qui lui donne l’impression de perdre la notion de réalité. Le prénom de l’homme qui lui fait fasse glisse de ses lèvres, non sans difficulté et elle sent son coeur se serrer dans sa poitrine, douloureusement. C’est pire quand elle entend sa voix, quand il prononce quelques mots. Elle se souvient de la façon dont il prononçait son prénom, comme s’il s’agissait du plus beau son du monde, la façon dont il lui susurrait qu’il l’aimait à l’oreille. « Tu m’as répondu… » Ses prunelles quittent son visage pour observer l’appareil de téléphonie mobile dans sa main et elle réalise, lentement mais sûrement, que c’est pour ça qu’il est là. Il a sans doute vu son message colérique comme une certaine forme d’encouragement. Ce n’est pas le cas. Sa réponse n’est que ça, une frustration passagère, une erreur sous le coup de l’émotion. Jalen a su l’atteindre derrière les murs les plus épais possible en couchant avec Amara. Avec la cousine de la meilleure amie. Elle secoue légèrement la tête de gauche à droite devant ses propos. «Ce n’était pas une invitation à débarquer chez moi comme ça, Jay.» Le surnom lui échappe avant même qu’elle ne puisse se rattraper. Ce diminutif qu’elle a longtemps utilisé avec lui, d’un air taquin alors qu’ils cuisinaient ensemble dans la cuisine luxueuse de l’homme. Elle se mord la lèvre inférieure devant son erreur, devant sa bêtise. Elle baisse les yeux un moment, déjà épuisée par cette conversation qui ne va surement nulle part, parce que rien de tout cela ne peut être réglé ou oublié dans les prochaines minutes, qu’importe à quel point elle a envie de s’approcher de lui et de sentir ses bras autour d’elle. Et elle s’en veut pour ça. Elle s’en veut de vouloir être près de lui, même si sa conscience lui hurle de partir le plus loin possible, de refermer cette porte derrière elle et d’oublier cette rencontre, tout en sachant qu’elle ne peut pas le tenir à distance pour toujours. «Tu me manques Iara et je … » Elle relève les yeux vers lui, le défiant de prononcer des mots qu’elle ne veut pas entendre. Qu’elle brûle d’entendre. Parce qu’elle sait qu’elle n’est pas assez forte pour les entendre, pour rester de marbre s’il les prononce. Ils marchent sur une glace particulièrement fine  qui menace de céder sous leurs pas et il ne fait qu’avancer un peu plus, comme si l’idée de plonger dans l’eau glacée de lui fait pas peur. Il s’arrête pourtant, quand il l’a voit refermer la porte dans son dos. Quand ses instincts protecteurs prennent le dessus sur la stupéfaction. «Tu n’es pas seule ? » La question fuse et lui glace le sang. Iara croise les bras sur sa poitrine, sa silhouette filiforme se dressant entre son trésor le plus précieux et l’homme qui se dresse devant elle. Elle plante son regard noir dans ses yeux à lui, beaucoup trop bleu pour ne pas être hypnotisée.  «Tu couches avec tout ce qui bouge depuis deux ans, comprit Amara, et je devrais quoi ? Faire preuve de chasteté ? » lance-t-elle épineuse, préférant de loin qu’il la croit avec un homme qu’il ne sache la vérité. Elle espère seulement que sa progéniture ne se réveillera pas de son sommeil profond.

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MessageSujet: Re: There goes my mind racing and you are the reason• Jalen Sam 10 Nov - 23:28


Iara Djokoto and Jalen Foley
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Parfois, lorsqu’il assistait à ces dîners mondains organisés par sa famille, parfois quand il passait du temps avec eux, quand il écoutait et prenait part aux conversations, quand ils échangeaient sur la société et les dérives quotidiennes de cette dernière, quand ils commentaient un programme de télévision, quand ils regardaient un film, se rassemblaient pour les fêtes de fin d’année, quand ils étaient présents, les uns pour les autres ; il avait l’impression de ne pas être à sa place. De ne pas appartenir à une famille qu’il avait somme tout, du mal à comprendre. Il était pourtant le digne héritier de la famille Foley. Il n’y avait qu’à constater la couleur de ses yeux, similaires à ceux de sa génitrice. Il n’y avait qu’à disposer son père à côté de lui. Physiquement, ils étaient similaires, à une poignée d’années près. Ils avaient en communs certains tics de langage, une gestuelle particulière et cette même tâche de naissance. Il ne faisait l’ombre d’un doute que Jalen était un Foley. Personne n’en avait jamais douté le moins du monde. Et pourtant. Pourtant parfois, il avait l’impression d’appartenir à un autre monde. Au milieu de toutes ces personnes, dont l’aspiration n’était que richesse, évoluant tels des requins dans un monde sans foi ni loi, quand lui était perdu au milieu d’un océan. Il ignorait ce pourquoi il ne les comprenait pas toujours, pourquoi il avait cette fibre artistique dévorante et cette ouverture sur un monde moderne alors qu’ils se contentaient de reculer, de se replier autour d’un petit cercle de privilèges. Les privilèges… Il en avait aisément profité toute sa vie. Il aimait même honteusement cela. Il aimait disposer de tout ce qu’il désirait, de ces biens matériels et immatériels onéreux, qu’il était possible d’obtenir avec un compte en banque débordant. Il avait usé et abusé de ces privilèges, de ces passe-droits qui lui permettaient de vivre dans l’opulence quand un peu plus loin, derrière la frontière d’El Paso, certains n’avaient rien. Quand un mur se dressait devant le territoire mexicain, refusant de faire preuve d’une quelconque once d’humanité. Jalen Foley appréciait ses privilèges, et en jouait parfois. Mais pourtant, une part de lui avait toujours jugé cela factice, sans la moindre saveur dès lors qu’ils ne pouvaient être partagés avec ces personnes qui lui étaient chères. Quelque chose semblait lui échapper. Comme s’il n’était pas formaté de la même manière que les autres membres de cette famille qui se délectaient devant un discours du président Trump et qui criaient victoire dès lors qu’une énième personne de couleur se faisait accidentellement tuer par un policier. Durant tous ces moments, il restait en retrait, ne prononçant le moindre mot. Il se nourrissait de ces divergences pour les noyer dans des films aux sous-entendus bien souvent plus profonds que ne pouvait le saisir sa famille. Dans ce lot de différences, il restait pourtant auprès d’eux, acceptant par omission, par abstention les idées qu’ils pouvaient véhiculer auprès du grand public. Il restait parce qu’au fond, il les aimait. D’un amour débordant et incompréhensible pour les personnes extérieures. Il les aimait parce qu’ils étaient les siens. Parce qu’ils partageaient son sang et qu’envers et contre tout, ils se soutenaient les uns et les autres. Ils assuraient les arrières des autres. C’était en tout cas ce dont il s’était persuadé, depuis toutes ces années pour ne pas mettre un terme à cette supercherie, pour arrêter d’être associé à des propos qu’il ne cautionnait pas toujours, pour se protéger lui-même d’infamies qu’ils pouvaient prononcer ou même faire simplement par orgueil ou parce que cela entachait leur business. Mais il ne pouvait pas faire cela. Il ne pouvait pas leur tourner le dos alors qu’ils étaient ceux qui lui avait finalement tout donné et permis d’être l’homme qu’il était aujourd’hui. Il ne pouvait pas les abandonner au moment où sa petite sœur allait le plus mal. Car oui, il avait beau garder ses distances, il le voyait. Il n’était pas aveugle. Loin de là. Il voyait comme elle sombrait, jour à près jour dans des crises existentielles, délirantes, dans des excès qui la rendaient parfois plus hystérique que n’importe quelle fan délurée qu’il pouvait croiser. Il se devait d’être là, car au fond, Collins n’était pas une mauvaise personne. Oui, elle répétait inlassablement le discours de leur parent, oui elle était plus gâtée que n’importe quel enfant sur cette terre, pouvait être agaçante à souhait et n’avait pas la moindre conscience de l’argent mais après tout, qui était-il pour juger ? Personne. Lui-même n’avait jamais vraiment eu la valeur de tout cet argent qu’il dépensait sans compter. Lui-même n’était que l’un de ces gosses de riches complètement déconnecté des réalités. Il avait beau faire des films sur des personnes vivant dans la misère ou dans un quotidien rythmé par la guerre, cela ne le dédouanait finalement guère de ce qu’il était et avait toujours été. Un Foley. La seule personne qui avait un jour été capable de le ramener sur Terre, c’était elle. Car elle était sa conscience, sa bonne étoile, bien au delà d’être la femme dont il était tombé amoureux, comme il ne l’avait jamais été pas le passé. Elle le rendait meilleur. Elle le rendait plus humain, moins vaniteux et plus inspiré. Ca n’était pas un hasard qu’il n’ait réalisé le moindre long métrage depuis son départ. Ca n’était pas pour rien qu’il passait de longues journées au fond de son lit à broyer du noir, à chercher une explication rationnelle quand au fond de lui, il savait qu’il était celui qui ne s’était finalement pas assez battu pour elle. Il l’avait pourtant aimé si fort. Toujours excessif, il lui avait tout donné, tout offert, la couvrant d’amour et de tout ce qu’il était en capacité de lui offrir. Tout sauf son soutien quand sa famille l’agressait. Il savait que là était le fond du problème. Il savait qu’il avait déconné sur ce point et pourtant, il était incapable de renverser les choses. Comment le pouvait-il ? Devait-il faire un trait sur sa famille pour elle ? Il n’était pas sûr d’être prêt à une telle chose… Et puis, à quoi bon continuer quand elle refusait de lui adresser le moindre mot. Quand cela faisait des mois qu’elle ne lui répondait plus et ne lui accordait le moindre intérêt. Jusqu’à ce soir. Jusqu’à ce soir où elle lui avait enfin répondu. Par intérêt ou par désespoir, il l’ignorait mais cela l’avait immédiatement poussé à agir sur un coup de tête, obéissant à une spontanéité déconcertante. C’était ainsi qu’il s’était retrouvé devant sa porte, alors que la nuit était tombée depuis plusieurs heures à Los Angeles. Devant cette porte qu’il avait à de si nombreuses reprises foulées par le passé. Cette porte qui lui avait permis d’entrer dans la vie de la jolie jeune femme et dans son cœur. La surprise se lit aisément sur son visage aux traits fins et parfaitement bien dessinés. Elle lui avait répondu et il avait accouru, prenant cela pour une preuve d’un quelconque regain d’intérêt à son égard. Mais de toute évidence l’air désapprobateur qu’elle arbore atteste son erreur. « Ce n’était pas une invitation à débarquer chez moi comme ça, Jay. » S’il aurait dû être blessé par ce recadrage, il ne l’est pas. Pour dire vrai, il n’a pas réellement écouté ce qu’elle vient de dire. Enfin, il a écouté, mais cela s’est totalement dispersé à la seconde où il l’entend prononcer ce surnom que seule elle utilisait, il fut un temps. Un temps certes révolu mais qui ravive immédiatement bien des choses en lui. Un mince sourire nait à la commissure de ses lèvres, alors qu’elle baisse les yeux, consciente de l’espoir qu’elle venait de nouveau de faire naître chez lui. Faisant un pas vers elle, il finit par lui avouer qu’elle lui manque. Il lui énonce ce qu’il n’a finalement jamais eu l’occasion de lui dire en face alors même qu’il l’avait répété à de si nombreuses reprises devant le miroir. Mais le regard qu’elle lui lance l’arrête immédiatement dans ce monologue déclaratif qu’il s’apprêtait à lancer. Il avait déjà vu ce regard par le passé. Celui qui lui interdisait d’emprunter ce chemin, alors même qu’il en mourrait d’envie. Mais ce qui le convint de finalement guère continuer par esprit de contradiction, c’est le geste qu’elle fait, refermant doucement et presque discrètement la porte derrière elle afin qu’il n’ait de toute évidence pas l’idée brillante de regarder à l’intérieur. Il fronce alors les sourcils, ne tardant pas à lui demander si elle était seule. Cette question fait immédiatement naître en elle, un agacement certain, illustré par le regard noir qu’elle plante dans le sien, alors qu’il cherche à apercevoir quelque chose dans cet appartement presque clos. « Tu couches avec tout ce qui bouge depuis deux ans, comprit Amara, et je devrais quoi ? Faire preuve de chasteté ? » Son sourire s’efface immédiatement. Son cœur manque un battement et se contracte tant il a l’impression que l’on vient de le broyer sans la moindre retenue. Il la fusille alors à son tour du regard, serrant les dents à la manière d’un enfant en colère. « C’est qui ? Est-ce que je le connais ? » Il déteste ça. Il déteste entendre qu’elle a à nouveau quelqu’un dans sa vie. Qu’elle l’a remplacé dans son cœur et dans sa vie. Il déteste imaginer qu’un autre homme puisse déposer ses mains sur son corps nu, trouve ses lèvres avec une tendresse et une passion folle, la dévore du regard et plus encore. Il déteste ça. Il déteste que quelqu’un ait pris sa place. C’était sa place, pas celle d’un autre. Alors il hausse le ton, se justifiant de ce que lui avait pu faire, lui. « Ca fait deux ans que j’attends que tu m’accordes un peu d’intérêt Iara. Deux ans que j’essaie d’attirer ton attention et Amara a été la seule chose qui t’ait fait réagir. » Derechef, il s’approche d’elle, réduisant le peu d’espace qu’il leur restait, sur le perron de cette porte familière. Plongeant son regard dans le sien, ses yeux bleutés lui crient pourtant avec force ô combien il pouvait désapprouver ce qu’elle venait de lui révéler. Ceci même si finalement, il n’avait pas fait mieux depuis qu’elle avait mis un terme à leur relation. Mais il continuait pourtant de se justifier, cherchant des excuses à un comportement bien plus cruel que ne l’avaient été ses intentions premières. « Qu’est-ce que je dois faire alors ? Continuer de coucher avec elle jusqu’à ce que tu me donnes une véritable explication ? » Cette fois, il l’interroge du regard, cherchant, par la provocation à lui faire finalement dire quelque chose. A la pousser assez dans ses retranchements pour qu’il obtienne ce qu’il avait toujours espéré obtenir. Une explication. Mais c’était trop tard. Il s’était emporté et il lui était bien difficile de s’arrêter pour la laisser en placer une. Il dépose même, la contournant, une main contre la porte d’entrée qu’il tente de pousse pour pouvoir rentrer. « Et puis c’est qui ce type ? Laisse moi rentrer ! » La colère parlait. La jalousie parlait. La possessivité parfait et probablement une certaine blessure mêlée à profonde tristesse d’avoir définitivement perdue la femme qu’il aimait dans les bras d’un autre.
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MessageSujet: Re: There goes my mind racing and you are the reason• Jalen Jeu 22 Nov - 21:34

I have to take one thing for granted, that I will love you until the last breath leaves my body.

( Echo Park Residence — with jalen foley )

do you think there’s a right time for two souls who got it wrong the first time ? because life gets heavy when you least expect it, sometimes it’s better that way. and if it’s true, do you reunite as if nothing happened ? no blurred lines with pure honesty. and do you see the signs that i see ? does the one who loved less at the time ever have a moment where they finally see what they had ? or is it all hope about “someday”, because it makes a better story for the paper and maybe to people. it’s painfully ironic that we pay no mind to the ones who want us, because we are chasing someone else. he always said, he could tell my soul belonged to someone else because he could see the ghost of you in my eyes … i can’t even talk about you to anybody because i don’t want any more people to know how wonderful you are.  ❊

CODAGE BY PSYCHOTIC BITCH

Le racisme est quelque chose que Iara n’a jamais réellement compris. Non qu’elle ne comprend pas la peur de certains pour les gens différents d’eux, que ce soit par la couleur de leurs peaux ou le Dieu qu’ils vénèrent. Pendant longtemps, ce fut pourtant quelque chose de bien abstrait, pour elle. Peut-être parce qu’elle vient d’une famille multiculturelle, que sa mère n’a jamais évoqué la couleur de la peau de son père dans aucun argument possible, ne parlant jamais en mal de ses racines, de sa culture, de toutes ces choses qui auraient pu rapidement devenir une source de conflit. Parce qu’il est évident que la différence de culture entre un blanc d’Amériques et un Africain est grande, et pourtant ils ont été capable de fonder une famille ensemble, d’élever des enfants ensemble, comme partenaire, comme époux, et non seulement comme deux personnes ayant des moeurs différentes. Elle n’a donc pas eu peur de s’engager dans une relation avoir un homme blanc, avec quelqu’un qui a des racines bien différentes des siennes, elle a cru que ce serait facile, parce que ses parents ont toujours eu l’air de naviguer dans ces eaux inconnues avec une facilité désarmante. C’était plus difficile qu’elle l’a d’abord cru. Non parce que Jalen avait fait des commentaires sur ses origines, sur la façon dont sa propre famille est construite, sur qui elle est, mais parce la famille de ce dernier ne semblait pas vraiment apprécié le fait que leur fils soit en couple avec une femme qui ne respect pas des standards établies par la famille. Pourquoi devraient-ils acceptés que leur héritier désire marier une femme de couleur, d’une classe sociale inférieure à la leur ? Iara avait été naïve de croire que tout cela n’avait aucune importance. Bien sûr que ça en a, surtout dans une famille qui jouit de privilèges dont elle n’a jamais osé rêver. Souvent, elle a trouvé Jalen excessif, capricieux, sans doute à cause de la façon dont il a été élevé, avec l’habitude d’avoir tout ce qu’il désire en claquant des doigts alors qu’elle doit travailler d’arrache-pied pour avoir la moitié de ce qu’il a. Cependant, par amour pour lui, elle ne l’a jamais envié, il n’y a jamais eu de jalousie de sa part envers la facilité de Jalen à avancer dans la vie. Aujourd’hui encore, ce n’est pas vraiment de la jalousie qu’elle éprouve pour lui, mais une certaine rancoeur, malgré toutes l’amour qu’elle lui porte. Elle sait que les choses seraient différentes s’il avait prit sa défense une fois ou deux, plutôt que de laisser cette tâche à Connor à chaque fois que ce dernier était présent. Peut-être que s’il avait agit différemment, ils seraient encore ensemble, élevant cet enfant si important à ses yeux avec elle. À l’inverse, il a laissé un trou béant dans sa vie, dans son coeur qui peinait à se rétablir et qui se brisait un peu plus chaque fois que son fils faisait une mimique qui lui rappel Jalen. Et maintenant qu’il est devant elle, devant sa porte et qui lui demande des comptes qu’elle n’est pas certaine de vouloir lui rendre, elle ne sait plus vraiment comment réagir. Il y a cette part d’elle qui a envie de se jeter dans ses bras, de nicher son visage dans son cou pour sentir son odeur, mais il y a aussi sa logique, qui lui hurle qu’il doit partir et rapidement, pour le bien de tous. D’un coup d’oeil, elle le met en garde, lui interdisant de s’avancer sur ce terrain glissant, ce qu’il semble comprendre, changeant de sujet pour lui demander si elle est seule. Iara sent son coeur se resserre dans sa poitrine, une sensation désagréable alors qu’elle ose lui mentir, répondant à sa question sans le faire réellement, parce que c’est plus facile ainsi. Elle se contente de lui relancer ses actes au visage, du mieux qu’elle le peut, l’épisode de Amara encore brûlante pour elle. «C’est qui ? Est-ce que je le connais ? » Elle lève le visage vers lui, l’observant attentivement. Comment ose-t-il poser ce genre de question alors qu’il est l’exemple même du coureur de jupons ? Si elle n’était pas consciente du bambin qui dort dans son appartement, elle lui hurlerait sans doute dessus, parce qu’elle sait qu’être méchante et vile avec lui est l’une des rares façons de le faire partir. « En quoi cela te regarde ? » Elle est sur la défensive, cherchant à protéger son territoire du mieux qu’elle le peut, lionne protégeant ses petits. C’est exactement ce qu’elle fait, sachant que s’il apprend qu’elle élève son enfant seule, ce sera la fin de cette petite bulle de bonheur fragile dans laquelle elle vit entre les murs de sa demeure. Elle ne fait pas le poids, contre la richesse et la puissance des Foley dans ce domaine, même si sa meilleure amie est avocate. «Ca fait deux ans que j’attends que tu m’accordes un peu d’intérêt Iara. Deux ans que j’essaie d’attirer ton attention et Amara a été la seule chose qui t’ait fait réagir. » Elle plante son regard dans le sien, combat entre le noir et le bleu. Elle croise ses bras sur sa poitrine dans une gestuelle défensive devant les mots qu’il prononce. Il ne comprend pas, mais elle n’est pas étonné de ce fait, loin de là, parce qu’elle sait que la situation est tout sauf facile à comprendre. « Et la meilleure façon d’attirer mon attention est de me blesser, de me faire mal ?» Elle arque un sourcil, marquant ses propos. Elle a dû mal à le croire, à croire que cet homme qui lui avait promis de ne jamais la blesser, le fait aussi ouvertement, aussi consciemment. Il s’approche d’elle, l’obligeant à lever le menton pour continuer à le regarder, tâchant de cacher son trouble dû à cette nouvelle proximité. «Qu’est-ce que je dois faire alors ? Continuer de coucher avec elle jusqu’à ce que tu me donnes une véritable explication ? » Un son lui échappe des lèvres, un son entre le rire et le soupir. Il est impossible. Vraiment impossible. Elle n’a pas le temps de dire un mot que Jalen s’approche de nouveau, posant sa main sur la porte derrière elle. D’instinct, elle pose sa paume sur le torse de l’homme face à elle, dans l’espoir que ce simple contact physique lui fasse changer d’idée. C’est une mauvaise idée. Tout ça est une mauvaise idée. «Et puis c’est qui ce type ? Laisse moi rentrer ! » Elle secoue la tête, pousse un peu plus contre son torse, sentant son coeur battre contre ses doigts. « Jalen, s’il te plaît ne...» sa phrase meurt lorsque des hurlements se font entendre. Iara sent son coeur sombrer dans sa poitrine, une sensation désagréable de chute libre. Elle ferme les yeux une fraction de seconde avant de lui tourner le dos, ouvrant la porte pour se diriger vers la chambre de son fils, ne faisant pas attention à la porte toujours ouverte, avec l’homme qu’elle est toujours là. Jaheim est assis dans son berceau, les joues mouillées, les bras tendus vers elle alors qu’il hurle sa détresse. Il ne lui faut que quelques instants pour qu’elle le soulève, le serrant contre elle, murmurant des mots doux aux oreilles du bébé, bien consciente de la présence de Jalen dans son dos. « Tu devrais peut-être partir, maintenant, Jay.» lance-t-elle alors que le petit pose sa tête dans son cou, alors qu’elle prit qu’il ne réalise pas que l’enfant sous son nez est le sien.


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MessageSujet: Re: There goes my mind racing and you are the reason• Jalen Mer 26 Déc - 18:24


Iara Djokoto and Jalen Foley
I REALIZED I WAS THINKING OF YOU, AND I BEGAN TO
WONDER HOW LONG YOU'D BEEN ON MY MIND. THEN IT
OCCURED TO ME : SINCE I MET YOU, YOU'VE NEVER LEFT

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Par ses pairs, Jalen Foley a toujours été dépeint comme quelqu’un de courageux. Comme quelqu’un de fiable, de créatif malgré sa tendance à l’excessivité, malgré ses crises de colère sur les plateaux parce que tout n’était pas exactement comme il le souhaitait. Tout le monde mettait cela sur le compte de son talent et de son intransigeance pour créer les plus belles œuvres. Tout le monde lui trouvait des excuses quand la vérité était qu’il était bourré de défauts. Qui ne l’était pas en somme. Mais Jalen Foley en avait bon nombre, bien au delà de ce qu’on pouvait voir en lui. Bien au delà de l’artiste de talent et de sa capacité à mettre tout le monde d’accord sur un même film. Bien au delà d’avoir une faculté déconcertante à faire passer des émotions incommensurables à travers un plan serré sur un visage ou un paysage. Jalen était doué. Personne ne pouvait lui enlever cela. Il excellait et était passionné par ce qu’il faisait au quotidien. Pour autant, sa vie privée lui échappait bien souvent. Elle lui avait totalement échappé avec Iara en tout cas. Et aujourd’hui il était seul. Complètement seul quand elle, semblait avoir repris le cours de sa vie et établi de nouvelles relations. Elle avait tourné la page, était passée à autre chose quand lui en était incapable. Il était pourtant responsable de leur rupture quelque part. Il était responsable de ce qu’ils étaient devenus. Des quasi étrangers qui tentaient de se faire du mal pour attirer l’attention de l’autre, ou peut-être pour se repousser aller loin pour ne plus jamais avoir à croiser leur regard. Il était celui qui peinait aujourd’hui. Peinait à attirer l’attention de cette femme qui méritait bien plus que ce qu’il ne lui avait un jour donné. Il l’avait prise pour acquise. Pourtant amoureux, fou amoureux, il l’avait lésiné. Pire encore, il avait été lâche. Il avait fait le choix de ne pas s’élever contre sa famille pour elle. Il avait fait le choix d’ignorer les remarques désobligeantes des Foley à l’encontre de cette femme qu’il criait pourtant aimer, pensant qu’elle serait assez forte pour encaisser. Il avait fait le choix de garder le silence, se contentant parfois de serrer, sous la table, avec tendresse sa main de la jolie brune. Parce qu’au fond, il connaissait le problème que supposait Iara et un mariage entre eux pour sa famille. Elle n’était pas comme eux. Et si c’est cette différence qui avait plu au réalisateur, elle n’était pas envisageable pour sa famille. Elle était même contrenature et intolérable pour des riches blancs aux yeux clairs. Aussi retardé et fermé cela pouvait paraître, les Foley ne se mélangeaient pas avec n’importe qui. Iara Djokoto était trop pauvre pour attirer l’attention d’un membre imminent de la famille aux airs moyenâgeux, elle était trop noire, trop sensible, pas assez Foley et surtout, pas assez bien pour l’héritier de la fortune familiale. Quelque part, il savait. Il savait et avait toujours su que sa couleur de peau poserait problème ainsi que son appartenance sociale. Après tout, il côtoyait assez sa famille pour avoir une idée de la réaction qu’ils auraient lorsqu’il ramènerait la jeune femme à leur premier repas de famille. Il savait cela et avait tenté de l’en préserver pendant de très longs mois. Mais les choses s’étaient finalement déroulées et il avait naïvement cru que les membres de sa famille s’assoupliraient à la seconde où ils découvriraient l’amour qu’il pouvait lui porter. Ce fut tout le contraire. Jamais ils ne l’avaient accepté et jamais il ne s’en était révolté, parce qu’il s’y attendait. Mais aujourd’hui, il l’avait perdu et regrettait amèrement de ne pas avoir choisi celle qu’il considérait à bien des égards comme la femme de sa vie. Des erreurs, Jalen en faisait. A répétition même. Mais celle-ci était la plus grosse qu’il ait fait, faisant qu’elle était celle pour qui donnait le plus d’énergie pour réparer ses fautes. Il ne s’était jamais autant donné pour quiconque, maintenant qu’il avait compris. Compris qu’il n’était qu’un sombre idiot qui ne l’avait pas traité comme il l’aurait dû. Aussi excessif soit-il, il n’avait jamais, avant Iara, dormi contre une porte, sur le perron d’un appartement, il n’avait jamais traversé le pays parce qu’elle avait décidé de partir loin de lui le temps d’un weekend, il n’avait jamais crié à quel point il pouvait l’aimer, il n’avait jamais passé autant de jour au lit, emprunt à la dépression. Jamais il n’avait fait toutes ces choses, alors qu’il les accumulait aujourd’hui. C’était donc dans cette lignée qu’il se trouvait là, ce soir, sur-interprétant un message, une réponse anodine. Elle ne l’avait absolument pas invité à la rejoindre chez elle, mais il était là. Là sur le perron de la porte, son regard océan capturant le sien. Un air si triste et désemparé au visage. Il ne s’attendait pas vraiment à ce qu’elle lui ouvre. Parce qu’elle ne l’avait jamais fait jusqu’alors mais après tout, elle ne lui avait jamais répondu à ses messages avant ce soir. Il suffisait de peu pour que Jalen retrouve un semblant d’espoir. Même si elle l’accueille avec des regards noirs et une froideur qu’il ne lui connaît pas. Il comprend rapidement qu’elle n’est pas seule, bloquant la porte pour ne pas qu’il puisse y glisser un œil inquisiteur. Cette pensée l’agace immédiatement, terriblement meurtri qu’elle ait pu tourner la page alors que lui continuait de s’écrouler à ses pieds. Alors il lui demande. Il lui demande si elle est seule, si elle a effectivement décidé de vivre sa vie à nouveau, loin de lui. Sans lui. Elle reste évasive, se contentant de lui rappeler qu’il ne se gênait guère pour prendre du bon temps dans les bras de la jolie métisse qu’était Amara. Il hausse les épaules avec la nonchalance qu’on lui connaît, afin de mettre un terme à ce sujet pour s’intéresser à sa véritable interrogation, qui était l’homme qui avait pris sa place aussi facilement ? « En quoi cela te regarde ? » Si elle décide de ne pas lui répondre, lui offrant son plus beau regard noir, il en fait tout autant, laissant ses iris bleutés rencontrer les siens, provoquant une rupture au creux même de son cœur. « Pourquoi est-ce que tu ne me réponds pas ? Qu’est-ce que tu as à cacher si tu en as plus rien à faire de moi ? » Son regard s’adoucit légèrement, montrant à quel point il pouvait être touché par le simple fait de ne plus rien représenter pour elle. Deux ans. Deux ans qu’il essayait d’attirer son attention, de se confondre en excuse quand elle n’avait rien envie d’entendre. Deux ans qu’il n’était qu’une âme errante sans la moindre inspiration. Deux années où sa principale préoccupation était celle de dormir et de boire jusqu’à ne plus s’en souvenir. Deux années de dure labeur trainant sa peine au sol comme un boulet. Et il n’avait fallu qu’une petite relation anodine avec Amara pour qu’elle réagisse. « Et la meilleure façon d’attirer mon attention est de me blesser, de me faire mal ? » elle est en colère, il le sait, il le sent et intérieurement, il n’est pas mécontent de voir qu’elle n’approuve pas cette relation, pas mécontent qu’elle ne soit pas totalement insensible au fait qu’il puisse avoir une relation avec une autre femme. Il hausse alors de nouveau les épaules, laissant un soupire presque las sortir d’entre ses lèvres. « Je suis désespéré, j’ai tout essayé Iara. » Il énonçait une vérité. Elle pouvait lui faire bon nombre de reproches mais elle ne pouvait guère lui faire celui d’une absence de réaction, d’une absence d’action pour la reconquérir, ceci même si tout ce qu’il faisait était maladroit et idiot. Il se rapproche alors d’elle, bien décidé à obtenir des informations, bien décidé à arrêter de tourner autour du pot sans jamais savoir. Il l’interroge. Que devait-il faire ? Que pouvait-il faire pour qu’elle daigne enfin lui fournir une véritable explication ? Continuer sa relation avec Amara parce que c’était malheureusement la seule chose qui la faisait réagir ? Un son, oscillant entre le soupire et le rire s’extirpe d’entre ses lèvres et c’est tout ce qu’il obtient. Il s’agace. Perdant patience. Il pousse alors la porte, posant sa paume contre le bois, bien décidé à rentrer, bien décidé à faire comprendre à ce sombre inconnu qu’elle était sienne. Elle le repousse avec force, appuyant sa main contre son torse, laissant une saveur d’antan l’envahir une fraction de seconde. « Jalen, s’il te plaît ne... » Elle s’interrompt et Jalen stoppe lui-même tout mouvement. Des cris. Des cris d’enfant éveillé par l’agitation se font entendre et laissent le réalisateur totalement désarçonné. Ses sourcils se froncent alors qu’il essaie de comprendre ce qu’il se passe. « Qu’est-ce que … ? » Il n’a pas le temps de poser sa question. Elle lui tourne le dos, laissant la porte ouverte pour disparaître dans un couloir sombre. Le rythme des battements du cœur de l’homme ne fait que s’accélérer. Il ne comprend pas. Il ne comprend pas ce qui est en train de se passer là, juste sous son nez alors qu’il s’éteint totalement. Ses jambes parviennent pourtant à faire quelques pas pour pénétrer dans l’appartement, restant au milieu du salon sans savoir quoi faire, ni même quoi penser de ce qui était en train de prendre vie à cet instant présent. « Tu devrais peut-être partir, maintenant, Jay. » Iara revient dans la pièce, un enfant dans les bras. Un enfant dont des larmes ont perlé le long de ses joues rebondies. Un enfant dont le regard lui est familier, un enfant dont l’âge interroge. Un enfant qui fait naître en Jalen un flot d’émotions et d’interrogations. « Iara ? » Le souffle lui manque. Il refuse de regarder l’enfant pendant quelques secondes, se plongeant dans le regard de celle qu’il avait tant aimé. Qu’il aimait encore. « Il est à qui cet enfant ? » Tel un piquet, il ne pouvait plus bouger. Pétrifié. Voilà ce qu’il était. Son regard se tourne enfin vers l’enfant et ses yeux le transpercent quand il craint les réponses qu’elle pourrait lui offrir. « Attends, c’est le tien ? Quel âge il a ? » Ce petit garçon avait quelque chose en lui qui lui rappelait bien des choses. A commencer par le reflet de son propre regard qu’il découvrait chaque matin en se levant …
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MessageSujet: Re: There goes my mind racing and you are the reason• Jalen Mer 16 Jan - 3:31

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do you think there’s a right time for two souls who got it wrong the first time ? because life gets heavy when you least expect it, sometimes it’s better that way. and if it’s true, do you reunite as if nothing happened ? no blurred lines with pure honesty. and do you see the signs that i see ? does the one who loved less at the time ever have a moment where they finally see what they had ? or is it all hope about “someday”, because it makes a better story for the paper and maybe to people. it’s painfully ironic that we pay no mind to the ones who want us, because we are chasing someone else. he always said, he could tell my soul belonged to someone else because he could see the ghost of you in my eyes … i can’t even talk about you to anybody because i don’t want any more people to know how wonderful you are.  ❊

CODAGE BY PSYCHOTIC BITCH

Iara a toujours cru que la vie serait facile, qu’elle faisait partie des âmes chanceuses qui n’ont pas à se battre pour être heureuse, qui n’ont pas peur d’être heureuses. Quand elle était petite, sa mère avait tendance à dire que les gens malheureux sont les gens qui ne savent pas comment être heureux, parce que c’est nous-mêmes qui faisons notre bonheur et personne d’autre. Alors la petite fille avait appris à vivre en se faisant des petits bonheurs innocents, en étant heureuse de voir le soleil se lever le matin, en étant heureuse de manger des pancakes les dimanches, de voir les oiseaux chanter sur l’arbre dans le jardin, de regarder les arc-en-ciels créer par la pluie quand celle-ci ne semblaient pas vouloir se calmer, s’imaginant des chaudrons d’or à l’extrémité. Elle s’était fait des petits bonheurs de crayons de couleur et de contes de fées enfantins, d’amitié d’enfants et de secret de polichinel. En grandissant, les petits bonheurs sont devenus plus difficile à créer, à faire. C’est une réalité en soi, les grandes personnes sont plus difficile à rendre heureuses, parce qu’elle attente plus de la vie, parce qu’elles veulent plus que des dessins et des pancakes les dimanches matins. Iara l’a comprit d’elle-même, en devant faire plus d’efforts pour atteindre ces petits plaisirs de la vie; avoir de meilleurs notes dans un examen de mathématique, faire partie de l’équipe de cheerleaders, réussir à être invité au bal du printemps, avoir ce genre de petites choses qui rendent les adolescentes heureuses, mais qui semblent tellement idiotes en grandissant. En grandissant, ces petits bonheurs se sont fait plus éloignés les uns des autres et elle a cru que ça serait ainsi pour le reste de sa vie et c’était très bien comme ça. Après tout, être heureux ne veut pas dire avoir tout ce que l’on désir en claquant des doigts, c’est l’une des choses qu’elle a appris très jeune, venant d’une famille plus pauvre que la majorité de ces camarades d’écoles. Ça n’avait pas tant d’importance, tant qu’elle pouvait, par moment, avoir ce qu’elle désirait, avoir ces petits moments où elle avait l’impression d’avoir une parcelle de bonheur en claquant des doigts comme lorsqu’elle avait cinq ans. C’est l’impression qu’elle a eu en rencontrant Jalen. Cette même sensation que tout pouvait la rendre heureuse, que tout avait le pouvoir de rendre sa vie plus belle, plus facile, plus lumineuse et radieuse. Il avait le don de faire naître un sourire sur ses lèvres après une journée plus difficile au bureau, il avait le don d’effacer ses soucis et ses inquiétudes d’un baiser, de lui promettre un demain meilleur que la journée qu’elle venait de passer simplement en la regardant dans les yeux. Pendant un moment, Iara a cru que ça serait facile, que tout cela, cette relation, serait aussi aisée qu’une promenade dans le parc. Bien entendu, c’était avant de rencontrer la famille Foley dans toute leur rancoeur pour ce qui est différent et qui n’entre pas dans les normes qu’ils ont instaurés pour eux-mêmes, comme s’ils étaient des êtres divins qui ne doivent en aucun cas être mêlés au commun des mortels de peur de voir leur peau fondre et leurs yeux éclater, ou quelque chose comme ça. Au final, Jalen n’a pas apporté le bonheur avec lui, ou du moins, pas vraiment, il également emporter une partie d’ombre dans l’univers de la jeune femme. Une ombre à laquelle elle n’était pas préparée. Jamais elle n’aurait cru que sa propre mère puisse la mettre en garde, non contre le jeune homme en question, mais contre la relation en soi. Il peut être difficile de vivre une histoire d’amour où deux univers si différents se percutent. Si Iara n’a pas voulu le croire au début, elle n’a pas eu d’autre chose que de l’accepter tôt ou tard, quand la couleur de sa peau ou son statut sociale moins élevé est devenu un véritable problème aux yeux de la famille de Jalen, suite à leur fiançailles, comme si tout à coup, ses parents venaient de réaliser qu’ils pouvaient avoir une personne de couleur dans leur famille, que leurs petits enfants avaient une chance de ne pas être caucasien. Et comme ça, sans même s’attendre à ce que ça arrive, il y a eu ce bris, cette fissure qu’elle n’a pas pu réparer, un accident de voiture, une manigance et maintenant, ils ne sont que deux inconnus sur le pas de sa porte, hantés par un passé qui ne veut pas disparaître et qui revient toujours quand ils s’en attendent le moins. « Pourquoi est-ce que tu ne me réponds pas ? Qu’est-ce que tu as à cacher si tu en as plus rien à faire de moi ? » Le regard de l’artiste s’adoucit, comme jadis, comme pendant qu’ils se disputaient à l’époque et elle s’empresse de refouler le sentiment d’attendrissement qui naît dans le creux de son estomac. À ce moment précis, il ressemble à son fils, à ce petit garçon qui dort de l’autre côté de cette porte. À cet enfant qui n’a jamais rien demandé à personne mais dont les chances de grandir dans une famille heureuse et unie n’est plus depuis longtemps maintenant. « Parce que ma vie privée est encore ça; privée. Et que je ne tiens pas à en discuter avec toi. » Son ton est catégorique. Elle se demande même pourquoi il pose la question, ça lui semble tellement évident, tellement idiot. Elle n’a pas envie de discuter de ça avec lui, elle n’a pas envie de discuter avec lui point. Pas ce soir. Pas maintenant. Pas alors qu’elle a fait tant d’efforts pour l’oublier, pour vivre sans lui près d’elle. « Je suis désespéré, j’ai tout essayé Iara. » Elle le toise du regard, mais ne dit rien de plus sur le sujet. Elle n’en a pas envie. Elle n’a rien à dire. Il n’a pas tout essayé, il n’a pas essayé de vivre sans elle, d’avancer, de faire comme si le monde n’avait pas cessé de tourner sur lui-même quand elle est partie. Elle préfère ne rien dire, dans l’espoir qu’il tourne les talons pour retrouver les bras d’Amara, pour trouver les bras de n’importe quelle autre femme qu’il peut trouver, si c’est pour mettre plus quelques centimètres de distances entre eux. Certes, elle ne le pense pas vraiment. L’idée de le savoir dans les bras d’une autre lui lacère le coeur, mais elle sait que c’est inévitable, elle sait que c’est obligatoire, quelque part. Et alors qu’elle essaie de trouver une parade pour le faire partir, ce qui devait arrivé arriva et les cris du bambin, de son fils, se firent entendre, demandant, bruyants. Les pleures d’un bébé réveillé par l’agitation tard le soir, bien après son coucher. la psychologue n’a plus vraiment espoir de voir Jalen quitter son domicile pour retourner faire sa vie à présent, pas maintenant, sachant que la curiosité du réalisateur doit être plus grande que son bon sens. Elle peut voir les neurones de Jalen travailler derrière ses prunelles océanes devant la découverte de l’enfant qu’elle a soudain dans les bras, devant ce petit bout de chou qui se rassure dans les bras de sa mère, le pouce entre ses lèvres fines. « Iara ? » Cette dernière sait ce qui l’attend, ce qui va se produire dans les prochaines minutes, alors qu’il fait les mathématiques dans sa tête, alors qu’il relie les points un à un. Il sait, comme tout le monde, que l’enfant lui ressemble beaucoup trop pour ne pas être le sien. « Il est à qui cet enfant ? » Serrant un peu plus Jaheim contre elle, Iara ne prononce pas un mot, elle ne sait pas vraiment quoi dire, elle ne sait pas si elle doit dire quelque chose, si la question est rhétorique ou non, à vrai dire. Elle a surtout envie de le voir quitter sa demeure le plus rapidement possible ou de réaliser que tout ceci n’est qu’un cauchemar et n’a rien à voir avec la réalité. « Attends, c’est le tien ? Quel âge il a ? » La jeune femme réajuste l’enfant dans ses bras, un petit garçon qui se penche vers Jalen en pointant un doigt vers lui, les yeux rivés sur le visage de sa mère. « Dada!» l’exclamation est une réponse aux questions de Jalen, sans doute plus que tout ce qu’elle pourrait dire. Avec un soupir, elle pose ses prunelles sur son ancien amant, tâchant de paraître calme et en maîtrise de la situation alors que son coeur bat beaucoup trop vite dans sa poitrine. «Un an et demi. Je répondrais à toutes tes questions, Jalen, pour le peu que tu ne hurles pas. » Elle ne lui retire aucunement le droit d’être furieux contre elle, d’être en colère, de ne pas comprendre ce qui se passe, mais elle ne tolère pas qu’il hurle devant leur fils, qu’il fasse peur au bambin avec sa frustration, non pas quand c’est la première rencontre entre l’enfant et son père.


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MessageSujet: Re: There goes my mind racing and you are the reason• Jalen Mer 13 Fév - 19:28


Iara Djokoto and Jalen Foley
I REALIZED I WAS THINKING OF YOU, AND I BEGAN TO
WONDER HOW LONG YOU'D BEEN ON MY MIND. THEN IT
OCCURED TO ME : SINCE I MET YOU, YOU'VE NEVER LEFT

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Ce souvenir restait gravé en lui. Celui où partiellement nue, elle se blottissait contre lui, caressant sa peau avec un sourire tendre. Celui où, jouant avec ses doigts, elle lui contait l’avenir. Ou tout au moins, celui qu’elle espérait avoir à ses côtés quand lui écoutait attentivement, la serrant contre lui, la recouvrant de ce drap de soie avec douceur, avec protection quand il ne voulait que l’avoir pour lui, rien que pour lui. Dans cet avenir idéalisé, ils n’étaient plus que tous les deux. Non. Ils étaient tantôt trois, tantôt quatre. Ils étaient tous les deux, installés sur le divan du salon. Il la tenait dans ses bras, lui caressant sa longue chevelure brune en arborant un sourire idiot alors que deux petites têtes brunes s’avançaient vers eux en ricanant, luttant contre leurs propres jambes avec lesquelles ils apprenaient tout juste à marcher. Dans cet avenir fantasmé, leurs annulaires étaient couronnés d’un anneau doré, leur deux adorables bambins leur sautaient dans les bras pour les enlacer. Dans cet avenir radieux, ils formaient une famille. Une si belle famille. Une famille aux couleurs métissées, une famille où sa fille avait les yeux océan et le teint halé, ainsi que la même chevelure brune que sa génitrice. Oui, plusieurs fois, ils avaient rêvé en riant de ce futur qu’ils souhaitaient vivre à deux. Plusieurs fois, alors qu’il lui disait l’aimer comme il n’avait aimé quiconque par le passé, il lui avait laissé entendre qu’il voulait avec elle, absolument tout. Tout ce que les couples souhaitaient construire. Une relation solide, une grande maison, une famille, des enfants, un beau mariage et de l’amour, beaucoup trop d’amour. Avec elle, il explosait. Explosait d’un bonheur véritable que ses proches -outre sa famille de toute évidence- pouvaient parfaitement lire sur le visage en permanence exalté du réalisateur. Pourtant enclin à des humeurs excessives et changeantes, ses phases de dépression semblaient être un lointain souvenir quand Iara Djokoto était près de lui. Parce qu’elle pansait ses plaies, parce qu’elle avait le pouvoir de le rendre meilleur, vivant et d’effacer bon nombre de ses doutes. Avec elle, il se sentait invincible. Jusqu’au jour où il comprit qu’il ne l’était pas. Ce jour où elle prit la décision de mettre un terme à ce bonheur. A cette vie qu’ils avaient construite sans se préoccuper du reste, de tous ces obstacles que les autres semblaient prendre plaisir à mettre sur leur chemin. Ils les enjambaient, sans jamais les regarder, sans jamais s’y arrêter. Parce qu’ils s’aimaient. Parce qu’ils continuaient à s’aimer si fort que rien ne leur semblaient insurmontables. Jusqu’à ce que le château de cartes ne s’écroule. Jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien. Absolument plus rien. Le néant. Le désert. Et un coeur brisé. Un Jalen sans dessus-dessous, cherchant désespérément à sortir la tête de l’eau quand la dépression l’avait accablé. Son coeur avait été broyé en une fraction de seconde sans qu’il ne comprenne pourquoi, sans qu’il ne saisisse les raisons de la demoiselle avant que tout ne prenne un sens au fur et à fur de ces instants où il recevait enfin des informations. Elle ne l’aimait plus. Il n’en avait que faire, lui l’aimait encore. Elle n’avait plus supporté les insultes à répétition de sa famille. Qu’à cela ne tienne, il était prêt à faire une croix sur eux si c’était ce qu’elle souhaitait, alors qu’il aurait finalement suffit qu’il s’élève au moins une fois devant les membres les plus radicaux de sa famille. Chose qu’il n’a jamais faite. Le silence. La disparition. La solitude. Jalen avait d’un coup d’un seul, l’impression d’avoir tout perdu. Sa future femme bien entendu, son avenir radieux, son éclair dans l’obscurité, son amour et sa vie. Outre son inspiration réduite à néant, il ne se sentait plus l’âme à sourire. Et plus encore au regard des dernières révélations. Qu’il s’agisse de celles qui accusaient ses parents d’être les instigateurs d’un assassinat sur celle qui devait être sa fiancée, ou celles qui lui laissaient à penser qu’elle lui avait menti pendant près de deux années sans la moindre culpabilité. Il n’arrivait pas à y croire. Il n’arrivait pas à assimiler tout ce qu’elle lui avait révélé sans qu’il ne puisse réellement saisir les tenants et les aboutissants de ce qu’elle avançait. La vérité était qu’il ne voulait pas y croire, préférant penser qu’elle mentait plutôt que d’assumer, plutôt que de voir la vérité en face. Ses parents étaient parfaitement capables de faire une chose pareille et au fond il le savait. Pourtant, il n’arrivait pas à s’en persuader, il n’arrivait pas à se faire à cette perspective et préférait par conséquent occulter le sujet, l’évacuer de son esprit quand il était évident que cela le travaillait plus qu’il ne voulait bien l’admettre. Ceci étant, pour l’heure, il était question de tout autre chose. D’une toute autre révélation. Il tente avant toute chose de la faire parler, d’obtenir une explication de sa part alors qu’il est perdu. Perdu dans un nombre incalculable d’interrogations sur tout ce qui l’avait poussé à rompre leur relation, à être blessée face à son histoire insipide avec Amara, à répondre à un de ses énièmes messages qu’il pensait rester sans réponse. Que ne lui disait-elle pas ? Que lui cachait-elle ? Pensait-elle encore à lui ou avait-il tiré un trait définitif sur cette histoire ? Sur leur histoire à laquelle lui, était incapable de se défaire. Il l’interroge, de cette voix redevenue calme, montrant à quel point il n’en pouvait plus, à quel point il était au bord de la rupture, fatigué de tous ces non-dits, de toutes ces questions laissées en suspens, de toutes ces horreurs, ces fatalités qui semblaient encercler leur histoire avortée bien trop tôt. « Parce que ma vie privée est encore ça; privée. Et que je ne tiens pas à en discuter avec toi. » Il déteste ce ton catégorique qu’elle arbore. Alors il secoue la tête avec une nervosité palpable. Invoquait-elle véritablement que sa vie devait rester privée, privée de la connaissance d’un Jalen qui en avait finalement longtemps fait parti et qui quelque part, semblait plus concerné que jamais ? Non. Non. Il refusait qu’elle lui fournisse une telle réponse. Il refusait de partir, de s’éloigner définitivement d’elle, de l’écouter et d’accepter. D’accepter cette rupture qu’elle avait unilatéralement décrété. Il refusait de faire sa vie sans elle quand depuis le premier jour, ils n’avaient fait que fantasmer sur leur vie future. Pas quand il y avait finalement si peu d’explications concrètes. Alors il force. Il la force à lui faire face, à lui énoncer les vérités qu’il veut entendre. Il la force à la confrontation, pénétrant dans cet appartement qu’il avait à de si nombreuses reprises foulé sans qu’elle ne l’en empêche. Persuadé qu’elle était avec un autre homme, il est surpris. Surpris par les pleurs. Par ces cris d’enfant qui viennent percer la nuit et les murs de l’appartement de la jolie jeune femme. De nouvelles interrogations inondent alors son esprit. Elle fuit vers la provenance desdits pleurs quand il pénètre véritablement dans l’espace, jusqu’à l’atteindre, jusqu’à se retrouver en face d’elle et de cet enfant dont les yeux océans, mêmes baignés de larmes, se reflètent à la perfection dans les siens. Il le regarde. Cet enfant qui se délecte de son pouce tout en se blottissant dans les bras rassurant de sa mère. Il le regarde, puis regarde Iara sans un mot. Il effectue cette action à plusieurs reprises cherchant où pouvait se trouver la plaisanterie. Hélas, il n’y en avait guère. Alors il l’interroge. Il l’interroge de nouveau pour comprendre alors même qu’une partie de la vérité s’était personnifiée juste devant lui. Il comprend. Il comprend parce que les yeux de cet enfant sont les mêmes que les siens, que sa peau est le parfait mélange de celle de Iara et lui, que ses fossettes ressemblent étrangement à celles de sa mère et que son âge semble corroborer à bien des choses. Pourtant il veut entendre ces choses de la bouche de Iara. Il veut entendre la vérité sortir de ses lèvres quand il est face à une évidence camouflée pendant des mois par des mensonges à répétition. Il sent bien, à mesure qu’il lui pose toutes ces questions, à mesure qui lui implore de lui livrer la vérité qu’il attend, qu’elle se renferme, qu’elle recule, protégeant l’enfant secret, révélé au grand jour aujourd’hui. « Dada! » L’enfant pointe son doigt vers Jalen tout en interrogeant lui aussi sa mère, à croire qu’il n’était pas le seul à se poser des questions. Pour autant, ce mot, ce simple mot suffit à faire chuter métaphoriquement le réalisateur. Ses yeux s’écarquillent alors qu’il ne lâche pas Iara du regard, sentant pourtant que le monde autour de lui, s’effondre, laissant une panique outrancière s’emparer d’un corps à la merci de cette femme qui lui faisait face. Il n’arrive plus à regarder l’enfant. Il refuse de le regarder. Il ne veut que l’entendre la bouche de Iara. Rien d’autre. « Un an et demi. Je répondrais à toutes tes questions, Jalen, pour le peu que tu ne hurles pas. » Un autre coup en plein coeur le percute de plein fouet. Il a l’impression qu’on lui lacère le coeur avec force et que l’on s’en délecte. Lui souffre, il souffre et devient fou. Littéralement fou. Il se décompose sur place, fond telle la neige en plein soleil. Il est pétrifié, ne parvenant à bouger, à décoller ses pieds de ce sol pourtant glissant. Il met un temps fou avant de parvenir à formuler quoi que se soit, comme si cela restait finalement bloqué quelque part au fond de sa gorge. « Est-ce que c’est mon fils ? » Il déglutit avec difficulté, ne la quittant pas du regard, les bras ballant, le long de son corps devenu pierre. Il se sent si mal, presque trahi par ce flot de réponses qui lui explosent en plein visage de la pire des manières. « Est-ce que Iara, tu m’as menti pendant deux ans ? Est-ce que tu m’as privé de mon fils pendant tout ce temps ? » Il se revoit, avec elle, dans ce lit à parler de leur futur enfant. Il se revoit souriant de bonheur, embrassant ses lèvres avec tendresse, comblé à l’idée qu’elle devienne la mère de ses enfants. Ce sentiment lui paraît bien lointain dorénavant. Si lointain… « Réponds moi ! » Cette fois, il hausse le ton, se montrant plus autoritaire qu’il ne l’a jamais été avec elle, se fichant bien de la recommandation qu’elle avait émise quelques secondes plus tôt. Elle tardait à répondre et lui devenait impatient. Terriblement impatient. Il finit par s’avancer jusqu’à elle, jusqu’à eux, ignorant toujours plus cet enfant innocent qui était pourtant sien. Il la fusille du regard, montrant que ses yeux bleus étaient parfaitement en capacité de devenir noirs. « Ne t’étonnes pas que je ne veuille plus croire un traitre mot que tu prononces envers mes parents quand tu m’as menti pendant deux ans Iara … » La haine s’est emparée de cet être meurtri. Une haine qui n’était de toute évidence pas belle à voir et qui était loin d’être l’exemple à montrer devant sa progéniture…
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